I.OM
Ces divers noirs contiennent des quantités variables d'ean : ain» les noirs de Marseille en renferment 30 à 35 ■>/, ; ceux de Nantes, pris à la sortie du filtre, 36 °/, ; ceux de Hambourg, 21 '/..
Les noirs anglais, expédiés pour la plupart de Londres (*)i sont d'un brun rougefltre ; ils p^nt 80 k 85 kil. l'hectolitre. Ils ont fréquemment une odeur très-prononcée de matière fécale, et sont d'une conaslance terreuse ; ils ne contiennent, le plus souvent, que la moitié ou le tiers de leur poids de nmr de raffinerie, et sont mélangés de résidas de brasseries, de féculeries, de matières fécales.
Voici l'analyse d'un noir anglais, d'après HH. Moride et Babierre:
PbMphite de cbaux 40 (Uauraailmuin).
Cutwnate de chiai tl,5
Seli Milubles a
Matière organique a
il renferme 25»/„ d'azote.
{') Le port de Nanieii reçoit, < Boira aimlaii.
M DM hectolitres de cet
!90IR D'ENGRA». 101
FALSiriGATiONS. — La fraude s'est introduite aussi dans le commerce des noirs de raffinerie. On a cherché à augmenter d'une manière illicite leur poids et leur volume au moyen du charbon de bois, de la tourbe^ du charbon de tourbe^ de la houille, du carbonate de chaux noirci, des schistes, des schistes argileux ou phyllades, des scories de forge, du terreau, de la terre glaise carbonisée, de la terre des Landes, du sabk, de la brique pilée (*).
Le procédé employé par MM. Moride et Bobierre pour constater ces sophistications consiste à observer les phénomènes que présente la combustion du noir résidu par le chlorate de potasse, phénomènes qui varient suivant la nature de la ma* tière brûlée.
Une certaine quantité du noir à essayer est desséchée à une faible chaleur^ puis triturée et mélangée avec du chlorate de potasse pulvérisé (1 gr. de noir pour 5 gr. de chlorate). On chaufîe le tout dans un creuset de platine ou de fer^ incliné fortement^ de manière à ce que les parties supérieures entrent les premières en fusion.
D'après MM. Moride et Bobierre, le noir a été falsifié avec :
Le charbon de bois, si la combustion s'effectue violemment en donnant lieu à beaucoup de fumée^ et à une projection de la matière au dehors du creuset. La cendre est noire, incomplètement soluble dans Teau acidulée^ et laisse apparaître le carbone qu'elle retient et qui va bientôt nager à la surface de la solution.
(*] Les noirs de Nantes sont rarement fraudés.
Les noirs de Marseille sont tfès-soavent folsitiés avec des UgnUes et des cendres de fourneaux.
Les noirs dits de Hambourg sont presque toujours falsiOés avec du sabk fin, avec des résidus de disHUerw, de cotea, de graine de lin; avec du ton, des tourbes. On mélange à ctiaud et on soumet ensuite à Taclion de la presse.
Les noirs de Russie sont généralement fraudés au moyen du charbon de bois.
Les noirs de Paris et d'Orléans sont souvent falsifiés avec du calcat*r«, du sabUy de la brique pUée, de la houHU; il en est qui contiennent des os broyésy des matières fécales, du sang et du charbon; d*autres renferment des résidus de la fabrication du blm de Prusse.
Idt ifom DBWiutfs.
Le charbon de tourbe, si la eombustion, présentant Us taraotères précédents, laisse un culot salin^ gruiulé, rongeâtro» donnant un résidu sablonneux après son iarage avec Tatidè ehlorhydrique (*).
La houiUe^ si, la fumée étant abondante, il y a produètion^ à la surface de la matière en fusion, de petits sphéroïdes rouges, provenant de la matière incandescente ; il y a toujours flamme et projection de matière : les cendres sont trèanoires, et donnent^ après le lavage acide, Un résidu de scories noires.
Le schiite, si la fumée est très-lente et sans scintillement ; on a un culot salin, rouge noirâtre, difficile à détacher du creuset (•).
