ACIDE CYANHYDRIQUE
D'après M. Bouchardat^ la falsification de Tacido citrique par Tacide tartrique se distingue au moyen de rappareil de polarisation, par la pulvérisation ou par Faction de la chaleur : lo une solution concentrée d'acide citrique eist sans action sur la lumière polarisée, tandis que Tacide tartrique seul ou mélangé d'acide citrique en solution concentrée, exerce une action manifeste sur cette lumière ; 2^ en pilant de Tacidc citrique pur, on n'aperçoit aucune lueur électrique dans Tobscurité; celle-ci se manifeste, au contraire, par la contusion ou le frottement, les uns contre les autres, de morceaux d'acide citrique mélangé d'acide tartrique ; 3^ il se développe une odeur caractéristique de caramel, lorsqu'on vient à décomposer par la chaleur l'acide citrique mêlé d'acide tartrique.
Pour constater la présence des sels calcaires, on neutraliserait l'addc par l'ammoniaque, et on partagerait la liqueur en deux portions : dans l'une on verserait de Toxalate d'ammoniaque, dans l'autre du chlorure de baryum. Si les deux liquides précipitent, on aura affaire à du sulfate de chaux ; la précipitation par l'oxalate seulement indiquera la présence du citrate de chaux provenant d'un peu de carbonate de chaux mêlé avant la cristallisation de l'acide. Quelquefois la saturation ammoniacale sufût pour amener la précipitation du sulfate de chaux, qui ne se trouve dissous qu'à la faveur de l'acide citrique.
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Cet acide, aussi appelé acide hydrocyaniqtie^ acide prussiquCt résulte de la combinaison de volumes égaux de cyanogène et d'hydrogène, ou, en poids, de : cyanogène, 96,34; Aydroj'ène, 3,65.
n ne sera question ici que de Yacide cyanhydrique médicinal, c'est-à-dire l'acide cyanhydrique étendu d'une certaine proportion d'eau. L'acide officipl, inséré au Codex français, est l'acide dit au septième^ ou contenant 1 p. d'acide cyanhydrique pur pour 6 p. d'eau. D'autres proportions ont été indiquées; ainsi, on connaît l'acide au huitième, au dixième, mais ils ne sont pas formulés dans les pharmacopées françaises. 4
ACIDE CTANHTORIQUE. 29
La solution aquease ou alcoolique d'acide cyanhydrique présente les caractères suivants :
Elle possède une forte odeur d'amandes amères, n^est point prédpitée par Teau de baryte, ni par Teau de chaux.
Les sels de peroxyde de fer et de bioxyde de cuivre mis en contact avec cette solution préalablement saturée par Tarnmoniaque, y déterminent : les premiers, un précipité vert sale prenant une belle couleur bleu foncé par une addition d'aoide ehlorhydrique; les seconds, un précipité bleu p&le, devenant blanc laiteux par quelques gouttes d'acide ehlorhydrique.
Le nitrate d'argent donne, avec cette solution, un précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque et dans l'acide nitrique concentré et bouillant. Le protonitrate de mercure y déternûne un précipité gris de mercure métallique divisé ; une partie de ce métal reste en dissolution à l'état de cyanure.
Usages. — La solution aqueuse d'acide cyanhydrique est employée en médecine, comme propre à calmer l'irritabilité de certains organes; on l'a conseillée contre la phthisie pulmonaire commençante, et surtout contre les affections nerveuses.
Altérations. — Par suite de son mode de préparation, l'a* dde cyanhydrique contient quelquefois du mercure, du plomb, de Yaeide chbrhydrique, de Yacide sidfurique^ de V acide iartrique, de Vacide formique^ des seh étrangers.
