POTASSE
S:nun vert ordi-
naire
Tbènard .
Id.
Chevreul.
SavoD mou, anglais
45 ( huile
et suif).
Savon vert, belge.
36 (bidle).
Savon mou, Ecos*
47 (buile
et suif).
Id.
34 (huile el
graisse).
Id.
51 66 ( h. de
naveite)
Id.
48 (huilti
d'olives)
Usages. — Le savon est employé au blanchissage des étofies et du linge, au foulage du drap. Le savon mou est plus propre au lavage que le savon dur, parce qu'il contient un peu plus d'alcali ; on s'en sert pour laver le linge grossier et dans le foulage du drap. Le savon dur, au contraire, est employé pour laver le linge fin, les tissus de coton et de soie. Le savon est employé pour le graissage des machines. On se sert aussi, dans les arts , de savons métalUques pour le bronzage des plâtres et l'imitation de la patine antique. La parfumerie fait un grand usage des savons dits de toilette (^). La médecine et la pharmacie utihsent les savons dits médicinaux.
Le savon à Tétat solide est employé dans certains essais par la voie sèche comme un flux réductif . La solution aqueuse ou alcoolique de savon blanc est usitée comme réactif dans quelques circonstances. L'action décomposante qu'exercent sur elle les sels à base de chaux et de magnésie la fait servir pour constater la plus ou moins grande pureté des eaux de sources, de rivières et de puits.
FalsificvVtions. — Il y a plus d'un demi-siècle que l'on falsifie le savon (»).
Dans ce but, on rallonge souvent d'eau; pour augmenter son poids, on y incorpore des matières peu coûteuses, telles que de la farine, de la fécule i^)^ de la silice (% de Valu-
(^] Les savons de (oilette et pour nettoyer le linge sont à base de potasse et de soude.
(') Nous en trouvons la preuve dans ie tome VU de VEtayclopiâiB méthodique j Arts et métiers mécaniques ^ p. Si5 : « La fraude la plus « difficile à reconnaître est celle qui a lieu quand le savon est cuit et a entièrement liquide dans la chaudière ; on fait boire à la p&te plusieurs « chandrons dVau claire, qu'on remue bien et qu*on incorpore à la pâle, H si bien qu^elle ne parait pas. Cette eau rend même le savon plus blanc, e et ce n'est que dans la suite qu^on s'aperçoit de cette fraude ; car un <r quintal (100 livres ou 50 kilogrammes) perd, après environ huit jour», « 80 à 25 Vo de son poids, parce que cette eau s*évapore; tandis que ( lorsquMI n'est pas ainsi humeclé, au bout de mois entiers, la diroiouc tion la plus forte est d*environ 3 ou i "/o. Le gain qde procura cette « fraude n'est pas certain; car, pour qu*elle puisse avoir lieu, il faut « que le fabricant vende immédiatement son savon. »
(>) LMntroduclion de 5 à 6 % de fécule au savon a pour but de le dulcifier lorsqull est trop alcalin; il y a même eu un brevet de pris pour œtle addition.
(*) En Angleterre, ou a fabriqué des savons contenant jusqu'à 19 «/•
mine{^), des silex, du talc, de la t^rre d foukm blan^hj de 1^ terre de pipe, de la lei-re glaise de couleur bleue, de la poudre de chaux tamisée, du plâtre, dix sulfate de bt^ryte (?). So^viaqt aufi$i on vend du savon fait avec des huiles de graine^ et des graisses , pour du savon fabriqué avec de l'huile d'olive ou d'amandes douces. Les savons de toilette peuvent renfermer des matières odorantes de qualité inférieure, ou des matières colorantes inorganiques, nuisibles à la santé.
