‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 180 sur 251 · CL · texte numérisé non relu

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Il résulte des ftdts oomignés dans ce Uble^u, qu'on aura affaire à un séné falsifié, toutes les fois qu'une partie du produit suspect traitée par dix parties d'eau distillée bouillante donnera un infusé peu coloré, amer ou astringent, et four* nissant : un résidu sec> vert, non mucilagineux; un précipité blanc par la gélatine, Témétique ; un précipité bleu, vert ou gris, par le sulfate de fer, par le deutochlorure de mercure ; un précipité noirâtre instantané, par le chlorure d'or; un précipité jaunâtre passant au noir, par le nitrate d'argent.

Outre les falsifications que nous venons de faire connaître, il arrive parfois que l'on mélange au séné, suivant NectouXy les feuilles du baguenaudier (colutea arborescens, — Légumineuses). Les feuilles du baguenaudier sont exactement ovales, douces au toucher, non rétrécies à la base, obtuses, un peu échancrées au sommet, sans pointe. Ces feuilles sont plus vertes, plus minces que celles du séné ; leur saveur est amère et fort désagréable.

Le séné est aussi falsifié par les feuilles de V airelle ponctuée (vaccinium vitis idœa) (*). Les feuilles de l'airelle ponctuée ressemblent un peu à celles du buis ; elles sont ovales, épaisses, entières, obtuses, lisses et d'un vert foncé en dessus, pâles et ponctuées de petits points noirâtres en dessous ; elles ont leur bord un peu replié postérieurement , ce qui cache quelques dentelures peu marquées dont elles sont munies.

Il paraît également que l'on a quelquefois ajouté aux feuilles du séné celles du tephroêia apollinea (Légumineuses).

Enfin, le séné est quelquefois altéré par des taches brunes, et il est presque entièrement jaune, soit par suite des corps

(*) M. PédrotU fils a fait connaître, en 1846, que, se trouvant un jour ebez un droguiste au moment où Ton ouvrait une futaille de séné de Tripoli expédiée de Marseille, il reconnut que ce séné contenait défi feuilles étrangères, qu'un plus long examen lui permit de Juger être celles de Pairelle ponctuée. 100 parties de ce prétendu séné de Tripoli contenaient :

Feuilles de séné 15 parties.

Feuilles d'airelle 78 —

Bûfiheties et débris de bels. . . 5,50 —

Poussière et sable \,bQ —

Total 100,00 —

352 SERPENTAIEB DE VIRGINIE.

étrangei^ qui y sont mêlés, soit par suite de vétusté. Il faut donc rejeter ce séné, qui ne pourrait être que nuisible.

Dans tous les cas, quel que soil le séné auquel on a affaire, le premier soin des marchands doit être d'en séparer, à la main, les petites pierres, les bûchettes et les autres corps étrangers. Le séné, ainsi nettoyé, prend le nom de séné mandé; mais on conçoit bien que son prix doit s'élever, en raison directe de la quantité des corps étrangers qu'on en sépare.

La racine de serpentaire de Vif^ginie ou vipérine [aristolo-^ chia serpentaria — Aristolochiées) croît dans les forêts de la Virginie, de la Caroline^ de la Floride, où elle est renommée contre la morsure des serpents à sonnettes.

Elle se présente sous la forme de filaments minces, entrelacés, nombreux, partant d'un collet noueux, quelquefois garni des débris de la plante ; elle a une couleur grise à l'extérieur, blanche à Tintérieur ; elle possède une odeur aromatique et pénétrante, qui a quelque analogie avec celle du camphre ; sa saveur est amère ; elle contient, d'après M. Chevallier : huile volatile^ amidon y résine^ albumine^ mature jaune, amère; acides go/alique et phosphorique combinés à la potasse, à la chaux; oxyde de fer, silice. D'après M. Bucholz : huile volatile, 3,05; résine jaune verdâtre, 2,85; matière ex* tractive, 1,01 'y extrait gommeux^ 18,01; ligneuXy 62,04; eau, 14,45.

Usages. — La serpentaire sert, en médecine, comme stomachique, emménagogue, diurétique, et même purgative ; elle est employée en décoction, en teinture ; elle entre dans Veau générale, dans Veau thériacale, Vorviétan, et dans des remèdes vantés comme alexipharmaques.

