‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 160 sur 251 · RÉSINE DE GAYAC · texte numérisé non relu

RÉSINE DE GAYAC

On a substitué aussi à la résine élémi : l"" Le brai blanc de Manille, résine qui nous arrive de cette ile et de la Chine. Elle est molle, facilement fusible, d'une couleur blanc jaunâtre ou tachée de parties noires. Elle a une odeur forte et pénétrante de graine de fenouil, une saveur amère et aromatique.

Elle se distingue de la véritable résine élémi, en ce qu'elle se dissout à moitié dans Talôool chaud à 0,86, et laisse un résidu blanc, léger, spongieux, cristallisablc , soluble dans Téther. Le liquide alcoolique laisse déposer, par le refroidissement, une résine cristallisée en paillettes blanches, noires, brillantes, composée de :

Huile volatile S3

Résine insoluble dans Talcool 43

Cristallisable.. . . SI *

Matières étrangères et perte S

Incristallisable. . . 18

i'^ La résine du pinus australis, dite fausse élémi, qui est entièrement soluble dans Falcool froid, ce qui n'a pas lieu pour la résine élémi.

3" La gomme-résine d'olivier, qui est bien différente : son aspect seul fait déceler la fraude.

aiâsZMB DB GATAO.

On extrait cette résine du guayacum officinale. Elle se présente sous forme de masses volumineuses, irrégulières, dures, demi transparentes, friables, dont Pextérieur est d'un vert brunâtre, et dont la cassure est brillante. Sa densité varie de 1,205 à 1,228. Sa saveur, d'abord douceâtre, devient amère, et produit dans le gosier un sentiment de chaleur brûlante. Son odeur est faible et agréable ; projetée sur des charbons ardents, elle répand des vapeurs aromatiques.

Exposée à Tair sous forme de poudre fine, elle absorbe de Toxygène et devient verte. Lorsqu'on expose un papier enduit de teinture de gayac aux rayons violets du spectre, il devient vert.

L'alcool dissout les 9/10 de la résine de gayac. La dissolu-

S68 RiSINK DE GATAG.

tion est brune; l'eau la précipite. L'éther dissout moins de résine que Falcool. L^ssence de térébenthine la dissout mieux i chaud qu'à froid ; elle ne se dissout pas dans les huiles grasses.

La résine pure> exténue par Tintermèdo de Talcool^ est d'une couleur brun foncé, et presque opaque ; elle donne, avec rammoniaque, une solution trouble de couleur jaunâtre. La résine naturelle n^est qu'itacomplétement soluble dans ^ammoniaque.

Usages. — La résine de gayac est employée en médecine sous forme de poudre, de pilules, de potion.

FALSiFia\TiONS. — La résine do gayac a été falsifiée avec la colophane. Si on en met une partie en contact avec l'ammoniaque, cet alcali dissout le gayac et non la colophane. Ou bien, on fait une teinture de la résine, on filtre, et on ajoute au liquide environ autant d'eau distillée que l'alcool employé ; on verse dans ce mélange une solution de potasse caustique en quantité suffisante pour Féclaircir. Lorsque, après l'addition d'un excès d'alcaU, le liquide reste clair, on peut être assuré de la pureté de la résine ; mais, s'il se forme un rfeinate insoluble^ c'est une preuve de la présence de la colophane,

En projetant sur des charbons ardents une partie de la ma* tière suspectée, on sent une odeur de térébenthine si la résine de gayac contient de la colophane.

En visitant les pharmacies du Palatinat, M. Walz a trouvé de la résine de gayac falsifiée par la matière rémeu9e provenant de la préparation de l'acide benzoîque par sublimation.

Ce produit artificiel se présentait en morceaux de la grt)»seur du poing et d'un brun rougeâtre foncé. Ils étaient peu brillants, légèrement translucides sur les bords. Leur cassure était brillante et presque unie. Les fragments détachés étaient d'un brun plus clair, transparents et friables; la poudre avait une couleur brun rougeâtre qui n'éprouvait que peu de changement par le contact de l'air et môme par l'action des raywis solaires, et ne devenait nullement verte.

Cette résine falsifiée contenait do Tacido benzoîque et avait une forte odeur de benjoin, surtout si on en exposait nue petite

AiSUE DE ULAP.

quantité sur une plaque de fer rougie. Traitée par Tammoniaque liquide, elle laissa un résidu insoluble qui avait tons les caractères du résidu résineux provenant de la préparation de Taeide benzoïque; il n'y eu que 16 <>/» de résine de gayac pure entraînée en dissolution.

