S 41654800 IS496S
SAIfGSlTES. 291
Les sangsues marchandes sont : U sangsue ofjkfnale ou sangsue verte {sanguùnga ou kirudo officinalis), la sangsue grise {sanguisuga ou hirudo medicinalis^ Chacune de ces deux espèces présente plusieurs variétés distinctes qui pourraient être classées : 1** d'après leurs bandes dorsales, tantôt conti-^ nues, tantôt réduites à des points ou réunies par des mouchetures transversales; 2* d'après la couleur, d^ailleurs trèsvariable de leur robe.
n y a aussi la sangsue truite ou dragon {hirudo troctina) de Sardaigne et d'Afrique, qui, dans nos climats, souffre pendant les mois de chaleur ; elle est alors moins propre à la succion et périt en grand nombre.
Toutes ces sangsues viennent des marais de la Hongrie, de la Sardaigne, de la Suisse, de la Russie, de la Yalachie, de la Turquie, de la Grèce, de TEgypte, des provinces du Maroc et de l'Algérie. Les marais de l'Espagne, deTItalie, duTyrol, de la Bohème ; un certain nombre de ceux de nos départements (/ndrcy Loir-et-Cher^ Vienne, Deux-Sèvres^ Vendée, Indre-et-Loire^ Loire - Inférieure , Maine-et-Loire , Haute- Marne, etc.), qui avaient jusqu'alors pourvu à notre consommation, sont actuellement à peu près dépeuplés de ces annélides, à cause de la manière inintelligente dont la pêche des étangs et des marais a été conduite (^).
Quoi qu'il en soit, dans le commerce de ces animaux on admet en général quatre choix spéciaux :
En 1838 82409050 sangsues ricane valeur officielle de 67S279 fr.
L'examen de ce lableau fait Toir que Timportation de la sangsue, en France, a été progressivement en diminuant depuis 1833. Une petite quantité de ces annélides est ensuite exportée à l'étranger.
(i) Aujourd'hui il se fait une immense reproduction artificielle de ces hirudinèes dans la Gironde et dans les départements voisins (Landes, Vienne, Hautes-Pyrénées, etc.).
Des bassins pour la reproduction et Télève des sangsues ont été établis, depuis quelques années, à Clairefontaine ( Seine-et-Oise ), par M. Borne; à Granville-Saint-Lcger, par le docteur Barreaux,
1^ Le (ffemier choix, ou les sangsues dites grotte»^ qui pèsent, le mille, de 2 kil. 875 à 3 kil. 125, à Tâge de 30 à 36 mois;
2® Le deuxième choix, ou les sangsues dites grosses moyeitnés, qui doivent peser, le mille, de 1 kil. 120 à 1 kil. 250, à P&ge de 22 à 26 mois;
3® Le troisième choix, comprenant les sangsues dites /^e/t/er moyennesy dont le mille pèse 625 à 750, à .l'Age de 20 à 22 mois;
4° Le quatrième choix, comprenant les petites sangsues^ les sangsues dites filets, qui ne devraient pas être péchées. Elles pèsent de 380 gr. à 450 gr. le mille, à PAge de 18 à 20 mois.
Outre ces quatre choix, il existe une cinquième sorte de sangsue trè&-grosse , qui pèse de 4 kil. à 12 kil. jusqu'à 16 kil. le mille; cette sangsue, dite vache, est vendue séparément (*).
Lorsqu'on achète des sangsues, il faut donc avoir le soin d'examiner leur poids au mille. Il faut de plus s'assurer si le mille de ces annélines est formé de sangsues du même choLx.
