GALBANUM
forme, d'un fauve rougeâtre ; son odeur est forte et aromatique, agréable ; sa saveur, piquante, très-âcre, brûlante et aromatique; sa poudre est rougeâtre, elle donne avec l'eau et l'alcool, une teinture de même couleur.
Le grand galanga (galanga major) ne diffère du petit galanga que par ce qu'il est en morceaux longs de 0afi5 à 0m,08 et de 0B,0I3 à 0m,054 de diamètre, cylindriques, souvent bifurques. Son odeur est moins forte, son aspect extérieur le fait ressembler à la racine d'acorus cal amas.
La racine de galanga contient, d'après M. Marin : huile volatile, résine acre, amidon, gomme, matière colorante brune, matière extractive, ligneux, soufre, oxalate de chaux, acétate de potasse.
usages. — La racine de galanga est excitante et stomachique. On l'emploie dans l'économie rurale pour exciter les vaches à aller au taureau.
Falsifications. — La racine de galanga est quelquefois mêlée avec celle du souchet long(cyperus longus), plante indigène des marais de l'Europe, et avec la racine du faux galanga. La racine du souchet long se distingue par sa couleur noire, l'absence de franges circulaires blunches, et par sa saveur amère, astringente et peu aromatique.
Le faux galanga, désigné par M. Guibourt sous Je nom de galanga léger, est de grosseur moyenne, marqué d'anneaux circulaires blanchâtres; son écorce est luisante et jaunâtre ; satexture intérieure est très-lâche ; son odeur nulle. Cette racine est d'une densité moitié moindre que celle du vrai galanga. .
Le galbanum est une gomme-résine fournie par le bubon galbanum, arbrisseau de la famille des ombellifères, qui croît dans la partie orientale de l'Afrique.
On distingue, dans le commerce, trois sortes de galbanum î le galbanum en larmes, en masses, en sorte.
Le galbanum en larmes est en petits morceaux arrondis, d'un jaune luisant, demi-transparents, se ramollissant facilement par la pression des doigts, d'une cassure grenue,
d'un aspect huileux. Son odeur est forte, particulière; sa saveur, acre et amère. C'est le plus estimé.
Le galbanum en masses se compose de larmes agglutinées entre elles par l'huile volatile qu'elles contiennent ; mais elles sont encore visibles et donnent à la masse un aspect amygdaloïde. Ce galbanum est plus ou moins souillé de matières étrangères.
Le galbanum en sorte ne contient pas de larmes, et n'est souvent qu'un mélange de diverses gommes-résines, de sable et d'impuretés.
Le galbanum mis en contact avec un corps en combustion, prend feu et brûle avec flamme. Sa densité est 4,212.
D'après les analyses de Pelletier et de Meissner% le galbanqm renferme : résine, gomme, mucilage végétal ou adragantine, huile volatile, malate acide de chaux, eau, débris ligneux et impuretés.
Le galbanum doit être choisi bien sec et contenant beaucoup de larmes.
Usages. — Le galbanum est employé, en pharmacie, comme stimulant et tonique; il fait partie du diachylon gommé, du baume de Fioraventi, du diascordium, delà thériaque, etc., etc.
Falsifications. — On mêle quelquefois le galbanum mou et en masses avec d'autres substances résineuses d'un prix inférieur. Ce mélange ne peut être reconnu que par l'habitude et par un examen comparatif avec un échantillon de galbanum de bonne qualité.
Souvent on y ajoute des substances terreuses dans le but d'en augmenter le poids. Ces substances resteront en résidu lorsqu'on aura traité le galbanum par l'eau et l'alcool. L'incinération servira aussi à constater leur présence.
OABLAWOX.
La racine de garance ou alizari (rubia tinctoria ou tùictorum), de la famille des rubiacées, est cultivée à Chypre, en Barbarie, à Smyrne, à Àndrinople, en Hollande, en Saie, en
SUésie, dans la Provence (aux environs d' Avignon), en Alsace, .et depuis quelques années, en Auvergne. (1).
L'alizari du commerce est la racine de la garance séchée, battue, dépouillée de terre et d'impuretés ; c'est la garance dite entière ou en branches. On distingue plusieurs sortes commerciales cTaliza/is : les nltzarisàe Chypre, deSmyrneJèt Barbarie, d'Andrinople, d'Avignon, puis les alizaris de Hollande, de SUésie, de Saxe et $ Alsace.
