FOUDRE AUX MOUCHES
le chlorure de baryum, si la potasse contient des sulfates, et un précipité blanc, caillebotté, avec le nitrate d'ai'gcht, si elle contient des chlorures. Quant aux oxydes métalliques, leur présence se manifeste lorsqu'on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans une solution aqueuse d'alcali : celle-ci brunit de plus en plus, et même laisse déposer des flocons noirs, que l'on recueille par décantation et lavage. Ce précipité est mis à bouillir avec quelques gouttes d'acide nitrique faible. La dissolution est évaporée à siccité, et le résidu, repris par l'eau distillée, est essayé par les réactifs. Si c'est de l'argent, l'acide chlorhydrique donne le précipité blanc, caillebotté, caractéristique des sels d'argent. S'il y a du plomb, l'acide sulfurique pur produit un précipité, ou au moins un trouble sensible. Si l'on a affaire à du cuivre, la solution est colorée eh bleu, et donne une belle couleur bleu céleste par l'ammoniaque, et en même temps un précipité jaunâtre s'il y a du fer.
POUD&B AUX VOUOBB8.
Ce produit, appelé vulgairement mort aux mouches, mine <fe piombf porte aussi le nom de cobalt ou kobalt (*). Ce n'est autre chose que de l'arsenic métal réduit en poudre, qui a éprouvé un commencement d'oxydation par son exposition à l'air.
Malgré son bas prix, la poudre aux mouches a été l'objet d'ime falsification signalée par M. V. Legrip, auquel on a vendu, en place de ce produit, un mélange de charbon et d'acide arsénieuXy réduits en poudre, mêlés à de l'eau, puis broyés en pâte et desséchés. Par suite de cette dessiccation, il était partie en masses amorphes, friables, d'un noir grisâtre; partie en poudre fine, tachant le papier en gris noir charbonneux : 5 granunes de ce produit, soiunis au grillage, n'ont point laissé de résidu appréciable.
(1) Ce nom parait provenir de ce que ceUe substance est extraite en grande partie de l'acide arsénieux fourni par la cobaltine (ou arséniosulfure de cobalt), appelée Kobalt (mauvais génie des niiues) par les Allemands.
234 POUDRES hédiginaLe^ et autres.
Une cuiller d'argent exposée à la vapeur produite pendant
cette opération fut recouverte d'une épaisse couche d'acide arsénieux d'un gris clair, sali par du charbon très-divisé.
M. Legrip ne put constater, dans cette matière, la présence du cobalt. Celle-ci fut soumise à plus de 40 lavages ; le produit des décantations successives, recueilli sur im filtre, fut séché, ainsi que le résidu des lavages. Ce dernier, d'un gris bldnc, était de Tacide arsénieux, sali par une petite quantité de charbon. Le produit resté sur le filtre, aussi noir que de la poudre impalpable de bharbon, n'était autre que cette dernière substance mêlée à de l'acide arsénieux très-dirâé, enlevé dans la décantation. L'eau de lavage contenait environ le 1/80 de son poids de tet acide eii dissolution incolore et limpide comme l'eau distillée.
Le véritable minerai de cobalt arsenifèré, examiné comparativement, offrait à la loupe quelques fragments de cristaux brillants : il était d'un gris noirâtre, un peu moins foncé que la substance précédente ; sa poudre tachait le papier en gris noir métalhque. Soumis au griUage, il a laissé près de la moitié de son poids de résidu. Une cuiller d'argent, exposée à la vapeur produite pendant le grillage, se recouvrit d'une épaisse couche d'acide arsénieux très-blanc.
POUDRBS BiBBIOXIf AUaS n AUTRBS.
Les poudres médicinales, et en général toutes les substances en poudre, présentent, par leur état physique, plus de prise à la sophistication que toutes les autres matières.
C'est ainsi que les poudres de café, de café-chicorée^ le cinabre, leLcassmade^ la céruse, Igs poudres de cannelle de Ceylan, de ciguë, de gentiane, de garance^ de gomme arabique, d^irisj d'os calcinés, le kermès, le lycopode, le minium, les farines^ la poudre aux mouches, \q poivre en poudre, etc. (*), sont souvent falsifiés par d'autres matières pulvérulentes et de même apparence, dont l'introduction peut être masquée avec plus ou moins de succès.
En ce qui concerne les poudres médicinales, les pharma*
(') Yoy. tous ces articles ^ leur ordre alphabétique.
pRÉûPiTÉ ^iÀm. 235
ciens seuls peuvent offrir non-seulement des garanties morales, mais encore une responsabilité que la loi leur impose ; et nous pensons, par conséquent, que c'est chez eux seulement que Poh doit se fournir de pareils médicaments, et qu'eux seuls devraient les préparer.
PRdoiPITd BIiAMO.
Le précipité blanc, du protochtorure de mercure par précipitation^ s'obtient en dissolvant le protonitrate de inercure dans de l'eati distillée chaude, aiguisée d'acide nittiqUë, puis précipitant par Tacide hydrochlorique ou par le chloriire de sodium, lavant avec beaucoup de soin le précipité qui se ferme, le faisant sécher, et le conservant à l'abri dû fcontact de la luihiëre. Il est en poudre blanche i fine, qui se tdsSe et se grumelle comme la plupart des poudres obtenues par précipitation. Il retient presque toujours un peu d'eau ititert)0sée. On le vend aussi sotis forriie de petits pains o'rbictilaires.
Usages. — Ce protochlorure de mercure par précipitation est employé en médecine ; il entre dans des pilules, ddhà de^ pommades, dans la poudre de Godernaux, etc. C'est tm iiiédicament actif, en raison de son extrême divisioh.
Altérations. — Ce précipité peut être mal lavé, et tetenir, suivaM}; le mode de pi*épdration employé, soit de Vâcide chlorhydrique, soit du chlorure de sodium.
On reconnaît qu'il contient de l'acide chlorhj^dHque en l'introduisant dans une cornue, ajoutant de l'eau et distillant. Si le chlorure est pur, PfeaU qui passe à la distillation ne doit pas se troubler par l'addition de tjuelques gouttes de nitrate d'argent ; dans le cas coiltraire, il jr a formation d'un ptécipité de chlorure, d'autant plus abondant qu'il y avait plus d'acide non enlevé par le lavage.
On reconnaît qu'il retient du chlorure de sodium t)ar la calcination dans un creuset de porcelaine ; le protochloture de mercure se volatilise, le chlorure de sodium reste dans le creuset.
Falsifications. — Le précipité bldnc vendil dans le commerce est sottvetit] fraudé par dès siibstahces étrangères
236 PRjÉCIPITÉ BLANC.
d*une moindre valeur, telles que le carbonate et le sulfate de c/iaux en poudre, le carbonate de phmbj Yamidon, la silice.
On peut déceler ces fraudes par la calcination. Le protochlorure de mercure se volatilise, et les substances mélangées restent dans le creuset ; on les examine ensuite pour recon* naître leur nature.
