SULFURE DE POTASSE
liquide par Toxalate d'ammoniaque ; l'oxalate de chaux pré* cipité fait comialtre la quantité de carbonate de chaux ajouté, n ne faut pas dans cette opération employer une trop grande quantité d'acide^ la quantité d'oxalate qu'il faudrait alors employer serait trop considérable.
Le sulfure de potasse préparé dans des vases de fer a une couleur particulière yerdâtre , due au sulfure de fer qui le salit (*). On peut reconnaître la présence de ce sulfure en traitant par l'eau , filtrant et traitant la matière insoluble par l'adde chlorhydrique pur, faisant évaporer la dissolution pour chasser l'excès d'acide, reprenant par l'eau distillée, et soumettant cette solution à l'action du ferro-cyanure de potassium.
Quelques auteurs disent qu'on prépare le sulfure de potasse avec la potasse du commerce , et que , vu les sels que, cette dernière contient, on augmente la quantité d'alcali. Cette manière de produire le sulfure de potasse destiné aux préparations pharmaceutiques est mauvaise : en effet, il est des potasses du commerce qui contiennent des quantités si différentes de sels étrangers au carbonate de potasse, qu'il faudrait d'abord examiner quelle est la proportion d'alcali qu'elles contiennent pour ajouter ensuite la dose convenable de soufre. Vauquelin a fait voir que les diverses potasses du commerce contiennent des quantités très-variables de potasse réelle (V. art. Potasses).
Le sulfure de soude a quelquefois été substitué au sulfure de potasse. On peut différencier ces deux produits en les dissolvant dans l'eau distillée , décomposant la solution par les, acides, chauffant, filtrant et faisant évaporer à siccité pour obtenir des sels qui varient selon que le sulfure était à base de soude ou de potasse.
Les acides que Pon emploie sont les acides sulfurique, ni-^ trique, chl(Hrhydrique. Or, on sait que les sels fournis avec ces acides et la soude ou la potasse présentent des caractères qui permettent de les distinguer avec la plus grande facilité.
(^) Le sulfure de potasse préparé dans des chaudières de fonte on de fer est bon pour la préparation des bains; mais celui que l'on destine k Tusage inieme doit être préparé dans un niatras de verre et avec du carbonate de potasse pur.
466 suLnmE bb soude sec.
Ce sulfure, qui porte aussi les noms de protomlfurc de diunt, hydrosuifate ousulfhydratede soudeyCxisXaiiisG en prismes droits, incolores, à quatre pans, terminés par quatre facettes ; ils sont incolores lorsque le sel est parfaitement pur ; il est déliquescent et extrêmement soluble dans Feau , peq soluble dans l'alcool. Il est composé de sulfure de sodium , 82,3; eau, 673 (Boudet).
Usages. — Ce sulfure s'emploie pour la préparation des eaux minérales et des bains hydrosulfurés de Baréges.
Altérations et Falsifications. — Ce sulfure, exposé au ■contact de l'air, s'altère avec rapidité ; il passe alors à Télat d'hyposulfite ; aussi le conserve-t-on dans des vases de petite capacité et bouchés avec soin. Les bouchons à Témeri sont préférables aux bouchons de liège.
On a livré dans le commerce, sous le nom d'hydrosulfate de soude , des cristaux de carbonate de soude imprégnés de sulfure de sodium liquide. On reconnaît cette fraude en mettant en contact la solution aqueuse du sel avec du sous-acétate de plomb. Il se forme du siUfure et du carbonate de plomb; le précipité est lavé avec de Tacide acétique, qui dissout le carbonate avec effervescence, et laisse le sulfure intact.
80X.FURB BB SQUOB SBO,
Le sulfure de soude, qui s'obtient de la môme manière que le sulfure de potasse, se prépare avec 53 parties de carbonate de soude sec, et 40 parties de soufre, on opérant comme nous Tavons dit plus haut.
Usages. — Ce sulfure entre dans le Uniment hydrosulfuré de Jadelot ; il peut servir à la préparation des bains hydrosulfurés.
Ce que nous avons dit relativement au sulfure de potasse peut s'appliquer au sulfure de soude.
SUBEAU. 407
SURBAU.
Le sureau (sambueuê nigra , — caprifoUacées) fournit à la médecine une seconde écoroe, des fleurs, des baies et le suc de sa racine.