L'une des falsifications le plus en usage pour le savoa, e'est l'addition d'une quantité .considérable d'eau. Le savon fort^ ment additionné d'eau est conservé dans des caves humides, à labri de Tair, qui lui ferait perdre de ce liquide ; on le couvre môme de linges trempés dans de Teau saturée de sel marin : quelques marchands vont jusqu'à tenir les savons dan$ des vases pleins d'eau salée {^). Ces savons sont faciles à reconnaîtrie à leur pâte molle et blanche ; il sufût de les presser avec le$ doigts pour se convaincre de la fraude. On peut évaluer la quantité d'eau qu'ils contiennent en pesant une certaine quantité de savon (4 ou 5 gr.) en raclures minces, puis le faisant sépher rapidement dans une étuvo à courant d'air, chauDiée à IQO"^ ou bien dans un bain d'huile, et prenant le poids du produff desséché. La différence entre les deux poids indique directement la proportion d'eau qui se trouvait dans le savon suspecté.
Lorsque le savon est additionné de farine, de fécule, de silice, d'alumine, de talc, de terre glaise, de terre à foulon, de chaux, de plâtre, de pierres, etc., rien n'est plus facile que d'en apprécier la quantité. En effet, tous ces corp§ étant insolubles dans l'alcool, il suffit de traiter le savon sus-
de silice. En les calcinant, puis tes iraitant par Pacide cblurbydriqutt, Jt silice reste pour résidu, sous rorme d'une poudre blanche.
(*) A Bordeaux, on a vendu sous le nom de savon économique, savon de ménage, des savons contenant de la marne ou de Palumine {Pedroni lils).
(*) he docteur Arenda dît avoir examiné dn savon qui renfermait «m proportion considérable de sulfate de baryte en poudre.
Le docteur Geiselerti examiné un savon qui contenait 33 V* ^^ savon pur et 51 o/o de colle animale, insoluble dans Palcool et formant une gelée avec Tean bouillanle.
(') Le savon blanc, .soumis à cette manipulation, augmt*nte, en uo mois, de 39 «/e.
pect par ce véhicule, et de filtrer la solution pour séparer toutes les substances étrangères qui^ restant sur le filtre, peuvent être pesées^ après dessiccation préalable.
On recherche ensuite, par un examen spécial, la nature de ces substances étrangères.
On pourrait encore connaître la quantité de savon réelle renfermée dans un savon douteux, en le faisant sécher d'abord, pour déterminer la quantité d'eau qu'il contient, puis en faisant bouillir le produit desséché dans une solution concentrée de sel marin. Cette opération détermine, d'une part, la précipitation des matières insolubles, et d'autre part la dissolution des matières solubles : il s'ensuit que le savon, surnageant la solution de sel marin et insoluble dans cette dernière, peut ensuite être repris, filtré à travers un linge, puis séché de nouveau et pesé. La perte de poids indique la proportion de matières étrangères. Ce procédé d'analyse ne peut évidemment s'appliquer qu'aux savons de soude, lorsqu'on les fait bouillir avec du chlorure de sodium.
Si le savon à essayer ne renferme que des matières insolubles dans l'eau, on peut le traiter directement par ce liquide ; car les corps ayant servi à la fraude se précipitent alors au fond du vase, dans lequel on fait la solution de savon, et on peut les reprendre pour les laver, sécher et peser.
Lorsque les savons sont fabriqués avec des matières grasses de qualité inférieure, telles que l'huile de graine de pavot, de chènevis, de noix, de hêtre, bien que vendus pour des savons fabriqués avec des corps gras d'un prix très-élevé, il n'y a d'autre moyen de reconnaître la fraude que celui qui consiste à.décomposer le savon suspecté, au moyen d'un acide, pour en soustraire les corps gras, qu'on soumet ensuite à un examen approprié (Voy. art. Huile, Axonge, Graisses).
