C. — Genièvre
Le genièvre est falsifié quelquefoi s par Y eau , Y acide sulfurique, les substances végétales acres, le laurier-cerise, etc. ; il peut être altéré par la présence de se/s de cuivre. Ces diverses substances qui servent, comme nous l'avons vu, à falsifier les eaux-de-vie, se reconnaîtraient de la même manière. Le genièvre, frelaté par une substance végétale acre, est légèrement jaunâtre t tandis que le genièvre est communément incolore ; cependant cette coloration pourrait être due aussi à un séjour prolongé dans des tonneaux de chêne. Quelques personnes ont signalé la
(1) On traite les cendres par l'acide nitrique, on fai: évaporer pour chasser l'excès d'acide, on traite par Peau distillée, puis on fait agir les réactifs.
ALOÉS. 69
coque du Levant (menispermum cocculus) comme employée à falsifier le genièvre (?). Pour reconnaître un pareil mélange, il faudrait recourir aux opérations chimiques nécessaires à l'extraction de la picrotoxine, principe amer et vénéneux de la coque du Levant.
Le genièvre doit marquer 49° Cartier, ou 48 à 50° à Falcoo- , mètre centésimal.
Le genièvre ou gin, le plus souvent, ne contient pas de genièvre; c'est une eau-de-vie fabriquée par la fermentation de l'orge germée, additionnée cfune certaine quantité de seigle.
D. — Kirsckwasser.
Le kirsch contient normalement une petite quantité d'acide pru&sique; mais cette liqueur, prise modérément, n'offre aucun danger. On la trouve souvent falsifiée avec de V alcool de marcs de raisin, de crains ou de fécule, que Ton fait macérer, pendant quelque temps, sur des feuilles ou fleurs dépêcher ou de laurier-cerise. Ce kirsch artificiel, contenant plus d'acide prussique que le kirsch ordinaire, se reconnaîtrait de la manière suivante : le nitrate d'argent versé dans la liqueur étendue d'eau y formera un précipité blanc de cyanure d'argent, soluble dans l'ammoniaque et dans l'acide nitrique bouillant. De plus, le kirsch ainsi frelaté aura une saveur acre et empyreumatique.
Enfin, par suite de négligence dans l'entretien des vases distillatoires, causée par l'intermittence de la fabrication du kirsch, ce spiritueux peut contenir des sels de cuivre. Leur présence serait décelée par l'ammoniaque qui communiquerait à la liqueur une coloration bleu foncé, par le cyanure jaune qui produirait une coloration ou un précipité brun-marron.
A&oics.
L'Àloès est un suc épaissi, gommo-résineux retiré, par incision, des feuilles de plusieurs espèces du genrç Aloe (famille des Liliacées), principalement Yaloè perfoliata, Yaloë spicata, Yaloè vulgaris.
Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes d'aloès : Yaloès succotrin, Yaloès hépatique, Yaloèsdu cap de Bonme-Es-
70 ÀLOÈS.
pérance, Yaloès des Barbades, Yaloès de Vlnde ou Mozambrun, Yaloès caballin, Yaloès fétide.
Pe toutes ces sortes d'aloès, le vrai sucçotrin est la plus estimée, la plus chère ; aussi vend-on souvent, sous ce dernier nom, de l'aloès hépatique, de l'aloès du Cap, quelquefois lin,
tinsi nommé de l'île de Socotora [Afrilit anciennement), ou aloès citrin, se pré bs du poids de 400 grammes environ, liants et comme polis sont d'une belle ce, et, qui placés entre l'œil et la lumière, possèdent une transparence parfaite dans toute leur épaisseur. Sa saveur est amère ; il répand une odeur qui tient à la fois de celle de la myrrhe et de l'ipécacuanha, et qu'on peut exalter par le frottement. Sa cassure est terne et présente l'aspect ainsi que la couleur du succin jaune lactescent. Sa poudre est d'un beau jaune. Cet aloès se ramollit à + 70°° et fond complètement à + 75oc, d'après M. Edmond Robiquet ; il se dissout facilement dans l'alcool , et très-imparfaitement dansl'éther; l'eau froide en dissout la 5fr partie de son poids.
D'après l'analyse de Trommsdorff 100 parties d'aloès sucçotrin contiennent : principe savonneux amer, soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'éther, 75 ; résine 25 ; et une trace d'acide gallique. 400 parties d'aloès hépatique contiennent : principe savonneux amer 84 ,25 ; résine 6,25 ; albumine 42,5 ; et une trace d'acide gallique.
Suivant l'analyse de H. Edmond Robiquet, le suc d'aloès sucçotrin, renferme pour 400 parties : aloès pur $5 ; ulmate de potasse 2 ; sulfate de chaux 2 ; acide gallique 0,25 ; albumine 8 ; plus des traces de carbonate de potasse, de carbonate et de phosphate de chaux.
Une variété plus belle et très-rare de l'aloès sucçotrin, appelée aloès lucide, se présente en petites larmes granulées, ransparentes, d'une couleur rouge-brun obscur.
Valoès hépatique, ou aloès jaune, est opaque, très-dur et difficile à rompre. Il a la couleur du foie; de là son nom. Soumis à l'action de la chaleur, il coule en s'arrondissant comme de la poix.
ALOÉS. Tl
V aloès du Cep est opaque» en masse, à cause de sa couleur foncée, et d'un ronge terne dan&ses lames minces. La poudre est jaune avec un reflet verdàtre.
V aloès des Barbades présente dans sa masse un peu moins d'opacité ; il e6t mates fragile que l'aloès du Cap et donne une poudre d'un jaune rougefttre sale qui brunit beaucoup à la lumière. U paraît provenir de Yaloê sinuatiu
V aloès de rinde ne présente nullement l'apparence du suc-, cotrin, et se trouve souvent mêlé d'impuretés ; U est du reste très-rare dans le commerce.
Valoès coballin, ainsi nommé parce qu'on l'avait recommandé pour les chevaux, est la sorte la plus impure. Son odeur est très fojte. U se présente le plus souvent sous forme de masses noires* complètement opaques et remplies, d'impuretés.
Ualoès fétide, dont le nom rappelle l'odeur forte et puante, ressemble beaucoup à I'aloès, hépatique ; c'est celui de tous les aloès qui contient le moins de gomme.,
L'extrait gonuneux de Faloèa fétide conserve toujours un peu de sa mauvaise odeur et la communique même aux autres aloès auxquels il peut être mélangé, ou même totalement substitué.
Usages. — L'aloès est stomachique et purgatif. Il a une influence spéciale sur le rectum, vers lequel il détermine un afflux sanguin. Il entre dans la composition des élixirs de vie, de Garas et de celui dit de propriété. On en prépare des pilules simples ou composées ; il fait encore partie de diverses autres préparations pharmaceutiques.
Falsifications. — L'aloès est falsifié par la colophane, Y ocre, * X extrait de réglisse, la poix-résine, la gomme arabique, les os calcinés.
La présence des résines se reconnaîtra en plongeant daps la masse soupçonnée une broche de fer chauffée presque au rouge ; l'odeur de la résine sera parfaitement décelée.
La gomme arabique, l'extrait de réglisse, se reconnaîtront ' au moyen de l'alcool qui ne dissoudra que l'aloès.
La poix-résine, l'ocre, la colophane, pourront être séparés / par Feau qui ne dissoudra que l'aloès ; l'incinération permet- ,' tra d'isoler l'ocre. Pour s'assurer de la présence de la colophane, on pourra aussi mettre à profit la réaction curieuse