SASSAFRAS
On désigne, sous ce nom, la racine et le bois d^un laurier {laurus sassafras) (Laurinées), originaire de l'Amérique septentrionale.
Le sassafras nous est apporté en souches ou en morceaux de la grosseur du bras ; Técorce a une couleur de rouille ; elle est beaucoup plus aromatique que le bois, qui est veiné, poreux et jaunâtre, quelquefois avec des veines roses ; Fodeur forte et agréable du sassafras est due àun^uile volatile, plus dense que Peau, incolore au moment de son extraction, jaunissant avec le temps. Trois kilogrammes de sassafras en fournissent jusqu'à 46 grammes.
Usages. — Le sassafras est employé en médecine comme diaphorétique et diurétique. On en prépare une infusion, une eau distillée, un sirop. Il entre dans les espèces sudorifiques.
Altérations. — Le sassafras ne devrait être employé par le pharmacien qu'au moment où il vient d'être râjX' ou raboté. S'il est mis d'avance en copeaux, il a perdu la plus grande partie de son huile essentielle et de ses propriétés, à moins qu'il n'ait été renfermé dans des vases hermétiquement clos.
Falsifications. — Le sassafras divisé du commerce est souvent mêlé de bois étrangers . Il faut donc, lorsqu'on l'achète, examiner avec attention la texture, et ne pas se fier à l'odeur : les copeaux d'autres bois, mêlés de sassafras, prenant l'odeur de ce dernier, on serait induit en erreur.
Selon Hahnemanny il se trouve quelquefois, parmi les bols de sassafras, des morceaux qui ont une texture plus dense et plus solide, une odeur danis ; on doit les rejeter comme inactifs.
Autrefois, ce bois étant d'un prix trèfhélevé, on lui a substitué du bois de pin^ bouilli dans une infusion de fenouil,
On appelle sax}ons (^; des sels formés par les acides gras (') PUne attribae tux Oaulois la découverte dc9 Myons.
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3d6 SAVONS.
(acides stéarique, margarique, oléique) avec les oxydes métalliques. Les savons à base de potasse, de soude et d'ammoniaque, sont seuls solubles dans Teau.
I^our les besoins de la médecine, on incorpore quelquefois au savon des substances susceptibles de lui communiquer des propriétés nouvelles ; on forme alors les savons dits médicinaux.
Outre le savon employé pour le savonnage du linge, les savons de toilette et les savons médicinaux, on trouve également dans le commerce, depuis quelques années, plusieurs espèces de savons : le savon de résine, fabriqué avec de la soude, du suif, de la résine commune, et un peu d'huile de palme, pour en rehausser la couleur, qui est à peu près celle de la cire jaune ; il sert surtout dans la marine ('); le sauon hydrofufjede Menottiy qui n'est pas, à proprement parler, un savon ; le savon ponce, qui n'est autre chose que du savon ordinaire, à la pâte duquel on a incorporé à dessein des matières siliceuses (■); enfin, on prépare des savons avec des matières animales, des boyaux, avec les débris des abattoirs (*).
Dans le commerce, on distingue les savons en savons (/«r*, ou à base de soude ^ et en savons mous, ou à base, dépotasse; ces derniers, dits savons noirs ou verts, sont plus généralement employés dans les pays du nord ; en France, on emploie de préférence les savons durs. Les savons formés par une môme base sont d'autant plus durs que la matière grasse employée à la saponification a un point de fusion plus élevé.
(') On fabrique aussi des savons de résine^ contenant 10 k 2a Vo d'argile, de craie ou de marne, et au prix de 39 à 65 c. le. kilogr.
(<) Le sdicaie de potasse a élé O^abord employé en Angleterre pour la fabrication du savon. Ce «avon siliceux est fabriqué, sans doute, pour one foule d'usages techniques, et ne doit piis, par conséquent, 6ire con- .Nidéré comme une sophistication.
(\) Quelques personnes avaieut eu la prcicutiou de ne pas laisser vendre lea Navous fabriqués avec les matières animales, nous iguoron» ce qu'est devenue cette prétention, qui aurait pour résultat de supprimer la fabrication des savons à lias prix.
Nous pensons que ces savons et tous ceux qui sont préparés pour être vendus à bon marché peuvent être mis dans le commerce, mais avec des dénominations telles que le consommateur ue puisse être induit en erreur.
Il n*y a fraude que lorsque Ton trompe sur la nalurt de la nkirtAondise venàuë*
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ihi tfoùve aussi , dans le commerce, deux espèces de savons : le savon Hanc et le savon marbré ou de Marseille (*). Les veines bleuâtres que Ton remarque dans ce dernier sont produites par une petile quantité de savon à base d'alumine et de protoxyde de fer, et par du sulfure do fer, formé aux dépens d'un peu de sulfure de sodium, qui existe toujours dans les lessives employées à la fabrication du savon.