Les scories de forge, si la combustion est trèsHlifficile et sans scintillement; le culot obtenu est gris, quelquefins rou* geAtre, parsemé de points noirs; traité par un acide, il donne lieu à un dépôt où Ton peut apercevoir la scorie à la loupe et même à l'œil nu.
La tourbe, si la combustion est très-violente, avec projection hors du creuset et dégagement manifeste d'odeur de tourbe. Le culot salin est mamelonné, rougefttre, d'un aspect terreuX) soluble dans Peau acidulée, en laissant un dépôt sablonneux considérable.
Le carbonate de chaux noirci ^ n U combustion est lente , avec un faible scintillement; si la fusion est difficile, le résidu est mamelonné, noirâtre, soluble presque en entier dans Tacide ehlorhydrique étendu. Les cendres sont blanches ; projetées dans 1 eau lorsqu'elles ont été chauffées au rouge, elles font entendre un bruit semblable à celui que produit l'immersion d'un fer rouge dans Teau froide (^).
Le terreau , la terre de marais , la terre arable , la terre des LandeSy si la combustion est faible. On obtient un culot
(*) La présence du charlMu de tourbe diminue notablemeul U densité du uoir.
(') Le noir raéiangô (hes schistes est d*une densité considérable, d*un aspect mat, d*ane texture compacte. Il tache fortement les doigts.
(*) Ce mélange de noir et de chaui carbonaCée est doux au toucher, il noircit facilement les doigts; l*addition d'un acide y détermine nue elTervescence plus (umnltuenae que de conUiae.
i*\m roiig» Qoirâtie, lai^wit, «pris le tr«ii«meot «£ii)e, uj) fttioodftDt précipité terreux (*).
Us fabifiotUons du noir de refôuAric psr le sAble et b| ^ brique pilée sont trop grossières pour échapper à Toeil d'ui) observateur attentif. Il n'en est pas de même de l'addition du noir, de terres argileuses mêlées de substanees organir i|ues, puis caloinées ; eUe ne ppunrait se reco^altre que par une analyse quantitative,
De tout ce que nous venons de dire il résulte que le noir de raffinerie non adultéré brûle par le chlorate ds pot^^e avec un léger scintillement, en donnant une fumée plus on nooins épaisse ; il fournit une cendre blanche^ presque entièrement soluble dans les acides.
Le oarbone et Taiiote étant en quelque sorte la base de tous les engrais, plus ils en renferment, plus ils sont propres à produire une belle végétation.
Dans le noir résidu de raffinerie, le principal agen^ nutritif de la végétation est le sang (matière azotée) qu'ils cgniieur nent, et qui, mélangé au charbon, se décompose assez lentement pour permettre à la plante d'absorber et de s'assimiler les produits de sa fermentation. Le cbarboni en effet, a la propriété de retarder la putréfaction et d'absorber les ga^ qu'elle développe. Il faut aussi tenir conipte d^^ composants minéraux, qui peuvent, suivant les sols et les cnltures, augmenter la valeur de Tengrais.
Ainsi, dans le noir de raffinerie, les principes fertilisants les plus précieux sont Tazote et le phosphate de chaux. Sa valeur commerciale est donc fixée quand on a évalué sa richesse en azote, et dosé les sels calcaires (phosphate et carbonate de chaux) qu'il renferme.
On forme d'abord un échantillon commun, c'est-à-dire qu'on prend du noir dans plusieurs points de la masse, près de la surface, à la partie inférieure, au milieu, on mélange et on en extrait 10 à 15 gr., dont on détermine la quantité d'eau. On en incinère 1 ou 2 gr. pour déterminer la proportion de matière minérale ; puis on procède au dosage de l'a-
(^) Ces dernières nidifications sont faciles à déceler par rfnspcclioa à la loupe.
104 NOIR D^EnORâtt.
xote, pour leqael on pourra employer Tun des procédés d^'à indiqués àTart. Guano (t. P% p.471 et 472), notamment celui de M. Pêligot, qui donne rapidement des résultats exacts, et qui est d\me pratique fort simple.