Falsifications. — Quelquefois la serpentaire de Virginie est mêlée aux racines de Vasarum virginicum, et à celles de la collimonia prœcox.

Elle est aussi, dit on, mélangée avec les racines inférieures de Varistolochia kastata et tormentosay et avec celles du ^gelia marylandica.

La racine d^asarum virginicum est d'une couleur noire, totalement distincte de la serpentaire. Du reste, ces' trois espèces de racines peuvent facilement se reconnaître à la forme, à Fodeur et à la saveur; en les comparant avec la véritable racine de la serpentaire, il est impossible de s'y méprendre.

Dans son traité sur la Sophistication des substances médicamenteuses^ M. Favre dit que Ton substitue à la serpentaire la racine de cabaret^ qui a à peu près la même forme ; cependant, ajoute-t-il, il est facile de les distinguer l'une de Tautre, parce que la racine de cabaret a une couleur noire à Texterieur; son odeur et sa saveur, quoique fortes, diiTèrent aussi de celles de la racine de serpentaire de Virginie.

Les sirops sont des préparations ou conserves liquides^ qu'on obtient avec Veau, les infusions^ les décoctions^ les émuhùms, les eaux distillées^ le vin et le sucre, le tout amené, à Taide de la chaleur, au degré de consistance convenable.

Les sirops sont simples ou composés : le sirop simple n'est formé que d'eau et de sucre ; les sirops composés contiennent plusieurs substances, outre le sucre qui en fait la base.

Le mode de préparation des sirops varie; ainsi on prépare des sirops, l*" par la solution à froid du sucre dans un liquide ; 2^ par la solution du sucre à l'aide de la chaleur ; 3^ par coction et clarification ; 4<» par la solution du suc dans des liquides obtenus par distillation.

Le sucre qu'on emploie varie pour sa pureté selon la nature des sirops à préparer; mais, en général, les substances qui entrent dans leur composition doivent être de bonne qualité.

Le pharmacien doit préparer tous les sirops qu'il délivre dans son officine, autrement il manquerait à la mission que lui impose le titre qu'on lui a conféré. En effet, qui lui garantira que le sirop qui lui est livré a été préparé d'après les indications données dans les formulaires? et supposons qu'il veuille s'en assurer, ne devra-t-il pas employer plus de temps pour obtenir des résultats incertains qu'il n'en aurait mis à préparer lui-même les sirops ?

U^AGÊis. ^ Lék ^ôps tont emplo]^ , date ffitm Ms, comme j'aftalchi^ants, dans d*autred ctà comme iB^Ssuh ments.

FALsmcATioNS. — Depuis quelques amiées, les confiseurs, les distillateurs, les liquoristes, etc», Ont t)réparé des sirops eil faisant usage, 1*^ de sirop de fécule de pommes de terre, de glucose; 2* de sirop de froment, sirop de blé (préparé par la sacchariiication dé Tamidoti au moyen de Pacide sulfurî* que) (*). Le but qu*lls ^e soûl proposé en employant le pre^ mier est de pouvoir obtenir des sirops à meilleur marobé. En efTet, le sirop de fécule d^ [Sommes de terre leur e^ litre à 37 ou 38 centimes le kilogramme, tandis qu'un kilogramme de sirop de sucre revient au moins à 1 fr. 10 ou 1 fr. 20 c, et plus. On conçoit que si on mêle, comme cela s'est fait, 40 Vo de sirop de fécule au sirop de sucre, oii obtient un sirop qui, au lieu de revenir à 1 fr. 20 le kilog., ne revient qu'à 85 cent, environ, différence de 35 ceht., à Taide de laquelle certaines maisons ont fait une concurrence funeste pour s'attirer des clients qu'elles ont bientôt perdus, puisque le procédé qu'elles avaient employé était mis en pratique par ceux à qui elles faisaient d'abord concurrence, n en est résulté que le consommateur a été trompé (*) ; que les sirops dits d'agrément ont perdu de leur qualité : leur saveur, ainsi que leur propriété sucrante C*), étaient modifiées, ils ne sucraient point comme les sirops obtenus avec le sucre, et, dans qU6l* ques cas, ils donnaient lieu à des maux de gorge (^).

