DIVERS
R,do
traces, traces
4,00 tt,00
traces
ool
384 soooBS.
Les soudes brutes naturelles sodt loin, d^ailleurs, d'ayoir une con^position constante.
Les soudes brutes artificielles sont fabriquées, d'après le procédé de Leblanc et Dizé, en décomposant, à une température élevée, un mélange, en proportions convenables, de sulfate de soude, de carbonate de cbaux (craie) et de poussier de charbon. Cette soude brute contient du sel marin, du sulfate de soude, des matières étrangères insolubles {pxysulfure de calcium, carbonate de chaux, charbon^ matières argileuses et sableuses). Voici, d'après M. Unger, la composition d'une soude brute, provenant de la fabrique de Ringkuhl, près de Cassel :
Sulfate de soude 1,90
Chlorure de sodium S^M
Carbonate de soude 23,57
Hydrate de soude 11,12
Carbonate de chaux 13,90
Snifure de calcium basique. . . . 3i,76
Sulfure de fer 9,45
Silicate de magnésie i,7i
Charbon 1,59
Sable 2,02
Eau. 2,10
La soude brute raffinée sert à la préparation du carbonate de soude cristallisé, connu aussi sous les noms de sel de soude, cristaux de soude. Ce sel cristallise en prismes rhomboïdaux ou en pjnramides quadrangulaires à sommets tronqués, et appliqués base à base. Sa saveur est ftcre et alcaline ; il verdit fortement le sirop de violettes, et ramène au bleu le papier de tournesol rougi. Ils'effleurità l'air, en perdant de Teau de cristallisation; il épi;ouve la fusion aqueuse et la fusion ignée, sans décomposition. Il est soluble dans l'eau, insoluble dans Talcool. D'après Vauquelin, 40 gr. de carbonate sec et pur sont saturés par 98'", 94 d'acide sulfurique à 10**.
Usages. — La soude brute est, pour la plus grande partie, destinée à la préparation du sel de soude, du bicarbonate de soude^ des borax, des laques, de la lessive caustique usuelle; à la fabrication des savons durs et résineux (*), des potasses
(0 Cour contriicler ia p6ie du savon, on emploie des soudes saiém.
souDBS. 385
factices; au blanchissage du linge; à la fabrication des verres à vitres, des glaces, de la gobeletene, des crown-glass, des bouteilles en verre brun verdâtre. On emploie aussi la soude à la préparation des chlorures désinfectants (liqueur de Labarraque), de Teau seconde; au dégraissage des laines, à répuration des eaux séléniteuses. La soude de Narbonne est employée pour la fabrication du verre vert ou chambourin (*). Les sondes de varechs servent à l'extraction de Piode, de riodure de potassium et du brome.
Falsifications. — On a signalé , dans le commerce , du carbonate de soude cristallisé, falsifié par le sulfate de soude. Pour s'assurer de cette fraude, on réduit en poudre quelques grammes de soude suspecte , et on les traite par l'acide acétique pur, jusqu'à la cessation d'effervescence , on décante et on lave avec une autre portion d'acide ; le sel non dissous est du sulfate de soude , qui est séché et pesé, afin de connaître la proportion dans laquelle il a été mêlé au carbonate; car on sait que les sels de soude contiennent souvent des traces de sulfate.
La présence du sulfate de soude dans le carbonate peut être constatée aussi en versant dans la solution de ce dernier du nitrate de baryte ou du chlorure de baryum : il se forme un précipité blanc, entièrement soluble dans l'acide tartrique . si le sel est pur, et incomplètement soluble s'il contient du sulfate.
On s'assure , par un essai préalable , que la matière sur laquelle l'acide acétique n'a pas eu d'action, contenait réellement de la soude.
Quant à l'essai des soudes , il se fait de la même manière
c*esi-à-dire dans lesquelles on a laissé à dessein beaucoup de sel marin
non décomposé.
Voici la composition de quelques-unes d'entre elles, d'après M. Gi-
rardinj de Rouen :
Eau 1,00 1,00
Carbonate de soude. '..... S3,S9 16,94
Chlorure de sodium 46,90 23,91
0\ysalfure de calcium S0,41 52,15
Charbon et sable 8,40 6,00
Touux 100,00 100,00
(*) Il est livré annuellement au commerce ou à rindustrie 70 millions de iLil. de soude brute, ou leur équivalent en sels de soude.
386 90UDIS.
que celui dos pQtaoses (V« art. Potassis) ; aealêment li qiun* tité équivalente de soude pure est de 3*'* ,185 (*)«
De plus , quand on opère sur des soudes brutes ^ on s^«ssiu% préalablement, au moyen d'un acide, qu^elles ne contiennent ni sulfures ni sulGtes ; autrement oeux-d , saturant une portion de Tacide d'épreuve , seraient calculés à tort comme matière utile. Dans le cas où les soudes en contiendraient, Welter et Gay-Lussac ont indiqué de les cabiner avec une quantité de chlorate de potasse suffisante pour changer los sulfites et les sulfures en sulfates.
MM. Barreswil et Riets ont employé , pour déterminer la causticité des seb de soude , un procédé qui repose sur les réactions chimiques suivantes :
P Si Ton verse dans une dissolution de carbonate de soude un excès de chlorure de baryum , la liqueur filtrée n'est ^è% troublée par Tacide carbonique.
2<^ Si dans une solution neutre de chlorure de baryum on verse une petite quantité d'alcali , la liqueur filtrée est tnm« blée par Tacide carbonique.
On dose donc la baryte éliminée du chlorure de baryum , par l'alcali caustique renfermé dans le sel de soude ; on pèse 10 grammes de la soude à essayer , qu'on fait dissoudre dans l'eau ; on ajoute à la dissolution 86 grammes de chlorure de baryum en solution bien neutre j et on fait traverser la liqueur filtrée par un courant d'acide carbonique ; elle est portée à PébuÛition , puis le précipité est recueilli > lavé et
(') Le titrage des soudes Taciices s*est fait jijsqu*ici , à froid, par la méthode de DescroixiUes ; mais, en lS5i, un fabricant livra des Mmdes dans le titrage desquelles il iit intervenir l*aclion de iâ chateur. Les acheteurs essayèrent ces soudes par la méthode à froid, et obtinrent un titrage inférieur de neuf degrés à celui dont on était convenu. La livraison étant de 150 000 kil.^ cette difTêrence de titre amena entre les iiarties des contestations, d^où résulta un procès devant le tribunal de commerce de la Seine, qui donna gain de cause âu fabricant de soude. De telle sorte que le chimiste, appelé aujourd'hui à titrer une soude factice» doit demander préalablement au client si le titrage sera exécuté à froid ou à chaud. Attendu, dit le tribunal t «que Tusage en- « tre vendeur et acheteur est de prendre tout le temps nécessaire pour « fondre la loude Jusqu'à sa dissolution complète , afin d'en tirer la « touuté de Talcali qu'elle coatleni, et d'arriver ainsi à an titrage « exact. B
souvMs. 387
séché. A 1 équiv. de carbonate de baryte^ correspond 1 équiv. de soude caustique.
La présence d'une quantité notable de sel marin (chlorure de sodium) dans le carbonate de soude , se constate par la décrépitation que le sel produit sur les charbons ardents, ou bien par une addition d'acide sulfurique , qui en dégage un mélange de gaz acide carbonique et de gaz chlorhjdrique ; ce dernier est rendu apparent par les fumées épaisses qu'il r^ pand à rapproche d'une baguette de verre ou d*un papier imprégné d'ammoniaque.
