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une portion ds ohacim do ces échantillons, soit à Taide de la loupe, soit en nous serrant du microseope. « Nous remarquâmes, par suite de cet examen, qui fut fait avec la plus grande attention et à plusieurs reprises, qu'il existait dans les six éohantiUons de son provenant des magasins des sieurs H. et G. des corps allongés qui n^appartiennent pas au son, qui n'existent pas dans le son pur; corps allongés que nous regardons comme étant de la sciure de bols blanc.
« Voiei comment nous avons opéré sur les sons saisis ohee les sieurs M. et 6. Une forte pincée de chacun de ces produits a été placée séparément sur une feuille de papier, à laquelle on a imprimé le mouvement de va^t-^vieni : les parties les plus grossières s'amoncelèrent à la surface; les lunes étaient d'un blanc rosé, les autres d'un jaune paiUe, et un grand nombte d'un bianc pik. Ces dernières présentaient une forme allongée, les extrémités en étaient légèrement enroulées.
« On a placé entre des lames de verre 10, S9, 30 de ces corpuscules de teintes différentes et de volumes variables i puis, par capillarité, on a introduit entre ces lames de Teau iodée, très-légèrement aiguisée d'acide acétique. A l'instant môme tous les globules de fécule provenant du son se sont colorés en bleu, et on a pu observer, au bout de quelques minutes, les phénomènes suivants , soit en s'aidant d^me simple loupe, soit en faisant usage du microscope : les corpuscules jaune paille avaient pris à leur face opposée une teinte bleuâtre^ que l'examen microscopique démontrait être due à un grand nombre de grains de fécule, enchllssés dans la trame organique végétale. Ces corpusculea yatuK pailk composent la partie ligneuse ; le son, les corps blena rosés sont formés par une proportion plus considérable de fécule : aussi Teau iodée les bleuissait presque entièrement. « Quant aux corps allongés, voici ce qui se passait : ils jaunissaient au bout de trois ou quatre minutes, et la teinte se fonçait de plus en plus, surtout vers les bords. L'examen microscopique faisait reconnaître que la trame lijgneuse était différente de celle du son, et que les extrémités fila-' menteuses, déchirées^ avaient le même aspect enroulé ; es
flOM. STB
« wktfey il n^ avait pas de fécule se coloraBt en bleu, ou, si c OB en apercevait, c'étaient des globules qui, provenant du « son, se trouvaient interposés entie le ligneux et la lame de « verre. Dans ce cas^ les granules, au lieu d'être bleus, pa* c raissaient noirs, en ?aison de Topacité du corps ligneux « contre lequri ils étaient appliqués.
« Ces essais, faits, comme nous l'avons dit, sur les six « échantillons diMraits, nous portent à les e<msidérer comme étant un mélange de son et de sciure de bois en quantité très-notable, mais dont nous n^oserions évaluer la proportion, en raison de la finesse d'une partie de cette sciure, a Les fragments de sciure qui sont plus visibles que les autres peuvent offrir une largeur de 1 demi-millimètre, une longueur de 10 millimètres. Ces dimensions semblent indiquer que les bois blaiics qui ont fourni la sciure doivent être sciés à Taide d'un instrument dont les dents ont une largeur d'environ 1 millimètre, sur une profondeur de 3 à 4 millimètres.
a La présence delà sciure de bois dans les échantillons de son que nous avons examinés nous ayant été démontrée, nous avons ch^ché, par divers essais, à isoler le son de la sciure de bois, afin de reconnaître dans quelles proportions le mélange avait été fait ; mais ces essais ne nous permirent pas d'atteindre le but que nous nous proposions. « Le premier de ces essais lut fiiit en prenant le mélange, le mouillant avec de l'eau, faisant une pâte, délayant cette pftte dans l'eau et la jetant sur un tamis de soie. L'examen du produit qui restait sur le tamis, fait à l'aide du microscope, nous démontra que la portion séparée qui restait sur le tamis était encore un mélange de son et de sciure de bois.
« Le deuxième essai fut fait en délayant le mélange dans l'e^u et coulant le tout 9ur un tamis 4p crin, lav^t avec de l'eau filtrée jusqu'à ce que l'eau, traversant les mailles du tamis, fût claire et limpide ; laissant ensuite sécher le résidu qui se trouvait sur le tamis : mais Texamen de ce produit fit reconnaître qu'il était composé de son et de sciure de bois ; le produit qui avait passé à travers les mailles du tamis était aussi un mélange de son ^t de sciure de bois.