(&) On a vendu aux épiciers des sirops préparés avec ao p. de sirop de sucre et 30 p. de sirop de fécule.

(>) On sait qu'avec le mot hon marché, où séduit, en Fiiuce, nooseulement les ouvriers, mais même les personnes qui, par leu^ Iniell^ gence et leur éducation, ne devraient pas Oiire oeseoé^ninf éQ»nocaies.

(*) 400 gr. de Sirop de fécule de pommes de terre sucrent à peu prêt la même quantité de liquide que 100 gr. de sirop de sucre; il y a, eo outre, une diflereoce entre la saveur de l'eau sucrée et celle de la glucose qui n*a rien d'agréable.

(^) MM. Soubeiran et Guérard nous ont fait connatti^ qu'on avait essayé d'employer le Wropcto féevOe dans les hôpiuux ; nais Tusage de ee sirop a déterminé des maux de gorge, qui ont mis radminislraiion dans la nécessilé de le faire cesser (Voy. le mémoire de M. Soubeiran, Jouf' nal de pharmacie et de chimie, 3« série, t. l^VIII, p. 3S8).

L*illtr6dt]«iiie)tt dé im^ tfè ght^Âé ûkûh léâ éirôps livrés «t èômisidfôô Ayimi été si^aléé ft t'âdhiiïiisttieitioii, des tne- 811MS ôfit été prises potUr faire teniez eet^e fraude, et lés jum éhargéd dôs riàitéè dans PÀrb et la banlieue, et dans les £«• t&cê départèMttti, oàt fait ^aiiir M sitôpS gluèosës ; \is VèfidciM, traduits MVaiit léi trikltiant, ont tté ëônditffîiSi. Ces pdttrittitéè Èe cbntiiiuént, et oii doit é^pétèf qiie piûr une yép^e^cm juste et séVèt^ x^n féfa ôesséir 6es fraudes, nuisibles auâesi bien pout té teudéuf que pùxà Taélieteùf : pour le vendeur, 0tk te que ta âMéténce du prit dQ là gludose au sirop de sucre Aé lui profité piÉ^ éti r^aison de la concurrence ; pour ràeheteuf , en ee que le ^rûp qu'il achète ne sucre pas, et qu'il esl forcé d'employet* deux parties de sirop glucose, aii fieu d'une partie dé i^rop de suci^ pur (*).

0) Âù sujet de réclamations que des fabricantsde sirop firent en I8i|, le ministre de l'agHcolturô et du commerce consulta lé Comité consullatff d'bl'irlètfè puMiciuè, qiri dédda :

10 Qu'en anoiiD oaa les 8irt>f« mélBcàmeAUdut^ tefe què «etHt de gomme, de girimaiive, de cafrtllairei 6le^ ne devaient être prëpkfH pkr d^auitres moyens que ceux qui sont formulés an Codex» ce %ui eseint remploi dé la glucose en remplacement du sucre ;

iB'Qit*il devait èt^é permis aux fabrfcatits de Vefedré, comme sirops A'attnémem, tels néltttges ^rits jngcrdut eètaveirâbles, pMrVé ^ les dénominations sons lesquelles ils Iff mnàmH «Mid^qoéoi nt Miér ^téparation du Codez, plus ou moins modifiéet ni nne #uCni prtpamiîdn que la véritable;

^ fin ce qui tôudfre 'patticuftèrément fa glucose, que Tusage n'en doit pas être interdit, xA^H que, p6ur éviter tôtlte cdnfdsiétt, les sirops .qoi en eoAHeiMfont devronl portef la èéliléAfilatioti ieéMÉh^ile de Wrôp de ghicose, à laquelle on itioaterai telle en telle entre dédoaDlnàtte«îi|iftcifique, pour les distinguer entre eox. Akisi, les éti^aetles et les faetnre^ porteraient : Hr(^ de glucose, à h merise, à ta groseille^ au UnHm^ à Vorgeat^ etè.y et, dé Cette tuiain^, tëà fatricants n^aurateàt pas I rédomer des poai^iiiies pont rilt dé fi«Me ott de troMter lé^ M À niitare de la chose vendue^

M. le ministre adopta cet avis du Comité d'hygiène et le porta à la connaissance des fabricants de sirops, des Conseils d'hygiène ei de salabtffé, des jurys médicaux et dès écofles de pfatârmacie, par une ^i^nlaire, eu date du SO octobre 1851.