Cette résine s'extrait de la racine de jahp {cmvolvuluê /d* hppa ), Elle est compacte, d'une couleur jaune grisâtre terne, ou d*un brun rougeâtre (*), friable et fragile comme Paloès 5 d'une odeur faible et caractéristique , qui se fait surtout sentir lorsqu'on réchauffe ou qu'on la frotte. Elle a ime saveur acre, amère, nauséabonde, et fournit une poudre d'un jaune clair. Insufflée dans l'œil, elle cause une cuisson douloureuse. Elle est trbs-soluble dans l'alcool, moins soluble dans l'éther. Elle se dissout très-bien dans Pacide et Péther acétiques. Elle se dissout à froid dans l'acide nitrique à 88* Bé, sans dégagement de gaz.

Elle est composée de deux principes résineux, qui diffèrent par leur solubilité dans l'éther : l'un, insoluble, est la résine alpha de jalap ou rhodéorétine (jalappine de MM. BuekMr et Herberger), incolore, transparente; elle donne avec Pacide sulfurique concentré une dissolution d'un beau rouge pourpre : de là son nom ; l'autre, soluble, ou résine bêta de jalap^ molle, brunâtre, cristallisable {Kayser).

Usages. — La résine de jalap est un purgatif énergique à la dose de 0, 30 à 0, 60i^., en produisant une vive action sur les intestins. On l'emploie sous forme de pilules (^).

Faisifications. — La résine de jalap du commerce est rarement pure : on la fraude le plus ordinairement avec la cotophanêy lei poix, la résine d agaric ^ et surtout avec la résine de gayac,

{}) II ne fsQdrsit pas considérer comme impure la racine de jalap qui ne présenlerait pas ces caractères, puisque celle qu*on trouve gênéralement dans les pharmacies, quoique très-pure, est d'un brun noirâtre et souvent d'une consistance d'extrait moitié dur.

(>) La résine de jalap est un de ces médicaments énergiques que ie pharmacien devrait toujours préparer lui-même.

264 RÉSINE DE JALÂP.

Plusieurs procédés ont été successivement indiqués pour reconnaître l'adultération (déjà ancienne) par la résine de gayac.

D'abord, lorsqu'on Texpose à la flamme, elle dégage une odeur aromatique propre à la résine de gayac.

La solution aqueuse faite avec de la résine de jalap pure et de la gomme arabique est jaune; au bout de quelques minutes , elle prend ime teinte bleuâtre, lorsque le jalap est falsifié avec la résine de gayac.

On a proposé l'acide nitreux et Téther; mais, comme Ta fait observer M. Gobky^ ces réactifis n'accusent la fraude que dans une certaine limite. Ainsi Pacide nitreux ne décèle la présence de la résine de gayac que lorsque la résine de jalap en renferme au moins 2 ''/o. Quant à Téther, il dissout bien la résine de gayac, mais il dissout aussi 30 Vo de la résine de jalap, obtenue en précipitant sa teinture alcoolique par l'eau , tandis qu'il ne dissout pas sensiblement celle qu'on obtient par le procédé de Planche [extraction par Talcool à 0,60); dans ce dernier cas, Péther est un très-bon agent pour constater la pureté de la résine de jalap , en ce qu'il permet d'isoler les plus minimes quantités de résine de gayac.

La colophane et la résine d'agaric peuvent être également décelées dans le jalap par le même moyen.

Le procédé par l'acide nitreux consiste à dissoudre une petite quantité de la résine soupçonnée dans de l'alcool, à imbiber de cette liqueur une feuille de papier blanc, qu'on expose ensuite à l'action du gaz nitreux (*). Si l'alcoolé de résine de jalap contient de la résine de gayac, le papier prend une coloration bleue ; dans le cas contraire, il ne change pas de couleur.

M. de Malte a proposé l'emploi de l'iode, de l'acide nitrique, de Pacide sulfurique^ de l'ammoniaque liquide.

1 p. de résine de jalap mêlée par trituration avec '/e de son poids d'iode, puis additionnée de quelques gouttes d'alcool, se colore en bleu si elle renferme de la résine de gayac.

(*] Ce gaz Dilreux se produil très-facilemenl en versant quelques gouttes d'acide nitrique sur de la limaille de fer ou d^ cuivre placée dans un verre à expérience.

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