La sangsue de bonne qualité a le corps allongé et déprimé, sa peau à Textérieur présente un aspect velouté particulier ; elle se meut dans Feau avec une vivacité extrême, en se présentant sous une forme allongée remarquable. Son élasticité est telle, qu'on peut la prendre, l'étendre^ tripler même sa longueur, et s'en entourer le doigt comme on le ferait avec im ruban. Elle peut être comprimée dans toute sa longueur. Elle ne doit pas, par une forte pression opérée de la tête à la queue, fournir de sang ; et s'il s'en échappait une minime quantité, ce qui s'observe quelquefois sur les grosses sauges] On a deniandô l*iDterdiclion de la vente des sangsues vaches et des filets : des premières, parce qa*eUes font des bleesures trop grandes, dont on arrête difficilemenl le sang ; des seconds, parce qu'ils sont trop petits pour produire un effet utile qui compense le grave inconvénient de la dépopulation résultant de leur pèche. Dans ce but, TEcole de pharmacie etTAcadéniio de médecine ont demandé, en iSiS, au ministre de Tagriculture et du commerce, qu'il voulût bien interdire la pèche et la vente des sangsues pesant moins de 8 gram. et plus de 6 gram., et autoriser cependant la vente ou la pèche de ces sangsues, par exception, quand elles seront destinées à peupler des réservoirs ; mais ne Tautoriser que sur une décision du préfet, faisant connaître la quantité de ces sangsues •t leur destination.
sues de marais, ce saug, au lieu d'être rouge comme celui fourni par les sangsues gorgées, ainsi qu'on le verra plus loin, est visqueux et d'un noir verdâtre.
Une sangsue de bonne qualité est reconnaissable aussi à sa marche, à la vigueur et à la rapidité de ses contractions, à la quantité de recouvrements qu'opère chaque anneau Tun sur l'autre, à la certitude de sa marche, qui dépend surtout de la précision avec laquelle s'appliquent les ventouses.
En examinant le corps d'une sangsue de bonne qualité à Tétat de repos, on voit que les segments se recouvrent, de manière à faire disparaître entièrement les intervalles qui les séparent, à moins que la sangsue n'ait pris accidentellement une forme allongée. Plus elle se pelotonne sur elle-même, plus elle est vigoureuse.
Les sangsues ont la propriété de gonfler leur corps^ de manière à tromper sur leur volume. Un signe de bonne qualité est Peffilement de la partie antérieure de leur corps relativement à la partie postérieure. Un autre caractère consiste encore dans la dépression ou l'aplatissement du corps. Sous la main, au toucher, on sent également que les contractions s'exercent avec plus ou moins de vigueur.
On conçoit bien, du reste, que la faculté de rapprocher les anneaux, que l'élasticité du corps, que la forme aplatie de l*animal ne peuvent exister que si son tube intestinal est vide ou à peu près.
Falsifications. — Après le court exposé que nous venons de faire, il est facile de prévoir que le commerce des sangsues est sujet à des fraudes assez graves (^), dont nous allons nous occuper successivement.
(<) En lSi7, les sieurs L.. . et V. . ., faisant le commerce des sangsues, furent traduits devant la 7* chambre pour vente de sangsues qui étaient, au dire d*experts, mélangées de Mtardu et d^officinales gorgées de sang. Le tribunal condamna les sieurs L... et V... à un mois de prison et chacun à 25 fr. d*ameude; à payer au sieur M..., à titre de dommages et intérêts, savoir : 500 fr. pour réparation de la tromperie sur la nature de la marchandise vendue, et 100 fr. pour dénonciation calomnieuse ; fixa à un an la durée de la contrainte par corps; ordonna Tinsertion du jugement dans quatre journaux, -un journal judiciaire, un journal de médecine et deux autres au choix du sieur H... et aux frais de L... et V... Ceux-ci inteijetèrent appel de ce jugement, qui fut conflrmé, seule*
1** Les sangsues sont de bonne qualité ; mais les choix $oni mêlés;
2° Les sangsues sont gorgées de sang dans une proportion de 45 à 50 %, afin de leur donner un volume et un poids plus considérables;
3*» Les sangsues, après avoir servi, sont soumises à l'opération du dégorgement j pour être ensuite revendues;
4° Les sangsues sont mélangées à des hirudinées d'un autre genre, dites sangsues bâtardes {^) ;
5"^ Les sangsues sont mélangées à des sangsues malades.
