RÉACTIFS
Pouiae cittiUqae..
Sulfaie de proL de fer
Sairala d'ammoniaque.
Niirale acide de mer cure......
Oarbotiale de pO' latte
SuU«ie de ilnc
sec
de
Couleur puce.
Noir leinlé de jaune.
Teinte rlolel - cerite.
Teinte et précipité verdâtrea.
Veri leinlé de Jaune.
Vert foncé.
SOC de
flVUAD H1BUJI.
PrécIpiléTert foncé.
Couleur violette foncée.
Groseille vif.
Rouge teinté de
ouce grit.
Couleur Irét-vlolacée.
SUC do
imPBDlf SUSPBCT
Ccomenanl
65 i 70 '/.de soc
d'hiftle).
Verl foncé.
Noir teinté de vert.
Groseille.
Teinte et précipité
violaeét.
Verl foncé.
Vert bleuâtre.
Le SUC pur de nerprun, étendu d'eau, présente une belle coloration bleue violette ; le suc de sureau hièble , étendu d'une même quantité d'eau , donne une couleur d'un beau rouge violet.
Le mirài^o\xa$oiate d'argent, appelé autrefois ittVre/ufUKirf, nitre f argent, crwtùux de lune, caustique lunaire , cristallise
NITRATE d'aRGBMT. 85
facilement en lames minces rectangulaires , transparentes, incolores et nacrées , ou en rhombes aplatis, solubles dans leur poids d'eau froide, bien plus solubles dans Teau bouillante, solubles dans Talcool bouillant; mais la majeure partie du sel se précipite par le refroidissement de la liqueur alcoolique.
Une solution aqueuse concentrée laisse volatiliser un peu de sel d'argent par rébullition.
Ce nitrate cristallisé est acide, il rougit fortement le tournesol ; sa saveur est amère, acre, caustique et métallique ; il s'altère et noircit à la lumière (^) ; il est facilement décomposé par le contact des corps combustibles : mis en présence du soufre , du charbon, du phosphore, il détone par le choc. Humide ou en solution, il blanchit d'abord la peau, et lui fait prendre rapidement une teinte d!un violet noirâtre, qui ne disparait qu'avec Tépiderme , ou par l'application , sur la partie affectée, d'iodure de potassium, soit en solution, soit à l'état solide ; il se forme alors un iodure d'argent irréductible par la lumière, et dont la teinte jaunâtre se confond avec celle des tissus.
Le nitrate d'argent fond sans se décomposer, et forme, en se refroidissant^ une matière opaque, fibreuse et jaunâtre, à cassure cristalline rayonnée, qui, moulée en cylindres dans des lingotières de cuivre ou de fer légèrement échauffées, constitue la pierre infernale des pharmaciens ; c'est le nitrate d'argent pur et neutre, qui n'a perdu par la fusion que le peu d'eau et d'acide en excès que le nitrate cristallisé retient interposés.
La pierre infernale est ordinairement noire : cette coloration a été attribuée par les uns à la présence d'une certaine quantité d'oxyde de cuivre contenue dans l'argent; par d'autres, à la réduction d'une partie de l'argent, soit par le fer des lingotières, soit par les corps gras (suif, huile), dont on enduit ordinairement la surface de cej dernières ; enfin, le plus grand nombre voient dans cette coloration PeiTet immédiat de l'action réductrice de la lumière. Il e$t probable que ce phénomène de coloration résulte de l'effet combiné de la lumière et des matières organiques.
(■) Il peut 86 décolorera Tombre, sous certaines conditions. (Cwlier.)
Les cylindres de pierre infera&le aoni enlèraiés dans ém flacons avec des graines de lin ou de la semence de p^rltium^ destinés à empocher qu'ils ne se brisent par le choc (M.
USAGBS. — • Le nitrate d'argent est emplojé en médecine, soit à rintérieur, à l'état cristallisé ; soit à Textéheur, à l'état de pierre infernale , comme caustique et cathérétique, povr ronger les chairs baveuses et d'autres excroissances ; on Ta aussi employé, à des doses très^faibles, comme antiépileptique. Ce sel, en solution, est d'un usage fréquent dans les laboratoires, comme réactif de Tacide chlorhjdrique, du chlore, des chlorures , des phosphates. £u solution , dans la proportion de 9 ^/o, il sert à teindre les chereux sous les noms d'eau de Chimoxx A^Efjypte; on l'emploie avec avantage pouf composer des encres à marquer le linge. En solution aqueuse plus ou moins étendue d'eau , M. Velpeau Ta employé dans le traitement de rophthalmie chronique; M. Bretanneau, de Tours, dans le traitement du croup.