Si le protochlorure de mercure est mêlé d'amidon^ celui-ci se décompose en fournissant du charbon et les produits qui résultent de la décomposition des matières végétales. En traitant le protochlorure mélangé d'amidon par Teau, à l'aide de la chaleur, on obtient une solution qui bleuit par Peau iodée, ce qui n'a pas lieu avec le protochlorure qui ne contient pas d'amidon.
En examinant le résidu fixé par la chaleur, on reconnaît h le carbonate de chaux à ce qu'il fait effervescence avec les acides, et à ce qu'il donne naissance à un sel qui, dissous dans l'eau, n'est pas précipité par l'acide sulfhydrique, et qui est précipité en blanc par l'oxalate d'ammoniaque;
2<» Le sulfate de chaux, à ce qu'il ne fait pas effervescence par les acides ; à ce que, traité par l'eau distillée bouillante, il fournit un liquide dpnnant un précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique, avec le chlorure de barjrmn ; un précipité blanc avec l'acide oxaUque, ou l'oxalate d'ammoniaque.
Lé sulfate de chaux est soluble à chaud dans Teau aiguisée d'acide chlorhydrique ; par refroidissement, ce sel se concrète sous forme neigeuse ;
3» Le carbonate de plomb, à ce qu'il est soluble dans l'acide nitrique, et qu'il fournit un liquide qui précipite en blanc par le sulfate de soude, en jaune par l'iodure de potassium, en jaune par le chromate de potasse, en noir par l'acide sulfhydrique, en blanc par le ferrocyanure do potassium ;
40 La silice, en ce qu'elle est insoluble dans les acides, soluble à l'aide de la potasse à l'alcool et de la chaleur, et qu'elle forme ainsi la liqueur dite des cailloux.
Le précipité blanc a été adultéré par le sulfate de baryte. M. Lassaigne fut chargé, en 1836, d'examiner un échantillon de précipité blanc mis en trockisques, qui avait été vendu par un commerçant en gros de Paris. Voici ce que dit M. /ossaigne à propos de cet examen : « Ce composé mercuriei lais-
PYROPHOSPHATE PE POTASSE. 237
« sait, lorsqu^on le calcinait dans des vases fermés, un résidu « blanc, pulvérulent^ abondant^ insoluble dans les acides, et « qui formait les 57/100 du poids de la substance. Les essais a auxquels nous le soumîmes nous firent bientôt reconnaître « en le calcinant avec du charbon, que ce n'était autre chose « que du sulfate de baryte naturel porphyrtsé.
« Le moyen de déterminer et d'évaluer la proportion de ce « sel est simple : il consiste ou à calciner un poids connu de « ce composé mercuriel falsifié, ou à le traiter directement « par un excès de solution concentrée de chlore ; tout le pro- « tochlorure est converti bientôt en bichlorure soluble, et le « sulfate de baryte reste intact. »
PTROPBOBVBATB DB POTA88B.
Le pyrophosphate de potasse est un sel livré depuis peu de temps par le commerce, depuis qu'il a été employé dans la dorure par les procédés électro-chimiques.
Nous avons eu Toccasion do reconnaître que, par suite d'une préparation vicieuse, du pyrophosphate de potasse livré au commerce était altéré : 1" par du phosphate de potasse ; 2» par de Veau; 3^ par des chlorures et des sulfates {^),
Ces altérations peuvent se démontrer: 1° par la dessiccation, qui fait connaître la proportion d'eau ; 2® par le nitrate d'argent, qui donne un précipité blanc avec le pyrophosphato pur, et un précipité plus ou moins teinté de jaune avec la pyrophosphate mêlé de phosphate; le même réactif donne, avec le pyrophosphate pur, un précipité soluble dans un excès d'acide nitrique, et avec le même sel mêlé de chlorure, un précipité non entièrement soluble dans Pacide nitrique : la partie insoluble est du chlorure d'argent; 3® par le chlorure de baryum, qui fournit un précipité entièrement soluble dans Tacide nitrique quand le pjn-ophosphate est pur, et un précipité en partie soluble quand il est mêlé de sulfate de potasse : la partie insoluble est du sulfate de baryte.
{}) Un échantillon de ce sel livré par un fabricant renfermait 91 V* de matières étrangères, et, par conséquent, ne représentait que 78 % de pyropliosphate.
838 QPASSI4.
QUAWIA.
Le bois de quassia, ou de Surinam, est fourni par le qitassta amara (rutacées). Il nous vient de la Jamaïque, de la Guyane, de Surinam, en morceaux cylindriques de longueur et de grosseur variablps, d'une couleur jaune pâle, recouverts d'une écprpe rugueuse, à Textériour d'un gris blanchâtre, et à Tintérieur d'un gris jaunâtre. Cette écorce vient aussi séparément en morceaux plats, assez grands, mais minces et cassants, inodores, d'une saveur très-amère. Le bois de quassia est également inodore, mais il a une saveur moins amère que Técorce. Il doit ses propriétés médicinales à un principe amer, cristallisable en prismes blanps et opo^ques, que Thomson a appelé quQs$ine.
Le bois de quassia trop vieux doit être rejeté. On le reconnaît aux taches brunâtres, cendrées, bleuâtres ou noirâtres, qui le recouvrent. {1 a quelquefois le goût de moisi, et il est plus léger, moins dur; en tout cas, il ne possède plus Tamevtume franche et pénétrante qui caractérise le quassia de bonne qualité.
D'après M. Aforin, le quassia coutient : des traces d'une huile volatile^ un principe amer, de la gomme, de la fibre ligneuse y dosoxalate, tartrate^ sulfate et hydrochhrate de chaux.
Usages. — : Le quassia est un médicament amer, prescrit comme tonique et fébrifuge. On ne l'emploie guère que sous forme de tisane, de vin ou d'extrait.
Falsifications. — Le bois et Técorce de quassia sont quelquefois remplacés par le bois et Técôrce du rkus metopium. Voici les caractères différentiels : l'infusion aqueuse du bois de rbus metopium noircit par l'addition du sulfq^te de f^, ce qui n'a p^s lieu avec linfusion de quassia ; Técorce de rhus metopium est grise, piquée de tachçs noires, résineuses.
La râpure de quassia que l'on trouve dans le commei'ce est très-rarement pure ; ce n'est, le plus souvent, qu'un mélange de divers bois, n'ayant aucune des qualités et des propriétés
du quassia. Cette rftpure colore Teau bouillante en rouge clair, et la liqueur donne un précipité rouge brun avec le sulfate de fer (*).
çuiwoinimB.
Âlcaloïda découvert par Seriuemer dans les quinquinas jaunes et dans les quinquinas rouges. On le retrouve dans les eaux-n^ères incristallisables provenant de la préparation de la quinine et de la cinchonine. Suivant Geiger et d'autres chimistes, la quinoïdine ne serait qu'un mélange de quinine, de cinchonine et de deux résines. D'après les recherches plus récentes de M. Winckler, c'est une mpdificatiop isomérique de la quinine, qu| ne possède plus la psopriété de produire des sels cristallisables.
