‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 133 sur 251 · NITRATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

NITRATE DE SOUDE

teinte rose que prend la liqueur lorsqu^on y ajoute la plus petite quantité de caméléon. La pureté du nitrate essayé est directement proportionnelle à la quantité de caméléon que Ton emploie.

Si, par exemple, on a opéré sur 2 gr. de fer et 1 gr. 216 de salpêtre impur, et que le caméléon minéral (^) indique que 0 gr. 200 de fer n'ont pas été peroxydes, il en résulte que 2 gr. moins 0,200 ou 1,800 de fer ont été portés au maximum : si le sel avait été pur, les 2 gr. de fer auraient été entièrement perchlorurés, d'où la proportion :

X =1 1,0944; il y avait donc dans 1 gr. 216 de salpêtre impur, 1 gr. 0944 ou 90 7o 8 dé nitrate de potasse pur. Le salpêtre essayé est donc au titre de 90,8.

Ce procédé exige que les nitrates à essayer ne contiennent aucune matière étrangère (organique ou autre, pouvant se peroxyder) susceptible d'agir sur le caméléon.

Le nitrate ou azotate de soude , ou nitre cubique, nïtre rhomboïdal, nitre quadrangulaire, salpêtre des mers du Sud^ est blanc, cristallisé en prismes rhomboïdaux, transparents, d'une saveur acre et fraîche , déliquescents , très-solubles dans l'eau ; sa densité est 2,760 [Filhol). Il fuse sur les charbons, comme le nitrate de potasse.

(1) La dissolution du caméléon est telle qiril en faut 50 c. cubes pour peroxyder I gr. de fer. Par conséqneut, pour peroxyder O.ïOO de fer, il faudra 10 c. cubes de celle solution titrée.

On prépare le caméléon minéral en maintenant pendant quelque temps au rouge sombre dans un creuset de terre un mélange de 3 p. de potasse \i la cbaux, 2 p. de bioxydc de manganèse et 1 p. de chlorate de potasse. La masse, d'un vert foncé, est pulvérisée, mêlée avec 8 à 4 foii son poids d'eau, et traitée par Tacide nitrique faible, qu*on ajoute peu à peu, jusiiu'à ce que la liqueur ait pris une couleur pourpre. On la llltre sur de Famiante ou sur du verre pilé, et on la conserve dans un Oaeon bouché à rémeri.

M NITRATE DE SOUBE.

Le commerce fournit deux liortes dé nltlrate de Mude^ le

naturel et Yartificiel.

Il en existe des bancs considérables dam rAmérique du

Sud (ChiU, Pérou, etc.). Il contient 96 «/o 698 (Lecann), 94 Vo 291 (ffofstetier) de nitrate pur.

Suivant M. Hofntetter, le nitrate de soude naturel du Pérou raiferme :

Nitrate de soade 94,«»!

Chlorure de sodiiiKi t,MO

Eau 1.993

Sulfate (le potasse 0,239

Nitrate de potasse 0»4M

Nitrate de magnésie 0,858

Résidu et eau 0,303

tOO^OOO

Usages. — Le nitrate de soude sert, dans les arts, à la fabrication de l'acide nitrique, du salpêtre et de Tacide sulfurique. Ses usages tendent à s'accroître à cause de son prix inférieur à celui du nitrate du potasse, et de la plus grande quantité d'acide nitrique qu'il fournit («).

Altérations. — D'après Tanalyse que nous venons de citer, on voit que le nitrate de soude peut renfermer des chlorures et sulfates à même base, du chlorure de calcium, du sulfate de chaux , des nitrates et sulfates de potasse^ du nitrate de moignésie. Il en résulte que si la solution aqueuse de nitrate de soude précipite par le chlorure de baryum ou par le nitrate de baryte Ç)j elle contient des sulfates. Les chlorures sont décelés par le précipité qu y forme le nitrate d'argent; la chaux, par l'oxalate d'ammoniaque ; la magnésie, par le

(1) Dans les Taforiques, tOO de nitrate de potasse donnent f 00 d*acid« nitrique à SO», tandis c|ue 100 de nitrate de sonde produisent 115 d'aciJe au même degré.