On trouve aisément la quantité d'alcali contenu dans un savon, à l'aide d*un essai alcahmétrique. On prend, par exemple, 10 gr. de raclures de savon, représentant l'échantillon moyen, on les fait dissoudre dans 160 p. d'eau bouillante, puis on sature cette solution avec la liqueur normale contenant, par litre à 15oe-, 100 gr. d'acide sulfurique à 66^ eu à un équivalent d'eau. Le volume de ce liquide, employé
à la saturation complète, indique le poids correspondant d'acide sulfurique, qui équivaut lui-même à un certain poids de carbonate de soude sec; on en déduit donc l'équivalent en soude ou en potasse pures. Le 'liquide provenant de la saturation donne, par son aspect trouble ou limpide, et mieux par une évaporation à siccité, des indices sur la pureté de la base. L'examen de la cristallisation du sulfate formé, Tessai à Taide du chlorure de platine, font reconnaître si la base est de la soude ou de la potasse, ou bien un mélange des deux.
Pour vérifier si le savon est fait avec de Thuile ou avec de la graisse, on fait dissoudre un peu de savon (10 gr. environ) dans un demi-verre d*eau ; lorsque la solution est complète, on ajoute dans le liquide, soit deux ou trois cuillerées de vinaigre, soit une quinzaine de gouttes d'acide sulfurique, soit de l'acide tarlrique, afin de neutraliser Talcali ; immédiatement après ce mélange, la liqueur se trouble et le corps gras se sépare de Teau ; on agite légèrement avec une bûchette, à laquelle vient adhérer la graisse si le savon en contient, tandis qu'après un moment de repos l'huile surnage, si elle faisait la basQ du savon.
On recueille les acides gras, et on prend leur point de fusion. Souvent l'odeur qu'ils développent, au moment delà décomposition à chaud du savon par les acides, indique la nature de la matière grasse employée dans sa fabrication, celle du moins dont Podeur est dominante.
Pour recueillir la matière grasse, on ajoute, d'après dAr-^ cet, 10 gr. de cire sèche et pure ; on chauffe jusqu'à liquéfaction complète ; on obtient un gâteau de cire très-dur, qui est desséché et pesé. Son poids, déduction faite des 10 gr. de cire employés, indique celui de la matière grasse qui s'est unie à la cire et qui se trouvait dans le savon.
Dans le cas où le savon renfermerait de Thuile et de la graisse, on obtiendrait un mélange de ces deux substances, d'autant moins compacte que l'huile y existerait en plus grande proportion. Pour bien réussir dans cet essai, il faut avoir égard à la température. Si on faisait cette épreuve à chaud, la graisse liquéfiée par la chaleur pourrait être confondue avec l'huile ; il faut alors avoir le soin de laisser re-
froidir le mélange, avant d'asseoir son jugement. Si on opérait par un temps trop froid , Thuile pourrait être concrétée, et serait prise pour de la graisse. Il est donc nécessaire que le liquide soit à une température moyenne.
Il en est de même des essences qui servent à aromatiser les savons de toilette.
On constate que le savon contient un excès de matière grasse non saponifiée, en extrayant les acides gras au moyen iie Tacide chlorhydrique, les lavant à Teau distillée chaude, puis les combinant avec la baryte, et épuisant par Teau bouillante. La matière grasse non saponifiée est isolée du savon barytique par un traitement à Talcool bouillant qui la dissout seule, sans toucher au savon alcalino-terreux.
Quant aux matières colorantes minérales que renferment quelquefois les savons de toilette, rien n'est plus facile que de les découvrir. Il suffit, en effet, de traiter le produit par de l'alcool, qui dissout le savon et laisse presque toujours indissoute la matière colorante; celle-ci est ordinairement insoluble dans ce liquide ; c'est ainsi qu on relire des composés de plomb et de mercure colorés en rouge, des combinaisons cuivreuses vertes ou bleues, etc.
Il arrive quelquefois que des savons devant contenir de la soude, et vendus pour tels, renferment des quantités plus ou moins considérables de potasse, ce qui nuit à leur consistance : alors on conçoit bien que ces savons donnent, par Imcinéra^ tion, des quantités de cendres différentes de celles que nous avons indiquées précédemment, et dans lesquelles il est facile de déterminer les quantités relatives de potasse et de soude, à Taide des procédésordinairement employés pour la séparation de ces deux bases (Voy. art. Potasses).
