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La racine de kaïnça ou caïnça (Chiococca racemosa), qui nous arrivedu Brésil, est rameuse, formée de radicules cylindriques longues de 0m,30 environ. Sa grosseur varie entre celle d'une plume et celle du doigt, son écorce est brune, peu épaisse et offre, à sa surface, des nervures longitudinales. Sa cassure présente une multitude de petites cavités, visibles à la loupe, elle possède une odeur analogue à celle du jalap, une saveur amère, ftcre, très-désagréable.
La racine de kaïnça, analysée par MM. Pelletier et Caventou, contient : matière grasse verte, d'odeur vireuse; acide caïncique; matière jaune extractive et amère ; matière colorante visqueuse.
Usages. — Cette racine est employée, en médecine, contre les hydropisies, et principalement contre l'ascite. On l'administre sous forme d'extrait, de sirop, de teinture, etc.
Falsifications. — On vend souvent, à la place du kaïnça, une racine du môme genre, venant de la Guadeloupe. Elle a un épiderme jaunâtre, une écorce d'un jaune orangé.
M. Guibourt a observé une racine dite de kaïnça, inodore, à écorce plus mince, plus noire que le kaïnça du Brésil, et d'une saveur analogue à celle de ce dernier : il ignore si cette racine est une variété ou une substitution du véritable kaïnça.
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Le kermès minéral, appelé aussi sulfhydrate ou hydrosulfatey sous- hydrosulfate d'antimoine, protosulfure & 'antimoine hydraté, a été découvert par Glauber. C'est une poudre légère, d'un brun marron foncé (1), offrant un aspect velouté ; elle est insipide, inodore. Le kermès est inaltérable par l'eau; les solutions alcalines bouillantes le dissolvent en le décompo-
(i) La nuance varie d'ailleurs beaucoup, suivant le procédé de préparation.
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saut. Il s'altère par Faction de la lumière (4), prend une teinte blanc jaunâtre et un aspect farineux.
La nature chimique du kermès a été le sujet de nombreuses recherches, desquelles on peut conclure, quant à présent, que cette substance est un oxysulfure d'antimoine hydraté, contenant des proportions variables d'oxyde d'antimoine ; il retient aussi du suivre de potassium ou de sodium , que des lavages à l'eau, même très-multipliés , ne peuvent entièrement séparer.
Usages. — Le kermès est très-employé, en médecine, comme expectorant dans les catarrhes chroniques et sur la fin des pneumonies; il est aussi purgatif et vomitif. On l'administre sous forme de tablettes , de potions ou de pilules. On l'emploie aussi en très-grande quantité dans la médecine vétérinaire.
Falsifications. — Le prix élevé du kermès le fait souvent falsifier, et quelquefois remplacer en totalité par le peroxyde de fer (2); on l'a falsifié aussi avec des terres argileuses et ferrugineuses , telles que Y ocre rouge , la sanguine, la terre sigillée, le bol d'Arménie; avec la brique pilée très divisée, le soufre doré d'antimoine;, enfin avec des poudres végétales , telles que le santal rouge.
L'oxyde de ter et les argiles ferrugineuses se reconnaîtront à la couleur jaune rougeàtre de la dissolution du kermès dans l'acide chlorhydrique concentré et bouillant ; on aura pour
(1) On doit conserver le kermès dans des flacons entourés de papier noir, ou mieux encore, dans des lieux obscurs.
(*) Quelquefois , comme Font observé MM. Lassaigne et Lacassin, l'oxyde de Ter est additionné d'une petite quantité de noir de fumés, afin de rembrunir sa couleur rouge et de la faire ressembler davantage à celle du kermès bien préparé.
La falsification du kermès par le peroxyde de fer est assez fréquente ; en 1849, on a saisi chez six pharmaciens droguistes de Paris, une très-grande quantité de ce faux kermès. Ces pharmaciens, ainsi que le sieur P.... auquel ils Pavaient acheté, furent cités devant la 7e chambre : le sieur P.... fut renvoyé des fins de la poursuite, attendu qu'il n'était pas suffi' «animent établi qu'il eût connaissance de la falsification du kermès livré par lui aux droguistes. Ceux-ci furent condamnés chacun à 400 fr. d'amende et aux dépens ; le tribunal ordonna, en outre, la confiscation et la destruction des préparations saisies.
rendu insoluble la partie terreuse et argileuse des oxyde* de fer signalés ci-dessus; le aoir de fumée, la brique pttée,' tfils ont servi à la fraude.
