‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 161 sur 251 · RÉSINE DE JALAP · texte numérisé non relu

RÉSINE DE JALAP

La môme résine ainsi falsifiée^ triturée dans un mortier de porcelaine arec quelques gouttes d'acide nitrique, développe une couleur vert bleuâtre qui passe rapidement au jaune; on n'observe pas de coloration semblable avec la résine de jalap pure. Ce procédé permet de reconnaître Texistence de V40 de résine de gayac.

L'acide sulfurique, versé sur 1 p. de jalap pulvérisé contenant du gayac , le colore en rouge cramoisi et dégage en même temps ime odeur propre à cette dernière résine ; en ajoutant de Feau à ce mélange^ la couleur rouge disparaît, et il se forme un précipité d'un noir bleuâtre. La résine de jalap pure donne , dans les mêmes circonstances , ime coloration jaune pâle qui disparaît par une addition d'eau pure. L'acide sulfurique peut déceler '/so de résine de gayac, et même ^/ao (Ifenrard),

La résine de jalap est insoluble dans l'ammoniaque, tandis que celle de gayac s'y dissout et communique à Talcali une couleur verdâtre. Cette différence de propriétés fournit un moyen de reconnaître le gayac dans le jalap.

M. PeltieTy de Doué, a indiqué l'emploi d'une solution de chlore, qui, ajoutée à une teinture alcoolique de jalap mêlé de gayac, y produit une coloration bleue ; le chlorure de calcium donne lieu aune couleur d'un beau vert pâle.

M. de Smedt aîné préfère les hypochlorites de potasse et de soude, qui offrent assez de sensibilité pour signaler '/sso de résine de gayac dans le jalap ; la coloration est d'un vert foncé, au lieu d'être bleue comme avec le chlore pur.

M. Giovanni Righini^ d'Oleggio, propose de triturer la résine suspecte avec une quantité sufQsante de sirop de rhubarbe et de délayer le mélange dans de l'eau. Si la résine est pure, elle se présente dans im état de parfaite division ; ce que l'on n'observe pas quand elle contient des corps étrangers.

Enfin, M. Ch, Pasquierr-Nalinne, pharmacien à Fleurus, a proposé l'emploi du bichlorure de mercure (') et du savon amygdalin pour caractériser la résine de gayac mêlée , même en quantité très-minime, de résine de jalap.

(*) Le piécipité rouge, le protochlorure de mercure, n*eiercent aucune action sur la résine de gayac.

166 KÉiim Wkgttc.

Sî Ton met en eontaot areo la résilie stispecte un mélange de bichlonire de mefcure et de savon aknjgdalin, une goIôlatioii bleue trè»-mtense se manifeste par la présence de la plus petite quantité de résine de gayae.

Cette résine est fournie par le pktacia kntiscus (Tércbinthacées), arbre qui croît en Italie, en Espagne, en Provence, mais principalement dans TUe de Cbio.

On distingue deux sortes de mastic : le mastic en larmes et le mastic commun. Le premier (') est en petites gouttes ou larmes jaunâtres, demi translucides, dures, friables, ordinairement arrondies, souvent irrégulières et quelquefois aplaties, recouvertes d'une poussière légère occasionnée par le frottement continuel des morceaux. La cassure de cette résine est vitreuse ; son odeur agréable ; sa saveur aromatique, un peu amère ; elle se ramollit sous la dent.

La deuxième sorte contient beaucoup de morceaux irréguliers, de menus, de morceaux adhérents à des fragments d'écorce ou mêlés de sable et de terre.

Projeté sur des charbons ardents, le mastic répand une odeur assez forte- Sa densité est de 1,074.

Le mastic renferme deux résines : Pune (masficinéj, blanche, molle, visqueuse, soluble dans l'alcool; l'autre, insoluble dans ce liquide.

Usages. — Cette résine est employée comme masticatoire, en Orient, pour parfumer l'haleine : de là le nom qu'elle porte. On s'en sert pour faire des fumigations excitantes, dans le traitement des rhumatismes ; à l'intérieur, on s'en est servi comme stomachique ou dans le traitement des catarrhes chroniques. Elle entre dans la composition de plusieurs onguents, emplâtres, poudres fumigatoires, et mastics pour les dents. Elle fait partie de quelques vernis.

Falsifications. — On a quelquefois vendu de la sandaraque sous le nom de mastic. La sandaraque est en larmes d'un

(*) Le mastic en larmes «t It seule sorte que les pbamadeas doifeni employer.

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jaune pâle, plus allongées que celles dn mastie, reeoavertes d'une poussière trè»-fine à Cassure vitreuse ; elle se réduit en poudre sous la dent, au lieu de s'y ramollir; elle est insoluble dans Tessence de térébenthine» trè»-peu soluble dans réther, tandis que le mastic se dissout très-bien dans les deux véhicules. M. X. Landerér^ phannaci^i à Athènes^ a signalé de la résine mastic, falsifiée par 16 <*/« environ de sef mariny en grains difficiles à distinguer» à première vue, de ceux du mastic. Mais, par un traitement aqueux du mastic, on dissoudrait le sel marin, que Ton pourrait faire cristalliser ou recueillir à Tétat de sulfate de soude après l'avoir traité préalablement par Pacide sulfurique. La solution aqueuse du mastic donnerait avec le nitrate d'argent un précipité blanci caillebotté, soluble dans l'ammoniaque, insoluble dans Ta-» cide nitrique.

HttinlAlUiB*

La rfaubari)e est la racine du rheum ttustrak (Polygonées) de la Tartarie. Elle est distinguée aussi sous trois noms : rhu* barbe paifwfe {rheum paimattÊm)^ rhubarbe ondulée (rfieum unduhtum ), rhubarbe compade ( rheum tompaetum )»

Dans le commerce, on connait quatre sortes principales de rhubarbe :

\^ La rhubarbe de Moscovie ou de Russie, ainsi appelée parce qu'elle nous vient du commerce de ce pays avec les contrées qui la produisent. Elle est en morceaux irréguliers, convexes d'un côté, aplatis de Tautre, perforés de grands trous, à cassure nette; d'une couleur jaunâtre à l'extérieur, veinée de rouge jaune et de blanc à l'intérieur. Elle colore la salive en jaune safrané et croque sous la dent. Sa poudre est d'un beau jaune. C'est la sorte la plus estimée.

2° La rhubarbe de Chine ou de Flnde se divise en rhubarbe demi mandée, dépourvue de la partie la plus grossière de son écorce, et en rhubarbe mondée, ou privée entièrement de son écorce ; elle a un extérieur lisse et uni, et se présente en morceaux réguliers.

La rhubarbe de Chine est en morceaux plus ou moins cylindriques, compactes; elle est marquée d'entailles iaites

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