Suivant le docteur Stœckhardt, les savons de suif et d'huile fabriqués par une nouvelle méthode, dite méthode vive, sont additionnés d'huile de coco, qui leur donne la qualité de mousser davantage.
Les acides gras du savon de suif, préparé selon Tancienne méthode, commencent à fondre vers 44 ou 45^ ; ceux du savon de suif, par le procédé vif, fondent à 30 ou 33® ; ceux du savon de noix de coco, à 23 ou 24°.
Suivant Rolffs, on parvient sans peine à reconnaître U pré-
sence de l'huile de coco dans le savon, en veTsaai quelques gouttes d'acide sulfurique dans la dissolution de ce dernier. Cette additioib développe instantanément Todeur eairactéris* tique du beurre de coco.
Savons MéniaNAUX. — Le savon ordinaire et de bonne qualité, parfaitement pur, est employé en médecine pour calmer les ardeurs d'urine, dissoudre les pierres des reins et de la vessie, etc. ; dans ces divers cas, le savon marbré ordinaire ne doit pas être employé, parce que ces marbrures sont produites par des substances métalliques, telles que le cuivre, Toxyde de fer, la terre jaune, le manganèse, le vitriol bleu, Torpiment, etc., etc., toutes substances qui, à Tintérieur ou même à l'extérieur, pourraient causer parfois de graves accidents. Nous conseillons donc aux pharmaciens de fabriquer eux-mêmes le savon blanc ordinaire qui doit servir aux usages médicaux.
Pour plusieurs autres maladies, on compose les savons suivants, dont nous allons faire connaître les vrais caractères, afin de mettre en garde contre les altérations dont ils soot susoeptibles.
1« Savon aniimonial. — Ce savon doit parfaitement se dissoudre sans laisser de résidu dans Teau et Talcool. Sa dissolution, additionnée d'acide sulfurique faible, forme un précipité abondant de soufre doré d'antimoine orangé ; il dégage du gaz hydrogène sulfuré, et sa surface se charge d'huile. Ce savon doit avoir une couleur d'un blanc grisâtre ; s il était rouge, sa préparation n'aurait pas été bien faite, et il ne faudrait pas s'en servir ; mais comme on peut voir cette couleur lors de la préparation, il suffirait d'ajouter de la potasse caustique pour lui donner la couleur voulue.
Cette préparation a besoin d'être employée de suite, car elle s'altère d'une manière tellement sensible, que Thydrogène sulfuré se dégage en totalité, et qu'il ne reste qu'une dissolution incomplète et inutile. On peut s'assurer de cette altération par Faddition d'un acide dans le savon antimonial; cet acide fait reconnaître que la dissolution ne dépose pas de sulfure d'antimoine, quïl n'y a pas dégagement d'hydrogène sulfuré, et qu'il ne reste que de l'huile grasse et de Poxyde d'antimoine blanc combinés avec la potasse.
2^ Savon mercuriel. — II est giis noirâtre ; sa saveur est acre, piquante, savonneuse ; il est soluble dans l'eau froide et plus encore dans Feau chaude : mais dans Tune ou dans l'autre de ces solutions, l'oxyde de mercure ne se dissout pas, il se dépose au fond, parce qu'il n'est pas lui-même parfaitement dissous dans le savon , mais seulement incorporé de manière à ne pouvoir s'en séparer môme par une filtration à travers un papier quadruple.
On substitue quelquefois au savon mercuriel du savon commun et du mercure soluble d* Hahnemann, Cette sophistication est facilement reconnaissable au précipité gris noir d'oxyde qui se produit par la dissolution dans Peau distillée. Le savon mercuriel vrai donne pareillement un précipité d'oxyde de mercure, ainsi que nous Pavons dit ci-dessus ; mais celui-ci se fait beaucoup plus lentement, il est surtout d'une couleur moins intense.