L'inspection seule et la balance font reconnaître la première fraude.
La mauvaise qualité des sangsues peut dépendre, lorsque Tespèce est bonne, de leur état de plénitude, qui tient à deux causes : à ce qu'elles ont été gorgées de sang depuis qu'elles sont sorties du marais, ou à ce qu'elles se sont nourries récemment dans le marais.
ment avec élévation de peines : en effets la Cour d'appel condamna les sieurs L... et V... chacun à une amende de 750 fr. et à une année de prison ; solidairement et par corps à payer à M..., à titre de dommagesintérêts, la somme de 6000 fr. pour délit de tromperie, et celle de i500 Tr. pour dénonciation calomnieuse, et fixa à deux années la durée de la coutrainte par corps pour Texécution des condamnations pécuniaires prononcées^ tant dans rinlérél de TBlai que de celui des parties civiles.
En ISiS, les sieurs B... etG.... marchands de sangsues, furent traduits devant le tribunal correctionnel (7* chambre) pour vente de sangsues qui, d*après le rapport des experts, étaient pror^^e; dans une proportion de 89 o/o et généralement pour le quart de leur poids au moins. Sur les conclusions du ministère public, le tribunal condamna les sieurs B... et 6... chacun à quatre mois de prison et 1000 fr. d'amende, tous deux solidairement aux dépens.
En 185S, à la suite d'une visite faite par les professeurs de TEcole de pharmacie, le sieur X... fut traduit devant les tribunaux et condamné i 50 fr. d'amende et aux frais pour vente et débit de sangsues, dites tandaises^ gorgées de sang dans la proportion de 33 pour •/o de leur poids.
La même année, le tribunal de police correclionclle de Marseille a condamné deux débitants de sangsues, l'un à 50 fr., l'autre à S5 fr. d'amende, pour avoir vendu des sangsues gorgées.
{}) A Paris, les sangsues bâtardes sont également nommées san^jve^ noires ; tandis que dans le Levant et à Marseille, la dénomination de sangsues noires est réservée aux espèces officinales ou médicinales, par contraste sans doute avec les sangsues-dragons dont les teintes sont plus claires.
Vatêquelin est le premier qui ait signalé le gorgement des sangsues dans le but de les grossir (^).
La sangsue gorgée a le corps moins allongé que la sangsue vide » elle a de la tendance à se présenter sous la forme d'une oU¥6 ; elle est souvent, lorsqu'elle est placée danis Teau , engourdie et comme somnolente (') ; Paspect velouté de sa peau n'est pas le môme que celui de la sangsue non gorgée ; quand on la presse entre les doigts, on aperçoit un reflet rougeâtre (^). Cet annélide ne s'allonge pas entre les doigts; et quand on le presse, de la tête à la queue, on voit bientôt que le sang dont il a été gorgé s'accumule à la partie anale ; alors, si on le presse fortement, le sang en est expulsé, quel^ quefois sous forme de jet (^)< Ce sang est rouge, et ne peut
(*) Par cette manœuvre, on convertit les sangsues dites filets, qui se vendent au kilogramme, en petites sangsues qui se vendent au cent; les petile3 sangsues, qu| se vendent 75 fr., en sangsues moyennes qui se yeU'^ dent 130 fr.; enfin les sangsues moyennes en sangsues grosses qui se vendent 280 fr.
<*) Il est à remarquer que la torpeur n^existe pas, ou à peine, dans les sangsues qui se sont gorgées au marais ; ce qui tient sans doute à oe qu*on ne les observe que lorsque la digestion est déjà avancée, et à oe que le sang qu'elles y puisent est plus compatible avec leurs organes, d'abord parce quMl provient d'animaux difl'érents, ensuite parce qu'étant passé immédiatement du corps de Tanimal sucé à celui de la sangsu», il n'a subi aucune altération à l*air.
(^) Cependant ce caractère ne se retrouve pas dans la sangsue de Tur«> quie, qui a un système musculaire beaucoup plus épais.