La quinoïdine est une masse brune, résinoïde^ diaphane lorsqu'elle est en lamelles, et ol&ant l'aspect de la colophane. Elle est inodore et amère comme la quinine ; elle n'est point volatile, fond par la chal^ur, et brûle à l'air sans laisser de résidu; elle est soluble dans Teau chaude, très-soluble dans l'alcool. Sa solution aqueuse présente à peu près les mêmea réactions que les solutions de quinine. Elle neutralise complètement les acides, et donne avec eux des combinaisons gommeuses ou résineuses, brunes, incristallisables, amères, très-solubles dans Feau et l'alcool.
Usages. — Elle est peu employée ; cependant elle a été formulée dans des prescriptions médicales.
Falsifications. ~ En 1849, M. Ohme, de Wolfenbuttel, a signalé Tadultération de Ja quinoïdine par 30 ^/o à^asphalte.
Cette matière, qu'il s'était procurée dans une maison de commerce très-honorable, paraissait pure ; la cassure en était un peu brillante et opaque vers les bords ; par la trituration, elle dégageait une odeur de pétrole très-pénétrante, et traitée par l'alcool, ou mieux par l'acide sulfurique étendu, elle a laissé pour résidu l'asphalte, dont il fût facile de déterminer le poids. La solution sulfurique précipitée par l'ammoniaque a fourni la quinoïdine pure.
(*] Le pharmacien , au Heu d'apheier ce produit dans le commerce, doit râper lui-même le bois de quassia.
On a donné le nom de quinquina (kinkina) (•) à Fécorce des arbres du genre cinchona (rubiacées). Ces arbres croissent dans rAmérique méridionale, particulièrement au Pérou et dans les régions situées sur le versant occidental des Andes.
On distingue trois espèces principales de quinquina officinal :
l" Le quinquina gris;
i"* Le quinquina jaune;
3° Le quinquina rouge.
On trouve aussi dans le commerce des quinquinas dits de Carthagènè ligneux^ de Cartliagène sec non ligneux, le quinquina nova colorada, le quinquina caraïbe, le quinquina bicolore ou pitaya, le quinquina piton ou de Sainte-Lucie, le contarea hexandra, le macrocnetnum corymbomm, le pinckneia pubens, etc.; mais ils doivent être rejetés par les pharmaciens, ils ne jouissent pas des propriétés fébrifuges des vrais quinquinas.
D'après MM. Pelletier et Caventou,les quinquinas contiennent : kinate de quinine; kinate de chinchonine; rouge cinchonique soluble; rouge cinc/ionique insoluble; matière colorante jaune; matière grasse verte; kinate de chaux; amidon; gomme ; ligneux.
Dans le quinquina jaime, la quinine est plus abondante que la cinchonine. Dans le quinquina gris, c'ast lacinchonine qui domine. En tenant compte de la quantité totale des. deux alcalins, le quinquina jaune est environ du double aussi riche que le quinquina gris. Dans le quinquina rouge, les deux alcalis sont plus également partagés ; la quinine parait toutefois y dominer, et le quinquina rouge est rarement aussi riche que le quinquina jaune.
Voici le tableau deâ quantités de sulfate de quinine et de sulfate de cinchonine fournies par 500 gr. de chacune des principales écorcesde quinquina :
(») Les Péruviens l'appellent c/McaHIto, et nomment cascariUeros les individus charges dVn faire la récolte.
QinNQinNA
5gr.
Sgr.
4gr.
«gr.
Q. CAITHAG.
lignenx.
Snlftle de quinine.
Snlfale de einebonine • • • .
liilSgr
13 gr.
6à8gr.
l,Sà2gr.
D'après H. Pfaff^ voici les résultats que donnent 100 gr.des quinquinas dont les noms suivent :
Quinine, gr.
Huannco, dit Lima »
PItaya {Guêbourt) 11,5S
Ronge t,56
Janne royal, caUaaya «8,00
Huanaties, dU Havane »
Jaune Cartbagène 5,S1
Loza »
CInelioniDe.
gr.
SS.ll
ai,Oi
M. Oman Henry fils a obtenu des rendements bien différents, avec quatre nouveaux quinquinas provenant de la province d'Ocagna (Nouvelle-Grenade) :
Poar 1000 gr.
Quinine.
Qoinqnina ronge pâle de la Nouvelle-Grenade. 0,18
/d. blanc de la province d*Ocagna.. . . 0,06 Id, ronge brun /d. >
/d. dit rosé d*Ocagna 15,50
ClnehpBiae.
M. Riegel a obtenu de diverses espèces de quinquina :
(^) La qninine est très-difficile i en extraire; elle est unie à une malière grasse particatière qui »*oppoce il sa séparation.
ut
Qumwnu.
OOniQUINAS.
Quinquilâ Caiisaya (qualité supérieure
*- Id. (autre variété).
«— Af^ta (qualité moyenne).
— Bagia faita (ciuchoua pubescens)
->*- Flava fibrosa. ..,....,.
— Flava aura
— Rubra (qualité snpé* rieure)
-» ^ubra (grands et longs fragments)
— Rubra falsa
— Regia rubiginosa
— fiuanuco
— Huanuco (autre échantillon)
— Losca
— Loxa ordinaire
— Huamalies
— Huamalies{AuiTe variété)
— Jaen
POOt i/m GRAMMES.
M^LAHftl.
QvnasM,
aKCHOHra.
5,8 traces
traces
Ces résultats si divers montrent qu'il y aurait beaucoup à faire pour avoir une idée de la composition exacte des quinquinas, et que souvent on ne connaît pas la valeur de Técorce qu^on achète pour les préparations pharmaceutiques.
Comme noua Ta vous dit plus haut» les quinquinas que Te» doit employer de préférence pour obtenir la quinine et le sulfate de quinine sont les quinquinas jaunes; l0S gris doivent être réservés pour l'extraction de la cinchonine et de son sulfate.
Le pharmacien doit toujours n'acheter que des quinquinas dont les caractères sont bien déterminés ; il doit laisser de côté tous ceux qui peuvent présenter le moindre doute : les quinologistes sont souvent embarrassés pour se prononcer sur les quinquinas ; à plus forte raison, les pharmaciens.
Le pharmacien ne doit jamais acheter de quinquina en poudre, à moins qu'il ne soit parfaitement sûr de l'expédition, ou qu'il ne contrôle par l'analyse la valeur des poudres qu on lui a fournies.
Un fail qui dtmootrd comment oti ffAUdé to» pdudrei dé ((Uinqtiiliâ, c'est ({ue certaines quantités de ces dertiièt^es ont été vendues à plus bas prix que le quinquina^ ffial^éla maitt^ d'oeuvre employée, et la perte minime, il estvrai^ provenant des déchets.
Les principaui earaotères auxqueb on pent reconnaître les écorces de quinquina sont les suivants :
Quinquina jaune royal ou calimya* «^ Selon quelques na^» turalistes, cette éôorce provient du einehana laneifolia, qui erott dans la province de la Paz ; suivant d'autres, elle pro^ tiendrait du ûinckona cùrdifolia, originaire de la province dé Calisaya, au Pérou. Les plus gros arbres qui les produisent atteignent à la hauteur de nos marronniers d'Inde, et leur tronc a souvent de 1" à 1",35 de diamètre.
Le quinquina jaune royal se compose d'écorces petites^ ou grosses, plates ou roulées, avec ou sans épiderme.