(»)0n peut se servir de Ii.|uourA titrées; ainsi, en dissolvant losr. aSI de nitrate de baryte dans 1 kil. d*eau distillée, on a un liquide dont chaque centim. cube représente Ov^» 01 de sulfate de soude cristallisé; 97Kr. 119 de nitrate d*argent dissous dans 1 litre d*eau distillée précipitent tout le chlore du chlorure de sodium.

On peut aussi employer le mode dVssaî indiqué par M. Pelatie (\. an. Nitrate de potasse. )

ROtK ANÎMJa. 9S

{>ho$phate de sonde ammoniacal ; la potage, par le chlorure de platine.

M. Lembert a constaté la présence de Viode à Téiat d'iodure, et surtont dUodate de soude, dans le nitrate de soude naturel (*) ; la présence de ce corps est décelée en pilant et lavant le nitrate avec Teau distillée ; le liquide filtré et légèrement amidonné, additionné d'acide sulfureux, puis d'acide sulfurique, acquiert la coloration bleue caractéristique.

Ou bien, on ajoute au nitrate un peu d'acide nitrique pur, le tout est introduit dans un ballon muni d'un tube abducteur. On chauffe; les vapeurs qui se dégagent sont reçues dans un petit tube-éprouvette renfermant de Tempois très-clair, fait fivec de Tamidon biej:i lavé à Teau froide.

Pour débarrasser complètement d'iode le nitrate de soude, il suffît 4e verser dessus 5 ^/o de son poids d'acide nitrique q^dinaire (exi^mpt d'iode) et d'évaporer à siccité {Barreswil.)

Le nitrate de soude peut aussi contenir de V arsenic. En te décomposant par l'acide sulfurique, et introduisant le liquide dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc, on obtient, s'il a y d^ l'arsenic, des taches et un anneau sur lesquels (^ s'assure de la présence de ce corps.

Les bassines de cuivre servant à la préparation du nitraiç artificiel peuvent introduire un peu de ce métal. Sa présence estconstatée par l'ammoniaque, le cyanure jaune.

«rOXR AXVZMAZ..

. Oij a.agouté au noir animal en grains, soit neuf, soit revivifié, de Tc^w aigimée d'acide sulfurique^ marquant 2° à raréomètre, dans la proportion de 20 p. de ce liquide pour 100 p. de noir. Cette addition, faite dans le but d'augmenter le poids , par suite de l'eau que retient le sulfate de chaux (plâtre), qui résulte de Faction de l'acide sulfurique sur le

[>) M. V. Parisot a rencontré des nilraies de soude renfermant 9 !i 6 o/o et même 20 Vo de sels de varech, qui y introdoiâent des iod«reB.

Nous avons examiné les premiers échantillons de nitrate de soude expédiés à Paris, et pris à l^admttotstraiion des doutnes ; fis ne coiHeiialeulpis d*io<ks.

96 NOIA I>'£NGBAIS.

carbonate de chaux des os, constitue une véritable fraude, une tromperie sur la nature de la marchandise , et le noir ainsi adultéré n'est ni loyal, ni marchand.

On reconnaît cette addition en faisant bouillir le noir sus^ pect avec de Feau distillée; le liquide filtré donne avec Toxalate d'ammoniaque un abondant précipité blanc ; avec le chlorure de baryum, un précipité blanc , insoluble dans Tacide nitrique. (F. Charbon anibial.)

arom b'bvo&axs o» «ont bb RArranma.

Le noir ou résidu de raffinerie est une masse noire, bleuAtre, dense, légèrement odorante. Il provient du noir d*os (neuf ou revivifié), employé, conjointement avec le sang, pour clarifier le sucre brut dans les raffineries. On emploie, pour 100 p. de sucre brut, 3 à 4 p. de noir en poudre, et on ajoute deux litres de sang à 8° de Taréomètre.