2" Soude CAUSTIQUE.
La soude caustique ou protoxyde de sodium se trouve à Fétat d'hydrate ; dans le commerce, on en distingue deux sortes : la sotide à la chaux et la soude à Vakool ou hydrate de soude pur. Cet alcali est solide , blanc , cassant , très-caustique ; exposé à l'air, il se liquéfie d'abord , puis plus tard s'effleurit en une poudre blanche formée de carbonate de soude. L'eau le dissout en toutes proportions ; il est également soluble dans l'alcool.
Usages. — La soude caustique sert aux mêmes usages que la potasse. La soude caustique liquide, dite kssive des savonniers f est employée par les parfumeurs pour fabriquer leurs savons solides et transparents. Les pharmaciens s'en servent pour préparer le savon médicinal.
Altérations. — La soude caustique est sujette aux mêmes altérations que la potasse caustique ; nous renvoyons donc à ce qui a été dit à l'art. Potasses, p. '232.
SOUFaB.
Ce métalloïde , dont la présence a été constatée dans les trois règnes de la nature^ se trouve particulièrement, à l'étal natif, dans le règne minéral, dans les terrains argileux, dans les terrains marneux , salifères, crétacés , avec la chaux sulfatée ; dans les terrains volcaniques , en beaux octaèdres allongés à base rhombe^ translucides, sur la strontiane sulfatée ; on le trouve le plus souvent à l'état amorphe , en masses opaques plus ou moins volumineuses, pur ou mélangé
de matières terreudes , en dépôts considérables qu'on appelle solfatares^ et qui se trouvent près des ouvertures des volcans en activité ^ et à la proximité des cratères des volcans éteints. Le soufré qui , en France , alimente la plupart de nos fabriques, vient de Pozzuolo (Pouzzoles), près de Naples; les solfatares ou soufrières naturelles les plus importantes sont ensuite celles de Sicile (environs de TEtna), d'Ancône, de Télamone en Toscane , dislande, de la Guadeloupe (*].
Le soufre a une couleur jaune-citron ; il est fragile, facile à pulvériser ; il acquiert une légère odeur par le frottement, et développe alors de l'électricité négative ; il est très-mauvais conducteur de l'électricité , de la chaleur: aussi celle de la main sufQt-elle pour briser un canon de soufre avec bruit. Sa densité est 2,087 [Leroyer et Dumas), Il fond vers 108o<^ ou \\\^^' ; il est alors liquide , d'un jaune clair transparent , conserve ces caractères jusqu'à ce qu'il ait acquis une température supérieure à 140o<:- ; à IGO^^-*-, il commence à s'épaissir, devient rougeÂtre ; et si l'on continue à chauffer de 200 à 250OC', il acquiert une telle consistance, qu'on peut retourner le vase dans lequel il est contenu, sans que le soufre ainsi fondu puisse couler ; dans cet état, on remarque qu'il a une couleur brune; au delà de 250<x^', il perd cette teinte, et reprend sa liquidité. Si, lorsqu'il est chauffé de 350 à 400«=- , on le jette dans Teau , il affecte la forme d'une masse brune et pftteuse, molle , élastique, susceptible de se réduire en fils très-minces ; elle ne reprend sa couleur et sa solidité qu'après
(*) II y a quelques années, une compagnie anglo-française avait conçu l'espoir d'cxploiler des mine^ de soufre qui se trouvenidans la régence de Tripoli, aux environs de Linouf, Moukta et Brega; mais rautorilè locale s'opposa à celte exploitation cl accorda à la compagnie une indemnité pi^cuniairc, qui ne pouvait être équivalente aux résultats qu'on avait le droit d'attendre de cette exploitation. Ce soufre ne parait pas avoir une origine volcanique, puisqu'il se trouve avec du sulfate de sonde dans un terrain salifére; il n'aurait exigé que peu de traraux avant d'être expédié en France.
On trouve, dans le commerce, mais rarement, du soufre provenant de l'exploitation de quelques sulfures. Cette opération n'est économique qu'en certaines localités et ne peut être pro6tablc que dans des cas e;tceptionnels. Ainsi elle a été perfectionnée et utilement pratiquée par Jhrtigues, lorsque, durant la réTolution de 1793, la France ne pouvait plus tirer 1« soufre de la Sicile.
un certain laps de temps. On profite de cette propriété du soufre , de rester mou pendant quelque temps, pour prendre des empreintes de médailles^ qui durcissent à Tair. Le point d'ébullition du soufre n'est pas encore bien exactement déterminé: il est à 316* [Dumas) , vers 400* (Berzélius) , à 420* [Baudrimont) , à 440» [Thénard), Il se contracte considérable- . ment quand il se solidifie. Le soufre en ébuUitionse transforme en une vapeur jaune orangée ou d'un brun rougeâtre, qui se maintient à cette température; plusieurs métaux peuvent brûler dans ce gaz comme dans Toxygène. La densité de la vapeur de soufre est 6,617 (Dumas), Le soufre est insoluble dans Teau , soluble dans les huiles fixes et volatiles ; Talcool et réther en dissolvent tràs-peu.
Le soufre chauffé au contact de Pair et , à plus forte raison, du gaz oxygène , prend feu à 150oc- environ , et brûle avec une flamme bleue en répandant des vapeurs d'acide sulfureux , contenant des traces d'acide sulfurique , et parfois des acides hyposulfurique et hjrposulfureux.
Dans le commerce , le soufre se trouve sous trois états : brut ou en masses^ en canons j en fleurs ou en poudre obtenue par sublimation.
On prépare aussi, en pharmacie, du soufre très-divisé, par voie de précipitation, et connu sous le nom de magistère de soufre ou soufre précipité. Il est jaune grisâtre, odorant , et contient en combinaison une certaine quantité d'hydrogène sulfuré. Vu au microscope, il se présente sous la forme de petits globules opaques qui n'ont aucune apparence cristalline.
Usages. — Le soufre est très-employé dans les arts (^). On s'en sert pour fabriquer les acides sulfurique, sulfureux; le sulfure de carbone; les poudres de guerre, de chasse, de mine; le cinabre; le caoutchouc volcanisé; pour sceller le fer dans la pierre ; pour faire différents luts et mastics (mas« tic de fonte) ; pour prendre des empreintes de médailles, de
(A) Le soufre étant la base de la fabrication de racide sulfnriqoe, qui est d'un emploi si important dans les arts (Voy. t. I^p. 48), on peut dire que la consommation de ce métalloïde donne la mesure de l'état ou do rimportance de la chimie industrielle chez les peuples.
En France , la consommation du soufre , qui était, en 18S0, de 6 790 000 kil., a atteint, en 1846, le cbiiTre presque quadruple do 96 000 000 kil.
cachets; pour la confection des allumettes , des mtehes sour frées ; pour le blanchiment de la soie, delà laine, de la paille, des sparteries, des intestins insufflés^ des cordes de boyaux dites harmoniques, de Tichthyocolle, etc. En pharmacie, on le fait entrer dans la préparation d'un très-grand nombre de médica* ments sulfurés, de pommades, opiats, poudres, etc^ etc. (*).