Dans les petites écorces, Tépiderme est gris argifnté, assei mince, très-rugueux, marqué de distance en distance de csrevasses transversales^ et souvent chargé de lichens filament tettx. Cet épiderme se détache par plaques, et met à découvert une écorce intérieure épaisse d'environ 2 millim. (1 ligue}, d^ln brun Jaunâtre à Textérienr, d'mi jaune fauve au dedans, d'une saveur très-amère et un peu astringente. La cassure de cette espèce, qui se trouve presque toujours en morceaux roulés, ' est un peu résineuse près de Fépiderme, et très-^ fibreuse du o6té qui adhérait à la branche.
Dans les grosses écorces, l'épiderme est extérieurement semblable à celui des petites, mais il est épais de 5 à 9 millim. {ik A lignes), plus rugueux et plus profondément crevassé. L'écorce intérieure qu'il recouvre est plus épaisse, d'une texture plus flbreuse, d'une saveur aussi amère et plus astrin-» gente. Les fibres se séparent avec une grande facilité sous la dent, et ne présentent pasla résistance que Ton trouve dans les petites écorces, dont la texture est plus serrée.
Les écotces sans épiderme varient aussi dans teur grosseur, suivant Vâge des branches ou de l'arbre dont elles proviennent.
Rarement on les voit en petites écorces entièrement d^ pouillées de leur épiderme. Elles sont presque toujours rou^ Me^ et offirebi om surface unie, d'un brun jaunAtre au de^
t44 QUiMounu.
hors, et moins foncé à Tintérieur. Cette sorte présente, au reste, les mêmes caractères que le quinquina en petites écorces avec épiderme.
Le quinquina en grosses écorces sans épiderme est quelquefois roulé comme le quinquina avec épiderme ; mais il est le plus souvent plat. Les morceaux varient en longueur de0«,35 à 0»,65, et quelquefois 1 mètre; l'épaisseur est de 7 à 11 millim., et la largeur de 25 à 50 millim. Ces morceaux sont pesants, très-compactes, d*une couleur jaune rougeàtre à l'extérieur, d'un jaune brun au dedans. La texture en est très-ûbreuse ; la saveur astringente et très-amère. La poudre de ce quinquina est jaune pâle.
Cette sorte de quinquina jaune est celle que Ton préfère dans le commerce.
Quinquina jaune orangé ou ealùaya léger . — Le quinquina jaune auquel on a donné ce nom est en écorces formées pour les trois quarts d'épiderme, et, pour le reste, d'une écorce intérieure fibreuse ; sa saveur est moins amère que celle du précédent, dont il possède d'ailleurs à peu près les caractères.
Cette sorte contient moitié moins de quinine que les autres.
n y a encore, parmi les quinquinas jaunes, le quinquina pitaya ou à^Antioquiaj le quinquina Carthagène^ dont on distingue deux sortes : le jaune ou ligneux y et le brun ou non ligneux ; ils sont peu estimés.
Quinquina gris de Lima. — Cette écorce, attribuée par MM. de Humboldt et Bonpland au cincAona scrobieulata^ varie de grosseur suivant les branches qui l'ont fournie. On la préfère de la grosseur d'une plume, et n'excédant pas celle du petit doigt. Dans cette dimension, on lui donne le nom de quinquina gris de Lima en petits tuyaux. Son épiderme est d'un gris blanchâtre assez uniforme, légèrement fendillé, et rarement couvert de lichens. Sa cassure est nette, compacte et résineuse; sa couleur intérieure est d'un jaune bran; sa saveur, astringente et amère; son odeur rappelle faiblement celle du bois mort*
Ce quinquina vient aussi en écorces de la grosseur du ponce et au-dessus ; l'épiderme est alors plus rugueux, plus fendillé; la cassure, nette et résineuse» devient un peu fibreuse à Tin-
QUINQUmA. S45
teneur ; la couleur est d'un jaune plus fauve. Sa poudre est d'une belle couleur fauve.
Quinquina gris de Loxa. — Attribué par MM. de Humboldt et Bonpland au cinchona condammea, qu'on trouve dans la province de Loxa» au Pérou. Cette écorce, recouverte en grande partie de lichens foliacés ou filamenteux, est un peu rugueuse à rcxtérieur, avec de petites fissures transversales. Elle est toujours très-mince , trè&-roulée, même quand elle provient des branches d'un grand diamètre. Elle a une cassure nette. Elle présente un rayon résineux près de Pépiderme, et une texture fibreuse, mais très-fine à l'extérieur ; sa saveur est amère et astringente, son odeur un peu plus prononcée que celle du quinquma de lima. On préfère cette sorte en tuyaux de la grosseur d'une plume, et n'excédant pas celle du petit doigt.
Sous le nom générique de quinquina Havane^ on comprend ordinairement, dans le commerce, toutes les mauvaises sortes de quinquinas gris.
Quinquina rouge vif. — Ce quinquina, attribué axi cinchona oblongifolia, originaire des environs de Santa-Fé de Bogota, est en grosses écorces plates ou demi- cylindriques couvertes d'un épiderme rugueux, fendillé comme celui du calisaya, mais plus spongieux, et quelquefois d'un gris argenté. L'écorce intérieure est, près de Tépiderme, d'un rouge vif qui diminue sensiblement d'intensité en approchant de la partie qui adhérait à la branche. La cassure, compacte et comme résineuse dans la partie convexe, devient fibreuse dans la partie concave. La saveur est très-amère et plus astringente que celle des autres espèces. Sa poudre est d'un brun rougefttre.
Ce quinquina, quand il est d'une belle couleur rouge, est très-recherché à cause de ses propriétés, qui sont analogues à celles du quinquina calisaya, quoique moins actives.
Quinquina rouge pâle, — Cette sorte, que l'on présente comme une variété de quinquina rouge vif, est en écorces quelquefois plates, souvent roulées, d'un rouge pâle, quelquefois dures et compactes, et quelquefois ligneuses; Tépiderme est rugueux, fendillé comme celui du quinquina gris de Lima en grosses écorces ; la cassure est résineuse près de
l^piderme, et flbreusd au côté opposé ; rintérieur se divisé facilement, devient d'un rouge tellement pâle, qu'il n'offire, pour ainsi dire^ plus rien de la couleur qui sert de désignation à cette sorte de quinquina. La saveur de cette écorce, astringente et amère, se rapproche de celle du quinquina de lima.
Quinquina fvuge verruqueux. — Ecorces roulées ou plates, à épiderme d*un gris rouge ou blanch&tre. Liber d'un rouge brun, chargé ci*une grande quantité de verrues. Cassure fibreuse; à la scie, coupe résineuse. Poudre d'un rouge vif. Cette sorte est très-estimée.
Usages. — Les écorces de quinquina, justement célèbres par leurs propriétés fébrifuges^ sont très-employées en médecine ; elles servent à préparer des poudres, des extraits, dea teintures, des sirops, des vins, des opiats, etc.
Falsifications. — Les écorces de quinquina sont souvent mêlées à d'autres écorces ; c'est pour cela que le pharmacien ne doit pas se procurer des quinquinas dont l'apparence puisse donner lieu même à un doute.