On prend un tube en fer, bouché à Tune de ses extrémités ('), de 0^60 de longueur et de 0^010 à 0»,012 de diamètre intérieur. A ce tube est adapté un bouchon dans lequel s'engage un petit tube courbé qui plonge dans un flacon de lavage ou dans un tube à boules (Voy. PI. II, fig. 12), contenant 10 centimètres cubes de liqueur sulfurique normale. Celle-ci est composée de 1 litre d'eau et61*>',250 d'acide sulfurique bouilli ; 10 centimètres cubes saturent 2'% 12 d'ammoniaque et correspondent à 1^% 75 d'azote.
On pèse exactement 1 gr. de l'engrais desséché dont on veut évaluer la richesse en azote. On le mâle peu à peu dans un mortier de porcelaine sec et chaud avec de la chaux sodée (>). Ce mélange est introduit dans le tube, au moyen d'une feuille de cuivre pliée. Préalablement le fond de ce tube a été garni avec quelques grammes d'acide oxalique, qui, par sa décomposition ignée, doit, à la fin de Topération, balayer les gaz contenus dans l'appareil. On rince parfaitement le mortier avec de la chaux sodée, légèrement chauffée, on achève de remplir le tube avec cette substance, puis on ajoute, dans la partie antérieure, quelques fragments de verre pilé, destinés à former obstacle aux projections résultant d'une combustion trop prompte de la matière.
Le tube est placé sur une grille horizontale, le bouchon de liège qui y relie le tube courbé du flacon de lavage est protégé contre l'action de la chaleur par une éponge mouillée, disposée en anneau autour de la partie antérieure du tube. On chauffe d'avant en arrière, en ayant soin de maintenir au
(*) Les tubes en fer creux de M. GaudUlot oonviennent parfaîieroent pour cet usage.
(*) La cbaux sodée s'obtient soit en calcinant de Phydrate de soude concassé ou de la chaux en poudre, et pulvérisant le tout i chaud, soft en éteignant de la chaux avec une lessive de soude caustique, calcinant le tout et le réduisant en poudre.
La chaux sodée se conserve, pour Tusage, dans un flacon bouché rémeri.
nom d'eivchais. 10&
rouge sombre la chaux sodée. L'ammoniaque se dégage^ mêlé de carbure d'hydrogène et de matières empyreumatiques. La décomposition est terminée lorsque le gaz ne se dégage plus malgré l'élévation de température. L'appareil démonM, on procède au titrage de la liqueur sulfurique normale, opération qui adé|à été faite avant la combustion. La différence d'intensité acidimétrique sera en raison inverse de l'ammoniaque absorbée, et, par conséquent, de la quantité d'azote contenue dans l'engrais.
Ce titrage s'effectue à l'aide d'une solution de saccharate de chaux (^), contenue dans une burette graduée en centim. cubes et 1/10 de cent, cubes. On sature la liqueur normale adde, étefldue de quatre à cinq fois son volume^ et colorée en rouge par quelques gouttes de teinture de tournesol, qui indique le point de saturation par son virement au bleu, au moment où l'alcali prédomine. Connaissant, par un essai préalable, la quantité de saccharate de chaux qui sature 10 centim. cubes de l'acide normal titré neuf, on en soustrait belle qu'on trouve pour l'acide qui a reçu l'ammoniaque de la substance azotée, et on a, par une simple proportion, le volume de l'acide qui a été saturé par l'ammoniaque de l'engrais.