Altérations. — Lorsque le nitrate d'argent a été préparé avec de Taisent non entièrement privé de cuivre, il donne un sel cristallisé dont la solution aqueuse est verte ou bleuâtre, si la proportion de nitrate de cuivre est assez forte. Dans tous les cas, cette solution , colorée ou incolore , donne , avec l# cyanure jaune , le précipité ou la coloration fleurs de pèchar (à cause du cyanure d'argent blanc qui se précipite simulta» nément) caractéristique des sels de cuivre : l'ammoniaque y produit une belle coloration bleue,
Le nitrate d'argent cristallisé, préparé avec de l'argent allié de cuivre , peut être obtenu très-pur et incolore , à Taide de plusieurs cristallisations ; le nitrate da cuivre, beaucoup plus soluble» reste dans les eaux-mères, ou bien on concasse légè-
[*) Ces graines font éprouver une décomposition au nitrate, et tiecoa* vrent d*un enduit d*argeni mculliqui* et ntéme de nitrate d'argent ^ Attssi ne doit-on pas se serrir uUéricurenient de ta graine de lin qut a s^oumé dans des flacons avec la pierre tefernate ; elle pent donner Ifeu a des acciikmts. Non» eo avons des exemples
La pierre infernale s'altère lorsqu'elle a été conservée dans da la graine de lin mal séchée. M. Eymael^ pharmacien militaire belge»! observé que te% (le nitrate (fargcut avait été décomposé par ces graines humides. La surface des cylindres était devenue rogaeuse, et le nitrate »'éuit plus complétemeni noliible dansTeau.
roaient les oristaux de nitraie^ et on les lessive sur un eutoch noir avec de racide citrique à 35^ B^, afin de dissioudxe U nitrate de cuivre de préférence ,à eelui d'argent; on achève U purification de ce dernier par une dissolution et \m& cristal* lisation dans Teau; ou bien encore, par la fusion ignée» on décompose le nitrate de cuivre sans altérer le nitate d'argent) puis on traite par Teau distillée. La liqueur, débarrassée par le filtre du bioxyde de cuivre formé, est soumise à la crish tallisation.
La pierre infernale préparée avec du nitrate d'argent cuivreux renferme ce dernier métal en partie à l'état de bioxyde^ et a une teinte d'un vert bleuâtre, si la proportion en est assez forte. La solution aqueuse de cette pi^re infernale donne^ avee Tammoniaque et avec le cyanure jaune , les réactions caractéristiques des sels de cuivre ; elle laisse un résidu qui, séparé par fîltration (*) ou mieux par décantation, et traité par l'acide nitrique, donne, avec les réactifs précédents, les même$ réactions que la solution aqueuse ; une lame de fer décapée» plongée dans le liquide, détermine la précipitation de cuivre métallique.
Falsifications. — Le nitrate d'argent cristallisé est rare»; ment falsifié ; il n'en est pas de même de la pierre infernale.
La fraude la plus fréquente consiste à introduire du uiiraêt dépotage dans le nitrate d'argent, au moment de le couler dAQs la lingotière ; on le sophistique aussi avec Itiphmbagin^ le peroxyde de manganèse, V ardoise pUée, VeaUy les nitrates d» plmnb et de zinc (^).
La première falsification, très-importante à constater pour le pharmacien, en raifton du prix élevé de la pierre iafenialQî et de la perte d'énergie que cette fraude lui fait éprouver, est déeelée en versant dans la solution aqueuse de la pierre sus-
(') La filtration duil èlre faite avec des pa[iiers à (iltre lavés, non suscciitibles de produire avrc les réaciifs des précipités qu*on pourrait à tort attribuer au liquide liltré. Cesl ainsi qu*une dissoluliou de cyanure jaune, versé dans de l'eau passée à travers le papier gris, y produit une couleur bleue verdàlrc très-prononcée«
(*) Un pliarroaclen de Gîessen ( Hesse-Darmstadt ) a trouvé de la pierre, infernale falsiiiée, qui cpntenait 1 p. de nilrate de plomb et d'oxyde de zinc pour S p. de nilrate d'argent.
88 NITRATE DARGEfn*.
pecte de l'acide chlorhydhque faible ou une solution de chlorhydrate d'ammoniaque qu'il faut éviter de mettre en excès (*); on filtre, pour séparer le chlorure d'argent formé, et on évapore à siccité.