Les écorces qu'on a mêlées au quinquina, selon Éùer^ mayer, sont celles du quinquina nova, dont la décoction ne précipite pas la noix de galle^ les écorces de cratœgus aria^ do marronnier tlnàe, de cerisier, de prunier, de chêne: les écorces dhine espèce de saute [Bucholz). On conçoit que le pharmacien qui examine les quinquinas qui lui sont adressés ne peut être trompé par ces mélanges.
La poudre de quinquina rouge est quelquefois falsiflée par \9l poudre de santal rouge. L'essence de térébenthine ou l'éther sulfurique dénotent cette fraude, à froid et instantanément, si la proportion du santal est assez forte; au bout de quelques minutes, si elle est faible.
Le vrai quina rouge ne communique pas de couleur à ces deux véhicules. Le quina adultéré leur communique une couleur safranée, qui varie d'intensité suivant la proportion de santal ajoutée.
Fréquemment les quinquinas ont été épuisés d'une partie des principes qu'ils contiennent. Ébermayer dit qu'on mêle quelquefois à l'écorce du quinquina une écorce qui est bien celle du quinquina véritable, mais qui a déjà subi une décoc-
QtmiQUINA. 147
tion, et que Ton a ensuite fait sécher. On reconnaît cette fraude à ce que la couleur de Técorce est presque la m6mo sur les deux surfaces, et que la saveur est sensiblement plus faible. On constate mieux cette altération par la quantité d'extrait aqueux comparée à celle obtenue d'un quinquina de bonne qualité, et de l'origine duquel on est certain. La décoction des quinquinas est moins colorée, et elle ne se trouble pas par le refroicHssement ; elle est presque transparente.
Depuis la découverte du sulfate de quinine, des fraudeurs ont eu l'idée, à Paris et à l'étranger, d'extraire par les acides une grande partie des alcaloïdes contenus dans les quinquinas. Ceux-ci, soumis à une coction dans l'eau acidulée, étaient ensuite lavés à grande eau ou avec une eau ammoniacale^ et séchés ; on les mettait ensuite en caisse, et on les livrait au commerce.
Ces fraudes graves furent presque immédiatement signalées au public, et des indications furent données pour reconnaître' les quinquinas ainsi lavés.
1*» Leur couleur est altérée et brunie (*);
2** Leur saveur n'est plus celle du quinquina, elle est salée ;
S"* Souvent ils présentent à leur surface une efQorescence; on distingue aussi, à Taide de la loupe, dans les fissures des écorces, de petits cristaux de sulfate d'ammoniaque ;
4^ Ils retiennent toujours une partie des acides employés, soit à rétat de liberté, soit saturés par une base.
Toutes les fois qu'on suspecte une écorce d'avoir été traitée par les acides^ on la fait macérer dans Teau, et on essaye le maceratum par le chlorure de baryum ou par le nitrate d'argent, qui donne lieu à du sulfate de baryte si Fon a employé l'acide sulfurique, et à du chlorure d'argent si on a employé de l'acide chlorhydrique.iPour avoir un point de comparaison, on agit en même temps avec les mêmes réactifs sur un ma<ceratum préparé avec un quinquina de la pureté duquel on est assuré.
Les quinquinas étant des médicaments actifs, et ces médiments ayant été fraudés de manière à devenir nuisibles à la santé publique, il devrait être ordonné que nulle écorce de
(') Ce que Ton observe sur les quinquinas gris et rouges.
quinquina, destinée à des préparations pharmaceutiques, ne puisse être vendue sans que le titre n'en ait été établi par l'analyse chimique. Une semblable mesure ferait cesser des manœuvres honteuses, tournant au profit de Thomme qui, plus criminel que le voleur, ne craint pas de tromper de malheureux malades qui peuvent être les victimes de sa cupidité.
Les quinquinas livrés aux pharmaciens étant souvent le sujet de doutes, ils pourraient faire sur ces quinquinas plusieurs essais propres à indiquer approximativement leur qualité, par les précipités que forment les réactifs appropriés dans un maceratum préparé avec les diverses sortes de quinquinas (1 gr. de quinquina en poudre pour 1 6 gr. d'eau, laissés en contact pendant 24 heures) :
Void un tableau de ces réactions :
QinNQUINA.
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JK 5
1 ^P S- Il
1 1 i,^ îi iéi
û. Ha a. a.
Ces essais, toutefois, ne peuvent servir que d'indication^ attendu qu'il existe dans beaucoup de végétaux des matières fusceptibies de précipiter le tannin. On doit avoir ensuite recours aux procédés proposés et modifiés par plusieurs chi-mistes pour reconnaître la teneur des quinquinas en alcaloïde.
La métbode indiquée par M. Thiboumery est la suivante :
On prend un kilogramme de quinquina réduit en poudre (^) ; on le traite par 10 litres d'alcool à 33*, acidulé par 16 gram. d'acide sulfurique à 66°. On distille les liqueurs obtenues jusqu'à réduction de moitié (à 5 litres). On décante, on passe avec expression, et on fait un nouveau traitement avec des quantités semblables d'alcool et d'acide, c'est-à-dire 10 litres et 16 grammes. On répète les opérations, on réunit les liqueurs, on ajoute 50 grammes de chaux vive en poudre et 64 grammes de charbon animal, fin et de bonne qualité. On distille le tout, jusqu'à ce qu'il ne reste que 5 litres de liqueur daQ3 la cuciirbite de l'alambic, pour séparer Talcool de la quinine qui reste dans le bain-marie. Cette quinine, dissoute avec un petit excès d'acide sulfurique étendu, traitée par 76 grammes de noir animal purifié, fournit une liqueur qui donne, après avoir été filtrée, du milfate de quinine blanc, dont la quantité représente la valeur commerdale du quinquina.
MM. Henry et Plisson, M, Tilloy^ ont aussi indiqué des procédés poiir essayer les quinquinas. Voici celui qui est dû à M. Tiaoy(V):
On prend 30 grammes d'un échantillon moyen de quin« quina réduit en poudre grossière ; on les traite par 375 gr. d'alcool à 30% à une température de 40 à 50**. La chaleur est soutenue pendant une demi-heure ; on retire l'aleool, on le remplace par du nouveau, et on répète l'opération à chaud. On réunit les liqueurs, et on y verse de l'acétate ou dnsous-acé< tate de plomb en quantité suffisante pour précipiter Tacide quinlque et la matière colorante. On laisse en repos^ puis on filtre. On Rajoute alors au liquide quelques gouttes d'acide
(^) On conçoit qn*on peut fractionner cette quanti lé.
(*) M. ftltol/ avait reçu de*l*un de nos porl$ S50 kilog. de quinquina calisaya de belle apfnrence, dont rtmerlome éttit bien prononcée. Ce qtrtnqolBa Qe lai avait pas fourni de quinine.