Ges prescriptlCns furent l^ndues exécutoires par une circalâiré dn préfet de police, en date du 93 décembre 1851^ du S5 juillet lèsi.

(Tey., à la fin de ce volume, Îordofifiàno9 àe poUce^ en date du ^ février 1853, titre l^, m. 6.)

^5$ SiEpPS.

On a indiqué divers moyens pour reconnattre la présence de \à.gluco%e de pommes de terre, et delsi g fncoie de froment dans le sirop de sucre (*). Celui qu'on emploie le plus souvent pour les sirops de gomme, de guimauve^ de capillaire^ d*orgeat^ consiste à traiter, dans un petit ballon, à Faide de la chaleur (lampe à alcool), 10 ou 15 gr. de ces sirops, par 10 gr. d'une solution de potasse préparée, en prenant : eau, 90 gr. ; potasse, l''*,3. Si le sirop est exempt de glucose et de sirop de froment, il prend, par Tébullition, une belle couleur jaune "d'or. Si, au contraire, il est mêlé de glucose, il acquiert la couleur du café noir, et répand une odeur de caramel (^J. ' Le sirop mêlé de glucose se colore en rouge, lorsqu'après ravoir étendu de son volume d'eau, on y ajoute quelques gouttes d'iodure ioduré de potassium : 1/50 de sirop de fécule est facilement apprécié par ce moyen. Cette coloration en rouge est Tindice manifeste delà présence de la dextrine, qui •fait toujours partie des sirops de fécule du commerce.

Ce mode de faire ne peut indiquer dans quelle proportion .le mélange a été fait; il ne peut pas non plus être mis en pratique pour les sirops acides, même les plus blancs, parce que le sucre de canne ^ interverti (*) par la présence des acides, se colore aussi par la potasse : on doit alors avoir recours à l'emploi du saccharimètre [Voyez art. Sucres). Nous allons faire connaître ici les résultats que M. Soubeiran a obtenus à Taide de cet instrument.

Pour exécuter l'analyse d'un mélange de sirop de sucre et de sirop de fécule, on se base sur ce que :

1* Un volume de sirop de sucre de canne ordinaire, marquant 35"* h l'aréomètre, étendu de neuf volumes d'eau, donne au saccharimètre, à la température de 15^, dans le tube de G"*, 20 de longueur, une rotation à droite de 52^;

. 2^ Dix volumes de cette même Uqueur, mélangés avec nn volume d'acide chlorhydrique pur et concentré, et chauffé

(^) Un marchand nous disait qu*il employait le sirop de rromentpour empèchet' le sucre de crisialliser.

(') Une addition de 0^,b de glucose lui fait prendre une coilear de Tin de Malaga foncé.

(*) Le sucre de canne dévie les rayons de lumière polarisée, à droiH, l«nM]u'll 6fft pur; à gauche, lorsqu^il a été îniervertL

dans un matras en verre, au bain-marie, jusqu'à la température de 68°, fournissent par le refroidissement une liqueur qui, observée au saccharimètre, dans un tube de 0'",20, et à la température de 15"^, donne une rotation à gauche de 21%3^ ce qui est la conséquence du pouvoir d'inversion^ déterminé par M. Biot, 38° à gauche, \W à droite;

3« Le sirop de fécule du commerce, traité de la même manière, donne au saccharimètre 100® à droite pour la rotation primitive, et 100^ à droite encore après la réaction de l'acide ;

4® La dextrine, qui se trouve toujours dans le sirop de fécule du commerce, se comporte au saccharimètre de la même manière que la glucose, et par conséquent n^ apporte aucun trouble dans les observations.

