‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 88 sur 192 · CHAUX · texte numérisé non relu

CHAUX

La chaux, chaux vive ou oxyde de calcium, est blanche, inodore, d'une saveur acre, caustique et alcaline ; sa densité ^ (•)/ jL f est 2,3 ipL chaux est infusible/^kposée à l'air, elle 8e>déUte£./ Jp f / peu à peu, se réduit en hydrate (chaux éteinte), et attire en- '~ > suite l'acide carbonique de l'air ; mise en contact avec l'eau, elle l'absorbe, s'échauffe peu à peu, foisonne et se réduit en poudre blanche; sa température est portée jusqu'à 300° et capable d'enflammer le soufre, la poudre; la chaux est un peu soluble dans l'eau, plus à froid qu'à chaud ; elle bleuit le papier de tournesol rougi, verdit le sirop de violettes, rougit le curcuma.

Usages. — La chaux entre dans quelques préparations

pharmaceutiques ; l'eau de chaux est employée à l'intérieur dans les maladies du poumon, le scorbut, certaines diarrhées, contre les calculs urinaires, en injections contre la gonorrhée, à l'extérieur contre la teigne ; la chaux a de nombreux usages dans l'industrie, dans les constructions, pour foire les mortiers, ciment, etc.

Altêbations. — La chaux mal préparée peut contenir du carbonate de chaux ; on la reconnaît à l'effervescence qu'elle produit au contact des acides faibles, ce qui n'arrive jamais avec la chaux pure; comme dans la cuisson de la chaux, celle-ci est mise en contact avec les cendres de bois employées à sa calcination, elle peut contenir de la potasse. Pour s'en assurer, on dissout la chaux dans l'acide chlorhydrique; on la précipite de cette dissolution au moyen de l'oxalate d'ammoniaque, et dans la liqueur filtrée et concentrée, on verse du chlorure de platine, de l'acide tartrique, réactifs qui donnent, le premier, un précipité jaune-serin, le second, un précipité grenu, s'il y a de la potasse.

La chaux est préparée avec des calcaires magnésiens, des marbres colorés, et peut contenir de la silice, de la magnésie, de Y oxyde de fer. Si on la traite par l'acide chlorhydrique, la silice restera en résidu ; on précipitera la chaux par l'oxalate d'ammoniaque, et la liqueur titrée donnera un précipité d'oxyde de fer avec l'ammoniaque, un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien avec' le phosphate de soude ammoniacal.

Il résulte des observations de H. Chevreul, que l'eau de chaux conservée dans des flacons de verre plombeux, peut dissoudre une quantité notable de cet oxyde, dont la présence sera décelée par l'acide sulfhydrique.

CHX.OB ATS M FOTAlftS.

Le chlorate de potasse, appelé autrefois muriate oxygéné de potasse, muriate sur-oxygéné de potasse, est un sel blanc cristallisé en lamelles ou paillettes hexagonales, nacrées , inaltérables à l'air, d'une saveur fraîche légèrement acerbe. 11 fuse sur les charbons ardents à la manière du nitre. Il est soluble dans

l'eau, beaucoup plus à chaud qu'à froid, 400 p. d'eau à + 15" en dissolvent 3 p. 3, et 60 p. 2 à + 105*. Il détone vivement par le choc quand on Ta mêlé avec le soufre, le phosphore, le sulfure d'antimoine.

4 p. de chlorate de potasse pur mêlé avec 4/3 p. de soufre doit s'enflammer au contact d'un tube imprégné d'acide sul* furique à 66°. On obtient le même résultat en triturant dans un mortier un mélange de chlorate pur et de soufre.

L'acide sulfurique concentré projeté sur des cristaux de chlorate de potasse les jaunit, et donne lieu à un dégagement de gaz oxyde de chlore jaune verdàtre. Le même acide versé dans une solution aqueuse de chlorate de potasse bleuie par la teinture de tournesol la décoloie entièrement. Cet effet se produit encore , d'après H. Vogel fils, de Munich, avec une solution renfermant + 4/64 de chlorate. Mais il est plus sensible avec la teinture d'indigo, qui est décolorée, au moyen de l'acide sulfurique, dans une solution renfermant 4/300 de chlorate.