{*) Tous les procédés de dégorgement peuvent être employés dans le but de constater le gorgement des sangsues. Outre celui que nous venons d'indiquer et qui est le plus simple, on peut aussi, pour arriver au même but, plonger les sangsues dans Teau tiède salée, ou les saupoudrer de sel marin, de son, de cendres de bois, de cendres de vigne, de tartre de vin, soit pur, soit mêlé avec portion égale de sel marin, de nitrate de potasse, en les exposant, sur un grillage, à la vapeur de l*eau cbaude. On opère encore le dégorgement de ces animaux en les excitant avec du tabac, de la soude, du vinaigre, de la poudre d*ipécacuanha^ etc.
Tous ces moyens agissent en déterminant des contractions du corps de ranimai, et sont par conséquent plus fatigants que la simple près** sion.
M. OUMeTf ayant remarqué des cicatrices produites sur le corps de certaines sangsues par la morsure que leur avaient faite d*anires Individus de leur espèce, a conseillé de pratiquer une ineision au dos de cet
être confondu avec la liqueur noir verdAtre que laisse quelquefois exsuder la sangsue des marais.
Quelques marchands ont prétendu que le sang qu'on trouve dans les sangsues gorgées provenait de oe que d'autres marchands le leur donnaient pour leur permettre de supporter le long voyage qu'elles ont à faire. Cette assertion ne saurait être acceptée ; car les sangsues gorgées voyagent difficilement, et Ton éprouverait des pertes hien plus considérables qu'avec les sangsues vierges^ qui supportent mieux le transport.
Si le sang est coagulé dans le corps de l'animal, on peut, comme l'a signalé Vauquelin, seniiTy en pressant Tanimal entre les doigts, des caillots de ce liquide rouler en grumeaux.
Comment faire la distinction du sang provenant du gorgement ou du marais? On peut, au toucher, remarquer que le sang, s'il a été récemment administré, n'occupe pas la même partie du canal intestinal que dans le cas où déjà un mois ou deux se sont écoulés depuis que Tanimal s'en est nourri. Comme on le conçoit facilement, il est d'autant plus près delà partie postérieure qu'il y a plus longtemps qu'il a été ingéré. Or, comme les sangsues étrangères (*) ne nous arrivent qu'après un laps de temps plus ou moins long, s'il existe du sang dans la partie antérieure de l'animal, on a la certitude qu'il a été gorgé. Quand il existe vers la partie postérieure de l'animal, il est probable que ce sang provient du marais. Il pourrait cependant en être autrement, si l'animal avait été gardé deux ou trois mois dans des réservoirs, avant d'être vendu.
aolmal, à quelque distance sur le côté de la ligne médiane, lien qui permet d*éviter le vaisseau dorsal et les autres organes importants. Cette incision doit pénétrer Jusqu'au canal digestif, pour pouvoir faire sortir par la pression le sang que renferme ranimai.
Il u*est, au reste, aucun moyen de dégorgement plus complet qne celui qu'on peut obtenir par le procédé de M. Joseph Martin, procédé qui consiste dans le retournement au quart, au tiers de l'animal, et qui permet de nettoyer Tintérieur de Tannélide.
(*) Cette remarque serait moins applicable aux sangsues provenant de France. Il se pourrait qu'elles continssent une quantité considérable de sang dans la partie antérieure, bien qu'elles l'eussent réellement pris avaut d'être péohées.
L'emploi du microscope fournit un moyen de distinguer, dans certains cas, le sang introduit par gorgement, du sang provenant du marais. En effet, ce dernier sang appartient rarement à des mammifères (*), et offre, par conséquent, des globules elliptiques, tandis que le gorgement des sangsues se fait à Taide du sang de bœuf, de veau, de mouton ou autres animaux mammifères quadrupèdes, dont le sang a des globules lenticulaires. Du reste, après deux ou trois mois d'injections, le sang s'altère dans le canal intestinal ; on n*y reconnaît plus la forme des globules ; il est d'une couleur noir verdfttre, d'une fluidité visqueuse, tandis que, plus récemment avalé, il offre une couleur rouge, et la forme des globules est conservée.