Ceci étant bien établi, lorsqu'on veut analyser un mélange de sirop de fécule et de sirop de sucre de canne, on le soumet au traitement indiqué ci-dessus, c'est-à-dire qu'on l'étend de neuf volumes d'eau, et qu'on prend sa rotation à la température de 15® dans le tube de 0'*,20. Puis on ajoute, à dix volumes de cette solution, un volume d'acide chlorhydrique concentré, on chauffe doucement au bain-marie jusqu'à la température de 68^, et Ton prend de nouveau la rotation à la température de 15® dans le tube de O^'yâO.

Par l'action de l'acide, le sirop de fécule conserve son degré ; mais le sirop de sucre de canne est interverti, de façon que 100® à droite deviennent 38® à gauche, lesquels neutralisent 38* de sucre de fécule, de sorte que le degré restant se compose de la totalité du sucre de fécule, moins la portion qui se trouve masquée par le sucre interverti.

Sachant que 100 parties de sucre de canne donnent, dans les conditions de l'expérience, 52® à droite, le calcul fait connaître quelle est la proportion de ce sirop dans le mélange. La déviation qui lui appartient est donnée en multipliant par la fraction 100/138 la perte de degrés opérée par l'inversioD, et ]a proportion en volume de sucre de canne est donnée à son tour en multipliant le produit de la précédente opération par 100/52.

Plus simplement encore, on a la proportion en volume du sirop de sucre de canne dans le mélange, en multipliant par 1,4 la perte de degrés opérée par l'inversion. II est bi«n en-

tendu (juç si la rotation, après l'action de Tacicki d^orlQrdrique, se faisait à gauche, la perte serait représentée par la rotation à 4roite avçint Faction de l'acide, plu^ l'excès de rotatioij à gauche après cette action.

Le tableau suivant donne un ei^e^ple de ce gepfç de résultats :

ai^op.

Sirop de sucre

• vol. sirop de sucre..

— fécule. .

fécule. . i suere.. \ fécule.. J sucre.

fé«ule,

mtmBitimsm

flOfATIOlf.

sucre. . j fécule., f

sucre. .1 ^ .

fécule../ ••»♦

sucre. . ) -, ,

sucre..) -^

fécule.,/ ^^ sucre..!

fécule..! **••

590 ^ droite,

«lit

PBRTE

aprta llnTMiloa.

Ifs sirop? livBé^ ^^ fipwwçrçfi pftr qnelgn^^ cQnfi^ms «nt

confectionné^ avçc ceu:^ qui çnt §ervi h cuire le3 Iruit» pour les confire, et avec les ^ébrU cf q^cç (*), Pe» fiiropii ^ni impurs et improprçs ^)^ ns^ge^ ei^qnelf gm \^ {^\ mrm i ils sont gluços^.

•(*) Les sirops ainsi mélangés se sont vendus ^ ^i \i^& prii; |i fini, qaHip en a fpunii les départemenu dans lin rayon de plus, de 80 ki|oro*M*s,

L^s (t^s 4*(t%e i|^i 4^0fiQais luises on salis, des pastilles iovendables et <)ui cf^pM^p^ent «^ IwaK», dei ai^de», 4ai mlièm oolorantes.

spyoB pE ^oiim^. 359

Ce sirop est préparé tfee rînftunon de eej^aire ^t lesucre blanc, d'aprte la formule sulyanta :

Capillaire du Canada 100 gr. (*)

Eau leOO gr.

Sucre. . . . ' 1100 gr.

Usages. — Le sirop de capillaire est considéré comme nn excellent béchique , fort employé par les personnes atteintes de rhumes et de catarrhes.

Falsifications. — On substitue souvent au sirop de capillaire du sirop de sucre j préparé arec du sucre plus ou moins pur (•).

Le sirop de capillaire préparé avec du sirop très-blanc est peu coloré lui-même ; additionné de quelques gouttes d'ammoniaque , il prend une coloration ya^ne (for foncé, ce qui n'a pas lieu avec le sirop de sucre seul; l'acétate de peroxyde de fer, en agissant sur le tannin , le fait passer au vert.

Le sirop de capillaire fait avec du sirop de sucre glucose noircit lorsqu'on le traite par la potasse, à l'aide de la chaleur.