Soumis à l'action de la chaleur , le chlorate de potasse fond, donne de l'oxygène et laisse pour résidu du chlorure de po- . tassium. Le chlorate pur donne en poids 38,86 % d'oxygène.

Usages. — Le chlorate de potasse a été conseillé en thérapeutique contre la phthisie, dans le cas de fièvres typhoïdes r contre le scorbut , les dartres , les maladies vénériennes, contre la gangrène de la bouche chez les enfants. Dans les arts , ce sel est employé sur une grande échelle à la préparation des allumettes dites oxygénées et des allumettes chimiques. Dans les laboratoires , il sert à la préparation de l'oxygène pour les analyses organiques, etc.

Altérations. — Le chlorate de potasse contient souvent i du chlorure de potassium ou de sodium , du chlorure de cal- j ciurn. La présence du premier sel lui communique une saveur amère; de plus, il décrépite au feu. La solution de ce chlorate, mêlée de chlorure, donnera avec le nitrate d'argent un précipité blanc, caillebotté, soluble dans l'ammoniaque, insoluble dans l'acide nitrique , ce qui n'a jamais lieu avec le chlorate de potasse pur. On sépare le chlorure de potassium du chlorate en faisant dissoudre ce dernier dans l'eau bouil-

lante. Le chlorate cristallise par le refroidissement, et les eauxmères renferment le chlorure de potassium.

L'altération du chlorate de potasse par le chlorure de calcium est grave, en ce que la déliquescence de ce sel rend le chlorate impropre à la fabrication des allumettes chimiques. Cette altération provient d'un défaut de préparation du chlorate par le procédé de M. Liebig (1). La solution aqueuse de ce chlorate altéré donnera un précipité blanc caillebotté avec le nitrate d'argent, et , en outre, un précipité blanc d'oxalate de chaux avec l'oxalate d'ammoniaque.

Falsifications. — Le chlorate de potasse est falsifié quelquefois avec le mica, Y acide borique, lenitrate dépotasse (2), le chlorure de potassium. La première falsification se reconnaîtra à rinsohibilité du mica dans l'eau, tandis que le chlorate est entièrement soluble.

La seconde falsification qui a été pratiquée à une époque

où le chlorate de potasse était d'un prix plus élevé que l'acide

borique se reconnaîtrait en enflammant l'alcool mêlé avec le

sel à examiner ; l'alcool brûlerait avec une flamme verte due

. à la présence de l'acide borique.

Pour reconnaître le nitrate de potasse , on mêle au sel suspecté un peu d'eau et de tournure de cuivre , et on y verse quelques gouttes d'acide sulfurique. Si le chlorate est mêlé de nitrate , il y aura dégagement de vapeurs rutilantes qui bleuissent le papier degaïac et formation de nitrate de cuivre bleu verdfttre. Si le chlorate est pur, il n'y aura que dégagement d'un gaz jaune verdâtre.

Quant au chlorure de potassium , qu'il ait été ajouté à dessein au chlorate, ou qu'il provienne d'un vice de préparait) Ce procédé consiste à changer le chlorure de chaux en chlorate par l'action de la chaleur, à dissoudre dans l'eau, et à ajouter du chlorure de potassium , il se forme par double décomposition du chlorate de potasse et du chlorure de calcium. Par ce procédé on a 190 gr. de chlorate de potasse par 1 kilog. de chlorure de chaux.

(S) Il y a une vingtaine d'années, un négociant livra au commerce du chlorate de pousse auquel il avait ajouté 12 p. 100 de nitrate de potasse. Cette addition lui avait permis de vendre le chlorate avec bénéfice à un autre négociant, 2 fr. par kilog. moins cher qu'il ne l'avait acheté hii-même.

tion de ce sel, le moyen de reconnaître sa présence sera le même que celui qui a été indiqué ci-dessus.

D'AMMONIAQUZ. — T. Sn OHX.ORHTDRATS DX

Le chlorhydrate ou hydrochlorate de morphine est un sel blanc, cristallisé en aiguilles prismatiques ou en cristaux penniformes, d'un éclat soyeux, d'une saveur fort amère; il est inaltérable à l'air, très-soluble dans l'alcool, soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid.

Usages. — Le chlorhydrate de morphine est employé en médecine; on l'administre sous forme de sirop.