Supposons, par exemple, que 10 centim. cubes de la liqueur normale sulfurique saturés avant l'opération, ayant absorbé 81^^'** , 5 de saccharate, 10 centim. cubes de la même liqueur, après la combustion 'de 1 gr. d'engrais desséché, exigent 60 divisions pour lemr point de saturation, la différence sera SI, 5; on posera : 81,5 : 10 cent, cubes : : 21,5 : x; X étant le nombre de centim. cubes d'adde correspondant à
10x21 5 Tanmioniaque absorbée, d'où x = — ' = 2 *'• ^*'- 64 ;
mais comme 10 centim. cubes d'adde normal correspondent à O'^ylTS d'azote, on posera la proportion :
locwb. . Qj'^ns : : 2»•*»^64 : x
0,175x2,64 ^„ . .^ X = TjT = 0«'-,046,
(1) Cette ftuluiiOD s*obtient en triturant de la chaax dans une solution chaude ûe sucre, et flltrant la liqueur.
L'enpus repfenno dona 46 nulU^mt» d'imie (A), Pour toa fisé sur U raI«uT eoiQm«roial« du pour d« raffir aerôt comina «ofrus, U («ut «ooore doser sob pbovphato d» ^ittx, MM. ilforûfe et Bobimn ont indiqué» à cet effet, U
On doieèche le noir à lOQ^^^' et ou en pèse 1 gr^ que Ton iji' oinère dans un creuset de platine. On ajoute à ]a cendre une petite quantité de carbonate d'ammoniaque powr carbimater la chaux que la calcination aurait pu rendre caustique, et en pèse le résidu. La différence de poids trouvée indique le ebarbon et la matière organique.
La cendre obtenue est jetée sur un filtre et larée à l'eau bouillante , pour enlever les sels solubles. Lorsque Teau de lavage ne précipite plus par le chlorure de baryum» on cal- Ci Vofcî, d'après MM. Boussingauli et Paym, le titre de Tazote et les équivalêota de plusieurs engrale dont la valeur se rapprociiede eelle du Jioir résidu ; le type est le fumier de ferme qui eonUent, à rétel oornel, 4 poer 100 d'azote, et sec 19Vo»5| il en faut lOOeO kiU pour U fumure d*un hectare, ce qui représente iO kil. d'azote; par conséquent, un engrais quelconque aura, à poids égal , une valeur d*aulant plus grande qe*ll en faudra une quantité moindre pour représenter 40 k II. d^aiole; cette qotolilé e$t diu VéqmhmtHU de PengrtU i
6NGRAIS.
iVtttf Aiiimtfiffé.
(des camps près Psrisj
ASOTI 90011 iOSO
dSDsrsBfrals aornsi [cP«st>h-dU«
aveo
ion li«ttidiu
habitoelle].
dit ensralfl iiQllaodais). . ,
Herbes marioes snimslisées
nèsidu de bleu de Prusse (roélè de saog).
fioir jioglais (san», chaux, suUr)
Noir anfmallsé des rafRoeriet
— (eipo/ié d« l'aris) ».
Noirs d'09 (fabrique de Paulet)
Bxcrémcnis de roouloo
Pulpe de beueraves (séchèes A l'air)
Paille de fromeol (partie supérieure)
— de lentilles
Genêt (liges ei feuilles)
Fucus saccbarinus (sèche A l'air)
Feuilles de chêne (automne)
de hêire
Suie de houille
— de boii
wm
lO.S
IM
lOil
mmsm
rftfisis sii^
taiiiAun
o« naaiMè d'ensnU
pour
la ronvia d'os
baourt.
StOO 161^0
nom p'vNuivAifi. )07
fiiift^ d«os un éiPeuiel de platine, U filtre et U oenilre hvé» fU'il renferma, on pèse le résidu , en déduisant toutefois le poids de la eendre du filtre, qui a dû être déterminé d'avance* La différence entre le poid^ trouvé et celui de la cendre, avant le lavage, donne la quantité de sels solubles dans Peau, quan* tité qui dépasse rarement 1 ou 3 V^ du noir de raffinerie.
La matière, étant ainsi débarrassée des sels solubles, est dissoute à une faible chaleur dans un peu d'acide nitrique pur. Cette dissolution renferme le phosphate de chaux, le carbonate de chaux, Talmnine^ l'oxyde de fer et la magnésie, plus un peu de silice, que Ton néglige ici, mais qui pourrait être dosée à Taide d'une simple filtration.
