‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 178 sur 192 · HUITRES VERTES · texte numérisé non relu

HUITRES VERTES

la composition suivante : Eau 65,92; matière yrasse analogue au suif 4 3,1 2 ; huile de palme naturelle et acide stêarique i9,68 ; soude 0,84; magnésie 0,44.

buiub de nxcnr.

L'huile de ricin s'obtient, par expression, des semences du ricinus communis (euphorbiacées). Elle est peu fluide, visqueuse, jaunâtre ou incolore. Elle est inodore, d'une saveur douce et fade , sans âcreté. Elle se congèle à — 18° en une masse jaune transparente. Sa densité, d'après de Saussure, est 0,969 à i20C. Elle est soluble en toutes proportions dans l'alcool et l'éther.

Exposée à l'air, elle rancit, devient plus visqueuse et plus épaisse, et finit par se dessécher; elle acquiert en même temps une saveur très-âcre. Suivant M. Buchner, l'huile de ricin rancie peut être privée de son goût et de son odeur désagréables en la faisant bouillir, pendant un quart d'heure, dans de l'eau avec un peu de magnésie calcinée.

Usages. — L'huile de ricin est employée en médecine comme purgatif. On doit proscrire l'huile altérée qui présente une excessive âcreté.

Falsifications. — L'huile de ricin a été mélangée avec d'autres huiles, notamment Y huile d'oeillette. Cette fraude se reconnaîtrait facilement au moyen de l'alcool à 0,95. Une certaine quantité d'huile, agitée vivement avec ce liquide , sera dissoute et laissera pour résidu la majeure partie de l'huile étrangère.

HVXUS DE TXTRIO&. — ▼. ACIDE SULrURIQUE. HUITRES VERTES.

Il faut ordinairement un mois pour verdir les huîtres flans de petits pprcs où l'on fait entrer de l'eau de mer que l'on ne change pas : ce qui produit des myriades de vibrions verts dans la barbe.

Suivant quelques auteurs qui ont écrit sur les falsifications (1), il paraîtrait que les huîtres vertes, dites A'Ostende »

(1) Jobard, Nouvelle Economie sociale, 1844, p. 418.

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sont colorées (Tune manière factice , surtout en Hollande. Le docteur Sentillius a traité plusieurs accidents résultant de cette fraude, et cite l'exemple d'une famille qui a failli en devenir victime.

HTBHOCH&OBATS8. — V. Oaiomv&M.

HTDRO&ATS* — V. EAUX DISTILLÉ B8.

Sous le nom d'hypochlorites ou de chlorures d'oxyde, chlorures désinfectants et décolorants, on désigne trois sortes de composés dont la médecine et surtout l'industrie font une consommation considérable.

1° Le chlorure de chaux ou oxymuriate, sous-chlorure, cA/orite, hypochlorite de chaux , chlorure d'oxyde de calcium; il est à l'état solide ou liquide.

Le chlorure de chaux sec ousolide, appeléaussi/warfrede l'ennant ou de Knoxy chaux à blanchir, poudre de blanchiment, est blanc, pulvérulent, d'une saveur acre et piquante, possédant une faible odeur de chlore; il est en partie soluble dans l'eau : c'est un mélange d'hydrate, d'hypochlorite et de chlorure de calcium.

Le chorure de chaux liquide est incolore et répand une faible odeur de chlore.

2° Le chlorure dépotasse ou eau de javelle (V. eau de javelle).

3° Le chlorure de soude ou oxymuriate, sous-chlorure, chlorite, hypochlorite de soude, liqueur de Labarraque. liquide, incolore, ayant une odeur et une saveur très-prononcées de chlore.

Leshypochlorites blanchissent et détruisent les couleurs végétales, par l'action double du chlore et de l'oxygène.

Us sont décomposés par tous les acides, môme par l'acide carbonique.

Usages. — Les hypochlorites servent dans le blanchiment des toiles écrues, de la pâte de papier, du vieux linge destiné à faire de la charpie ; on les emploie pour les enlevages dans les fabriques d'indiennes ; pour les essais d'indigo. Us

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sont employés soit pour assainir les hôpitaux ,1 es < salles de. spectacle, les casernes, les prisons, les- amphithéâtres, les boyauderies, les salles de dissection, et généralement tous les lieux où l'air est vicié par la réunion d'un grand nombre d'individus, dans lesquels des matières animales plus ou moins disposées à Ja putréfaction, sont travaillées ou conser- * vées; soit comme désinfectants, dan» une foule d'opérations où il y a un grand dégagement de gaz délétère émané de matières organiques quelconques en putréfaction.

Les hypochlorites servent aussi à désinfecter les plaies ulcéreuses ou cancéreuses, à empêcher le développement de la gangrène. Le chlorure de soude, le plus employé de tous, en médecine, comme désinfectant , sert en injections, lotions, compresses , gargarismes. Le chlorure de soude s'emploie aussi, dans l'industrie, à blanchir le poivre noir en grains.