Falsifications. — Le chlorhydrate de morphine peut contenir un excès d'eau, ce qu'on reconnaît par la différence de poids avant et après la dessiccation aubain-marie. Il peut contenir de la narcotîne, qui reste indissoute lorsqu'on traite le sel par un excès d'ammoniaque ou de potasse.

Le chloroforme, appelé aussi (ri ou perchiorure de formyle, découvert par M. Soubeiran en 1831, elt un liquide incolore, oléagineux, parfaitement transparent, d'une odeur éthérée agréable, rappelant celle de la pomme de reinette, d'une saveur douceâtre, menthée et sucrée à la fois. Il est sans action sur le papier bleu de tournesol. Sa densité estde 1 ,480 à 18°° ; il bout à 60,8°. 11 s'enflamme difficilement et brûle dans la flamme d'une bougie en la colorant en vert. 11 est soluble en toutes proportions dans l'alcool et l'éther, très-peu soluble dans l'eau; par le frottement sur la peau, il produit une simple rubéfaction et non une vésication.

Le chloroforme, analysé par M. Dumas, est un composé de carbone , de chlore et d'hydrogène.

Usages. — Depuis quelque temps, le chloroforme est employé en inhalations pour produire l'insensibilité pendant les opérations chirurgicales. Cette propriété anesthétique du chloroforme a été révélée d'abord par M. Flourens, mais elle

fut appliquée, pour la première fois, sur l'homme, en 1847, par M. le docteur Simpson, d'Edimbourg.

Altérations et falsifications. — D'après M. Dorvaidt, d'une part, et M. Morson, de l'autre, le chloroformé' peut se . décomposer spontanément et renfermer par suite de cette altération, de Y acide chlorhydrique, du chlore, de Yacide Aypochloreux. Le chloroforme peut, en outre, contenir de lWcool (1), de Yéther chlorhydrique, des composé du méthyle, de Y aldéhyde , des substances fixes. D'après M. L. Kessler, on I falsifie le chloroforme avec de Yéther sulfurique ou de Yéther acétique (2).

Lorsque le chloroforme s'est altéré spontanément, la purification ordinaire (c'est-à-dire la rectification au bain-marie, ou, après l'avoir laissé en digestion sur du chlorure de calcium, la distillation avec de l'acide sulfurique concentré) est le seul moyen de le rendre propre à l'usage médicinal. , La présence de l'alcool dans le chloroforme est le résultat soit d'une addition frauduleuse, soit d'une purification in- ; complète. Dans tous les cas, l'alcool diminue la densité du chloroforme.

Pour reconnaître la présence de l'alcool dans le chloroforme, plusieurs procédés ont été indiqués. M. Soubeiran a proposé de projeter une goutte du chloroforme suspecté dans un mélange, à parties égales, d'acide sulfurique à 66° et d'eau pure, marquant 40° à l'aréomètre de Baume ou d'une densité de i ,440 lorsqu'il est froid. Si le chloroforme est pur, il gagne le fond du liquide ; s'il contient de l'alcool ou de l'éther, il surnage ou reste en suspension. 11 faut avoir soin d'agiter; mais il paraît que ce moyen peut entraîner des chances d'erreur, car si l'on agite beaucoup, l'alcool se sépare du chloroforme qui alors tombe au fond du vase; d'un autre côté, si l'on n'agite pas, les gouttes mêmes de chloroforme pur pourront rester à la surface du liquide d'essai.

(1 ) On a trouvé du chloroforme contenant 50 p. 100 d'alcool.

(2) La présence de l'alcool, du chlore, de l'acide chlorhydrique rend compte de la causticité produite sur la peau par certains échantillons de chloroforme.

Le procédé d'essai de M. Mialhe consiste à verser quelques gouttes de chloroforme dans un verre à moitié plein d'eau, il gagne le fond du vase et conserve sa limpidité lorsqu'il est pur; s'il contient de l'alcool, il prend en se précipitant une teinte blanchâtre opaline.

D'autre part, le chloroforme alcoolique est inflammable. Suivant H. Cartel, un moyen plus sûr consiste à agiter, pendant quelques instants, 12 grammes environ de chloroforme avec un cristal ou deux d'acide chromique, ou avec une petite quantité de bichromate de potasse et d'acide sulfurique; si le chloroforme contient de l'alcool, l'acide chromique se transforme en oxyde vert de chrome.