La boue de noir résultant de l'opération môme de la clarification est lavée à l'aide d'un courant de vapeur, pour enlever le sirop qu'elle retient en vertu de sa porosité, puis on la jette sur un filtre, et si elle n'a plus de saveur sucrée, on la soumet à la presse.

Jusqu'en 1820 , l'industrie ne tirait aucun parti de cette matière, qui encombrait les environs des villes ( Marseille, Nantes, le Havre, Paris, istc), où se trouvent des raffineries de sucre.

A peu près à la même époque , M. Payen à Paris, M. F. Favre à Nantes , reconnurent , par l'expérience , que ce résidu pouvait être employé avantageusement comme engrais.

 la suite d'essais répétés, à Nantes, par MM. Bisiei et Jollin, et confirmés, à Paris, sous les auspices de MM. Sonterre et Mallet, les monceaux de noir dont les raffineurs ne savaient que faire furent bientôt accaparés par la spéculation, et, à partir de 1825, le noir de raffinerie fut employé comme un engrais très-puissant, principalement dans les départements de l'Ouest (*).

(') L'emploi du noir de raffinerie prit même uae telle eilension, que la producUou devîDl insuffisante. Aussi d*habi les manufacturiers ont-ils

NOIR d'emgrais. 93

Déteiré des fosses oà il était accumulé, le noir de lafiBnerie Qfspédié sur les divers marchés français fut d'abord vendu 2 fr. rhectolitre ; et son prix, s'élevant progressivement, atteignit enfin le chiffre de 12 et 14 fr., auquel le noir pur est encore vendu aiyourd'hui.

La quantité de cette substance , extraite de provenances diverses, et consommée annuellement en France, peut êti^ évaluée à 12 millions de kilog., ou 126315 hectolitres (*].

Les chiffres suivants expriment les quantités de résidus de raffinerie expédiés, en France, de 1839 à 1845, par les sources de production les plus importantes :

Années. Russie. Autriche. Villes anséâtîq.

1839 169 879kn. » 9 60»588kll.

1840 aisaue isasTOkii. aaiissi

ISil 1 9iS 031 930 334 3 661 683

Dans le$ noirs envoyés par les villes anséatiques, les résidus de raffinerie de la Prusse figurent pour une notable proportion , car ils sont en majeure partie expédiés en transit par Hambourg et la HoUande .

Nantes et quelques villes de la Normandie, Caen notamment, sont les entrepôts les plus importants où sont dirigés les résidus de raffinerie (*).

Indépendamment de leur provenance et de leur composi-

ctiercbé à fabriquer an engrais semblable ou fort analogue {Noirt ami' maUaét),

(M Le poM» moyen de rbectoiitre de noir résidu de raffinerie, bumide, est de 95 kil.

(*) Voici les quantités de noir importées à Nantes, dans une période de sept années.

Prov. françaises. ToUL

5 643 057 kil. 17 071 804 kil.

Années.

Provenances élrang.

11 428 927 kil.

98 NOIR D*WMA».

tion chiinique, les noirs résidus de raffinerie pturent être classés, d'une manière générale, en trois catégories bien dittinctes : les noir^ gros grain, les noirs grain, les noinfins.

Les noirs gros grain se présentent presque toujours en fragments irréguliers , d'un volume quelquefois égal à celui d'une petite aveline. Leur couleur est terne. Ils contiennent fort peu de hiatière organique, et proviennent généralement des fabriques de Russie et de rAmérique du Nord.

Les noirs grain, les plus usités dans la raffmerie, sontsecs, rugueux comme le sable, et très-noirs (^). La presque totalité de cette sorte de noir arrivant à Nantes est vendue et consommée eu Bretagne, en Normandie, et dans le département de la Mayenne. Les noirs grain ont une grande densité : rhectolitre pèse de 95 à 100 kilogrammes. Ils conviennent particulièrement pour les céréales.