On introduit !*• de kermès dans un tube béuché, avec 5 ou 6 oentim. cub. d'acide chlorhydrique pur et concentré, on chauffe-, le kermès,* lorsqu'il est pur» se dissout avec un grand dégagement d'hydrogène sulfuré; la liqueur est laiteuse et laisse déposer un peu- de soufre; on porte à rébullitîon et Ton filtre ; la liqueur doit passer incolore. Si le kermès contient de l'oxyde de fer, le dégagement d'hydrogène sulfuré est moins considérable et quelquefois à peine sensible; le dépôt de 6oufre est très-abondant et la liqueur filtrée est d'un jaune plus otambins foncé. Dans tous les cas, on étend la liqueur filtrée de A à 5 fois son volume d'eau ; mais avant cette addition, qui déterminerait la formation de poudre d'Algaroth, on ajoute un peu d'acide tartrique en dissolution concentrée , qui s'oppose à la précipitation de l'antimoine. On verse alors du cyanure jaune qui produit instantanément un précipité de bleu de Prusse, bien différent de la teinte bleue faible que donne , dans les mêmes circonstances, le kerihès non falsifié, mais~préparé avec le sulfate d'antimoine du commerce; qui souvent contient du fer. Si le précipité est d'un Mène légèrement bleuâtre, c'est qu'on n'a pas ajouté assez d'acide tarrtrique. Le précipité dû à l'antimoine se' dissout dans un excès d'acide tar* trique.
On peut également avoir recours à la calcination qui ramène le kermès à l'état d'oxyde gris jaunâtre, et laisse l'oxyde de fer avec sa couleur rougeâire.
Pour s'assurer de la présence du soufre doré , on projette une pincée du kermè3 suspect sur des charbons ardents; s'il contient du soufre doré, il brûlera a\ec une flamme vive, ce qui n'arrive pas avec, le kermès pur. On peut, dans le même but, employer l'un des procédés suivants, proposés par M. Voget : 1° traiter à chaud le kermès par 8 fois environ son poids d'essence de térébenthine, et filtrer; s'il est pur, il ne cède rien à l'essence qui est à peine colorée; s'il est mélangé de soufre doré,
il colore l'essence en jaune orangé, et lui cède du soufre qui se dépose , par le refroidissement, sous forme de petits cristaux aiguillés. Les résultats ne sont plus aussi .tranchés, lors^ que le kermès ne contient que 4fc ou 46 °/D de soufre doré.
2° Traiter à froid le kermès par l'ammoniaque liquide à 20* Bé, qui ne se colore pas, s'il est pur; et se colore en jaune foncé* s'il est mélangé de soufre doré. Il se forme, en outre, un dépôt dont la partie supérieure est jaunâtre ; la couche inférieure conserve la .couleur de kermès. Ce procédé, préférable au précédent, est encore sensible avec un kçrmèç ne contenant que 10 °/o de soufre doré.
La falsification du kermès par la poudre de santal rouge, signalée, dès 1821, par Cottereaù, peut être décelée de plusieurs manières. Si Ton projette dans un verre d'eau une pincée de la matière suspecte, le kermès seul se précipite et le .santal surnage; ou bien si Ton en chauffe une petite quantité, soit dans un tube, soit dans une petite cornue de verre munie d'un récipient, le kermès se décompose; la matière organique se reconnaît à l'odeur particulière exhalée , à la formation de traces d'huile empyreumatique , à un dégagement d'acide carboqique et de gaz inflammables.
D'ailleurs, toutes les matières qui servent à frauder le kermès pourront en être séparées à Taide d'une solution alcaline bouillante qui, ne dissoudra que le kermès et laissera, sous forme de dépôt, toutes les substances étrangères, minérales ou organiques (1).
KTJTO. — T. GOMMS JLIMO.
UUtoftOTX. — V. CRÉOSOTE
(1) Nous pensons que les pharmaciens devraient préparer eux-mêmes un médicament aussi important que le kermès. Ils seraient alors certains du produit qu'ils emploient, et le médecin ne serait pas exposé souvent à donner au malade un médicament inerte ou au moins peu actif.