Altérations. — Le soufre livré au commerce en masses ou morceaux irréguliers pour la fabrication de Tacidesulfurique, du soufre en canon, ou du soufre sublimé (fleurs de soufre), peut être plus ou moins pur , plus ou moins mélangé de mu* itères terreuses (sulfate eicarbonate de chaux, silice, alumine, magnésie^ oxyde de fer). Des soufres prélevés sur les ports de Paris et de Rouen , et que nous avons essayés , contenaient de 2 à 12 o/j de matières étrangères fixes , qu*on peut en séparer par la distillation ou par la sublimation.
Le plus ou moins de pureté du soufre est d'une assez grande importance dans les fabriques , puisque plus le soufre que Ton brûle est pur , plus on obtient d'acide sulfurique , et cela sans augmentation de dépense dans la main-d'œuvre.
On reconnaît l'impureté du soufre en chauffant , dans un creuset, un poids donné de cette substance. Le soufre se volatilise en laissant pour résidu les substances étrangères fixes qu'il contient. Le poids de ces matières fait connattre le degré d'impureté du soufre examiné {*).
On peut aussi distiller le soufre dans une cornue; Fopéralion terminée, on coupe la panse de la cornue et on détache le résidu , dont on détermine le poids.
Un bon moyen d'essai consiste à doser le soufre directement. On prend i grammes, par exemple, du soufre à essayer, on le réduit en poudre fine, et on le dissout dans une solution chaude de potasse ou de soude. Dans cette liqueur alcaline portée à la température de 50 à 60° , on fait arriver du chlore ,
(*) Le magistère de soufre paratl être beaucoup plus actif que ke soufre sublimé.
(') Nous avons vu des soufres qui laissaient dans le creuset une matière G'^p, qu*on ne pouvait en détacher; dans ce cas^ nous opérions sur 10 gr., en nous servant d'un creuset de porcelaine pesé d'avance : le poids (iu creuset, pris après Topéraiiou, faisait connaître la quantité de matières llxes laissées par le soufre.
SOUVHB. S91
jusqu'à 06 que» de jaune ou brune qu'elle était , elle soit oomplétement décolorée; la liqueur renferme alors tout le soufre à Tétat d'acide sulfurique combiné à l'alcali; on y verse un petit excès d'acide ohlorbydrique , on chauffe jusqu^à la complète décomposition du chlorate de potasse, et on ajoute du chlorure de bar3rum , qui précipite l'acide sulfdrique à Tétat de sulfate de baryte. On conclut du poids de ce dernier la proportion d'acide sulfurique, et par suite celle du soufre {Rivât, Beudant et Daguin).
On nous a fait connattre que des soufres transportés par eau étaient quelquefois mouillés , pour cacher un déficit dû à Tenlèvement frauduleux d^une certaine quantité de soufre.
Il est très-facile de déterminer la quantité d'eau^ au moyen d'une double pesée, faite avant et après la dessiccation d'un certain poids de soufre porté à 100<>«r
Le soufre, selon Bahuemanuy Westrumby fiichter, contient quelquefois de Varsenic, Nous n'en avons pas trouvé dans des soufras tirés de la Sicile ou de l'Afrique ; mais nous avons constaté sa présence daps du soufre acheté à Strasbourg, que l'on disait provenir de l'exploitation des pyrites. On conçoit qu'un soufre arsenifère ne peut être employé par les pharmaciens (^). Quelques auteurs ont avancé, il est vrai, que le soufre qui contenait de l'arsenic se décelait par une couleur jaune, se rapprochant plus ou moins de celle de l'orpiment; mais nous avons été à même de constater l'inexactitude de cette assertion , car le soufre arsenical que nous avons eu à examiner n'offrait aucune différence pour sa couleur avec le soufre pur. Ebermayer avait déjà émis un avis semblable, car il dit : « Lorsque le soufre ne contient qu'une très-petite M quantité d'arsenic , sa couleur n'en est pas altérée, et c'est < le cas (ordinaire. »
Divers procédés ont été indiqués pour reconnaître le soufre arsenical. Baknemann faisait fondre à un feu modéré 1 partie du soufre supposé arsenical avec 2 parties de potasse pure ; il pulvérisait la matière encore chaude et la faisait dissoudre dans dix fois son poids d'eau bouillante; la dissolution était filtrée à chaud et abandonnée à Pair libre, jusqu'à ce que
0) Le soufre non arsenifère est préférable aussi pour la fabricaUon defacide sulfurique.
toate odeur sulfureuse fût dissipée ; il séparait alors le dépAt qui s'était formé et le faisait sécher. Si ce dernier , projeté sur des charbons, brûlait en répandant une odeur alliacée, on eii concluait que le soufre essayé contenait de Tarsenic.
Westrutnb prenait 50 parties de soufre suspecté, 60 parties d'acide nitrique, 40 parties d'acide hydrochlorique, 90 parties d'eau; il portait à Tébullition, séparait le liquide, lavait le résidu avec de Teau distillée ; le liquide et Teau de lavage réunis étaient concentrés par évapora tion.
Une baguette de zinc est plongée dans ce liquide; si le soufre essayé contient de Tarsenic , le zinc se recouvre de paillettes métalliques, d'un nOir ou gris de plomb, qui se volatilisent , par Faction de la chaleur , en répandant une odeur alliacée.
D'autres auteurs traitent le soufre par Facide chlorhydrique presque concentré.
Richier conseille de brûler 1 partie de soufre avec 4 ou 5 parties de nitrate de potasse ; le résidu, dissous dans Peau distillée , est saturé par l'acide sulfurique et additionné de nitrate d'argent en solution. Si le soufre examiné est arsenifère, il se forme un précipité rouge-bhque d'arséniate d'argent.
Le procédé de Richter est encore suivi , mais au lieu d'employer le nitrate d'argent , on se sert de l'appareil de Marsh pour reconnaître la présence de Tarsenic. Â cet effet , on sature à chaud , par Tacide sulfurique en excès , la solution du résidu de la déflagration ; on concentre les liquides et on las introduit dans Tappareil de Marsh.
Suivant MM. Geiger et Reimann, on peut reconnaître des traces d'arsenic dans le soufre, par le procédé suivant : faire digérer quelque temps le soufre en poudre dans de l'ammoniaque liquide; filtrer, traiter par Tacide chlorhydrique en excès; un précipité jaune indique la présence de l'arsenic.
Le moyen le plus simple consisté à prendre le soufre réduit en poudre ; à le traiter par l'acide sulfurique à 66*, à faire chauffer , laisser refroidir , étendre l'acide d'eau , filtrer et introduire dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc: si le soufire ne contient pas d'arsenic , il n'y a pas production de taches par la combustion du gaz hydrogène ; dans le cas contraire , on en obtient un plus ou moins grand nombre.
Ce dernier moyen est plus simple et plus facile à exécuter.
Le soufre provenant des pyrites , celui de Fahlun , par exemple, contient quelquefois du sélénium. On reconnaît que le soufre est sélénifère, en le chauffant avec du peroxyde de manganèse dans une cornue de grès, et en dissolvant dans Teau le gaz qui s'en dégage; on agite ensuite cette solution avec du peroxyde de manganèse: Todeur d'acide sulfureux disparaît , et le liquide répand une forte odeur de radis ou de raifort . si le soufre renfermait seulement une trace de sélénium (Ebelmen).
