‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 93 sur 192 · CIGUË · texte numérisé non relu

CIGUË

colat, avec le cyanure jaune; un précipité jaune foncé, avec le cyanure rouge, si le cidre contenait du zinc ; un précipité blanc, par un carbonate alcalin, ou un alcali ; un précipité blanc, avec l'hydrogène sulfuré, si la liqueur n'est pas acide.

Ces cidres renfermant des sels métalliques peuvent donner lieu à des accidents graves : quelques exemples ne Font que trop prouvé.

Souvent on a vendu des cidres préparés avec le sucre de fécule\ la cassonade, le vinaigre ; des cidres fabriqués de toutes pièces avec des fruits secs; ces liquides sont ensuite aromatisés avec de la cannelle. Il faut se défier de ces boissons factices; d'ailleurs, si leur usage n'est pas préjudiciable à la santé (1), elles n'en constituent pas moins une véritable fraude lorsqu'on les vend pour des cidresde pommes, de bonne qualité (2).

«aux.

Parmi les différentes espèces de ciguë, la grande ciguë ou ci gué maculée (cicua major, conium maculatum), de la famille desOmbellifères,est la seule employée en médecine. On l'administre sous forme d'extraits, d'emplâtres, de poudres, etc., pour résoudre des engorgements chroniques.

Falsifications. — La ciguë a été trouvée mélangée avec les plantes suivantes : la ciguë vireuse ou dentaire aquatique (cicuta virosa), la petite ciguë (aethusa cynapium), le cerfeuil (scandix cerefolium), le/>er$t7 (apium petroselinum), le cerfeuil

(1) Nous devons citer néanmoins un accident arrivé dans le département de la Loire-Inférieure à toute une famille d'ouvriers qui avait fait usage d'un cidre préparé avec les fruits du cormier, dans une fontaine en terre vernissée. Ce cidre de cormes a une acidité qui étanche la soif; mais lorsqu'il est fait dans un vase en terre vernissée, il devient un poison assez violent. On ne doit le faire que dans une barrique ou dans un vase sans vernis.

(5) Un fabricant de cidre, le sieur D***, traduit en police correctionnelle, fut condamné à 10 fr. d'amende et à la confiscation du cidre saisi. Ce dernier était si peu marchand, si mauvais, que, dans l'intérêt du prévenu, on déclara qu'il n'était point destiné à être vendu, comme boisson ; qu'il avait été converti en vinaigre, et quel vinaigre ! En réalité ce n'était ni du cidre, ni du vinaigre ; ce fut simplement une spéculation punie de 10 francs d'amende!

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