Le goût du sirop préparé avec le capillaire peut aussi faire reconnaître aux personnes exercées s'il renferme cette substance médicamenteuse.

op »■ oo:

Le sir(^ dégomme est un si^op médicamenteux qui , aux termes de l'arrêt de la Cour de cassation du 7 février 1851 , constitue une préparation pharmaceutique qui ne peut se faire que confùrmément à la formule établie par le Codex; Finrfraction à cette règle rentre dans les prévisions de f arrêt du

(*] Le Codex prescrit 192 gr. Ue capillaire pour 3 kilof^. de sirop de capillaire.

(*) En 1852^ la dame R. . . fat condamnée, par défaut, à trois mois dç prison, 50 francs d'amende et aux frais, pour vente de sirop de ca« pillaire contenant beaucoup de glucose et très-peu de capillaire.

360 SmOP DE GOUIIE.

règlement du Parlement de Paris du 23 juillet 1748 y lequel prononce une peine excédant la compétence du tribunal de simple police (*).

Ce .sirop , d'après le texte de Parrét du 7 février 1851 (*), doit donc être préparé d'après la formule suivante :

Gomme arabique blanche. ... 500 gr.

Eau froide 500 gr.

Sirop simple iooo gr.

Et nul ne peut la modifier.

Ce sirop est blanc , conservant toujours un aspect opalin; sa saveur est douce et mucilagineuse ; sa densité considérable : il a beaucoup de viscosité et coule lentement.

Usages. — Le sirop de gomme est employé contre un trèsgrand nombre de maladies, et particulièrement comme émoilient , adoucissant , calmant ; il convient dans les inflammations , les irritations , les épuisements. On le donne surtout dans les maladies de poitrine. C'est, disent itérât et Dekns^ le remède populaire et domestique des rhumes y des catarrhes, et de toutes les espèces de toux avec sécheresse^ fatigues, etc.

Falsifications. — Le sirop de gomme étant un [médicament , aux termes de Tarrôt précité , ne devrait être préparé que par les pharmaciens; mais il n'en est rien: le sirop de gonmie est préparé par des confiseurs , des distillateurs , des liquoristes, des épiciers, etc., etc., qui^ pour le rendre plus agréable au goût que ne Test le sirop préparé par les pharmaciens , retranchent une partie de la gomme,. Faromatisent

(') Cet arrèl fut rendu par cassation, pour cause dUncompétenoe, d'un jugement du tribunal de simple police de Paris, du 17 octobre 1850, lequel, statuant au fond, renvoya le sieur Y..., distillateur, de la poursuite dirigée contre lui, en vertu de ParUcle 475 n« 6 do Code pénal, pour falsiflcation de sirop de gomme.

Ç) Voici ce texte :

< Lorsqu'une boisson, mise en vente et comprise dans la nomencla- « ture des médicaments portés au Codex, est saisie comme falsifiée, le « débitant doit être traduit devant le tribunal de police correctione nelle, et non devant le tribunal de simple police. »

Ainsi los personnes qui allèrent les sirops en les mêlant avec de la glucose, du sirop de blé, du sirop de froment,^ doivent être traduites ricvant le tribunal de police correctionnelle, et non devant le tribunal de simple police.

SmOP DE GOMME. 361

de telle sorte , qu'on fait d'un sirop médicamenteux un sirop d'agrément, qui n'a plus les propriétés en vertu desquelles il est prescrit par le médecin.

Quelques fabricants préparent même des sirops de gomme, qui ne renferment pas un atome de cette substance (^).

(*) En 18i9, nous fûmes chargé, par le Jage dMnstruction près le tribunal de première instance de la Seine, d*examinerc1iez les sieurs L..., 0... et B. 6..., distillateurs, les sirops dégomme, d*orgeat, de guimauve, de capillaire^ etc., quMls pouvaient avoir en magasin. Cette vi» site fut ordonnée k la suite de celle que le jury médical avait faite dans le département de l'Aube. On saisit des sirops mêlés de glucose, ou ne contenant pas les substances médicamenteuses dont ils portaient le nom ; ces sirops furent déclarés avoir été fournis par des maisons de Paris. II résulta de notre examen que les sirops étaient les uns allongés de glucose, les autres contenant une quantité nulle ou insuffisante des substances qui servent k leur dénomination.