QuinomNA. iii
sulfuriqne, pour téparer le plomb de l'seAt&to qni pourrait être en excM; onfiltre et on distille. On troiiTe dens le résida de la distillation : 1° de l'acétate ou du sulfate de quinine, salon la quantité d'acide snlfuriquo ajoutée; 2° une matière grasse qui adhère au vsse. On décante et on rerse dans la liqueur décantée de l'ammoniaque, qui précipite la quinine. Il ne faut pas en ajouter un excès, qui pedissoudrait une portion de la quinine; on pourrait, dans ce cas, chasser ou saturer ci>t pxciVs (i'alcali,
La qiiiiiiiii? rsl recupillic, Uivée à l'eau tiède et traitée par l'eau ai L:m-.ir liaciiiesult'uriijueet par un peu de noir animal; elle foiniiii jilors du sulfaln 'le quinine très-blanc. M, Tlfloy dit avoirn|i[Piiu, en six hcuros, O"*-,, 45 de sulfate de quinine, de31,gramnie,s dccalisaya, (■icependant on doit tenir compte des pertes occasionnées jiar lu filtre et de la portion de quinine qui reste dans l'eau mère.
MM, ffenrt/ et Plisson ajoutent à une dissolution aqueuse et acide de quinquina une infusion de noii de galle; le précipité bien lavé est dissous dans l'alcool, puis on précipite !a solution par l'hydrate ou l'acétate de plomb . Le liquide décoloré est formé de qulnate de plomb, de quinate de chaux, de quinine, de cinchonine, et d'une petite quantité de matière jaune qui a échappé à la décoloration. On sépare le plomb de ce liquide h l'aide de quelques gouttes d'acide sulfùrique, ou d'un courant d'acide sulfhydrique, puis on filtre. On prédpite ensuite l'alcaloïde par une petite quantité de chaux en bouillie claire; la quinine précipitée et recueillie est ensuite transformée très-facilement eu sulfate; elle fournit des cristaux très-brillants et très-soyeux.
En dé&nitive, tous ces procédés d'essai reposent sur l'extraction de la quinine brute, que l'on convertit ensuite, au moyen de l'eau acidulée par l'acide sulfurique, en sulfate qni est dosé après une première cristallisation et décoloration préalable par le noir annual.
On a varié la nature du corps destiné h précipiter l'extrait de quinquina, sans, du reste, changer le principe de ce genre d'esiais ; au lieu des acétates de plomb, M. I.ieôig a conseillé le carbonate de soude en excèt(') ; le précipité oblanu ast
(■] H. CalMrl, dont le pracMé r«Ewnible à celui de ■. UMg, Kbève
épuisé par Talcool à 36** ; la liqueur alcoolique, décolorée par le noir animal, est concentrée à Faide de la chaleur, et mise à cristalliser, pour séparer la cinchonino; ensuite on y ajoute de Teau et on chasse tout Talcool par distillation.
Le procédé le plus usité consiste à épuiser Fécorce avec Feau acidulée, à précipiter le liquide par un lait de chaux et à épuiser avec Falcool le précipité quino-calcaire desséché. La solution alcoolique laisse, par Févaporation à siccité, le mélange |des alcaloïdes (quinine et cinchonine) que Fon sépare au moyen de l'éther ou de l'alcool à 40 degrés, qui dissout la quinine et laisse la cinchonine.
Le procédé de M. Wœhler consiste à épuiser 30 gr. de quinquina pulvérisé avec Feau bouillante, additionnée de 4 gr. diacide chlorhydrique. On filtre, on évapore à siccité, et le résidu est traité par Feau acidulée avec Facide chlorhydrique. Les chlorhydrates se dissolvent, le rouge cinchonique reste à Fétat insoluble, on précipite la solution par Fanunoniaque, on dessèche et on pèse le précipité. La nature de l'alcaloïde est reconnue par Féther.
Buckner a modifié ce procédé en faisant bouillir pendant une demi-heure 30 gr. de quinquina en poudre, avec 350 gr. d'eau additionnée de 2 gr. d'acide sulfuriqoe ; on filtre, on précipite par Fammoniaque ou par le carbonate de soude ; le précipité recueilli sur un filtre, lavé à Feau froide, est exprimé entre des doubles de papier Joseph et séché à Fétuve. Mais ce procédé donne des alcaloïdes qui renferment toujours une grande quantité de matière colorante rouge (Riegel),
En dernier lieu , M. Rabourdin a proposé un moyen de doser les alcaloïdes des quinquinas en utilisant la propriété du chloroforme de dissoudre ces corps au sein d'un liquide aqueux. On prend, par exemple, 20 gr. de quinquina jaune ou rouge (*), pulvérisé et tamisé; on les humecte avec une certaine quantité d'eau acidulée par Facide chlorhydrique (20 gr. d'acide pour 1 kilog. d'eau), et on les tasse dans une petite allonge. Une feuille de papier à filtrer est placée à la
la saturation par la soude caustique, jusqu*à ce que le liquide soit lég^ rement alcalin au f»apier de tournesol.
(*) On élève la dose à 40 gr. pour les quinquinas gris.
RATANHIA. 253
partie supérieure» et l'on verse de Teau addulée pour lessiver la poudre; Fécoulement des liqueurs est arrêté quand elles passent incolores et insipides (*} ; quand la liqueur est passée^ on y ajoute 5 à 6 gr. de potasse caustique et 10 à 4 5 gr. de chloroforme, on agite pendant quelques instants et Ton abandonne au repos. Il se fait un dépôt blanchâtre, tràs-dense, composé de quinine , de dnchonine et de chloroforme ; il surnage un liquide rouge, transparent, qui est décanté ; la solution chloroformique est lavée, recueillie dans une petite capsule; et, par révaporation.spontanée du chloroforme, les alcoloïdes restent à Fétat de pureté; ils sont recueillis, sèches et pesés.
M. Riegel à faxi des essais comparatifs de quinquinas par les diverses méthodes que nous venons d'indiquer; et c'est le procédé de H. Rabùurdin qui lui a paru mériter la préfkence.
WLhimM B'OUltS. — V. BoM RAT
La racine de ratanhia est fournie par le krameria triandra { polygalées]. Elle est formée d'un corps de racine quelquefois très-gros et de radicules longues et nombreuses, d'une grosseur variant de celle d'une plume à celle du doigt. Elle est recouverte d'une écorce rouge brunâtre , un peu fibreuse, très-astringente. Le cœur de cette racine est ligneux , dur, d'un jaune rougeâtre pâle.
La racine de ratanhia nous arrive ordinairement du Pérou^ des Antilles.
n résulte des expériences de MM. Vogel^ Gmelin, PescAier et Tronvmdorfj que la racine de ratanhia est composée de : tonntn, extractifj apothème insolubkj gomme^ fécuk (en trèsfaible proportion), matière muquettse, quelques seb, un acide mal déterminé.
(*] Lorsque la poadre de quinquina est uniformément et convenablement tasséei, elle est épuisée quand on a recueilli 150 à S50 gr. de liquide.
2M RÉGLiSiB (MCkie de).
heâ iMioet du ecmimerce sont fort inigalii^ •! ciotnDlMit
dos proportions très^vaiiables de matièro astringente.
UaAftBS.^^La raoîne de ratanhia est mnployée an médeciiia, comme aatringenta et tonique, sous foime de poudre^ de ti* sane, d'extrait^ de sirop, de teinture.