La fleur de soufre, employée dans les préparations pharmaceutiques, doit être débarrassée deVacide sulfurique et du sulfate d'ammoniaque qu'elle contient. L'acide sulfurique provient de Inaction de l'air humide sur Tacide sulfureux resté adhérent aux particules soufrées pendant la sublimation du soufre. La fleur de soufre du commerce rougit fortement la teinture de tournesol. Pour les besoins de la pharmacie , on lui enlève cet acide sulfurique par un lavage à Teau distillée chaude , continué jusqu'à ce que l'eau de lavage ne rougisse plus le papier bleu de tournesol et ne précipite plus par le chlorure de baryum.
On reconnaît que le soufre contient du sulfate d'ammoniaque , en faisant évaporer la première eau de lavage et traitant par la potasse, qui met en liberté l'ammoniaque, dont on constate la présence, soit par l'odeur, soit par les acides.
Le soufre lavé sert à préparer certains médicaments, les pastilles de soufre ; il entre dans des émoUients. S'il n'était pas lavé, le soufre fournirait des pastilles qui attireraient l'humidité de Pair et s'altéreraient ; il pourrait coaguler les émulsions (^).
Le magistère de soufre a été mêlé de sulfate de chaux (') , de craie (carbonate de chaux) ^ de silice y d'alumine, de magnésie, àiécailles d huîtres porphyrisées, enfin àHamidon.
Le soufre mêlé de sulfate de chaux, de carbonate de chaux,
(1) Ebermayer d'il qu'on a falsifié le soafre sublimé avec de la fariné» Cefail nous parait très-douteux. Il serait d'ailleurs très-facile de reconnaître la fraude.
(*) Aux Etats-Uois, on a vendu, en ISiT, du soufre précipité contc-^ oani 80 à 9b V« de sulfate de cham. .
314 spmÉLiE.
d'éeaiiles d'huttres, de silice, d'alumine, de magnésie, soumis à Faction de la chaleur dans un creuset, se yolatilise en laissant pour résidu les matières fixes qui lui avaient été ajon* tées. Si Ton en a pris une quantité donnée et qu^on pèse le résidu , on connaît dans quelles proportions le mélange avait été fait ; puis on recherche quelle est la nature du résidu.
Le soufre précipité môle d'amidon, soumis à la calcination dans un creuset, fournit des produits volatils résultant de Js^ décomposition partielle de Tamidon, et un résidu charbon* neux ; on peut, à Faide de la chaleur, dissoudre dans Feau une partie de Famidon, dont la présence est décelée par Peau iodée.
liOrsquIl a été mal lavé, le soufre précipité a une saToop saline, une odeur très-marquée d'hydrogène suHuré.
Ia ê/dgéiieantkelmmthifuêy $pigelia nnthêbnia (Gentiantoi), orolt naturellement aux Antilles, au Brésil, à la Martiniqua, at dans d'autres tles du nouveau monde.
Depuis nombre d'années, on fait usage, en Europe, de catle plante, comme remède antivermineux. Mais, d'après les observations de M. Rigout Verberty ce n'est point laspigelia anthelmia, mais bien la spigelia marylandiea qui nous est expédiée d'Amérique; on y mêle aussi le zinnia multiflora (brésine) .
Les caractères distinctifs de ces plantés sont les suivants :
La spigelia anthelmia est une plante annuelle, à racines traçantes, fibreuses, noires. Tige glabre, cylindrique, striée, presque simple, quelquefois ramifiée à l'aisselle des fleurs inférieures. Feuilles sessiles, opposées, aiguës ; quatre feuilles amples et disposées en croix terminent les tiges et les rameaux ; elles sont souvent plus grandes que les infMeures. Fleurs sortant du centre des feuilles supérieures, terminales, spioiformes ; épis médiocrement ramifiés à leur base et un peu grêles ; les flçurs ne sont pas tout à fait sessiles, mais presque unilatérales ; saveur acre.
La spigelia marylandica est une plante à racines vivaces, menues, grises, semblables à celles de la serpentaire de Virginie ; tige droite, rude et quadrangulaire, suitoat à la partie
SQunfi. 395
supérieure. Feuilles toujours opposées^ ovales, oblongues. Fleura termindos sessiles, disposées en épis solitaires, unilatérales; celles-ci sont plus longues que les feuilles munies des bractées opposées ; saveur amère, astringente.
La brésine a des racines blanches jaunâtres, grosses comme le chiendent, rampantes et cylindriques, à division fibreuse, à texture ligneuse ; tige cannelée, velue, à distance rougeâtre; feuilles opposées, sessiles, ovales, pointues ; fleurs composées, nombreuses, à couleurs variées ; saveur amère et mucilagiûBuse.
mqmmm.
La squine ^est une racine produite par deux variétés de smilax china (Asparaginées) , plante sarmenteuse qui croît naturellement en Chine et au Japon ; la tige est de la grosseur d'une plume. Les racines ont de 65 à 160 millimètres de longueur sur 55 à 110 millimètres de circonférence ; elles sont noueuses, géniculées, inégales, tuberculeuses, compactes et quelquefois spongieuses, recouvertes d'un épiderme luisant d'un brun rougeâtre ; la texture présente des aspects différents et ime couleur blanche rosée dans les racines tendres, et brune dans les racines compactes et résineuses.
Il faut choisir la squine lourde, bien entière, compacte, résineuse et non piquée.
Usages. — La squine est employée aux mêmes usages que la salsepareille, on Ta considérée comme sudoriflque; on remployait dans les affections de la peau, le rhumatisme, la goutte, la paralysie, les engorgements des viscères, le squirrhe, les scrofules, les lésions des voies urinaires, les'hydropisies.
Altérationb et Falsifications. — La squine est quelquefois mélangée à une autre espèce, dite squine rouge^ du Mexique ou A* Amérique, qui lui est inférieure en qualité. Cette dernière est plus spongieuse, plus grosse, plus légère ; sa couleur est plus foncée, brune en dessus, rougeâtre à Tintérieur ; sa saveur est moins sucrée.
Quelquefois la squine présente des piqûres dHnsectes ; d'autres fois, quand on la brise, on voit qu'elle est vermoulue dans son intérieur.
396 STRYCHNIIfE.
On a, suivant certains auteurs, mais le fait est contestable, employé de la HtAarge et de la tertre bolaire pour restaurer des squines détériorées. Nous en avons vu qui avaient été restaurées à Taide d'une pâte préparée avec de la colle et des poudres végétales.
Toutes ces altérations de la squine peuvent se reconnattre facilement ; il sufiSt d'un simple examen. On peut, dans ces cas, faire intervenir, comme point de comparaison, la squine de bonne qualité. Lorsqu'elle a été piquée^ on trouve souvent des excréments d'insectes, et les insectes eux-mêmes, dans les trous qu'ils ont perforés.
Si on avait employé de la litharge, on pourrait s'assurer de sa présence, en traitant par Tacide nitrique les cendres de la squine et des matières qui servaient à boucber les trous : la dissolution, évaporée à siccité et reprise par Teau distillée, serait ensuite essayée par le sulfhydrate d'ammonîaque> Tiodure de potassium, Facide sulfurique, etc.
Les pharmaciens ne doivent jamais acheter la squine en poudre.
vniTO
La strychnine a été découverte, en 1818, par Pelletier et Caventou. Cet alcaloïde existe dans beaucoup de plantes de la famille des Strychnées, dans la fève de Saint-Ignace (strychnos ignatia)y dans la noix vomique (strychnos nux vomtco), dans le bois de couleuvre (strychnos colubrina\ dans Vupas-tieuté ou tshettik des Javanais : c'est Tun des plus redoutables poisons du règne végétal.