Les sieurs L..., 0... et B. G... furent traduits, en 1850. devant le tribunal de police correctionnelle, sous la prévention de tromperie sur la nature de la marchandise vendue. Ils furent condamnés chacun à SOO fr. d^amende, à la confiscation des sirops saisis et aux dépens.

Le tribunal admit, par le texte même du jugement, que les sirops de gomme, de guimauve, de capillaire, d'orgeat, devaient être préparés d*après les formules consignées au Codex, qui sont les formules o/)tdêUes,

Les pharmaciens, et tous ceux qui composent des sirops, ue doivent donc pas se permettre de modifier la composition de ces médicaments.

Les sieurs L... et B. 6... interjetèrent appel de ce jugement, qui fut confirmé, sauf cependant une réduction à 50 fr. de Tamende prononcée contre chacun d*eux.

En mai 1850, le sieur L..., distillateur à Paris, fut traduit devant le tribunal de simple police, sous la prévention d*avoir été détenteur de sirops de gomme ne contenant presque pas de gomme, et de plus fabriqués avec du sirop de fécule ou de glucose. Le tribunal condamna le sieur L... à 10 fr. d*amende et ordonna la confiscation des boissons saisies. Ce jugement fut confirmé par le tribunal de police correctionnelle.

Par suite d'autres visites, vingt autres distillateurs de Paris furent cités devant le tribunal de simple police : les uns avaient vendu du sirop de gomme sans gomme, les autres des sirops mêlés de glucose ; ils furent condamnés à 6 et 10 fr. d'amende et aux frais.

La même année, après une visite du jury médical d'Orléans^ vingthuit droguistes, confiseurs et épiciers de cette ville, furent cités devant le tribunal correctionuel, comme prévenus d'avoir employé de la glucose au lieu de sucre dans la fabrication des sirops de sucre, de gnimauve, de gomme et d'orgeat, ou d'avoir fait des sirops dits et étique-

mi 3niOP DB GOMIIE.

Is sirop de gomiaci ne r^çf^HR^ souvent qu'une très-faible quantité degonmae et mftmQ en est complètement dépouiru;

tés sirops de gomme, de gnîmanve, de capillaire, et qui ne contenaient ni gomme, ni guimauve, ni capillaire. Le tribunal renvoya de la plainte tous les épieiem, comme n*ayant point fabriqué les sirops saisis* plqt deui ou trois fabricants qui se trouvaient dans une position spéciale et à regard desquels, par exemple, on n'établissait pas le fait de vente des sirops saisis en debors de leurs ofUcines; sur les dix prévenus res* tants. Il en acquitta deux, déclara les buit autres coupables du délit de tromperie sur la nature de la marchandise, et les condamna, en vertu de Tarticle 4S3 du Code pénal, à 50 fr. d*amende et à la confiscation des marchandises saisies. Les huit prévenus interjetèrent appel de ce jugement. La Cour d'Orléans rendit un arrêt contraire à celui de la Cour de cassation, renvoya deux prévenus des 0ns de la plainte et confirma^ pour les six autres, le jugement du tribunal correctionnel, mais en les condamnant, en outre, aiix fVais de première instance et d*appel, en ce qui les concerne.

Cet arrêt de la Cour d'Orléans portait : « Le Code pharmaceutique et les formules qu'il contient ne sont obligatoires que pour les pbarmacjens. En conséquence, les distillateurs ou confiseurs qui vendent des sirops, dans la préparation desquels n*entre pas la quantité des principes émulsifs ou médicamenteux déterminée par le Codex, ne peuvent être poursuivis comme ayant trompé les acheteurs sur la nature de la marchandise. Il n'en est pas de même à l'égard des sirops préparés avec du sucre de fécule ou glucose, au lieu de sucre ordinaire, ou qui ne contiendraient pas les substances sous lesquelles ils sont dénommés et étiquetés ; dans les divers cas, si l'acheteur n'est point averti qu'on lui yend un sirop qui ne contient pas de sucre ordinaire, ou qui n'est pas composé avec la substance indiquée sur l'étiquette, il y a tromperie sur la nature de la marchandise, et par conséquent délit dans le sens de Tf rticle M3 du Gode pénal. »

lA fabrication ne constitue point le délit ; mais 11 existe, alors quHl y ;^ eu vepie, ou même simple exposition ou mise en vente, de la part du fabricant.