(Quelquefois il arrive que, par suite d^une préparation mal faile, le savon mercuriel n'est pas propre aux usages auxquels il est spécialement destiné. Il contient des dépôts ou flocons huileux, qui apparaissent particulièrement dans la dissolution ; tandis que, lorsque le savon est bien préparé, la solution aqueuse ne doit présenter aucime trace de matières grasses à sa sm'face. Cette altération est produite lorsqu'on n'a pas mis une quantité suffisante de potasse caustique. Si, au contraire^ il y a excès de potasse caustique, le savon se trouve également altéré et impropre à son application. Cette altération se reconnaît à la saveur acre et caustique du savon, et aussi en ce que le papier de tournesol, rougi par l'acide acétique ou le vinaigre, est plus promptement ramené au bleu par le savon altéré, tandis que ce changement n'est opéré que très-lentement et très*imparfaitement par le savon mercuriel pur.
D'autres lois, enljn, le savon mercuriel peut contenir du mercure métallique, provenant de ce que, pendant sa fabrication, le savon a subi un trop haut degré de chaleur, lors de son évaporation à siccilé. Le mercure se décou^Te facilement par le frottement du savon dans les mains.
3" Savon médicinal ou savon amygdalin, — Ce savou, qui >e prépare avec la lessive dess savonniers (10 p.) et l'huile
d'amandes douces filtrée (21 p.), est particulièrement affecté aux usages internes. Il est blanc, solide , non graisseux ; il doit se dissoudre entièrement dans Teau distillée et Talcool. Les acides décomposent sa solution aqueuse, et Thuile qui s'en sépare est soluble dans Talcool. L'ammoniaque ne bleuit pas la solution aqueuse du savon médicinal; le sirop de violettes, le papier de curcuma ne changent point de couleur par le contact de cette solution ; mais les infusions végétales contenant un principe astringent, ainsi que Feau de chaux, la précipitent.
Ce savon est quelquefois altéré par des substances métalliques, telles que le cuivre, le plomb, le fer provenant des vases dans lesquels sa préparation a été exécutée. Ces altérations peuvent, on le comprend aisément, avoir de graves conséquences, lorsque surtout ce savon est destiné à Tusage interne. II faut donc y apporter la plus sérieuse attention, et chercher à reconnaître si le savon médicinal ne contient point Tune de ces dangereuses substances.
L'ammoniaque caustique donne une teinte bleue au savon contenant du cuivre, tandis que cette teinte ne se produit pas si le savon est pur; de plus, le savon ainsi altéré a une légère couleur plus ou moias verdâtre, selon la quantité de cuivTe qu'il contient.
Le sulfhydrate d'ammoniaque donne une couleur noirâtre aux flocons blancs visqueux qui se forment dans la dissolution aqueuse du savon plombifère.
Enfin, Toxyde de fer se reconnaît à la couleur plus ou moins jaunâtre du savon médicinal, et, lors de sa dissolution, il se fait un dépôt de flocons brun jaunâtre.
A part ces altérations capitales, il en est d'autres que nous ne pouvons passer sous silence.
Le savon médicinal doit se préparer avec de Thuile végétale, et non avec une graisse animale y ainsi que cela arrive quelquefois ; de même, cette huile végétale peut être de mauvaise qualité. On reconnaît que le savon contient de la graisse au lieu d'huile , en le dissolvant dans l'alcool. En cas de fraude, cette solution alcoolique devient et reste gélatineuse ; tandis que, si le savon est pur, s'il est préparé avec de la bonne huile végétale, la solution reste fluide à la tempéra-
.318 SCAMMONéE.
iûtB ordinaire. La rancidité, la mauraise odear et le mauvais goût du savon indiquent qu'il a été préparé avec de rhuile de qualité inférieure.