Des sangsues gorgées mises dans un sac teignent la toile en rouge. Celles qui ne contiennent que du sang de marais donnent lieu au même phénomène^ mais la couleur vire au rouge noir&tre, et même elle est nuancée de vert.
Il est important de remarquer, dans le cas où l'on trouverait des sangsues mises dans un sac ou dans un bocal, que ces animaux rejettent en mourant du sang rouge qui provient de leurs propres vaisseaux. H est, du reste, facile de constater, en ouvrant Vanimal, si son canal intestinal est ou non chargé ; et l'on peut également, à Paide du microscope, distinguer si le sang provient de la sangsue, ou d'un autre animal.
Dans des vases remplis d'eau, ou même vides, les sangsues gorgées laissent échapper un sang rose qui suffit pour rendre leur gorgement très-probable. Ce n'est que dans le cas où il en meurt, que Peau ou les vases peuvent se trouver salis par du sang rouge, conune cela a été dit pour les sacs. . Les sangsues achèvent de digérer et ne laissent point échapper de sang pris dans le marais, à moins qu'on ne les place dans des conditions propres à les dégorger. Il arrive aussi quelquefois qu'elles gardent celui dont elles se sont nourries, soit dans une application, soit lorsqu'on leur en fait avaler
(1) Disons cependant qne dans les marais à sangsues récemment établis, on nourrit ces annélides de sang chaud de cheval, de vache et d^ftne; les jeunes, nés défis les marais, sont nourris de préférence avec le sang moins substantiel des veaui.
S98 sàNOfiucfi.
artificidllement, et principidement lorsque la quantité en est peu considérable, et que les sangsues sont d'ailleurs hieii portantes. C'est ainsi, comme nous Tavons observé nous* même, que des sangsues, conservées pendant plusieurs mois dans des vases pleins d'eau, perdent de leur poids, quoiqu'elles puissent ne pas teindre en rouge Teau qui les contient. Cette déperdition résulte de Taugmentation de leurs sécrétions^ qui sont toujours beaucoup plus actives quand la sangsue eet pleine, et surtout si elle est remplie récemment.
Le prix élevé des sangsues, l'emploi qu'on a fait des sangsues dégorgées dans les hôpitaux, a donné Tidée à plusiaim industriels de recueillir les sangsues qui ont servi, pour les dégorger et pour les vendre après ce dégorgement. Mais l'application des sangsues qui ont servi est une opération qui inspire du dégoût ; dans Topinion de quelques praticiens, elle n'est pas sans danger (^). Il est donc important de pouvoir reconnaître les sangsues qui ont été soumises au dégorgement.
Les sangsues dégorgées offrent des rides et une flexibilité dans les téguments qui aocusent qu'elles ont été soumises à une distension considérable, et que leurs tissus ne sont pas encore revenus à leur état primitif. La ventouse orale est gonflée et blanchâtre. On sent que le tube intestinal, dont les parois s'appliquent immédiatement Tune sur Tautre, offre une cavité large, que Tépaisseur de la chair qui constitue leur corps est diminuée. Elles conservent plus ou moins de viva-
{*) Il fbut dire cependant que cette opinion n*est pas partagée par le plus grand nombre des praticiens.
Des faits très-nombreux attestent, au oontnire, rionocoité des sangsues après leur dégorgement, et les avantages que Ton peut irouTcr dans leur emploi. La réapplicallon des sangsues date de ISSi et 1S25. Elle fut mise en pratique dans les hôpitaux militaires de Pampelune et de Bayonne, et, depuis, dans les hôpitaux de Paris, de Bordeaux, de Toulouse, de Reims, de Douai, de Mets, de aocbefori^ d'Angers } «Ile n\ présenté aucun inconvénient et a produit des économies notables qui ont permis de soulager d'autres misères. Plusieurs médecins ont introduil, avec suocès, cette pratique dans quelques iocalités. De plus, il résulte des expériences faites par une Commission composée de UM. Or^ /Ufi(, Serrti et SMMran, que les sangsues dégorgéeseï reposées tirent autant de sang que les sangsues prises dans le cemmerce.