Le nitrate ou le chlorhydrate d'ammoniaque ou l'excès d'acide cfalorhydrique disparaît sous l'influence de la chaleur, et , par le refroidissement , on obtient pour résidu le nitrate de potasse ajouté, dont on peut facilement vérifier les réactions caractéristiques. Le nitrate d'argent pur, dans les mêmes circonstances, ne laisse aucun résidu. Le poids de ce dernier représente lé sel frauduleusement ajouté , et , comme contreépreuve, le poids du chlorure d'argent lavé et séché avec soin fait connaître celui du nitrate : sachant que 100 p. de nitrate d'argent pur doivent fournir 84 p., 3 de chlorure d'argent.
Si Ton dissout dans l'eau distillée le nitrate d'argent contenant de la plombagine, du peroxyde de manganèse, de Tardoise pilée , ces corps se précipitent, à cause de leur insolubilité, au fond du verre dans lequel on fait l'expérience.
Le plomb se reconnaît par les chlorures alcaUns , qui forment un précipité blanc de chlorure d'argent et de chlorure de plomb. Par un excès d'ammoniaque, le chlorure d'argent seul est dissous. A l'aide de l'ébullition dans l'eau, on ne dissout, au contraire, que le chlorure de plomb.
Pour déceler la présence du nitrate de zinc, on ajoute à la solution aqueuse de pierre infernale une solution de chlorure de sodium , jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité de chlorure d'argent ; on filtre la liqueur, et on y ajoute la quantité d'ammoniaque strictement nécessaire pour précipiter l'oxyde de zinc, que l'on recueille sur un filtre.
Enfin, la présence de l'eau dans la pierre infernale est constatée par sa fragilité, son absence do cristallisation radiée, par sa cassure humide et mouillant le papier non collé.
(1) Il ne faut pas employer Ici le chlorure de siodium ou de potassium oamme liquide précipilanl. En effet, Fexcès de ce chlorure alcalin et le nitrate de soude résuliant de la double décomposition des deux sels resteraient pour résidu, alors même que le nitrate d'argent serait pur.
NITRATE DE POTASSE. g#
MXT&ATn (loot-) BB BISMUTH— -V. Biuuni db vm». VITRATB BB POTA88B.
Ce sel, connu aussi sous les noms de salpêtre, nitre, sel de nitre, nitre prismatique, azotate de potassey cristallise en piia^ mes à 6 pans, terminés par des sonmiets dièdres , présentant ordinairement dans l'intérieur des cavités longitudinales ; il est blanc, inaltérable à Tair, d'une saveur fraîche, piquante et légèrement amère. Sa densité est 1 ,93 ; en gros cristaux, il a pour densité 2,109 (£rra<«t). Il est très-soluble dans Teau, très-peu soluble dans Talcool ordinaire, et tout à fait insoluble dans Falcool pur. Projeté sur des charbons ardents, il en active la combustion et fuse. Il entre en fusion vers 350^ ; fondu et refroidi, il se présente sous forme de masse blanche, opaque, dure, à cassure rayonnée, facile à réduire en poudre, et connue en pharmacie sous le nom de cristal minéral^ sel de prunelle {depruna , braise, charbons allumés).
Le nitrate de potasse dégage des vapeurs intenses , sous rinfluence de Tacide sulfurique ; ces vapeurs attaquent le^ cuivre, bleuissent le papier de Gayac humecté.
Usages. — Le nitrate de potasse entre dans la composition de la poudre (^); il est employé à la préparation de Tacide nitrique. En médecine, on l'emploie, comme diurétique et tempérant, en boissons, en pilules, etc.
ÂLTÉBATIONS. — Le nitrate de potasse peut contenir des chlorures (de sodium, de potassium), des sulfates, àa nitrate de chaux, et des matières terreuses (^), Quelquefois aussi il peut contenir du cuivre, de Viode(^).
Les chlorures se reconnaissent au précipité caillebotté,
(<) Plusieurs millions de kilog. de salpêtre sont annuellement employés à cette rabricaiioQ.
(*) M. Magonty a rencontré des nitrates de potasse renfermant lVo,5 à SVo«5 de sel marin.
On expédie aussi dans les sacs des boules do terre argileuse en quantité notable. Leur grosseur varie de celle d*une noisette à celle d'une noix. En dissolvant dans Teau une petite quantité de ce nitrate, tout le sel se dissout; les matières terreuses, s'il y en a^ restent en dépôt.
(>) La présence de Hode dans le nitrate de potasse, constatée par
Ift MTBAT£ DE POTAS^.
soluble dans rammoniaque , insoluble dans Tacide nitrique, formé par le nitrate d'argent; les sulfates, au précipité blanc« insoluble dans l'acide nitrique , rormé par le chk^ure de baryum ; les sels de chaux, au précipité blanc formé par Toxalate d'ammoniaque.