Les fleurs de sureau ont une réputation populaire comme sudorifique.
On substitue quelquefois : l"* aux fleurs de sureau les fleurs de l'hièble {sambu(m$ ebulus) et du sureau à grappes (sambucus racemosa) ; 2° aux baies de sureau les baies d'hièble.
Les fleurs de sureau ont une odeur balsamique , forte et désagréable, une saveur mudlagineuso, sèche ; elles deviennent jaunâtres de blanches qu'elles étaient -, elles perdent leur saveur et leur odeur.
Les fleurs de Thièble ont des ombellei^ divisées en trois parties, tandis que les on^belles des fleurs de sureau sont divisées en cinq ; leur couleur est rougeâtre.
Les fleurs du sureau à grappes sont sans ombelles ; leur couleur est verdâtre ; elles ont la forme de grappes ovales.
Les baies de sureau qui servent à la préparation du rob de sureau (suc épaissi), employé comme sudorifiquci peuvent se distinguer des baies d'hièble en ce que celles*ci, écrasées entre les doigts, les rougissent, tandis que les baies de sureau les tachent en couleur feuille morte.
Le rob de sureau (extrait sucré) est quelquefois falsifié avec de la piilpe de poire, de prune^ ou de tout autre fruit anahgue. On reconnaît ce rob additionné à sa couleur rouge brun, qui est bien différente de la couleur brun noirâtre du rob de sureau pur. Il est nécessaire de juger par comparaison.
Par suite d'une mauvaise préparation, ce rob est quelquefois brûlé ; il est alors d'une couleur noire et d'une consistance poisseuse; sa saveur indique son altération.
Le rob de sureau peut contenir du cuivre provenant des vases dans lesquels il a été préparé. Ce métal se reconnaît par les procédés que nous avons déjà indiqués (V. t. P', p. 349).
On donne particulièrement ce nom aux feuilles préparées, par fermentation» du nicotiana tabacum , plante de la famille des solanées, découverte en 1520, par les Espagnols dans Tune des Antilles, Ttle de Tabago, d'où elle tire son nom. Les habitants du Brésil, du Mexique et de la Floride rappellent petun. En 1560, elle fut introduite en France par/nm Nicot^ ambassadeur français à la cour de Portugal. On l'appela nicotiane^ du nom de son importateur ; Médicie ou herbe â la reine , parce qu'à son retour en France, l'ambassadeur présenta cette plante à Catherine de Médicis , qui y prît goût et l'accrédita; herbe de F ambassadeur^ herbe sainte^ herbe du grand prieur, herbe de Sainte-Croix, etc. (*).
Les feuilles de tabac sont grandes, ovales, sessiles , pubescentes ; les fleurs sont roses, grandes et belles; Todeur est vireuse ; la saveur, ftcre.
MM. Posselt et Reimann ont trouvé dans les feuilles de tabac : nicotine^ nicotianine, extractif^ gomme, chlorophyliey albumine végétale^ gluten, amidon, adde maUque, citrate et malate de chaux.
La nicotine est le principe actif du tabac ; elle y parait exister à rétat de combinaison. Le tabac fermenté en contient moins, quoiqu'il soit plus odorant ; c'est qu'ime partie de la nicotine a été détruite par la fermentation ; mais l'ammoniaque qui s'est formé a mis en liberté une partie de la nicotine*
La nicotianine est une espèce d'essence solide qui doit les propriétés qu'on lui a attribuées à son mélange avec de la nicotine {Henry et Boutron-Charlard),
Dans la poudre de tabac préparé, l'ammoniaque est à l'état de sel ; la nicotine est en partie libre, en partie à l'état de sel neutre ou basique; c'est à ces deux sels que le tabac en pou-
(*) Le ubac est actuellement culiivé dans presqne tous les pays.
dre doit la propriété de surexciter la membrane muqaeuse du nez.
Les feuilles de tabac donnent de 19 à 27 «/« de cendres, qui sont généralement iri^-siliceuses: elles renferment, en outre, du carbonate de chaux , de la potasse , de la soude et différents sels.
Voici les résultats des analyses de cendres de plusieurs espèces de tabacs de Hongrie; faites par MM. Willei Fres- 8eniu8.
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