BAUME DU PÉROU
BAUMS DU PÉROU.
Le baume du Pérou est produit par le myroxylumperviferum (Légumineuses), arbre qui croît dans l'Amérique méridionale et particulièrement au Pérou. On distingue dans le commerce trois sortes ou variétés de baume du Pérou : le blanc, le brun ou roux et le noir ou baume liquide.
Le baume blanc qui s'extrait par incision, est très-rare et ne se trouve guère que dans les collections; il est liquide, d'une odeur agréable, d'une saveur peu prononcée , il ressemble assez, pour sa consistance et sa couleur, à la térébenthine. On le trouve renfermé dans de petites calebasses, dans les enveloppes du fruit du cocotier, ii est dit en coques ou en cocos.
Le baume roux ne diffère du précédent que par sa consistance plus grande et presque solide, par sa couleur jaune roussàtre. Il est également contenu dans les fruits du calebassier, et parait n'être que du baume du Pérou blanc, plus ancien, et ayant acquis une teinte plus foncée et une consistance plus grande. Il est également fort rare dans le commerce. Il n'en est pas de même du baume noir qui est très -commun, il est liquide et offre l'apparence d'un sirop épais, d'une espèce de mélasse. Sa couleur est d'un brun rougeâtre très-foncé ; son odeur forte, agréable ; sa saveur acre, chaude, aromatique et amère. Projeté sur des charbons ardents, il s'enflamme et brûle en répandant une fumée blanche, d'une odeur agréable. Il est entièrement soluble dans l'alcool ; l'éthet versé sur une petite quantité de ce baume prend une couleur un peu brun âtre. Quand il est bien pur, il coule au fond de Ueau sans se séparer ; agité dans ce liquide, il n'y perd pas de son poids.
Le baume noir du Pérou contient une huile volatile, une matière résineuse, de X acide cinnamique, de la cinnaméine et de la métacinnaméine.
Le baume du Pérou noir vient dans des boites de fer-blanc appelées potiches, du poids de 5 à 6 kilog.
Usages. — Quoique moins employé en médecine que le baume de Tolu, le baume du Pérou s'administre de la même manière.
Falsifications. — Le baume du Pérou est falsifié par la
colophane, la térébenthine, le benjoin, la résine decopahu, l'a/cool, les huiles fixes.
La colophane, la térébenthine, la résine de oopahu, se décèlent par une odeur particulière à ces résines lorsqu'on jette un peu du baume suspect sur une plaque de fer rougie au feu ou sur des charbons ardents.
Le benjoin se reconnaît à la couleur presque noire qu'il communique au baume et surtout à son odeur beaucoup moins forte.
Pour reconnaître l'alcool, on emploie le procédé suivant, recommandé par H. Bussy : on met une certaine quantité du baume avec de l'eau dans un tube gradué, et on agite vive* ment pendant quelques minutes. L'eau en s'emparantde l'alcool, amène une diminution de volume qui décèle la fraude. Si le baume soumis à l'épreuve est pur, les liquides occuperont le même espace qu'avant l'agitation. Enfin en traitant [ par l'alcool une certaine quantité de baume, ce liquide le | dissoudra et laissera les huiles fixes qui auront pu ser- | vir à le frauder, du moins l'alcool n'aura dissous qu'une très-petite quantité d'huile. Cette dernière sophistication des baumes est d'ailleurs contestée par plusieurs auteurs.