SAMOSOBS. 109
cité, suivant les moyens qui ont été employés pour les dégorger. Quand on ne leur a fait subir qu'une pression convenable, elles n'ont qu'un peu de mollesse et de lenteur dans les mouvements. Les sangsues dégoi^ées sécrètent un mucus abondant lorsqu'elles ont été soumises à Faction d'irritants, elles paraissent plus fatiguées. Elles prennent mieux que les sangsues artificiellement gorgées depuis peu de temps, mais leur piqûre est moins profonde. On peut répéter ce dégorgement de sangsues un certain nombre de fois, et surtout si Ton n'a point en recours à l'emploi de moyens qui aient fait souffrir ranimai^.
Pour augmenter leurs bénéfices, les marchands vendent des sangsues parmi lesquelles il s'en trouve de bAtardes ; ces sangsues, n'étant pas organisées pour entamer la peau, ne sont d'aucune utilité pour le malade : celui-ci, tourmenté par les essais infructueux qu'on a faits pour lui appliquer ces sangsues qui ne prennent pas, ou qui prennent mal, et tirent peu de sang, ne retire aucun avantage de ces essais, qui doivent au contraire le fatiguer, et peuvent empirer la maladie.
Les sangsues b&tardes n'appartiennent pas au genre sanguisuga. Il en est parmi elles, et particulièrement les espèces du genre néphélisy dont la robe ressemble à celle des sangsues proprement dites. Il faut un examen attentif à la loupe pour s'apercevoir qu'elles sont tout ^ fait impropres à l'usage qu'on peut en attendre (^).
(^] Il paraltraul qae la sangsue dégorgée retient toute la fibrine du sang {HéveU).
(*) Les annélides, provenant des genres voisins aux sangsues proprement dite», sont faciles à reconnaître. Ainsi, parfois on a trouTé, dans les sangsues du commeroe, uae gmnde espèce opsoue sous le uimi de sangsue de cheval ou sangsue ruHre^ pointue {hœmopis voram), très-çonnue dans les eaux douces de TEurope. C'est à tort qu^onlui attribue les accidents inflammatoires qui se développent quelquefois à la suite de Tappiication de ces animaux, car elle se refuse constamment à se fixer sur la peau de Tbomme et ne Pentame jamais. Les haemopis ont les micboires ovales, non comprimées et peu dentelées.
L'aulastome vorace (aulastoma gulo) se distingue par sa couleur, Tabsence de bandes régulières, le refus de se ramasser en olive. Il ne serait pas, d'ailleurs, de Tintérèt du marchand de mélanger aux sangsues un annélide qui les dévorerait.
Quant aux uéphélis que Ton a pv^tendu avoir été livrées pour sang-
300 SANGSUBS.
Le commerce ne se borne pas à qualifier du nom de bâtardes des hirudinées étrangères aux sanguisuga ; car il suffit que des espèces qui appartiennent réellement au genre sangsue soient d'un faible usage pour que des commerçants qui s'y connaissent les qualifient du nom de bâtardes. Mais il convient mieux de les appeler sangsues de qualité inférieure. Telles sont des espèces qualifiées, en raison de leur couleur, du nom de bâtardes brunes, bâtardes c/aires, bâtardes bàmdes; celles appelées chalans ; espèces venant du Calvados, de la Manche ; celles dites demoiselles ou fleuries, les syriennes » quelques-unes très-semblables aux dragons d'Afrique, etc.
Pour faire passer les bâtardes dans le commerce, on mêle une certaine proportion de ces hirudinées impuissantes avec des sangsues de bonne qualité, et Toa a, en apparence, satisfait aux demandes.