La racine de garance est cylindrique, striée, de la grosseur d'une plume ou de celle du petit doigt ; son odeur est faible,, particulière ; sa saveur est amère et styptique. Elle se compose de trois parties bien distincte» :»d'ffitë partie ligneuse centrale jaunâtre , d'une partie Corticale rouge , d'une pellicule légère et rougeâtre. La partie corticale est la seule qui fournisse de la matière colorante.
La garance proprement dite est l'alizari ou racine de garance entière moulue et réduite en poudre. Celle-ci a une couleur qui varie du rouge jaunâtre au rouge foncé.
La garance moulue se divise en trois sortes :
-1° La garance de Hollande, grJasse au toucher, d'une odeur forte et nauséabonde, d'une saveur sucrée mélangée d'amertume, d'une couleur qui varie du rouge brun au rouge orangé. Elle attire l'humidité de l'air. Sa couleur passe du rouge orangé au rougé vif lorsqu'on l'expose pendant quelque temps à l'air humide d'une cave. La garance de Hollande est dite robée ou non robée, suivant qu'elle à été privée ou non de sa pellicule corticale, au moyen du blutoir.
2° La garance df Alsace a une odeur plus pénétrante que la précédente, une saveur amère mais moins sucrée; une couleur qui varie du jaune vif jusqu'au brun. Elle absorbe assez facilement l'humidité de l'air, et acquiert une couleur rouge foncé, quand on l'expose à l'air humide d'une cave. La garance d'Alsace a remplacé dans nos fabriques la garance de Hollande ; on la prépare principalement à Strasbourg, Haguenau et Geisselbrunn.
3° La garance cT Avignon est en poudre très-fine, sèche air
toucher ; son odeur est agréable et peu pénétrante ; sa sa-
(1) L'introduction delà culture delagaranceen Auvergne date de 18S9»
veur légèrement sacrée et amère; sa couleur varie du rose au rouge clair et même au rouge brun, plie absorbe plus difficilement l'humidité de l'air que les deux précédentes.
D'après les analyses de MM. Bucholz, John et Kuhlmann, la racine de garance renferme : matières colorantes rouge (alizarine de Robiquet et Colin) et rose (purpurine) ; matière colorante jaune \xanthine de M. Kuhlmann); ligneux; matières mucilagineuses ; gomme ; sucre de raisin ; pectine ; acide pectique; acide indique ; acide tartrique ; matières extractives amères ; résine odorante ; résine rouge ; matière brime soluble dans la potasse ; matières albuminoïdes végétales; carbonate, sulfate, phosphate et tartrate de potasse ; chlorure de potassium-, carbonate, phosphate et tartrate- de chaux; phosphate de magnésie; silice.
Le docteur Runge admet dans la garance cinq matières colorantes qu'il nomme le pourpre, le rouge, Y orange , le jaune, et le brun de garance, et de plus, un acide particulier, incolore, qui bleuit sous l'influence de l'acide cblorhydrique et qu'il appelle acide rubiacéique.
D'après MM. Girardin et Labillardière. la garance pure, bien desséchée à 100°s dépouillée de matière terreuse et de son épiderme, donne en moyenne 5 % de cendres ; I'alizari de Provence, pourvu de sa pellicule, en fournit 8, 80 %•
Suivant M Henri Schlumberger, I'alizari d'Alsace, lavé à l'eau distillée et séché à 100°«, donne 7,04 °/o de cendres, tandis que I'alizari d'Avignon, préparé de la même manière, en fournit 8,766 % (i).
(1) Composition des cendres de Garance:
d'Alsace, deSéelande, d'après M. H. Kctchlin. d'après M. May.
Potasse 29,35 3,42
Soude 15,89 26,76
Chaux 34.54 16,29
Magnésie 3,72 3,17
* Peroxyde de fer 1,18 2,67
Chlorure de sodium. » 12,56
Acide phosphorique. . 5,26 16,84
Chlore 4,71 »
Acide sulfurique 3 68 2,86
Silice 1,64 16,41
GARANCF ']89
D'après M. Ckeweul, l'air* du ^P1' 8éché à i0()or' donne 9,80 % de cendres.