La liqueur acide est saturée par ranEunoniaque pure, versée goutte h goutte et agitée. Qn s'arrâte lorsque le précipité, qui se redissout d'abord , devient insoluble. La liqueur est légèrement acide ; on y ajoute quelques gouttes d'a(Hde nitrique , pour redissoudre, autant que possible , le phosphate en suspension.
On dose ensuite le phosphate de chaux à l'aide d'une solution normale d'acétate neutre de plomb (') que Ton verse dans le phosphate dissous, jusqu'à ce que l'iodure de potasttum indique un excès d'oxyde de plomb au sein du mélange, préalablement alcoolisé. La liqueur plombique normale est introduite dans une burette graduée en 100 parties ou degrés égaux à 50 centim. cubes, pouvant saturer 1 gr. de phosphate de cbauji des os; d'où chaque degré ou 1/2 centim. cuba représente 1 centigramme de phosphate. On verse alors cette liqueur normale dans la solution de phosphate , en agitant vivement après chaque nouvelle addition; le phosphate de
('] Le phosphate de plomb qui se forme dans cetlt; circonsiaoce est, suivant MM. Moride et Bàbierre, un mélange de sesqui phosphate et d^une minime quantité de biphospbate; il contient 30 Vo d*acide phosphoriqve et SO •/o d'Mjde de plomb que représantent isa,as d'aeéute de piond) pur. 100 p. dn ce phosphate de plomb eofro^pon^eni i 49,85 du phosphate de chaux des os (Ph 0>, 3CaO, d'après M. Kaewsky), l\ en résulte qu'il faut 310,7i dVétate de plomb cristallisé pur pour saturer i'scide de 100 p. de phosphate de chaux, ou 3vr-,t07 pour 1 gr. La solution aqueuse de ces S>*^-,10T d*acétâte con«litue fto cent, cubes de li^oear «oriMU, doftt un litre DMiticdi, par cmNéquenii aSff.U d*«oéUte de
1Q8 NOia d'emgkais.
plomb se précipite rapidement , on laisse déposer , et pour s'assurer qu'il y a ou qu'il n'y a pas un excès d'oxyde de plomb dans la liqueur, on mouille l'extrémité d'un agitateur à la surface du liquide supérieur, et l'on porte la goutte obtenue sur une lame de verre , à la surface de laquelle ont été préalablement déposées quelques gouttes d'iodure de potassium , servant ici de touchau. La présence ou l'absence de coloration jaune verdâtre indique si l'opération est ou non terminée. Une première coloration jaime, due à la solubilité d'un peu de phosphate de plomb dans l'acide en excès qui provient de la décomposition du phosphate de chaux, est un signe que la saturation touche à sa fin.
On additionne alors le liquide des 2/3 de son volume d'alcool, de manière à annihiler la puissance faiblement dissolvante de l'acide en excès , puis on continue de verser en agitant, jusqu'à ce que Ton ait obtenu la coloration jaune verdfttre. Arrivé à ce terme , le degré lu sur la burette donne le titre, en phosphate de chaux, du noir animal ou de l'engrais analysé.
Si une analyse complète est nécessaire, on filtre la Uqueur pour séparer le phosphate de plomb ; celle-ci retient la chaux, Falbumine , la magnésie et l'oxyde de fer, plus un excès d'acétate de plomb, que l'on enlève en faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré dans le liquide préalablement aiguisé de quelques gouttes d'acide nitrique. On jette sur un filtre qui retient le sulfure de plomb formé , et, de la liqueur filtrée, l'on précipite, à l'aide d'un excès d'ammoniaque , l'alumine et Toxyde de fer. Nouvelle filtration, puis précipitation de la chaux par l'oxalate d'ammoniaque. L'oxalate de chaux lavé, séché et calciné, est pesé à l'état de carbonate *,-du poids de ce dernier on déduit en même temps, au moyen d'une simple proportion, la quantité de chaux qui doit être reportée avec l'acide phosphorique : sachant que 96,42 de carbonate de chaux représentent, par leur oxyde, 100 de phosphate de chaux.