Le savon dur, de bonne qualité et parfaitement put, doit ôtre sfins odeur étrangère, ne produire aucune tache sur le papier, ne pas graisser les doigts, ne pas s'humecter à Pair ni se couvrir d'efflorescences; il doit, par la dessiccation, perdre 45 "/o, 2 d*eau/si on a alTaire à du savon blanc, et 30 «/o, si Ton opère sur du savon marbré (^).
Placé sur les charbons ardents, le savon fond, se boursoufle et noircit en répandant une fumée épaisse, d'une odeur d'huile brûlée. £n brûlant ainsi complètement toute la matière organique, le savon blanc perd 50 y^j^, et le savon marbré 64 7© ; le premier laisse 4 "/©, 6 de cendres, et le second 6 "/». Dans les deux cas, la soude forme la majeure partie de ces cendres.
Le savon doit bien se dissoudre dans l'eau distillée, de môme que dans Talcool bouillant, qui est son véritable dissolvant. La solution aqueuse est opalme, et mousse fortement par l'agitation ; elle présente une faible réaction alcaline au papier de tournesol rougi ; elle précipite en flocons blancs l'eau de chaux et leau de baryte, décompose toutes les dissolutions métalliques, et est décomposée par tous les acides qui s'imissent à la base du savon, en séparant les acides margarique^ stéarique et oléique.
Les savons durs se préparent, en France et en Italie, avec la soude et Thuile d'olive^ en Angleterre, dans le nord de TËurope et de TAmérique, avec le suif et diverses graisses. On ajoute souvent à Thuile d olive 1/10 ou 1/5 d'huile de
(1) Le savon de Marseille vaut 85 à 90 fr. les 100 kil.
(») La présence des marbrures est »n indice ceriain que le savon ne renferme pas au delà de 30 «/• d-eau; en effet, quand la pâte est plus hydratée, elle est plus fluide et plus légère; alors les composés méulliques s'y déposent facilement, et Ton ne réussit plus à les incorporer, sous forme de veines, dans les savons.
graines, pour rendre la coupe du savon douce» en diminuant sa consistance. C'est ainsi qu'on fabrique les savons d'huile d'olive et de soude, ou savons de Marseilk; pour préparer le savon blanc, on emploie les huiles les moins colorées.
Le savon mou, fabriqué en grande quantité en Picardie, en Flandre et en Hollande, avec la potasse et les huiles de graines (chènevis, lin, colza, etc.) (*), contient en général plus d'alcali qu'il n'en faut pour la saturation de l'huile. C'est un savon complètement dissous dans une lessive alcaline; il doit être transparent, d'une belle couleur noirâtre ou verdâtre lorsqu'il a été préparé avec l'huile de chènevis, autrement on lui donne cette teinte, soit au moyen de l'indigo en nature ou dissous dans Tacide sulfurique, soit avec un mélange de couperose verte, de noix de galle et de bois de campêche, soit à Taido du sulfate de cuivre. Il se dissout facilement dans l'eau, plus que le savon de soude, et ne se dissout pas dans une lessive de potasse très-concentrée, en sorte que Ton peut par ce moyen purifier un savon qui, par suite d'une préparation vicieuse, contient soit trop de sels, soit trop d alcali caustique ou carbonate. Du reste, comme le savon mou se dissout bien dans l'alcool, on sépare les sels étrangers à l'aide de ce véhicule.
Par la dessiccation à l'étuve, le savon vert abandonne 36 **/o, 5 d*eau, et le produit séché perd, par la calcination ol l'incinération, 44 «/o de matière grasse, en laissant 9 ^'/o, î> de cendres ; celles-ci sont formées par la potasse.
Les savons de toilette sont, comme les précédents, tantôt à base de soude (savons de Windsor à la rose, au bouquet, damandes amères, etc.), et tantôt à base de potasse {savons de toilette mouSf savon nacré ou crème d'amandes) i Ceux qui sont à base de soude se font avec les huiles d'amandes douces et amères, avec les huiles de noisette, de palme, d*olive ; avec le saindoux, le suif, le beurre ; ils sont, en général, trèshydratés. Ceux qui sont à base de potasse ne se font qu'avec les graisses, et, en général, le saindoux.
(*) On rubrique aussi une quanti U* assez considérable ()e savon mon eu saponiUant Tncide oléiquc, n^sidii de la fabrication des boii^îc^ âléariques; et on ost parvenu à le durcir par TaddUiou do 0,1 :i 0.3 d*huile de palmo.
Tous ces savons doivent leur odeur agréable à diverses essences ou substances odorantes qu'on y incorpore ainsi que différentes matières colorantes organiques. Dans tous le^ cas, leur saveur ne doit pas être caustique, et il est nécessaire qu'ils soient autant que possible dépourvus d'alcali libre.
Quelques-uns sont transparents, ils renferment alors une quantité plus ou moins considérable d'alcool ; quand on veut les colorer, on emploie des dissolutions alcooliques concentrées d'orseille pour le ro«e, ou de curcuma pour le jaune foncé.
Voici la composition en centièmes de quelques savons :
KATIÈRE
AUTCURS