Falsifications. — I^après M. MarHny, de Darantadt^ cm a mélangé au véritable ratanhia une forte proportion d'ime racine qui n'appartient pas au genre kramêria. Cette racine était dure, en morceaux dont les plus longs ne dépassaient pas O^.IOS à 0«,135, d'une grosseur variable de0'",002 à O'^^OâO. L'épiderme était d'un rouge brun jaunâtre ; Técorce avait jusqu'à 0'»^004 d'épaisseur; elle était tantôt lisse, tantôt inégale; elle avait peu de lignes longitudinales^ mais la dessiccation Tavait en partie crevassée circulairement.
Dans beaucoup déracines, Técorce se détachait facHetnent de la partie ligneuse; dans d'autres, au contraire, elle y était fortement adhérente. La surface intérieure était d'un rouge brun grisâtre, couverte d'une infinité de rides longitudinales très-fines et ondulées. La cassure de cette écorce était lisse; sa saveur était astringente et nullement amère. Le cœur de ces racines était moins dur que celui du ratanhia. La couleur était d'un jaune brunâtre, ressemblant à celle du bois de chône.
Rticoupii'jmis ^ V. fioa.
&BCtXJ[SSS. (mAcms os).
La racine de réglisse, gtycyrrhiza glahra (légttmineuses] est cylindrique, longue, rampante, jaune^ rayonnée dans l'intérieur par de petits vaisseaux nombreut et serrés, remplis d'un suc à saveur très-sucrée. Elle est un peu coriace, d'une couleur gris brun à Pextérieur et d^un beau Jaune & l'intérieur.
La réglisse est cultivée en France et dans le Midi de Tïnrope. On connaît dans le commerce quatre sortes de réglisse :
1° La réglisse de Bayonne^ en racines très-longues, ordinairement assez grosses, grises en dessus et d'un beau javHie à l'intérieur;
ateJMt (iMlM de). ISfi
elle est mélangée de petites racines, de menas;
3' La riglim d'AlicanU, qui s« distÎDgnft «n deui BArtes, La grise et labmae; elle est ordinairenient moins crosse qne 1m autres sortes ;
4" La riffhtie de France, qui Mt vendue sous deux tonnes , verte et sèche. EUe est en racines Itingnes, unies, repliées sur elles-mêmes, d'un brun clair en dessus, d'un beau Jaune k rintérieur ; elle aun goût agréable, mais moins prononcé que celai des réglisses d'Espagne.
D'après Rotnqiut, ta racine de réglisse «et composée de : ^Iffcyrrhmne on tuen de régHsae, féeul», ûiparagine, huik réiineute, albumÎM, »ii.
Ua*6i8. — La racine de réglisse s'emplol* en méderine, sous forme de poudre, d'eitrait, de pâte et de suc. EII0 sert le plus souvent à édulcorer les tisanes.
FAL8inci,Tioiis. — La radDe de réglisse est quelquefois mélangée ou remplacée par le glycyrrhiaa tehinata, radlte connue sous le nom de réglisse de Russie, dont l'écorce rude a été enlevée avant de la livrer au commerce. Cette racine est très-sucrée , mais elle n'a pas l'odeur particulière de la réglisse, et ses morceaux sont beaucoup plus groi, quoique moins pesants que ceux de la racine de réglisse >Taie et de bonne qualité.
La poudre de réglisse est souvent l'objet de falsiiicaUoni auxquelles cette forme se prête davantage.
M. Peltier, de Doué, en a trouvé, dans le commerce, qui contenait de 12 à 507, ^^ poudre de gayae. Pour découvrir cette fjraude, ou la traite comparativement avec de la réglisse pure , en poudre , par l'alcool froid à 34< et par déplacement (').
Le liquide alcoolique que l'on obtient bleuit ou verdit au contact du chlore et des hypochlorites ; lorsque U poudre de réglisse est pure, la liqueur ali'uoljque conserve, uu contraire, une belle couleur jaune.
M. Wiekmwm, pharmacien ï\ nilile<tbeim, a trouvé dans ie commerce de la poudre ilf iv^Usso venant <k' Hollande,
!■) On emploie rnn des tppan ils <K' l;i pbncbe li, ^g. li et 15, on l'ippareil moiItH4 psr M. Mm. RobiqiM.
256 aÉGUssE (suc de).
sous le nom de fli^res liquiritiœf et qui était falàfiée arec le 8til de grain {*).
Le stil de grain (*) étant composé de carbonate de chaux, d'alumine et de la matière colorante de la graine d'Avignon, on pourrait reconnaître sa présence dans la poudre de réglisse en calcinant et incinérant cette dernière ; on aurait un résidu terreux (composé de chaux et d'alumine) que ne laisse jamais la poudre de réglisse pure. ^
Si le stil de grain est en quantité notable, on reconnaît sa présence aux caractères suivants : 1® le poids spécifique du mélange est plus grand que celui de la poudre de réglisse pure; 2^ en rhumidiûant avec Thaleine, il exhale une odeur argileuse ; 3° par le lavage, on sépare seulement la partie la plus grossière du stil de grain, la partie la plus ténue reste avec la poudre de réglisse ; 4° l'acide chlorhydrique donne lieu à une effervescence, et contient en dissolution la chaux et Falumine, qu'on sépare facilement au moyen de Toxalate d'ammoniaque, puis de l'ammoniaque.
(fOO ob).
Le suc de réglisse^ qui devrait porter le nom ^extrait de ré' glisse, est préparé avec la décoction de la racine, concentrée convenablement (*). On en trouve aussi qui est obtenu avec l'extrait de réglisse, de la gomme arabique, du sucre et une quantité sufQsante d'eau, et aromatisé avec de la poudre d'iris ou avec de l'essence d'anis. Ces deux préparations diffèrent par la forme. La première est ordinairement en billes ou bâtons de 0»,054 à 0«,17 de long, de 0",027 d'épaisseur, et du poids de 60 à 125 grammes, un peu aplaties et arrondies aux deux extrémités. Ce suc est solide, d'un beau noir
(!) M. Wiehmann a trouvé 10 à 30 Vo de cette sobstanœ étrangère dans des échanliltons de poudre de réglisse provenant de cinq miisons de droguerie différentes.
(*) Cest la poudre de réglisse do première qualité que Ton firande par le stil de grain. En effet, cette dernière substance vaut 0 f)r. 55 c. les 500 gr., tandis que la poudre de réglisse vaut, selon sa ténuité, 1 fr. 75, 1 fr. S5, 0 fr. 60, et 0 fr. 45 la poudre la plus grossière.
(>) La racine de régli.<;ç(! donne à peu près un tiers de son poids d'extrait
RjÊGUSSE (suc de). 257
brillant, bien sec, cassant oomme du verre, ne s^attachant pas aux doigts; sa cassure est lisse; sa saveur est douce, agréable, très-peu acre. Il est soluble dansTeau. La seconde préparation est en grains, en petits bâtons cylindriques , quelquefois coulés en spirale.
Si le suc de réglisse n'a pas été préparé avec soin^ et si on Ta trop chauffé, il a un goût de brûlé. Si la pâte est de mauvaise qualité, elle est mollasse, rougefttre, d'une cassure graveleuse.