On a vendu aussi comme sangsues médicinales des hirudinées appelées aulastomes, tout à fait impropres à la succion (^). Ces fausses sangsues se reconnaissent aux caractères suivants : elles sont très-avides de vers de terre, tandis que l&s véritables sangsues ne s'en nourrissent point. On ne remarque point sur le dos ces lignes régulières contnuMs, ou ces lignes de points, ces facettes régulières que Ton remarque sur le dos des sangsues médicinales; ces lignes, quand elles existent, sont irrégulières ; le plus souvent, elles sont remplacées par de petites taches de forme variable. Les aulastomes sont plus flasques au toucher, elles sont dépourvues des trois mâchoires dentelées qui arment la ventouse buccale de la sangsue, et que remplacent trois petits mamelons placés en ligne droite sur le premier sphincter, ou sphincter de Tœsophage. L^œsophage de Paulastome est beaucoup plus large et plus allongé que celui de la véritable sangsue. La seconde division du canal intestinal est dépourvue des appendices latéraux, en forme de culs-de-sac ou de nids, si nombreux et si remarquables dans la sangsue médicinale ;
sues médicîDales, il suffit de rappeler que ces annélides meurent quand on les tient hors de Teau pendant quelques instants.
(<) En 185i, le sieur M , traduit en police correctionnelle pour
avoir vendu des anlaslomes, comme sangsues médicinales, a été con* damné h trots mois de prison et i 50 fr. d*amende.
SANGSUBS. SOI
elle eet dépourvue également des deux trè»*longs appendices latéraux et aussi en culs-de-sac qui, dans la sangsue, s'étendent jusqu'à la ventouse anale, en embrassant entré eux les deux dernières divisions du canal intestinal. Celles-ci diffèrent aussi par leur étendue relative et par la contexture de leurs membranes des deux mêmes divisions correspondantes du canal intestinal des vraies sangsues.
Coomie les bonnes sangsues peuvent se trouver mélangées à des sangsues malades, il n'est pas superflu de décrire ici en peu de mots les maladies qui attaquent ces annélides.
Une des plus funestes et des plus communes est Vaffeetion putride : elle se manifeste par l'enflure des extrémités ; celleci gagne bientôt tout le corps, qui est comme distendu par les gaz qui résultent de la putréfaction du sang. Les sangsues atteintes de cette maladie laissent écouler par la bouche un liquide rouge et séreux. Cet écoulement précède de peu leur mort, et ne doit pas être considéré comme l'indice du gorgement. Les circonstances dans lesquelles se manifeste la maladie putride, sont : 1® la chaleur; 2^ Vaccumulation de sangsues en trop grand nombre ; S** le contact de sangsues mortes ou malades, et surtout par Taffection putride ; 4*» le renouveUement insuffîsant de Veau ou de la terre argileuse qui les renferme ; 5<* les lavages trop rares ou dans une eau impure; 6° leur conservation dans des sacs non nettoyés; 7» l'état de plénitude et surtout de gorgement, particulièrement en été; 8» leur déplacement, surtout dans les voyages à répoque de la gestation.
Une autre maladie se manifeste par l'excrétion trop abondante de leurs mucosités ; on la dfeigne sous le nom d'affection muqueuse. Dans cet état, les sangsues ne tardent point à s'amollir et à diminuer sensiblement. Cette maladie, qui dure quelques jours, est favorisée dans son développement : 1^ par Tétat de captivité des sangsues; 2^" par le changement de milieu ; 3<* par la perturbation produite dans le transport ; 4« par le maniement; 5** par un emballage portant mauvaise odeur. «
Les sangsues deviennent quelquefois, comme on le dit, noueuses y c'est-à-dire que l'extrémité postérieure de leur corps présente un rétrécissement qui commence à la ven-
302 SAmONINB.
ioude anale, at va an sa prolongaant an avant. La doigt peut apprécier des aortes de granulations dans la partie rétréde. Cette maladie, qui se manifeste le plus souvent dans une partie des circonstances déjà précitées, affecte surtout les sangsues qui ont été longtemps conservées avant la vente ; et, comme on ne pèche pas dans les marais de sangsues atteintes de cette maladie, cette dernière est une conséquence de la captivité, et peut-être de la nourriture artificielle que Ton croit devoir donner à ces animaux dans quelques réservoirs.