La strychnine se présente, lorsqu'elle ast pure, sous forme de poudre blanche, formée de très-petits prismes, inaltérables à l'air ; elle est inodore, sa saveur est excessivement amère, son action sur l'économie est des plus délétères ; elle ne renferme pas d'eau de cristallisation; elle est non fusible, non volatile; entre 312 et 315oc , elle subit un .commencement de décomposition. Elle est très-peu soluble dans l'eau, ce liquide froid en dissout 1/7000 ; à la température de l'ébuUition, 1/2500 ; l'alcool anhydre ne dissout pas la strychnine.
STRYCHNIKE. 397
Talcool à 94^ en dissout à peine ; mais cet alcaloïde est solubie dans Talcool ordinaire, dans les huiles volatiles ; trèspeu soluble dans Péther, insoluble dans les huiles grasses. Souvent la stryolmine prend une couleur rouge au contact de Tacide nitrique ; cette réaction n'est pas due à Talcaloïde même, mais à ce qu'il retient de la brucine. L'acide sulfurique concentré la colore d'abord en rouge brun, puis en violet.
La strychnine précipite la plupart des bases organiques alcalines ; ses sels sont neutres, cristallisables, très-amers, extrêmement vénéneux. Ils sont précipités par le tannin ; les oxalates et les tartrates ne les précipitent pas ; le perchlorure d'or les précipite en jaune-serin. D'après M. Eug. Marchand^ la strychnine pure, triturée avec du peroxyde de plomb (oxyde puce) dans quelques gouttes d'acide sulfurique concentré contenant 1/100 de son poids d'acide nitrique, donne lieu à une belle couleur bleue passant rapidement au violet, puis au rouge et finalement au jaune-serin.
Les résultats donnés par les divers chimistes qui l'ont analysée sont assez variables ; d'après M. Regnault, elle est formée de : carboncy 75,87 ; hydrogène, 6,48 ; azote, 8,35 ; oxygène, 9,44.
Usages. — La strychnine est employée, dans l'usage médical, en pilules, en teinture, en dissolution dans l'acide acétique, en potion, en poudre (*).
Altérations. — La strychnine peut être mêlée de brucine; le mélange se colore en rouge par le contact de l'acide nitrique, mais cette coloration ne peut indiquer la proportion de brucine. Suivant Robiquet, on peut reconnaître ce mélange, en délayant la strychnine suspectée dans un peu d'eau chaude, à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique ; lorsque la dissolution est opérée, on fait bouillir et on précipite la solution bouillante à l'aide de l'ammoniaque : si la strychnine est pure, ou presque pure, le précipité est pulvérulent et bien détaché; si elle contient une quantité no-
(1) Ed Angleterre, elle est employée, dit-on, pour donner de Tamcrtume à la bière; mais jusqtrici ce fait n*a pas été démontré (Voy. 1. 1, p. 128 et 1S9).
S98 snTCBHimL
table de broGine, le précipité prend un «speet tésinoïde, et adhère aux parois da vase ; enijA» »i U proportfoU de brnàoie est considérable, le précipité se présenta sou* forme d'i masse poisseuse affectant les caractères phoques d'une tière grasse. Entre ces extrêmes, il y a quelques points intermédiaires qui pourraient être étudiés (^)«
La strychnine peut être altérée par la présence dn pkoM^ phate de chaux. Ce sel provient de ce que Ton a décoloré les liqueurs acides contenant la strychnine avec du charbon animal non lavé. Ces liqueurs, précipitées ensuite par les alcalis, fournissent de la strychnine mêlée de phosphate de chaux. On reconnaît cette altération en carbonisant et incinérant la strychnine, et examinant le résidu»
FALSiFiCi^TioNS. — On a mêlé à la strychnine dtt mifùte de chaux, de la fnagnéiie[*)^ de Vamidon^ des uh d'une trèa^ minime valeur.
Tous ces produits peuvent être isolés de la strychnine par Talcool ordinaire bouillant, qui dissout la strychnine et ne dissout pas les matières étrangères; par suite, on peut déterminer dans quelle quotité le mélange a été fait ; d'ailleurs^ les matières étrangères sont rendues apparentes par la combustion sur une feuille de platine. La strychnine pure ne laisse pas de résidu; impure, elle cflA laisse un plus ou moins abondant.
On s'est servi aussi, pour frauder la strychnine^ d'un se/ êolubk dans Veau et dans Talcool, d'une matière groue cri»^ tallisée, de sucre {Neitkr).
La strychnine allongée d'un sel soluble dans l'eau pourrait en être débarrassée par un simple lavage, qui dissoudrait le sel et à peine l'alcaloïde.
Quant à la matière grasse, on peut s'assurer de sa présenoe W de son absence, en jetant sur un papier buvard une peUte quantité de la stiychnine suspectée, et chauffant doucement le papier : si la strychnine a été mêlée de matière grasse, le
(^) D*après M. Oppermanfi, les solutés des sels de strychnine acidifiés par Tacide tarlrique précipitent par les bicarbonates alcalins; les sels de bracine ne précipitent pas.
(*) Robiquet a eu à examiner de la strydiiiioe qui éuit mêlée de 4e à 50 •/• <le matières étrangères.
papier se tache, ce qui n^a pas lieu dans le cas contraire ; on peut alors, en délayant une quantité donnée de strychnine dans de Teau, et traitant par un acide> séparer la matière grasse, qui reste indissoute, de la strychnine, qui devient solubie en passant à Tétat salin.
La strychnine mêlée de sucre est facile à reconnatire 3 en la traitant par Teau, le sucre se disaout, la strychnine reste insoluble.
Une fraude sur la strychnine est un crime : elle peut être la cause de la mort des malades, et oelui qtii s'en rend coupable conmiet le crime à'homicide volontaire. En effet, supposons qu^un médecin fasse prendre dans une officine une prépara-* tion de strychnine. Si les effets de cet alcaloïde sont peu marqués, le médecin est porté à en augmenter la dose ; la dose étant ainsi augmentée, supposons que, par une raison quelconque , on vienne à prendre Talcaloïde dans une autre officine j où il est livré pur; la dose, quoique la même^ produit alors d'autres effets, qui peuvent être tels, que le malade est empoisonné et succombe, quoiqu'il n'ait pris que la même quantité de strychnine, ordonnée par le médecin ; seulement, dans un cas, le médicament était falsifié^ et dans l'autre il ne Tétait pas.
Cette hypothèse s'est malheureusement réalisée deux foin à notre connaissance» Dans le premier cas, le malade a^ dit* on, succombé; dans le second^ il y eut des accidents qui ne furent pas suivis de mort (^).
(^] En avril 1S51, une malheureuse ouvrière, la dame B..., dont !é mari étaii malade depuis longtemps, demanda, dans Toffidne de H. P..., des piialCB de HrgehnitÊê et d$ cMmOmiU La quantité de sir|ciiaine qui devait y entrer fit réfléchir le pharmacien. Celui-ci observa qu^U étaU impossible, à trois heures de distance^ d'administrer des jpUules semblables i la femme de Touvrier répondit que depuis deux mois son mari prenait tous les jours du ces pilules et que le médecin avait ordonné de doubler la dose. Après tous ces pourparlers» le pharmacien exécuta la formule, mais il recommanda à M">« B.». de ne faire prendre à sou mari qu*aiie pilule le soir et d'attendre au lendemain pour en faire prendre une seconde ; fort heureusement le conseil fut suivi. M. P... apprit, dans la matinée, que le malade avait ressenti des effets si énergiques après avoir pris une seule pilule, qu*on avait eu des craintes sérieuses. Des accidents survinrent, heureusement ils purent être conjurés.