Les sucs de réglisse bien fabriqués ne doivent pas fournir plus de 10 à 15 ^/^ de résidu insoluble dans Teau [Chevallier eiBussy) (*).
Usages. — Le suc de réglisse entre dans la composition du cachou de Bologne.
Altéb AXIONS et FALSIFICATIONS. — Le SUC de réglisse est souvent allongé de fécule ou de farine. Il est alors d'un noir grisâtre, assez mou, à cassure terne et grumeleuse. Traité par Peau froide, il laisse un dépôt pulvérulent qu'on peut laver, sécher, peser, et essayer par l'eau iodée.
Quelquefois le suc de réglisse est mêlé de débris minéraux et végétaux f de paille j de sable, qu'on peut en séparer par l'eau (*).
Ebermayer dit que le suc de réglisse est quelquefois allongé de suc de pruneaux qui a été é\iaporé ; selon lui^ le suc ainsi altéré est humide et visqueux.
(') C'est une question qui est eocore k examiner, car nous avons rocoBQu qu*on ne peut faire d'exlraU de réglisse pur ayant les caractères commerciaux.
(*) En tS53i nous fûmes chargé, avec M. Bussy, d*examiner du suc de réglisse saisi chez le sieur G..., épicier. Ce suc contenait, d'après nos essais, S9Vo,75 de résidu insoluble dans l'eau, et composé, pour la m^eore partie, de fécule de pommes de terre.
En examinant comparativement des sucs de réglisse commerciaux d^origine étrangère et d'origine française, nous avons constaté que tous ces sucs laissent un résidu insoluble, dont le poids varie de 10 à 50 Vo*
Ainsi les sucs de réglisse venant de Naples et transmis par ia douane ont fourni 17, 23 et 36 Vo de résidu insoluble ;
Les sucs de réglisse de Barcelone, 15, 17 et 33 «/o;
Les sucs de réglisse de Grèce, 10, 33, 3S et 33 Vo ;
Les sucs de réglisse de Ca labre (les plus estimés), 10, U , 17, 82 et 3io/o;
Les sucs de réglisse de diverses fabriques françaises, 14, 17, 8t, 33, 33, 35, 36, 37, 38, 36, U et même 50 »/o.
Ces résidus proviennent des parties insolubles de la racine, d'un peu de terre, des sels que l'eau laisse déposer par son évaporatioo^ des alté-
2IS ateuttsÈ (sac de).
Nous avons eti à exatniner^ à Paris, Une eertaine quantité de ce stto qtii ayait été allongé avec le sue retiré déplanta fburragères, et épaissi à Taide de la chaleur. Ce suc de ré^ glisse ayait un goût particulier qui rappelait Textrait de foin et de luzerne (*).
Le suc de réglisse contient aussi des parcelles de euivre enlevées mécaniquement aux bassines dans lesquelles il a été préparé ^ mais il ne renferme pas de sels de cuivre ( Villain, de Reims). Quelquefois, ces parcelles métalliques sont visibles ; parfois elles se trouvent si bien mêlées à relirait, qu'on ne les aperçoit qu'en faisant fondre le suc, et en remployant connue adoucissant et expectorant.
Nous avons souvent trouvé du suc de réglisse ainsi altéré.
Sehaui a retiré O^ylb de cuivre de 1 kilog. de suc, et Das^ nei 4VS60 de 2 kilog.
On conçoit que le pharmacien ne doit pas livrer au publie du suc de réglisse contenant du cuivre; quoique ce mélange ne soit pas dangereux, on Taccuserait, avec juste raison, de négligence (*).
On constate que le suc de réglisse contient du cuivre, soit par la dissolution dans Feati, soit en le brûlant et traitant les cendres par l'ammoniaque. Le premier de ces deux moyens est le plus simple et le meilleur.
rations que les matières végétales solubles éprouvent pendant la concentration; enfin, et surtout, des matières étrangères qu'on y ajovte frauduleusement.
Un suc de réglisse de PiqueUtty [vrai Calabre), d'une origf|6 aatbenlique, n'a donné que lVo,26 de matière soluble ; un antre, de fabrique française, a fourni i%,5.
Le sieur G. . ., les sieurs J.-A. C, et L. G., cités devant la 7« (Cambre, furent renvoyés de la plainte, quoique le délit de ftilsiflcaiion fût évident, parce qu'il fut reconnu qu'Us ignoraient l'altération du produit mis par eux en vente.
(^) Ce suc de réglisse avait été vendu à un négociant par uo Individu qui ne voulut pas s'exposer à un procès^ et qui reprit de suite U marchandise livrée^ lorsqu'on lui eut dit qu'un la rugardaU comme étaut mêlée à des substances étrangères au suc de réglisse.
(') Il serait nécessaire que les sucs de réglisse livrés au commerce portassent des marques de fabrique obligatoires. Bn outre, on de^Tait interdire à tout fabricant français l'emploi frauduleux des marques étrangères r CassanOj Pignate, Carafa, Imgo, Pastora, PaknOy ïmcia, etc. Ce serait le moyen de faire cesser la fraude.
lUiSiNB QDFAli. IW
Les résines proprement dites, que les fraudeurs emploiepi fréquemment pour adultérer un grand nombre de produitsi sont très-communément répandues dans les végétaux. !|^Ues sont solides, sèches, rudes au toucher ; leur saveuri variable, est souvent due à des matières étrangères. Elles sont trèsinflammables, fondent facilement, et donnent m liquide visqueux, rude au toucher; caractère qui les fait aisément dis*tinguer des corps gras. Elles soQt insolubles dans Peau , solubles à chaud dans Talcool : la solution alcoolique mélangée avec Teau devient laiteuse, et laisse déposer la résine sous forme de poudre. La plupart des résines i^ont solubles dans Féther, dans les huiles fixes ou volatiles.
Les résines, conune nous allons Findiquer^ sont sijyettes à de nombreuses sophistications, tantôt par de la terre^ du sabkf comme cela a lieu pour le brai sec, tantôt par d'autrei résinçs dç qualité et de prix inférieur^,
«phsofv qppaxm
Cette résine s*écoule spontanément du vateria indica (Diptérocarpées). Elle se trouve tantôt sous forme de morceaux volumineux, incolores ou légèrement jaunâtres, non transparents à Tcxtérieur, et Umpides à l'intérieur ; tantôt elle est jaune brun&tro, et renferme, dans son intérieur, des insectes et plus rarement des débris de végétaux. Sa densité varie de 1,139 à 1,145. Elle est très-dure, à cassure conchoïde, presque inodore et insipide. Exposée à l'action de la chaleur, elle se ramollit et devient élastique, sans pouvoir s'étirer en fils. A ime température plus élevée, elle fond ; mais elle s'altère en môme temps, et répand, en bouillant, des vapeurs d'une odeur aromatique, analogue à celle du bois d'aloès.
Lecopal renforme : ré&ine &olubledans f alcool à 0,67, rrf- 9ine soluùle dans t alcool anhydre ^ résine soluble dans une dissolution dépotasse caustique^ résine soluble dans Cainmniaq^i ésine soluble dans Céther^ et huile essentielle*
Usages. — La résine copal sert à la préparation dos ven^*