Lagelée, lorsqu'elle ne les tue pas immédiatement, donne lieu à diyers accidents ; elles se nou«it, deviennent boutonneuses, rejettent des matières sanguinolentes.
On croit avoir observé que certains principes délétères puisés sur des malades par des sangsues, avaient causé la maladie et la mort de celles-ci.
Les sangsues se blessent entre elles. Le lieu de la blessure, qui se reconnaît par une tache tantôt blanchâtre, tantôt d'un gris foncé, tantôt d'un gris rouge&tre, est souvent ausn le point de d^art de rétrécissements dans le corps de l'animal. Les sangsues affectées de cette lésion sont dites piquées.
L'exténuation est aussi une cause de mort pour les sangsues.
BAtnowiTtiM .
La 9antaninei ou santoninf substance particulière trouvée par Kahler et Alms dans le semen-contra et dans les sommités fleuries de plusieurs variétés à'artemisia y se présente en cristaux brillants, incolores. Elle est insipide, inodore, volatile, insoluble dans Teau ; soluble dans Talcool, Téther, Te»* sence de térébenthine. Sa dissolution alcooMque est financhement amère. Ella fond à 168**, et d(mneun liquide incolora qui se concrète, par le refroidissement, en une masse cristalline.
La santonine se combine aux bases, et forme la baryte, Toxyde de plomb, des sels cristallisablaa avec la chaux.
Usages. — La santonine est employée comme anthelminthique ; elle a, dit-on, des propriétés vermifuges très-prononcées à la do9a de 30 à 40 centigrammes.
SAPIN '(boafgeens de). M3
PÀLSETRATKim. — H. J. ItuÈpint, de Berganie, a signalé la fabifieation de celte substance par Vacide borique; il a proposé l'action de la chaleur pour découvrir cette fraude.
La santonios pure, fondue à une lé^re chaleur sur UB papier blanc, se liquéfie sans crépitation, en laissant le papier un peu gras ; et, par le refroidissement, elle se cristallise en masse de couleur jaunâtre.
La santonine mêlée d'acide borique fond avec une légère crépitation, cooune les sek qui perdent leur ean de cristallisation. Elle enduit le papier, et l'acids borique se sépare soua forme de pondre blanche.
La santonine qui contient la plus petite quantité d'aode borique colore la flamme de l'alcool sa T«rt.
On a, dit-on, falsifié cotte substance avec la gomme et Id rétine. Celte fraude serait décelée par l'odeur qu'exhale la substance projetée sur des charhona ardeala. D'ailleurs, la gomme pourrait 6tie séparée au moyen de l'alcool, qui ne U diasDut point.
S&Pni {HonBoam n).
Les bourgeons de sapin (abies pectinata) viennent particulièrement de la Russie.
Us ont une forme conique, arrondie ; ils sont ordinairement composés de six bourgeons latéraux, placés loiit autour de la base d'un bourgeon terminal ^ilus gros, long do l\ à 27 millimètres. Ces bourgeons sout rfvûtus d'écaillée rougeitres droites, et sont tous gorgés ilo rùsme, dont une partie même exsude à la surface, sous forinu dt; larmes ; leur odeur et leur saveur sont résineuse, l^ërement aromatiques.
Usages. — Les bourgeons de sapin sont employés dans les atToctions scorbutiques, goutteuses et rhumatismales.
Falsifications. —On substitue aux bougeons de. sapin des bourgeons provenant du pin sauvage (pitius lUveitris}, et ceux fournis par la sapineffe blanche {abiesalbo). Les liremiers, qui viennent du Berri, sont d'une couleur plus foncée que ceux du sapin ; ils sont beaucoup plus longs, cylindriques, et recouverts d'écaillés recourbées en dehors, et roulées en volutes; ils sont rarement chaînés d'exsudation césineuse; les