M. Létheby a également signalé l'albumine comme moyen d'essai très-sensible du chloroforme. Lorsqu'il est pur, il ne coagule pas le blanc d'œuf ; lorsqu'il est alcoolique , il le coagule.

Le chlore, l'acide chlorhydrique , l'acide hypochloreux dans le chloroforme, proviennent de son altération spontanée ou d'une purification incomplète. Un en reconnaît la présence à l'aide du nitrate d'argent qui ne précipite pas le chloroforme pur et précipite, au contraire, celui qui contient l'un des corps ci-dessus désignés. En outre, le papier bleu de tournesol sera rougi par le chloroforme qui contiendra de l'acide chlorhydrique , et blanchi par celui qui contiendra de l'acide hypochloreux ; la présence de l'éther chlorhydrique sera décelée en distillant au bain -marie un mélange d'eau et du chloroforme suspecté. Les premiers produits de la distillation aurontune odeur d'élher chlorhydrique très-reconnaissable. L'éther sulfurique dans le chloroforme sera reconnu par la moindre densité de ce dernier et par l'inflammabilité du mélange.

L'aldéhyde se reconnaît à son action réductive sur l'oxyde d'argent hydraté et à la coloration brune que prend le liquide par la chaleur, après avoir été additionné d'une petite quantité de potasse en solution.

La présence des composés du méthyle dans le chloroforme, signalée par M. Létheby, ne peut jusqu'ici se découvrir que par les accidents, que le chloroforme qui les renferme

190 CHLORURE DE BARYUM.

peut déterminer sur l'économie; céphalalgie, prostration générale et rapide.

L'eau contenue dans le chloroforme lui sera enlevée par le chlorure de calcium.

Quant aux substances fixes que le chloroforme peut dissoudre, on en décèlera la présence, en chauffant au bainmarie ; le chloroforme se volatilise et les substances fixes restent comme résidu.

OHLORVRI D'AMMONIUM. — T. SbL AMMOMIAC.

CH&oavaz d'antimoine.

Le chlorure d'antimoine ou muriate d'antimoine , beurre d'antimoine, est blanc, demi-transparent , très-caustique, onctueux, fusible à 100°. Il est légèrement déliquescent et volatil au-dessous de la chaleur rouge ; projeté sur les charbons incandescents, il fond et s'exhale en fumées blanches , très-irritantes, qui excitent la toux. Mis en contact avec l'eau en très-petite quantité, il s'y dissout; une portion de ce liquide un peu plus forte le décompose en oxychlorure ou poudre dTAlgaroth, blanche, insoluble, et en acide chlorhydrique qui dissout du chlorure d'antimoine. Administré à l'intérieur, le chlorure d'antimoine est un violent poison.

Usages. — Le chlorure d'antimoine est employé comme caustique ; il sert à l'extérieur contre les excroissances fongueuses, les verrues, la carie. On l'emploie dans les arts pour bronzer les canons de fusil, pour donner au cuir une couleur particulière.

Altérations. — Si le chlorure d'antimoine contient plus d'eau qu'il n'en doit entrer dans sa préparation , lorsqu'on débouche le flacon, il ne répand pas les vapeurs blanches irritantes qu'il donne lorsqu'il est concentré. On doit le conserver dans des flacons bouchés à l'émeri et non dans des flacons bouchés avec du liège qu'il attaque et colore en brun. Le bouchon de verre doit être enduit d'une couche de graisse pour éviter qu'il ne se soude à la longue avec le col du flacon.

CH&ORUBX DM BAETUM.

Le chlorure de baryum appelé aussi terre pesante salée, mu-

CHLORURE DE BARYUM. 191

rime de baryte , hydrochlorate ou chlorhydrate de baryte , est blanc, inodore , d'une saveur acre ; il cristallise en prismes à quatre faces très-aplaties contenant 14,75% d'eau ; il est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool. Chauffés, les cristaux décrépitent un peu, perdent leur eau de cristallisation et finissent par se fondre. Le chlorure de baryum pris à forte dose est un poison.