Usages. —La garais fest une mal,ère co,oranle trèsemployée dans la fel^ danS Ia fabrication des indiennes et celle de laques p^ la Peinture-
Falsipjcati^- ~ ^ 8arance ^ Wsîfiée par l'addition de substance' fnin^ra^€S {àrique pilée, ocre rouge ou jaune, sable jaunâ*** argile jaunâtre) ou végétales {sciure de bois, cocues I ^mandes, son, écorce de pin, bois d'acajou, bois de campée he, bois de santal, bois de sapan, garance déjà épuisée par la teinture) (1). '
La garance contenant des substances terreuses, croque / sous la dent quand on la mâche. La sophistication par les . substances minérales se reconnaîtra soit en délayant la poudre de garance 'avec 100 ou 150 fois son poids d'eau, la garance reste suspendue dans le liquide, tandis que les substances terreuses se déposent ; soil par l'incinération. La quantité de cendres fournie, comparativement à celle que donnent les garances naturelles, ainsi que nous l'avons indiqué ci-dessus, fera reconnaître si la garance soumise à l'essai a été additionnée ou non de substances minérales. Toutefois on pourra -admettre une tolérance de 0,03 à 0,04 sur le poids des cendres que l'on aura trouvé.
La fraude de la garance par les substances organiques, plus préjudiciable au teinturier que la première, est trèsdifficile à reconnaître, du moins quant à la nature des substances qui ont servi à falsifier; le plus souvent on ne peut <* que reconnaître qu'il y a mélange; aussi faut-il toujours' déterminer la valeur tinctoriale de la garance. Trois moyens'
(1) En 1844, le tribunal de police correctionnelle de Rouen condamna le sieur D*", moulinier, à trois mois de prison pour abus de confiance, en altérant, par un mékange de matières étrangères, les alizaris qui lui avaient été confiés p»ur être triturés. Il Tut constaté par les essais analytique s de M. Girardin, par l'instruction et les débats, que le sieur D*M vendait en cachette des alizaris et recevait dans ses ateliers des résidus de teintuie et surtout des alizaris épuisés. Le sieur D*" ayant appelé de ce jugement devant la cour royale, celle-ci non-seulement confirma le jugement du tiibunal de première instance, mais, de plus, éleva la peine à six mois de prï.on.
ou essais principaux sont ^ à ^ effet ^p|L &m rardin : x<^
Le premier essai consiste à déteiv fe p^d,. coloinnt à l'aide du colorinaètre detfoutori-LaàiL ^f^ ^y \e second, à reconnaître la faculté tinctoriale, par un^çération de teinture; le troisième a pour but de trouver la <K0tité absolue du principe colorant.
Ces différents essais se font toujours compafativeiu^t eSk
(1) Cet -appareil se compose de deux tubes de verre bien cylindrique*; de 0»,014 à 0«,0I5 de diamètre, de 0",33 de longueur environ, Couchés à une extrémité, égaux en diamètre et en épaisseur de verre,, divisés dans les 5/6 de leur longueur, à partir de l'extrémité bouchée, en deux parties égales en capacité; la seconde moitié porte une échelle ascendante divisée en tOO parties. Ces deux tubes se placent dans la partie supérieure (Tune petite botte de bois, ou ils passent par deux ouvertures pratiquées Tune à coté de l'autre, et près dïune des extrémités sur laquelle se trouvent deux ouvertures carrées, d'une largeur égale au diamètre des tubes, pratiquées en regard de la partie inférieure de ces derniers; l'autre extrémité correspond à des trous par lesquels on peut voir la couleur des tubes , en plaçant la botte entre Pœil et la lumière. Par cette disposition, on juge très-facilement de la différence ou de Pid entité de nuance des deux liquides colorés introduits dans les tubes. L'appréciation, au moyen du colorimètre, de la qualité relative des matières tinctoriales, est fondée sur ce que deux dissolutions faites comparativement, avec des quantités égales de la même matière colorante, dans des quantités égales d'un dissolvant, paraissent d'une nuance identique, dans des tubes de môme longueur. Les dissolutions faites avec des proportions différentes, présentent des nuances dont l'intensité est proportionnelle aux quantités de matière colorante employée. Ainsi on intio<luit les deux décoctions de garance dans les tubes colorimétriques, jusqu'au 0° de l'échelle, ce qui équivaut à 100 p. de l'échelle supérieure; on compare la nuance, et si on trouve une différence, on ajoute de l'eau au liquide le plus foncé, et on agite ensuite le tube après avoir bouché l'extrémité avec le doigt; on continue l'addition d'eau jusqu'à ce que les tubes paraissent de la même nuance. On lit ensuite le nombre de parties de liqueur sur le tube dans lequel on a ajouté l'eau ; ce nombre comparé «u volume de lu liqueur contenue dans l'autre tube, qui est égal à iOO, indique le rapport entre le pouvoir colorant ou la qualité des deux matières tinctoriales. Si, par exemple, il a fallu ajouter au liquide le plus intense JO parties d'eau pour l'ameoer à la même nuance que l'autre, le rapport ISO: 100 représentera la richesse tinctoriale de la garance soumise à l'essai.