Le cuivre est décelé par le précipité brun-* marron que donne le cyanure jaune.
Quant à Tiode, on s'assure de sa présence de la manière indiquée à Tarticle Nitratb de soude. (Voy. p. 95.)
On a aussi prétendu que certains salpêtres renfermaient de ïarsenic^ quoique beaucoup de chimistes, ainsi que nous, n'en aient jamais rencontré ; nous allons indiquer le moyeu fori simple de s en assurer. On décompose, par Tadde sulfuriquB^ le nitrate dissous dans un peKi d'eau , puis la liqueur (sulfate de potasse) qui en résulte est introduite dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc ; si le nitrate contient de rarsemc^ il donne des taches et un amieau sur lesquels on constate la pfésence de l'arsenic.
L'essai des salpêtres , qui a été Tobjet des recherches des phis célèbres chimistes [Guytiivt'MorveaUj Baumé^ Riffoiâlty lAVoisier^ BerthûUet, Fourcroy, Vauqueiin^ tfArcet fèie. Pelletier, Gay-Lussac)^ consista d'abord à rechercher la quautilé d'eau qu'ils contiennent» par la perte qa'éi»'ouvent 100 gr. àe ce sel, après une dessiccation au bain-marie.
On dissout ensuite dans Teau 10 gr. de salpêtre brut^ non desséché; la dissolution est ûltrée^ et le iiltre» lavé etsécl^j^, donne, par son augmentation de poids, celui des matières étrangères. Dans le Uquide filtré , on verse, au moyen d'une burette graduée en centimètres cubes, une solution filtrée de nitrate de baryte, obtenue en dissolvant 6 gr. 488 de ce sel dans 1000 gr. d'eau distillée ; elle est telle que chaque centimètre cube représente exactement 0 gr. 01 de sulfate de potasse. La liqueur étant de nouveau filtrée, et le filtre bien lavéj on verse une solution titrée de nitrate d'argent (formée de 23 gr. 08 de ce sel dissous dans 1000 gr. d'eau distillée},
M. Barreswil^ s'explique facilement, le saipéire .^e prèparaiu aujoard*hui pat* double décom position , à Taide du chlorure de i>otassium ou même du carbonate de potasse el du nitrate de soade.
telle ([uechAque centimètre cube représente 0 gr. 01 4e Mo* rare de potassium (*)•
Dans les raffineries de salpêtre du gouvernement, on essaye le nitrate de potasse d'après le procédé de Riffault, qui consiste à traiter un poids connu de ce sel l400 gr.) , à deux ou trois reprises, par 750 centimètres cubes d'une solution titrée de nitre pur» qui possède la propriété de dissoudre les chlorures mélangés au nitrate, sans agir sur ce sel ('). Le résidu insoluble est recueilli sur un filtre, puis séché. La différence entre son poids et celui du salpêtre brut indique la proportion de' matières étrangères. Il faut ajouter 2 y^ è la perte éprouvée, pour le nitre qui se précipite, pendant l'opération, de la solution saturée. Le salpêtre, ainsi débarrassé du chlorure, est ensuite dissous dans Teau distiDée, afin de le séparer des matières insolubles (terre ou sable) qu'il peut contenir. Le poids de ce résidu, retranché du pmds précédent, fait connaître celui du nitrate pur contenu dans l'échantillon soumis à l'essai.
Gajf-Lussac a proposé une méthode particulière, qui oonsiste à faire un mélange exact de 10 p. de sel à essayer avec & p. de charbon lavé et 40 p. de sel marin réduit en poudre une, et 4 chauffer ce mélange au rouge cerise dans un creuset de platine. Le nitrate de potasse est seul décomposé et transformé en carbonate, dont on détermine la quantité par la atturatioD avec un acide titré. Soit p la quantité trouvée de carbonate de potasse, x la quantité cherchée de nitrate cor» respondante, on pose :
865 étant réquivalent du carbonate de potasse ; et 1265, celui du nitrate.
M. Gossartj commissaire des poudres à Lille, a cherché à doser Facide nitrique contenu dans le salpêtre, en mettant à profit Taction oxydante que cet acide exerce sur les protosels
(1) Oq peut, pour chacun de ces deux essais, former uno liqueur d^ aoM dont cbaquo cenlim. cube représente Or* 001 de sulfata oudecblorsre de potassium.
(*) Ce proeédé offre rinconvéaienl de no pas permettre d*apprécier si le nitrate à essayer eomleot du nUralê de wudê^ car ce damier ait eala^ mmm9 les autre» sait par Teau saturée.