Ce dosage du carbonate de chaux peut être contrôlé par le moyen suivant, dû à MM. Moride et Bobierre : on place 1 gr. de l'engrais pulvérisé dans un petit ballon au col duquel s'adaptent deux tubes, dont l'un très-effilé à sa partie inférieure.
NOIR d'engrais. 109
et bouché avec un morceau de cire à sa partie supérieure» reçoit une quantité quelconque d'acide nitrique pur; Tautre est rempli de chlorure de calcium fondu, retenu par un tampon àe coton cardé : on pèse ce petit appareil (Foy. planche II, fig, 13), puis on enlève le petit bouchon de dre de temps en temps, de manière à graduer Fécoulement de Tacide nitrique, et, par conséquent, le dégagement de IV cide carbonique ; la décomposition du carbonate s'opère dans le ballon, Tacide carbonique se dégage, passe sur le chlorure de calcium en lui abandonnant son humidité, et s'échappe dans l'atmosphère. Lorsqu aucune effervescence ne se manifeste dans le ballon, malgré un excès d'acide, on chauffe le mélange jusqu'à l'ébullition, de manière à chasser la totalité du gaz qui aurait pu rester interposé dans le liquide , et on pèse de nouveau le tout; la différence de poids donne la quantité d'acide carbonique , d'après laquelle, au moyen du calcul, on apprécie facilement la quantité de carbonate de chaux (*).
On pourrait encore employer^ pour le dosage du phosphate de chaux, le procédé indiqué par M. Raewsky, celui de E. CottereaUf ou celui de M. Leconte.
M. Baewsky convertit le phosphate en sel soluble dans l'acide acétique, et y ajoute de l'acétate de peroxyde de ter. Le phosphate de fer ainsi formé, bien lavé, est dissous dans l'adde chlorhydrique ; le sel de fer est réduit par le sulfite de soude, puis le fer est dosé, en le convertissant en peroxyde, à l'aide d'une dissolution titrée de caméléon minéral. On déter-
(^) Dans Tanalyse d*engrais composés et fortement aiotés, lels que les noirs anglais^ la dessiccatloo opérée au moyen de la chaleur peut déterminer ]a yolatilisalion d^ammoniaque, et par suite donner un résulut très-inexact. BfM. Monde et Bobierre ont remédié à cette cause d'erreur en appelant, à Taide d'un flacon d'appel, Tair, deraéché par sou passage sur du chlorure de calcium, à travers un tube cbauffé an tiainmarie, qui renferme la substance à dessécher. Ce courant dessiocaleor passe ensuite k travers une solution normale sulfurique (comme dans le procédé PeUgot pour le dosage de Tazote) qui retient en totalité Tammoniaqne entraînée. La dessiccation terminée, on titre Tadde au moyen du saecbarale de chaux, et on a la quantité d'aiote à ijonter au résolut obtenu dans le dosage déflnitif de l'engrais.
110 NOIE d'eNORAIS.
mine It quantité de fer par un simple calcul, et, par àuita, w connaît la proportion d'acide phosphorique (■). Le mode d'analyse proposé par È, Cottereau est basé : 1* Sur la propriété que possèdent les dissolutions aqueuses de potasse et de soude ou leurs carbonates , de transformer les phosphates insolubles en phosphate de potasse ou de soude solubles à la température de Tébullition , tout en convertis- •ant les bases en carbonates insolubles ;
8* Sur la propiété, dont jouit le nitrate d'argent, de précipiter les phosphates de potasse ou de soude, en formant un phosphate d'argent (■), qui se dépose de plus en plus facilement, en laissant s'éclaircir le liquide surnageant au fur et à mesure que la précipitation devient plus complète , partieu- Itrité qui permet de saisir le moment où la réaction est terminée.