Usages. — Ce sel est employé en médecine pour combattre les maladies scrofuleuses et les dartres.

Altérations. — Le chlorure de baryum peut contenir de l'arsenic, du cuivre, du plomb, du fer, des chlorures d'aluminium, de calcium , de magnésium , de sodium , de strontium et de manganèse. Les métaux se reconnaîtront dans la solution aqueuse du sel à examiner, savoir : l'arsenic , par le précipité jaune orangé qu'il donnera avec l'acide sulfhydrique, précipité entièrement soluble dans l'ammoniaque ; le cuivre, par la couleur bleue qu'y produiront quelques gouttes d'ammoniaque; le plomb, par le précipité noir formé par l'hydrogène sulfuré, le précipité jaune donné par l'iodure de potassium ; le fer, par le précipité bleu produit avec le cyanure jaune, ou le précipité noir formé par la teinture de noix de galle.

Si Ton agite avec l'alcool une certaine quantité de chlorure de baryum, et qu'on soumette la liqueur à Févaporation, le résidu contiendra les chlorures d'aluminium, de calcium, de magnésium. L'alumine sera séparée par l'ammoniaque, la chaux par l'oxalate d'ammoniaque, la magnésie par le phosphate de soude ammoniacal. La solution aqueuse de chlorure de baryum précipitée complètement par l'acide sulfurique, et filtrée, donnera une liqueur qui , concentrée convenablement, déposera, sous forme de cristaux, du sulfate de soude, dans le cas où le chlorure de baryum contiendrait du chlorure de sodium.

Si la flamme que donne l'alcool brûlé avec le chlorure de baryum est purpurine ou jaune pourpre, c'est que le sel contiendra du chlorure de strontium. Enfin, le chlorure de manganèse se reconnaîtra au moyen de l'ammoniaque qui

donnera un précipité d'abord blanc, puis devenant brun par l'action de l'air.

CHI.OB.UAX DE 6AX.CIUM.

Le chlorure de calcium ou muriate de chaux, hydrochlorate ou chlorhydrate de chaux ; est blanc, inodore, d'une saveur ftcre, piquante et amère ; il est très-déliquescent à l'air, trèssoluble dans l'eau et dans F alcool. 11 cristallise en prismes hexagonaux terminés par des pointements très-aigus, contenant 49,13% d'eau. Exposé au feu , il éprouve la fusion aqueuse, puis la fusion ignée.

Usagbs. — Le chlorure de calcium est employé comme stimulant contre les maladies scrofuleuses. Il a de fréquents emplois dans les laboratoires de chimie comme moyen de dessiccation et pour priver les substances liquides, telles que les éthers, l'alcool, etc., de l'eau qu'elles peuvent contenir.

Altérations. — Le chlorure de calcium peut être altéré par du fer, du cuivre , de la magnésie. Le fer se reconnaîtra au moyen du cyanure jaune ou de la teinture de noix de galle ; le cuivre par la coloration bleue que produira l'ammoniaque dans une solution aqueuse de chlorure, ou par la couche de cuivre métallique déposée sur une lame de fer décapée plongée dans cette solution légèrement acidulée.

Enfin si le chlorure de calcium contient du chlorure de magnésium, il donnera un précipité blanc avec la potasse. Pour reconnaître si le chlorure de calcium est alcalin ou neutre, on en prendra 4 grammes dissous dans 24 grammes d'eau pure et que l'on précipitera par lgr 6 d'oxalate d'ammoniaque. Si le sel précipite par de nouvel oxalate, il est alcalin ; dans le cas contraire , il est neutre.

Ce composé est un de ceux qui ont reçu le plus de noms, il a été appelé panacée mercuriclle, mercure doux, sublbné doux, muriate de mercure doux, calotnel, calomélas, aquila alba, etc. ; il est blanc, inodore, insipide, pesant, insoluble dans l'eau et l'alcool ; sa densité est de 7,14, d'après Boullay. Il

cristallise en prismes quadrangulaires terminés par des pointements à quatre faces ; il est volatil, mais moins que le bichlorure; chauffé en vase clos, il se sublime entièrement sans se fondre et sans éprouver d'altération ; le chlore le transforme en bichlorure, les alcalis le colorent en noir.