Le mercure se rencontre à l'état de cyanure, dans l'acide préparé d'après le procédé de Robiquet; le plomb, dans celui qui est préparé d'après le procédé de Fat/^ti^/tn. Pour reconnaître ces métaux, on n'aura qu'à tremper une baguette de verre dans le sulfhydrate d'ammoniaque ou dans une solution de sulfure de potasse et à la plonger dans l'adde soumis à l'essai, l'apparition d'un précipité noirâtre indiquera la présence de ces métaux ; pour en déterminer la nature, on versera un peu d'acide cyanhydrique dans une capsule de verre ou de porcelaine, et on y ajoutera autant d'acide nitrique. Quelques gouttes de ce mélange seront appliquées sur une lame de cuivre jaune ou rouge bien décapée, puis chauffée; par le frottement, le point où a été placée la liqueur devra blanchir si le métal altérant l'adde (^anhydrique est le mercure. Une autre portion du mélange sera évaporée à siodté dans une capsule, et reprise
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par Teau ; la solution aqueuse précipitera en biane par le sulfate de soude, si Ton a affaire à du plomb.
raoide sulfurique et Facide chlorhydrique dans Tacide cyanhydrique seront reconnus : le premier, par le clilorure de baryum ; le second, par le nitrate d'argent, qui donnera alors un précipité caillebotté, insoluble dans l'adde nitrique bouillant; on peut, comme Fa conseillé M. Barry, saturer préalablement d'ammoniaque Facide à essayer, et ensuite le soumettre à Févaporation : les sels ammoniacaux restants sont facilement reconnus.
M. Geoghegan a proposé d'ajouter à quelques gouttes de Facide à examiner une lamelle d'un sel double de bioxyde de mercure et d'iodure de potassium : si Facide contient la moindre quantité d'acide chlorhydrique, sulfurique ou tartrique, Fiodure se décompose et la lamelle se colore en rouge par le bioxyde de mercure devenu libre.
La présence de l'acide formique sera constatée en agitant une certaine quantité de Facide à^essayer avec du bioxyde de mercure. Celui-ci forme une dissolution complète si Facide est pur, ou laisse un précipité grisâtre sll contient de l'acide formique.
Les sels étrangers introduits dans Facide cyanhydrique pour en augmenter la densité, restent pour résidu après Févaporation de cet acide.
Outre ces altérations, la solution d'acide cyanhydrique peut en éprouver d'autres par le temps, par Faction de la lumière; aussi est-on dans Fusage de la conserver dans des flacons de verre bleu foncé, ou mieux de verre blanc recouvert d'un papier noir. En tous cas, la richesse d'une solution <l*acide cyanhydrique pourra être déterminée à Faide du nitrate d'argent versé dans une quantité connue de solution acide ; le précipité de cyanure d'argent sera recueilli, lavé, puis séché à 100 degrés et pesé : 10 gr. de cyanure d*aigent représentent ilPfih d*acide cyanhydrique réel.
FALSincATiONs. — Quelquefois F acidc cyanhydrique médicinal est remplacé par Veau eoneentrée d'amandes amèrei. Cette sophistication sera reconnue, diaprés M. Giovanni Mighini, en versant un peu de Facide suspect dans une fiole que l'on chauffe ensuite au bain-marie. On tient au-dessus du goulot
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et U fide «ne bafide de papier blau de teuraesol ; à mesure que Fadde essayé s^Miauffe légèrement , FaHde cyanhydrique se dégage et fait virer au rouge la couleur du papier. Cet effets n'est pas produit lorsque le liquide sur lequel on opère consiste seulement en hydrolat d'unandes amères.
Vacide nitrique , connu epcore sou3 le« noms à'esjprii de niire, ^eau-forte^ à^ acide azotique^ n'existe qu'en combinaison avec Teau ; supposé anhydre, il renferipe : a;^Qte, 26 ; oxygène, 74. Dans un grand état de concentration» c'est un liquide incolore, d'une odeur forte particulière, d'une saveur trèscaustique; il forme sur la peau une tache jaune, qui ne disparaît que par la chute de l'épiderme. C'est un poison caustique des plus énergiques, \\ est volatil , déconaposahle par la chaleur et par tous les corps qui ont quelque affinité pour l'oxygène. L'acide le plus concentré renferme 14«/o,39 d'eau, a pour densité 1,53, bout à + 86^- {ffalion), Il se décompose, sous l'influence de la lumière solaire et de la lumière diffuse, en oxygène et en acide nitraux; l'acide non décomposé prend une teinte ruUlante. Un second hydrate d'acûde nitrique renferme 40 % d'eau, a pqur densité i ,42, bout à •+• li3««. — Voici d'ailleurs im tableau indiquant , d'après Sd. Davy^ la richesse 4e l'acide nitrique à divers degrés de densité pour la tepipérature de 4- 19^- :