400 srttKKX.
Baume produit par le styrax officinakj qui crotl en Syrie et en Arabie.
On distingue deux sortes de styrax :
Le styrax calamité ou storax, et le styrax liquide.
Le storax est rouge brun, d'un aspect brillant et résineux ; en masses agglomérées, parsemées de larmes amygdaloïdes; d'une odeur de vanille très-agréable ; d'une saveur aromatique et légèrement amère ; se ramollissant facilement entre les doigts^ et soluble presque en totalité dans Talcool rectifié. On en trouve deux variétés dans le commerce : le styrax en larmes et le styrax en pains.
Le st3rrax liquide a la consistance du miel, une teinte d'un gris brunâtre, opaque ; une odeur forte, désagréable^ et une saveur aromatique ; il est soluble dans Talcool chaud.
Suivant M. Simon^ le styrax liquide est composé de :
Huik volatile y' ou styrole, résine, styracine, acide cinna^ mique.
Usages. — Le styrax est employé en pharmacie et en parfumerie. On Tadministre sous forme de pilules, de sirop, d'onguent. Il remplace quelquefois le baume de copahu dans le traitement de la blennorrhée et de la leucorrhée.
Falsifications. — Souvent, sous le nom de storax, on vend un mélange de résines ordinaires et de styrax liquide^ auquel on ajoute des larmes de benjoin, de gomme ammoniaque ou de tacamahaca.
Ce produit est facile à reconnaître à sa couleur noire^ à sa consistance demi-solide, à son odeur peu suave. L'alcool ne le dissout qu'en partie et laisse toujours un résidu considérable composé de sable et d'impuretés.
On a vendu aussi, sous le nom de storax en painSy de la sciure de bois imprégnée d'une petite quantité de styrax liquide, pour lui donner de l'odeur (t).
(1) M. Pédroni 01s dit avoir vu un styrax semblable chez un droguiste de Bordeaux.
suc DE CXTRONS OU de UMONS. 401
flUBUnSB 00&R08XF. — V. Caumuas (m) bb ■■movas.
8UO H'AOACZA.
Le suc d'acacia est solide, d'une couleur brune tirant sur celle du foie, d'une saveur acide, styptique, un peu douceâtre et mucilagineuse. Avec Teau froide, il donne une solution, froide, trouble, ayant une couleiu* et une apparence de décoction de quinquina gris. La liqueur filtrée est rouge, rougit le tournesol, forme un précipité très-abondant avec le sulfate de fer, un précipité tenace et élastique avec la gélatine ; précipite fortement Témétique et Foxalate d'ammoniaque , précipite également par l'alcool et les carbonates alcalins.
Dans le commerce, on donne ordinairement, sous le nom de suc d*acacia, le suc des fruits non mûrs du prunier sauvage. Il est plus dur, plus pesant, plus brun, plus acre que le premier ; il est entièrement sec et dur, d'un brun rouge, d'une saveur de pruneaux. Il est insoluble dans Talcool, peu soluble dans Teau, et laisse, après avoir été traité par ce liquide bo^yiant, une matière abondante qui a Papparence de l'albumine coagulée.
SUO DB OZraOIf 8 on os I.XMOH8.
Le suc de citrons est une liqueur acide qu'on obtient» par expression, des fruits du citrus limonium qui croît en Syrie, en Perse, en Espagne, en Italie, dans le midi de la France.
Ce suc, expédié dltalie, de Sicile, dans des tonneaux ou dans des bouteilles, est jaunÀtre, d'une saveur acide, agréable, particulière.
Usages. — Il est employé dans l'économie domestique^ dans Fart médical ; on s'en sert pour préparer Tacide citrique, pour précipiter les laques.
Altérations. — Le suc de citrons doit être clarifié; lors-* qu'il n'a pas été convenablement débarrassé d'une substance mucilagineuse qu'il contient, il fermente, moisit, et acquiert une odeur et une saveur désagréables.
T. II. te
402 suc DE aTRONS ou de limons.
Falsifications. — Le suc de citrons est quelquefois affaibli par Veau. M. Dorfurth, qui a étudié cette fi^lsificatioD* dit que le suc de citrons doit saturer le huitième de son poicis de sous-carbonate de potasse. D'après Ebermayer, 15^'"*50 de suc de citrons doivent saturer 0*^*8 de sous-carbonate de potasse. Selon d'autres, 90 parties de suc de citrons de bonne qualité doivent saturer 10 parties de carbonate de soude sec et pur.
Le suc de citrons est falsifié par Vacide acétique (vinaigre), V acide sulfurique , Vacide nitrique , Vacide chlorhydrique , Vacide tartrique.
On reconnaît la présence de l'acide acétique (vinaigre) en distillant, recueillant le produit distillé, qui est plus ou moins acide, selon que le suc contient plus ou moins de vinaigre .
La présence de l'acide sulfurique est constatée par les sels solubles de baryte, qui donnent lieu à la formation d'un précipité blanc de sulfate de baryte . insoluble dans Tacide nitrique. Le poids de ce précipité fait connaître la quantité d'acide sulfurique ajouté.
La présence de l'acide chlorhydrique est décelée par la distillation. Le liquide qu'on obtient en distillant le sue de citrons pur ne se trouble .pas par le nitrate d'argent; l'eau distillée obtenue est , au contraire, précipitée , lorsque le suc a été allongé d'acide chlorhydrique.
On reconnaît l'acide nitrique en concentrant le suc et y ajoutant de la limaille de cuivre et de l'acide sulfurique ; il y a alors dégagement de gaznitreux, qui bleuit le papier mouillé de teinture de gaïac.
On décèle la présence de l'acide tartrique en concentrant le suc et y versant une solution concentrée de chlorure de potassium , qui donne lieu à un précipité de crème de tartre, quand le suc a été môle d'acide tartrique; ce qui n'a pas lieu *vec le suc pur. La combustion de Pextrait obtenu avec le suc pur et le suc allongé d'acide tartrique est encore un moyen de reconnaître la fraude. Le suc allongé d'acide tartrique fournit un extrait qui brûle avec l'odeur caractérisa tiquB des tartrates.
On a dit qu'on substituait au sue de eitrons le suc du verjtts^ mais la saveur de ces deux «ucs ed bien différente ; s'il y avait
MFC B^HERBES. 403
mÉkngo , il faudrait veohevchef s'il soBtieni de Tacida taithqot ou du t^trafe.
MM. Dussy et Zfou/ron-C/rar/aré/ recommandeut de varoev de Tacétate de potasse dans le suc suspect. Si le suc est pur, il ne se forme pas de cristaux ; s'il est mêlé de verjus , il y a fprmatipn sur les parois du vase de cri3taux grenus et transparents de tartr^te acide de potasse.
Le citrate de potasse , étant très-soluble , i^e produit pas le ipême phénomène dans le suc de citrons pur.
SVO H'HBRBBS.
Les sucs f herbes sont fournis surtout par les parties herbacées des plantes: presque tous proviennent des feuilles et des tiges herbacées.