Usages. — Le protochlorure de mercure est très-employé comme vermifuge, purgatif, antivénérien ; on l'administre dans les cas d'engorgements abdominaux, de fièvres intermittentes rebelles, de maladies syphilitiques, scrofuleuses, etc. ; on le fait entrer dans des poudres, pilules, opiats, pommades, etc. Relativement à son usage médical, on peut distinguer trois sortes de protochlorure de mercure, différant seulement par leur état de cohésion et leur mode de préparation : 1° le mercure doux ordinaire, préparé par sublimation ; 2° le mercure doux ou calomélas , préparé à la vapeur, ou le mercure doux très-divisé, préparé par le procédé de M. Soubeiran (condensation dans de grands réservoirs et division par l'air); 3» le précipité blanc ou protochlorure obtenu par précipitation, qui se présente dans le commerce sous forme de pains orbiculaires, blancs.

Altérations. — Le protochlorure de mercure peut contenir du bichlorure de mercure. La présence de ce dernier sel, vu sa puissance toxique, est très-importante à constater. On traite le calomel à essayer par l'alcool chaud à 33° Baume , on ajoute au liquide son poids d'eau ; s'il contient du bichlorure de mercure, il donnera un précipité jaune rougeâtre avec l'eau de chaux ou la potasse, un précipité noir avec le suifhydrate d'ammoniaque, un précipité rouge avec l'iodure de potassium. On peut d'ailleurs connaître la quantité de bichlorure contenue dans le calomel, en traitant par l'éther un poids connu de ce dernier, le bichlorure seul se dissout; la différence entre le poids du résidu et le poids primitif fait connaître celui du bichlorure.

Pour débarrasser complètement le protochlorure du bichlorure qu'il peut contenir, on le soumet à des lavages à l'eau, réitérés jusqu'à ce que l'eau de lavage ne présente plus avec les réactifs les caractères propres à ce dernier sel.

Un moyen pratique et expéditif d'essayer le calomel avant

de l'employer, consiste à le traiter par Téther sur une lame de cuivre décapée ; si Ton frotte légèrement le métal dans le point où l'évaporation a eu lieu, on produit un amalgame brillant, dans le cas où le calomel contient du bichlorure. Falsifications. — Le palomel pulvérulent se prêtant plus k facilement à la fraude, est falsifié quelquefois par le carbonate t de plomb ; le carbonate, le sulfate et le phosphate de chaux ; les | os calcinés ; le sulfate de baryte ; Y amidon ; la gomme. En sublimant une petite quantité du chlorure suspecté, toutes ces substances restent pour résidu. Si ce dernier contient de l'amidon ou de la gomme, il noircira par l'application prolongée de la chaleur. Il fera effervescence avec les acides s'il contient du carbonate de plomb ou du carbonate de chaux : dans le premier cas, la liqueur précipitera en noir par l'hydrogène sulfuré, en jaune par l'iodure de' potassium ; dans le second cas, elle ne noircira pas par l'hydrogène sulfuré , et elle précipitera en blanc par l'oxalate d'ammoniaque; le résidu , traité par l'eau chaude , abandonnera le sulfate de chaux, et la liqueur résultante précipitera en blanc par le chlorure de baryum et par l'oxalate d'ammoniaque. Cette falsification du calomel par le sulfate et le carbonate de chaux a été signalée par M. le professeur Gay, de Montpellier. M. Deschamps, d'Avallon, a reconnu dans un échantillon • de calomel, jusqu'à 50 % de sulfate de chaux contenant du ' carbonate.

Si Ton chauffe avec du charbon une autre portion du résidu et qu'il contienne du sulfate de baryte, celui-ci sera oonverti en sulfure, dont la solution aqueuse donnera lieu à un dégagement d'hydrogène sulfuré et à un précipité blanc, par l'addition de l'acide sulfurique. M. Moritz a trouvé un calomel qui renfermait jusqu'à 20 % de sulfate de baryte.

En traitant par l'eau froide une petite quantité de calomel suspecté, on dissoudra la gomme, qui sera précipitée par l'alcool de sa dissolution aqueuse j en traitant par l4eau bouillante, on dissoudra l'amidon , et la liqueur obtenue bleuira par la teinture d'iode.

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