Les noirs fins provenant de la clarification sont chargés, par conséquent, des principes coagulables du sang et d'une minime quantité de sucre, que le lavage le plus parfait ne saurait enlever au noir animal. Ils ont une texture plus ou moins ténue, favorable à leur absorption par les plantes, et qui les fait préférer par les agriculteurs.

Outre cette classification, les résidus de raffinerie ont été classés de la manière suivante, d'après leur composition respective, par MM. Moride et Bobierre, qui ont publié, dans ces derniers temps, des recherches très-étendues sur les engrais (^), et auxquels nous avons emprunté toute la matière de cet article :

Ils distinguent les noirs de Nantes, de Marseille, de Bor^ deaux, de Hambourg, de Russie, du nord de la France^ de Parti» et d'Orléans, de Trieste, de Venise, à^ Espagne, di^ Amérique (très-rares en France) ; enfin, les noirs anglais.

Les noirs de Nantes sont généralement fins et d'une belle couleur légèrement bleuâtre ; ils sont toujours bien lavés et

(•) La SmNIt', quelques villes des bords du Rbîn, les rfliliiieries du nord de la France, celles de la Bassla, expédient dans Touesl de la frince des noira lias, qui sont connus dans le commerce sous le non générique de not'rt dt Russie.

(■) Ed. Moride et Ad. Bobierre, Technologie des engrais de Vemeside (a France, IMS, Paris el Ctente«.

NOIR D'BilOAA». t%

pauvres en matière sucrée, peu humides, laissant apercevoir 4et byssus blanchâtres.

les noirs de Marseille sont remarquables par leur odeur df beurre pourri; ils sont d*un noir mat, fins et homogènes, fa* elles à diviser dans la main. On les emploie souvent pour la culture du sarrasin.

Les noirs de Bordeaux ont une belle apparence, et sont souvent additionnés de matières étrangères ; ils ont quelque* fois une couleur ardoisée et une odeur de lie de vin, indicé presque certain de leur falsification. On les emploie particu« lièrement dans la fabrication des noirs factices; ils sont mé* langés avec des matières animales et avec des tourbes.

Sous le nom de noirs de JUambnurg, on désigne les noii!| de raffinerie, non-seulement de Hambourg, mais de Prusse, d*Amsterdam, de Copenhague^ de Stockholm, de Cologne, df Stettin, de Guttemberg et de quelques autres localités. Ils ont une texture lâche, et se présentent sous forme de mottes moisies à Imtérieur. On les falsifie presque toujours. Ils pàsent 85 à 95 kil. l'hectolitre.

Les noirs de Russie (Riga et Saint-Pétersbourg) pèsent de 1D3 à 105 kil. rhectolitre ; ils sont moins azotés que les noirs français.

Les noirs du nord de la France (Lille, Valenoiennes, Dunkerque) sont fins, secs, foncés en couleur, peu azotés. Ils fer* mentent très-peu, en raison de la minime quantité de sang qu'ils renferment, et n'agissent que lentement sur la vég;^ talion.

Les noirs de Parts et d Orléans sont intermédiaires à ceux de Bordeaux et du nord de la France.

Voifii, d'après las analyses de MU. Jéariéê et Bobierrê, la composition moyenne des divers noirs dont nous venons de parler :

100 Pîom d'ensiuis

ij

If

NoirdiKinleP

- dslUricille

- dcBordMu.

- donirnnnurB

- di- SlDckhnliD

- doCoMiM

- dcSlBllin

- deRu«io...?.

- de ViltnelcDaei

- dBLIIIe...!^

- sSfc/ii-'-ii

- dBTriMle

- dnVgaiM

- d'Eipigns

- d-Ainferiquc

n.tTi n.îas

ÙTS

Page 1