Voici coDunent Tauteur recommande d'opérer : On dissout , dans de Tacide nitrique pur, un poids connu du ou des phosphates à analyser, puis on sature la dissolution acide au moyen du carbonate de soude, qui laisse précipiter tous les phosphates insolubles à Tétat gélatineux; on reçoit ces derniers sur un filtre, et on les lave à leau distillée : de ceUe manière on a diminué la cohésion des phosphates, et on les a rendus aptes à être transformés en phosphates solubles. Uette conversion s'exécute en faisant bouillir, pendant vingt minutes environ, les phosphates gélatineux avec quatre fois leur poids de carbonate de soude pur, par exemple, et huit è dix fois leur poids d'eau distillée ; on filtre, afin de séparer les carbonates insolubles formes, du phosphate de soude soluble et de Texcès de carbonate de soude employé, on lave 'le filtre avec de Teau distillée bouillante ; cette filtration et ce lavage s'opèrent avec une grande rapidité. On traite ensuite les liqueurs filtrées , réunies aux eaux de lavage et bouillantes (*) par de l'acide nitrique pur» qui détruit l'excès de
(^] M. Kaefvikff s*e8t assuré que, dans ce phosphate de far, la rap|iert de Toxygène de la hase est celui de Taeldc :: 8tB.
(*) La composUion de ce phosphate d*argent est vepréseatéa par la rormale : PhO>^t Ag 0.
f ) Il flittl fiiire bonlllif , aln 4a dégager tout Tadde carbonique pi«venanl de la décomposition du carbonate de aeude par Taclda nlirl^M.
NO» D'BimRâ». 111
ctrlioiiale de »olid« ; et lorsque la liquide pdMède ime réeo* tton neuM aux ptpiers réactifs, on le divise en deux parties égales^ qu'on introduit séparément dans deux matras d'essayeur ; on ajoute alors successivement à ces portions de li« qaide {^}s centimètre cube par centimètre oube, une liqueur normale de nitrate d'argent contenant 40f<^*)57 de sel d*argent par litre, et représentant par conséquent Os'*, 01 d'acide phosphorique par centimètre cube ; après chaque addition de oentimètre cube, on agite, et Ton s*arréte lorsque le It^ quide, abandonné à lui-même pendant deux ou trois minutes, r éclaircit parfaitement ; phénomène qui n'a lieu ^ ainsi qu il a déjà été dit , que lorsque la saturation est complète. Il est ttfès*faoile dobsorver le moment où le liquide est éelairci, parce que le col du matras d'essai , qui est très-étroit , sim« plifle cette manipulation. Chaque centimètre cube de liqueur titrée qu'on a été obligé demployer représente 1 centigr. d'acide phosphorique»
S'agit-il ici de doser Taûide phosphorique qui se trouve à rétat de phosphate insoluble mélangé avec des oarbonateS) des sulfates et des chlorures, comme cela arrive presque toujours pour les cendres des noirs dont nous parlons ici P On oommeuce ordinairement par rechercher la quantité de sek solubles qui existent dans ces cendres; les chlorures se troo^ vent de la sorte éliminés en même temps que les sulfates soltt* Ues, et il n y a pas à craindre qu'il se forme ultérieurement du chlorure d'argent lors de la précipitation de l'aeide phoe* phorique»
Les carbonates sont détruits pendant le traitement par l'a* cide nitrique et transformés en nitrates solubles, qui se troil^ vent séparés des phosphates gélatineux» au moyen des eaux de lavage, mais qui, du reste, ne gêneraient en rien la précipitation.
Quant aux sulfates insolubles dans l'eau, s ils ne se sont pas
En effet, si le liquide releuait de ce gaz en dissolution, une certaine qnaniiié de nitrate d'argent formerait un précipité de carbonate d'argent, et on commettrait une erreur dans fappréciation de Tacide phoiphoHque.
(') L'ofiéNkilon le HiIséqi dmit Ma, le Mcead réieltat tient eotoiHUeir le premier.
112 NOa DE GALLE.
dissous par l'acide nitrique^ ils se retrouyeat dans le précipité de phosphates gélatineux, puis ils sont arrêtés sur le filtre lors de là séparation des carbonates insolubles du phosphate de soude.