Les hypochlorites servent à prévenir les asphyxies dues aux émanations méphitiques qui se produisent dans la vidange des fosses, dans le curage des égouts, ou à atténuer les effets des épidémies et des contagions. On les emploie encore pour assainir les écuries, les étables, les bergeries, porcheries, magnaneries, etc.; dans la médecine vétérinaire , on s'en sert contre les tumeurs charbonneuses, le farcin, la morve, etc.

On trouve quelquefois, dans le commerce, des hypochlorites (particulièrement celui de chaux), qui n'ont pas un degré de force suffisant, soit que le chlorure ait été mal préparé, soit que parle temps et une conservation vicieuse ou que par suite d'une sophistication, il ait subi une décomposition partielle. Comme le chlore est le seul principe actif contenu dans un hypochlorite sous forme d'acide hypochloreux, il est important de connaître la quantité de chlore que renferme un poids donné d'hypochlorite. Pour atteindre ce but, on a proposé un grand nombre de procédés ou méthodes d'analyse dont l'ensemble forme la chlorométrie. Les divers appareils servant à mettre ces méthodes en pratique constituent l'instrument nommé chloromètre.

Chlorométrie. — Parmi les moyens proposés pour reconnaître la force d'un hypochlorite, nous nous bornerons à

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décrire le procédé chlorométrique de M. G<xy-Lussac, qui est le plus employé dans l'industrie, et celui qui a été ultérieurement présenté par H. Lassai gne.

Descroizilles imagina , le premier, d'employer V indigo, comme agent chlorométrique. Ce procédé qui a été perfectionné par M. Gay-Lussae est fondé sur ce fait, qu'un volume de chlore (4 litre, par exemple), décolore des quantités égales de solution d'indigo, soit qu'on le fasse réagir à l'état de gaz, soit qu'on l'emploie dissous dans l'eau ou combiné à l'état d'hypocblorite de chaux, de potasse ou de soude.

On prépare donc une dissolution sulfurique d'indigo avec i p. de bon indigo pulvérisé et 9 p. d'acide sulfurique à 6W; on détermine, par un essai préalable, la quantité d'eau qu'il faut ajouter à cette solution (dite teinture ou liqueur d'épreuve , liqueur d'essai), pour que 4 vol. de chlore gazeux pur et sec à 0° et à (y*,16 de pression, puisse en décolorer exactement 40 volumes. Mais comme les résultats obtenus par ce procédé peuvent varier par suite de la facile altérabilité de la liqueur d'épreuve, surtout au contact de la lumière, et suivant qu'on verse le chlorure dans la solution d'indigo, ou celle-ci dans le chlorure, M. Gay-Lussac a remplacé l'indigo par d'autres agents chlorométriques (acide arsénieux, cyanure jaune, nitrate deprotoxyde de mercure), non susceptibles d'altération.

Le procédé chlorométrique par l'acide arsénieux , auquel on donne généralement la préférence, est fondé sur ce que le chlore transforme l'acide arsénieux, en présence de l'eau, en acides arsénique et chlor hydrique.

Cette suroxydation de l'acide arsénieux par le chlore s'opère avec une rapidité telle, que si la réaction se fait au contact de matières colorantes organiques facilement destructibles par l'action du chlore, celles-ci ne sont complètement décolorées que lorsque tout l'acide arsénieux a réagi : la décoloration, qui est instantanée, indique le terme de l'opération.

On prépare la liqueur d'épreuve ou liqueur normale d'acide arsénieux, de manière à ce qu'un litre de chlore à 0° et à 0°\76de pression, dissous dans un litre d'eau, transforme complètement en acide arsénique tout l'acide arsénieux d'un litre de solution arsenicale ; l'expérience a appris qu'on arri-

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vait à ce résultat en dissolvant 4*** ,459 d'acide arsénieux dans 32 gr. d'acide chlorhydrique pur , puis étendant d'eau distillée, afin que la dissolution occupe un litre.

On prend iOgr. d'un échantillon de chlorure de chaux, par

exemple, on les broie avec un peu d'eau dans un mortier de

verre, puis on délaye le mélange dans une plus grande quan-

. tité de liquide, de manière à obtenir un litre de solution, le

dépôt de chaux hydratée compris.

On introduit dans un vase à précipiter 40caoUacubde solution arsénieuse faiblement colorée par quelques gouttes d'une dissolution suliurique d'indigo, puis avec la main droite on verse goutte à goutte la solution d'hypochlorite, contenue dans une burette graduée, en ayant soin d'imprimer avec la main gauche un mouvement giratoire au vase à précipiter, que l'on place sur une feuille de papier blanc, étendue sur une table, afin de mieux apprécier la décoloration. On ajoute de temps à autre une goutte de solution d'indigo lorsque la teinte paraît trop faible et l'on observe le moment de la décoloration; arrivé à ce point, on note la proportion de solution d'hypochlorite que l'on a employée : moins elle est considérable , plus la solution renferme de chlore.

Si, par exemple, il a fallu 50 p. de chlorure, on posera la proportion suivante (en considérant que 400 p. de chlorure font passer 100 p. d'acide arsénieux à l'état d'acide arsénique).

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