En lS5t, huit distillateurs de Paris, deux confiseurs et un pharmacien firent traduits devant les tribunaux et condamnés pour falsification de sirops, par suite de saisies que firent les professeurs de l'Ecole d^ ph^rm^cie.

Les prévenus ne furent condamnés qu'à 6 et to fr. d*amende et à l'effusion des sirops saisis.

Deux autres distillateurs de Paris furent condamnés à 100 fr. d'amende pour yente de sirops de gomme glucoses.

J^u t8$4, le sieur M..., distillateur, a été condamné à 100 fir. d*aiQ^ude pour avoir vendu du sirop de gomme qui n'était qu'un mélange de sucre et de sirop de fécule.

L^ m^uiç anu^, le tribunal correctionnçl (7« chambre) a condamné :

SIROP PIC GoiQos. 969

C'^t 1^ sirop le plus fréquemment additionné ^^gbmse (*). Oq a indiqué, pour reconnaître ces falsifications; V remploi de la potasse, aidé de la chaleur (^); 2^ l'emploi de P^cool. Qn introduit dans un tube 10 p. de sirop de gomn^e , et on ajoute 90 p. d'alcoq^ à 33 degrés , puis on agite, f^ gomme est précipitée par Talcool à Tinstant mâme ; elle sq déposa souç forme de filan^ents qui la fixent sur les parois <]u tube. On peut séparer Talcool ^^ puis l^yer la gomme à Vaide de ce véhicule , la faire 4issQ\}dre dans Têtu , pi évaporer , afin d'en prendre le poids.

}llm ces moyens ne sont pas toujours suffis^ts; en effet i vQici ce que dit M. Soubwan :

% La viscpsité et 1^ pppriété de précipiter pfur TalQool « étant communes au sirop de gomme et au sirpp de £éeulp , « la frauda se fait sentir ici plus que jamais. Il est facile de la « reconnaîtra : l"" par la potasse qui, à TébuUition > oolore le «r ^rop de fécule en noir? tandis que le sirop de goname resta <r blanc dans les mômes circonstances ; %"* par Tiodure ioduré « de potassium qui cqlore en rouge le sirop de fécule ; 3"" par « Talcool. En ajoutant à chacun des deux sirops un yolume « ^al au sien d'alcQol à 34^, le sirop de gomme devient très- « laiteux , tandis que le sirop de féeule reste transparent , ce

«( qui ^ent è çe que ^ de^itrine est soluble dans Talcool affai-

!• Le sieur S..., distillateur^ à quinze jours de prison et 50 fr. d'amende, pour avoir vendu des sirops de gomma ||lu<»>sé|, qui ne contenaient ni gomme ni sucre.

^ Le sieur R...^ distillaieur, k un mois d« prison et 50 fr, #'tmende, et le sieur D..., fabricant d'eau de Seltz^ à quinze jours de prison et 50 fr. d'amende, pour avoir vendu, sous le i^om de sirop de atâr^s et de sirop de gomme, des sirops dans lesquels il n^enlrait ni viAres, ni gomme, mais unç assez a^nde quantité d^ glucose, et avçir, n*étant pas pharmacien, préparé, vendu et débité des composiliom médicamenteuses.

Nous pourrions encore ç\ieT beaucoup d'autres exemples 4a condamnations pour falsiflcations de sirops.

(ï) On a préparé do sirop de gomme avec du «trop de fucre mêlé de fjTQp d^féeuh, puis additionné d'une solution de géuuine.

D'aptres ont mia en vente des sirops étiquetés ténopi^ ^ 0<>Wff ifi^'i cosés, pensant vendre un produit perfectionné !

(*) Le sirop de sucre, mêlé de «trop d^ mM, se oolore tusai par la potasse, à raide de la cUleur.

Bbemq^ftr wle d^ Apm ^W anélsagés.

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