Lorsqu'il se trouve des mélanges de phosphates insolubles et de phosphates solubles, ces derniers passent avec les parties solubles, et l'on peut toujours, au moyen d'un sel de chaux soluble, par exemple, les faire passer à Tétatde phosphate insoluble, sans toucher aux chlorures, puis détermina la quantité d'acide phosphorique qu'ils renferment.
Les silicates, qui accompagnent souvent les phosphates, B9 nuisent en rien au succès de l'opération.
Les arséniates seuls^ dont Tacide arriverait, ainsi que l'acide phosphorique, à l'état de sel de soude, dans la liqueur sou* nûse à l'action du nitrate d'argent, et y occasionnerait éga* lement un précipité, pourraient amener quelques erreurs dans l'analyse; mais ces sels se rencontrent rarement, et d'ailleurs on pourrait, au moyen de la Uqueur titrée, rechercher Tarsenic dans le précipité formé.
Le moyen de dosage de l'acide phosphorique, proposé par H. LecontCf est basé sur l'insolubilité complète du phosphate d'urane et de la facilité avec laquelle ce sel se précipite. On fait une solution de nitrate d'urane dont chaque centim. cube précipite Ogr.,001 d'acide phosphorique; on la verse, à l'aide d'une burette graduée^ dans 50 centim. cubes d'une dissolution de phosphate soluble à analyser (en poids déterminé) dans un petit ballon ; on verse le nitrate jusqu'à ce que la Uqueur, surnageant le précipité, soit limpide, en ayant soin toutefois de faire bouillir, pendant quelques secondes, après chaque addition de liqueur normale.
Les noix de galle ou galles sont des excroissances arrondies^ produites sur les feuilles de diverses espèces de chêne par la piqûre d'un insecte, espèce de cynips (diplokjpù gallœ tinctariœ), de l'ordre des hyménoptères.
NOIX DE 6ALLB. 113
Le Levant, l'Italie, TEspagne, la France, fournissent des noix de galle.
Dans le commerce, on en connaît six sortes : les galles dAkp, de Morée^ de Smyme, les gaU^ MamumneSy les galles étlstrie^ les galles de France légères.
Les galles d'Alep, qui sont les plus estimées, ont de 0,01 à 0,02 de diamètre ; elles sont garnies d'aspérités pointues, qui leur ont valu le nom de galles épineuses; elles se subdivisent en : galles noires, g, vertes, blanches, et g. en sorte»
Les galles noires, Fespèce la plus estimée dans le commerce, sont d'un noir gris&tre, recouvertes d'une efflorescence blanchâtre, plus petites, plus épineuses, plus pesantes et moins piquées que las autres, d'une substance compacte et résineuse. Leur intérieur est d'un jaune sale au milieu de la noix, et blanc vers la surface. Au centre, on trouve une cavité plus ou moins grande , qui seihble tapissée d'une membrane rougeàtre. Elles ont été récoltées avtfnt la sortie de rinsecte.
Les galles vertes sont d'un vert jaunâtre ; elles sont couvertes également d'une efflorescence blanchâtre ; elles sont moins épineuses, plus grosses, plus piquées et plus légères que les précédentes.
Les galles blanches sont d'un blanc verdâtre et quelquefois d'un jaune rougeàtre. Ce sont les plus grosses, les plus légères, les plus piquées , et , généralement , les plus ridées.
Les galles en sorte forment un mélange, en proportion variable, des trois sortes précédentes; elles contiennent, en outre, des calices de glands brisés ou entiers, des grabeaux, de la poussière et quelques galles légères.
Les plus belles et les meilleures galles d'Alep viennent de Moussoul.
Les galles de Morée sont très-petites, peu régulières, d'une nuance brune ou rougeàtre.
Les galles de Smjrme se subdivisent en quatre sortes, comme les galles d'Alep, mais elles sont moins pesantes, moins épineuses.
Les galles Marmorines, qui arrivent du Levant, par Marseille, sont ordinairement hérissées d'aspérités et de pointes