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« Le tFoisième essai fut fait en jetant sur de l'eau de petites « portions du mélange de son et de sciure : nous pûmes aussi « isoler une portion de cette sciure, mais Fautre partie se ff mouillait bientôt et se mêlait avec le son.
« Nous essayâmes, en outre, de séparer le aoa de la sciure < en nous servant de réactifs chimiques, comme Tacide sulc furique étendu, les solutions alcalines ; mais nous nepûmes, a par ces moyens, parvenir à séparer ces deux corps, et éta- « blir les proportions du mélange.
« Voulant cependant démontrer au tribunal qui nous avait chargé de Texamen du son saisi chez les sieurs M. et G. , que ce son était mêlé à de la sciure de bois, nous cherchâmes de nouveau quels . étaient les moyens à employer pour isoler une partie de cette sciure ; remploi d'un tamis de crin à mailles peu serrées nous a paru le moyen le plus convenable. En effet, des échantillons, au nombre de six, ayant été soumis à Faction de ce tamis, ils nous fournirent une poudre dans laquelle on distingua facilement la sciure de bois, sous forme de corps blancs, allongés, dont les extrémités sont enroulées.
« De tout ce qui précède, il résulte pour nous : l"* que le son que nous avons examiné, par suite du jugement rendu par la sixième chambre, le 9 décembre 1840, a été mêlé à de la sciure de bois; 2° que ce mélangé a une moindre valeur que le son, et qu'il peut être nuisible à la santé des animaux qui en font usage (*). »
Le son a aussi été mêlé avec des mi/ures, avec des matièna terreuses et du sabk. Voici ce qui fut observé :
En 1847, nous fûmes chargé, en compagnie de deux négociants, et en vertu d'une ordonnance rendue contre le sieur P. , d'examiner des remoulages livrés au sieur N. , et les pièces
(0 Le rapport fait, Taffalre ftit poursuivie : les falsificateurs furent interrogés à Taudience; des Toitvriers qui avaient conduit la scînre de bois dans les magasins des fraudeurs furent entendus; enfin il intervint un jugement de la 6* Chambre , jugeant en police correctionnelle, le S5juin lSil,qiii condamna: l^les sieurs M...etB... chacun Si six mois de prison et à 1000 fr. d'amende; S» le sieur M... jeune, à trois mois de prison et SOC fr. d*amende; S» enfin solidairement les sieurs M... et B... aux frais, avec contrainle par corps pendant .'un an.
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à conviction à reffet de donner notre avis sur la nature de cette marchandise, et de dire : !<" si le remoulage saisi contient ou non des substances étrangères ou nuisibles ; ^ quelle est la nature de ces matières étrangères.
Nous fîmes toutes les expériences convenables, qu'il serait trop long de rapporter ici> et nous conclûmes dans notre rapport :
c 1« Que le remoulage vendu par le sieur P. au sieur N. « était mêlé à des matières terreuses, à du sable, dans la pro- « portion de 5 «/o ;
« 2^ Que ce mélange pouvait bien provenir de ce que Ton « aurait ajouté au remoulage, et après la mouture, deè cri- « blures, des balayiures de moulin ;
« 3^ Que nous ne pensons pas que ces substances terreuses, « qui sont en petite quantité dans ce remoulage, puissent « être nuisibles à la santé des animaux ; mais nous devons « dire que les substances ajoutées ne peuvent servir à leur « alimentation. »
Ce sable, en raison de sa pesanteur, pouvait être séparé par le lavage et pesé.
L^ncinération du son normal et de celui qui est mêlé de matières terreuses fournit des résidus dont la quantité peut servir à démontrer la fraude.
On nous a signalé un individu comme recueillant partout les criblures des moulins pour les mêler au son. Ces criblures, qui ont peu de valeur, contiennent des débris de semences diverses, des fragments de cailloux ; elles sont moulues avant d^être mélangées; Pexamen microscopique des sons contenant ces mélanges, la calcination et l'incinération de ces produits, faite comparativement avec du son pur, peuvent faire reconnaître la fraude.