M. Stanislas Martin a signalé un genre de fraude qu'on leur fait subif ep les remplaçant par un piélange de plusieurs extraits végétaux dissous dans Peau ordinaire , colorée avec * du caramel^ et ^oqc^atisée à^'hydrolat de persil^ de fenouil^ de ce^fi^i^ pu d'alcoolat de cochléuria.
Suivant M. Stanislas Martin^ on peut reconnaître; at^ p^ractères suivants, si un si^c d'herbes est préparé avep }e^ plante^ q\\ avec des extraits.
Les sucs d'herbes préparés avec des extraits sont presque tp^joufs ideptiques dans leur sayeui' et leur couleur. lU pe^ivei^t ^ con^eryejr longtemps sans ^'altérer ; la chaleip, le sous-carbonate de potasse, Teau de chaux, les acides 2^pétiqi|g| su}fuf iqi^§ et pitriqi^e, ne leur fqqt éprouver aucune altération ghysique. Eyaporés jusqu'à sipcité , ils répandent , pn sep^rbonisant , uue odeur de ^v^pre brûl^.
).e3 sucs d'herbes faits avec les plantes varient souvent 4ftUS leur CQuleur et leur saveur ; ces variations sont dues bmj. iofluppce^ ^tn^Qspbéf ^u^s i l^^^ conservation ne va pas au delà de 24 heures : alors ils se décolorent, se troublent et çpu^^^teptupe odeur herbacée, caractéristique pour to^sles jus d'herbes; si Ton élève davantage la température ^ ils se décolorent et laissent déposer, parle refroidiaseoiatti, da Talbumine et de la chlorophylle. Les acides acétique, sulforiqua
404 suc DE aiGLIBSE.
et chlorhydrique les troublent. Si les jus d'herbes contieiiiieiil de FoseiUe, Feau de chaux y forme un précipité abondanl d'oxalate calcaire.
Ce suc , fourni par le cytinus hypocistum , est en masses de 2 à 3 kilog., formées par la réunion de petits pains orbiculaires du poids de 30 gr. environ , qui sont devenus diversement anguleux en se soudant les uns aux autres , et qui se distinguent encore de la masse par leur surface propre , qui est grisâtre ; cet extrait a la cassure noire et luisante ; sa saveur est aigrelette et astringente.
Il est presque toujours falsifié par lesiu: de réglisse. Cette fraude se reconnaît en ce que la masse est homogène, au lieu de présenter les caractères indiqués, et que la saveur est plus ou moins douceâtre , suivant la proportion du mélange.
8U0 BB &éOXiISSB. — V. BAaut» (tuo om).
Dans le commerce, on trouve deux sortes d^extraits : i l"" Celui qui est préparé à l'étranger (Naples, Calabre, Espagne, Grèce], et qui porte les marques : Cassano, Palma, Carafa, Longo, Pastora, Lucia, etc. ; i? Celui qui est préparé en Franco (Marseille, Ntmes, etc.). En 1840, on a importé en France 231 405 kil. de suc de réglisse. En 1853, cette importation se réduisit à 43 493 kil. La fabrication du suc de réglisse tend donc à se naturaliser en France.
n y a, en outre^ une sorte de suc de réglisse qui est travaillée parles re fondeurs (^). Ces industriels ne fabriquent pas de toutes pièces, mais ils achètent des sucs de réglisse de bonne qualité, indigènes ou exotiques, ils les refondent et y incorporent des farines, fécules, gommes de médiocre qualité; ils livrent ensuite au commerce ces produits, sous les noms ou marques ci-dessus désignés.
La question de savoir si ces additions de substances fécule) On ooDi|ile quatre refondeors dans le dêiiartcment de la Si*lne trois à Paris, un h Belleville.
SUGGIN. 405
lentes constitue une fraude, a été soulevée par les fabricants français ; elle n'est pas encore tranchée. Toutefois, les fabricants ont établi que les sucs de réglisse purs ne peuvent être livrés en cet état au commerce, à cause de leur âcreté, de leur facilité à se déformer, de la difficulté à les conserver en billes (Voyez p. 257, art. Régusse (Suc de).
Pour faire cesser l'industrie illicite des refondeurs, il faudrait rendre exigibles les prescriptions que nous avons indiquées, p. 258, note 2.
S0COIX.
Le succin , appelé aussi ambre jaune, karabé , electrum, est un corps combustible qui abonde en Prusse, près de Kœnigsberg , sur les bords de la mer Baltique ; on le trouve enfoui dans le sein de la terre , ou en morceaux roulés sur les bords de la mer. Il en existe de très-beau en Sicile, près de Catane; on en a aussi trouvé, mais en petite quantité, dans des houillères, dans des dépôts pyriteux, dans des couches argileuses et sablonneuses de plusieurs contrées de la France et de r Allemagne.
Le succin est dur, cassant, non friable. Il est susceptible d'être taillé et poU. Le plus pur est transparent, d'une couleur jaune dorée , qui a quelque chose de particuUer et qui sert de terme de comparaison (*). Souvent le succin est opaque et varie du blanc jaunâtre à Torangé. Celui de Sicile présente quelquefois, dans son intérieur, des insectes dont les formes sont parfaitement intactes. Le succin n*a ni odeur, ni saveur ; son poids spécifique est de 1,078; il se ramollit par la chaleur, brûle avec flamme^ en répandant des vapeurs qui ont une odeur pénétrante; il développe par. le frottement de Télectricité résineuse.
L'eau n'a pas d'action sensible sur le succin , Palcool et l'éther ne le dissolvent qu'imparfaitement, les acides faibles ne l'attaquent pas; mais il est décomposé par l'acide nitrique à l'aide de la chaleur. Les solutions alcalines, les huiles fîxes^ les huiles volatiles ont une certaine action dissolvante sur le
(1) En effet , on dit d*une matière jaune- qai ressembie au succin qu'elle est «le couhur ambrée.
40è stitxsssi
micciii. dil A t^bscfré que ià ëissblmibn est fteUitée par 14 torréfâctioh , là fuéion ; ou pftr l'addition du camphre.
Le ^ctih chauiTé dans uiie eomue fournît un adde [$Anlctiliër j Vacidè mctinique; on obtient en même tempis, 1* de l'eau ; 2« de l'acide acétique ; 8° une Huile trës-odorànte, de couleur et de bdusistance variables; Suivant Tépoque de Topération ; 4'' uUe matière jaune , solide , dont la nature n'est pas encore bien déterminée^ des gaz et un cUarbon volumineux i
Suivant Drapiez^ le succin est composé de : carbone, 80^59 ; hydrogène, 6,31 ; oxygène, 7,73 ; chaux, 1,54 ; alumine, 1,10; silice, 0,63 ; perte, 2,10. D'après Berzelius, lesuccin contient: V une petite quantité d'une huile bolatile d'odeui» agréable; 2^ une résine jauiie, unie intimement à l'huile Volatile, et qui est très-soliiblë dans l'alcool, l'éther ei les alcalis; 8** une autre résine aussi bombinée à l'huile volatile , ^oluble dans l'alcool , l'éther ei leâ alcalis, peu èolublë dans l'alcool froid, plus soluble dans l'albool bouillant , et se précifjîtant par le refroidissement sous forme d'une poudre blanche! ; 4* de Vaciâe succinique: 5° un principe jaUne, insoliible dàn^ l'éther, les huiles fixes et volatiles , l'alcool et les alcalis : ÈtrzeKus l'a appelé bîiumè de succin.