Le savon médicinal a quelquefois une saveur alcaline Acre ; ce signe caractéristique indique la présence d'un eicès d'alcali, et on peut s'en convaincre facilement en ce que la solution de ce savon brunit le papier de curcuma et verdit le sirop de violettes, ce qui n'a pas lieu avec le savon bien préparé. En outre, d'après l'observation de Planche , on le broie bien sec, avec un peu de protochlorure de mercure ; ce dmner devient gris-noir lorsqu'il y a un excès d'alcali caustique.
SOABIMOliJàB.
La scamnumée est une gomme-résine , dont on distingue deux espèces principales : la scamnumée dAlep ; la scommonée de Smyme,
La première est extraite de la racine du convolvulus scam-monta (Convolvulacées), qui croît en Syrie. Ce sucre concret se divise en morceaux très-irréguliers, secs , légers , poreux , très-friables , à cassure noire et brillante et d'un gris foncé à Texlérieur; frottés avec le doigt mouillé, ces morceaux deviennent laiteux et blanchâtres; leur poudre est d'un blanc grisâtre. La saveur de la scammonée d'Alep est amère et suivie d'âcrcté. Lorsqu'elle est réunie en masse , frottée , ou échauffée par la vapeur de Thaleine , elle exhale une odeur forte, qui se rapproche de celle du beurre rance ou de la brioche : c'est un des meilleurs indices de sa bonne qualité. Elle fournit avec Talcool une teinture d un brun pâle.
La deuxième provient , selon quelques auteurs , du périplaça secamonCy qui croît en Anatolic. Cette sorte, moins estimée que la précédente, est compacte, peu friable, d'un brun noirâtre, et d'une cassure terne. Son odeur et sa saveur sont moins prononcées que celle de la scammonée d'Alep. Elle forme avec l'eau une émulsion d'un gris foncé. Elle colore plus fortement l'alcool que la scammonée d'Alep.
On trouve, dans le commerce, une troisième sorte : c est la scammonée de Montpellier, qui est fabriquée dans le midi de
Is France , aver le suc du cyttamhnm moMpeliacum ( Aporynées ) , auquel on incorpore souvent diverses résines et des substances purgatives (quelques euphorbes ou plantes Acres , laiteuses, de la farine d'orbe, des cendres et d'autres matiëroo analogues]; elle est tout à fait noire , très-dure et très-compacte. Elle se dissout dans l'eau , et donne un liquide d'un gris [once, onctueux et tenace. Cette scammonce , de même que celles (jui sont sous tbrme de ga/etlex , ou qui présentent d'antres caractères que ceux que nous avons indiqués en parlant de la scammonée dAlep et de celte de Smyrne, doivent être complètement rejetées de l'ofCcine du pharmacien.
D'après Bouilion-Lagrange , la scammonée est composée de : résine, 60; gomme, 3; matière extractive , 2; débris divers, 35,
D'autres analyses ont donné les résultats suivants [') :
Scwnmanée <l':trfp. Srammanh' de Smyrnr.
R^iie 7Ï M
E\(raii altooltqiie a,
ExlNil gommeuk
Matière végétale insoluble.
Maliéreierreu»:.
I^ tableau suivant représente les résultais des analyses faites par M. Thorel, pharmacien à Avelluii
(') Les M)rleg II.'» plin inférlBure' île scammoiin' (Sinliniitipiii, ac<:ideniellemiiDi, de 1S13«°/, de fécule; ce qui pruiiLm,Mil»ni M-^^'irhauTl, du mode ùe pr^|>aralinn de U Kcammoni'f, Un iriirmi \Mo l("i rncines, par eietuplt^. au lieu de w Inirner à exirjire II' sue laiteux par
SGAimOKÉE.
Résine
Gomme et récale.
Matières exuaclives soliibîes dans l'eau (■).
Mal. terreuses insolub. dans Peau.
Totaux.
SCASmONË
K D'Al