GA1ANCK. 391
prenant comme type une garqnee préparée avec soin et ayant les mêmes marques commerciales que telle qu'il s'agit d'expérimenter; Il est indispensable, pouf arriver à des résultats satisfaisants, d&contrôler un essai par un autre.
1«* essai. »~ On fait séchera 108* la garance, type et la garanoa à examiner, et ren tient compte des proportions respectives d'eau hygrométrique qu'elles renferment^ On prend epsuite $5ff de chaque échantillon dont on év*lus les proportions, de matières» solubjes, sucrées et raucilagineuses, au moyenne deux lavages préliminaires faits chacun avec 25Q ^ #eau à 20% qu'on laisse en macération pendant trois, heures. On compare ensuite au colorimètre les liquides provenant de trois décoctions de 5«r de chacune, des deux garances avec 40 p. d'eau et 6 p. d'alun qu'on fuit bouillir pendant ,1/4 d'heure. Après chaque décoction, on a soin de laver le marc avec 2 p. c('eau chaude. , ,
. 2e essai. — On prend pour type une garance de .qualité supérieure avec laquelle on teint à t'avance des écheveaux ou des calicots mord ancés, en agissant sur des proportions déterminéesde poudre, de tissu et d'eau. On choisit des cahcot&imprimés en mordant de rouge et de noir, bien dégorgés dans un bain de bouse. On les divise en morceaux de 5centim. carrés chacun, et on les teint avec des portions successivement croissantes de garance depuis 1^ jusqu'à 40«r, de manière à avoir une gamme de dix nuances, dont les gradations représentent chacune un poids connu de garance. On procède ensuite au garançage; on partage chaque coupon teint, par moitié: l'une est conservée telle quelle, l'autre est soumise à l'action des avivages qui sont surtout nécessaires pour faire connaître la solidité et la vivacité des nuances obtenues, attendu que les couleurs fournies par les substances étrangères (tinctoriales ou inertes) ne peuvent résister, comme la matière colorante rouge de la garance, à l'action des avivages; elles lâchent, comme on dit, dans les bains de savon et de sel d'étain, et il ne reste, en définitive, sur les tissus que la couleur due à la garance. Ayant ainsi préparé une série de nuances à deux états différents, c'est-à-dire une teinture sans et avecavivage, on peut facilement trouver la valeur comparative d'une ga-
392 GATAC.
rance donnée. En effet, on en prend 40" au sortir d'une barrique, on fait toutes les opérations précédentes sur 5 centim. carrés de calicot mordancé convenablement, et on compare la teinture obtenue avant et après ravivage, aux dix nuances de la garance. Si cette teinture équivaut à la nuance n° 5, on en conclut que la garance essayée est inférieure de moitié à la garance type.
3« essai. — On délaye 50" de garance avec 50" d'acide sulfurique concentré ; on laisse en contact pendant quelques heures, en évitant que la température ne s'élève trop ; le charbon obtenu est délayé avec l'eau, jeté sur un filtre, lavé jusqu'à parfaite insipidité de l'eau de lavage, puis séché à 400°. Ce charbon est ensuite réduit en poudre fine, et mis en macération pendant deux heures avec de l'alcool froid un peu éthéré, pour le dépouiller d'une matière grasse qu'il retient. On fait bouillir à trois reprises différentes dans l'alcool à 56° Baume, en employant chaque fois 250*' de ce liquide. Quand il ne se colore plus par son ébullition avec la poudre de charbon, on réunit les liqueurs alcooliques, on les distille et on achève d'évaporer en consistance d'extrait sec dans une capsule tarée d'avance. Le poids de l'extrait sec représente, avec une approximation suffisante, la proportion de matière rouge tinctoriale renfermée dans la garance.
GATAC,
Le bois de gayac {guaiacum officinale) provient d'un grand arbre de la famille des zygopliyllées, qui croît dans les Antilles et principalement à Saint Domingue et à la Jamaïque. Ce bois se trouve, dans le commerce, en bûches assez droites, recouvertes d'une écorce grise, épaisse. 11 est trèsdur, difficilement pénétrable par l'eau, très pesant et résineux; sa saveur est acre et amère.ll a le cœur brun verdâtreet l'aubier jaune. La poudre de bois de gayac est jaune et passe au vert par l'effet de la lumière.
Le bois de gayac colore l'alcool en brun rougeâtre ; cette teinture devient d'un blanc laiteux par l'addition de l'eau; et