Usages. — Les beaux morceaùt de succlli fervent dans la bijouterie et dàtis là tabletterie ; les petits fragments sont utihsés dans la fabrication des résines et potii* là jiréparation de l'acide succinique , de l'huile empyroumaliqùe , et d'une liqueur oléagineuse acide , anciennement connue sbiiè le nom d'esprit (te succin. Le succin est aussi employé en pharmacie, comme antispasmodique ; pour faire des fumigations , une teinture et un sirop.
Falsifications. — - EÔermayer dit que, pour leâ ouvrages d'art , le succin a été imité avec du verre coloré; il est trèsfacile de reconnaître une semblable substitution.
Il dit aussi qu'on a quelquefois mêlé le succin avec la gomme looch , résine qui a été décrite , sous ce nom , par Murray, et que M. Guibourt considère comme étant le copal tendre de tinde. La gomme ou résine looch, d'après Ebermayer, a une coulemr jatme plus ou moins foncée ; elle est plus ou moins transparente , cassante , brillante dans sa cassure ,• elle n'a
presque flôilit d'odeiir et àëiilètnent tine âavelur résineuse fdble ; elle ctaque sous la dent et ne se ramoUil pém\ par la mamièatldn. Elle s'allttme au contact de la flamme et ne répand point d'odeur désagréable ; elle est j)eti soluble dans Peati • trôs-sdluble dans l'alcool.
Selon le môme auteur, la râpure dé succin est (}uôlt[Tlef(ns falsifiée tttec la colophane. Cette râpure est ordinairement trèfS-liilpureî elle est mêlée de petites J)iërfes, de! sable, d'éclats de bois ; on en a vu qui contenait le cjufiltt de son poids de colophane divisée, reconnaissable à la manière dont elle se comportait sut les charbons ardents et avec l'alcool. 31 grammes d'un succin ainsi falsifié, mis en coritact avec 12i granunèé d'alcool; pendant six heures, en ayant soin d'agiter souvent , ont fourni Une solution alcoolique qui a laissé, par l'évapdtatibtt^ un résidu de colophane, représentant le sixième du sucfcin traité (environ 5 grammes).
Le sucre est un des principes immédiats le plus répandus dans le règne végétal. Il abonde dans les tiges de graminées, comme la canne à sucre* le mais, le sorgho ; on le trouve en forte proportion dans les betteraves, lesmelons, lesdtrouilles^ les patates douces, les ananas, les noix de coco, les châtaigoes, les navets,' les carottes ; dans la sève des palmiers, de l'érable dit à sucre , du bouleau , etc. ; d'après les recherches de M. Avequin, il existe dans nombre de fruits des tropiques (pomme de cannelle , cachiment i mango , sapotille 4 orange douce , figue banane , pomme rose).
La plus grande partie du sucre s'extrait des cannes et des betteraves.
Le sucre à l'état de pureté est en masses blanches, inodores, formées par l'agrégation de petits cristaux, et produisent par le choc , dans l'obscurité, des lueurs phosphorescentes ; sa densité est de 1,563 à 1,606. Il est très-soluble dans Teau, ' dans l'alcool étendu; insoluble h froid dans l'alcool anhydre. Il cristallise en prismes rhomboïdaux , plus ou moms volumineux , terminés par des sommets dièdres : à cet état^ il e<»istttue le sucre candi.
408 sucaiBS.
Le sucre fond à 180«; vers 200 ou 220», il perd de l'eau , se colore en jaune orangé, puis en brun rougeàtre ; en maintenant suffisamment cette température , il se transforme en un nouvel acide fortement coloré en brun , insipide , trèssoluble dans Teau , qu'il colore en brun-sépia très-foncé ; insoluble dans Falcool : c'est le caramel ou acide caramélique qui , suivant M. PéHgot^ a la même composition que le sucre anhydre (c'est-à-dire tel qu'il existe à Tétat de combinaison).
Quand on chauffe longtemps une dissolution de sucre, elle se colore : si la réaction a lieu au contact de Tair, le sirop brun qui s'est formé est acide ; il y a production d'acides formique et acétique.
Les acides étendus transforment le sucre de canne en sucre incristallisable ; Tacide ne se combine pas au sucre, mais il détermine une fixation des éléments de l'eau qui change sa constitutiou. L'action est plus lente ou plus rapide, selon que Ton opère à froid ou à chaud , avec les acides minéraux, qui sont beaucoup plus actifs, ou avec les acides végétaux qui le sont moins ; Tacide acétique agit à peine ou n'^^t pas du tout.
Les alcalis se combinent au sucre de canne et donnent des combinaisons définies {sucrâtes), dans lesquelles une partie de Teau du sucre est remplacée par une base.
Le sucre peut former avec certains sels, et particuhèrement avec le chlorure de sodium , un composé bien cristallisable.
Dans le commerce, les sucres sont estimés, classés, d'après leur aspect , sous trois rapports différents :
La richesse cristalline, lemuancCy le degré d'humidité ou la proportion d'eau interposée par diverses causes.
Afin de pouvoir comparer entre eux les divers sucres répandus dans le commerce , on a établi des types ou points de comparaison invariables , échelonnés depuis les nuances les plus basses jusqu'aux plus élevées , et auquel on rapporte les échantillons qui s'en rapprochent le plus.
On divise les sucres en deux grandes classes : sucre indigène (sucre de betteraves), eisucreexotiçuCf comprenant les sucres étrangers (Jamaïque, Havane , Brésil, etc.) et les sucres des colonies françaises (Martinique, Guadeloupe, Bourbon, etc.).
Chacune de ces deux classes a ses types particuliers, por-
tant les mêmes noms , mais n'ayant pas d'autre analogie (^).
Us sont établis de la manière suivante :
Bosse quatrième : type inférieur;
Quatrième ordinaire ;
Bonne quatrième ordinaire:
Bonne quatrième ;
Belle quatrième;
Fine quatrième : type supérieur.
Pour les provenances exotiques, la douane n'admet pas de sucres plus élevés que les types ; au-dessus de la fine quatrième , ils sont prohibés.
Les sucres inférieurs à la basse quatrième sont dits en dehors des types , et évalués suivant qu'ils s'éloignent plus ou moins de ce type inférieur.
Usages. — Les usages du sucre sont trop connus pour que nous y insistions ; les chiffres suivants donneront une idée de Fimportance de cette matière et de sa fabrication.
Voici d'abord un tableau qui indique la production annuelle du sucre dans le monde entier :
Bengale. Cbine, Siam 100 millions de kUog%
Colonies anglaises 3i0 >
Colonies espagnoles 935 >
Colonies hollandaises 80 »
Colonies suédoises til danoises 10 •
Colonies françaises 80K,^
France {•) 60
Brésil 75 »
Louisiane 00 »
Russie, Allemagne, iialieel Belgique.. 33 »
Tolal 953
Le tableau suivant donne les chiffres de la consonmiation du sucre en Europe , et démontre qu^en Angleterre elle est
(^y Ces lypes, qui font foi en roalière de commerce, sonl déposés à la Bourse, à la disposition des commerçants et sons la responsabilité du syndicat des courtiers. Gomme ils sont susceptibles de s*aliérer à la longue, on les renouvelle chaque année.
(*) La fabrication du sucre de betteraves en France a été, en moyenne, auDuellement de 43 millions de kilog. depuis |$4i, époque à laqqell^ il
410 9UQRBS.
actuelletnent ,• pair tète d'habitant» cinq fois plus forte que
chez nous (*) :