‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 229 sur 251 · LES BONBONS, PASTI1XAGES, DRAGÉES ET LIQUEURS · texte numérisé non relu

LES BONBONS, PASTI1XAGES, DRAGÉES ET LIQUEURS

Les substances nuisibles en général, et notamment : Les oxydes de euivre, les cendres bleues ; Les oosydes de plomb , le massicot, le minium ;

6S8 COîrtfetL D'HtGlèNE PvntîQtt.

Le sulfure de mercure ou vermillon ;

Le jaune de chrome ou chromate de plomb ;

Le vert de Schweinfurt, le vert de Schéele et le vert métis ;

Le 6/anc de plomb^ connu sous le poni de cérusc ou de blanc û* argent. (Voir pour les substances minérales permises, celles qui ont été désignées plus liaut.)

Les confiseurs et liquoristes ne doivent employer, pour mettre dans leurs liqueurs et décorer les bonbons^ que des feuilles d'or et d'argent fins. On bat actuellement du chrysochalque presque au mAme degré de ténuité que For; cette substance, contenant du cuivre et du zinc, doit être prohibée.

On ne devra jamais employer rac^fa/« de plomb ou sucre de Saîurnë dans la préparatiort des liqueurs , cette matiftre étant vénéneuse.

Papiers servant a envelopper ijes Boifiofis.

Il faut npporter beaucoup de prudence dans le choix du papier colorié et du papier blanc qui servent à envelopper les bonbons. Les papiers lissés blancs ou coloriés sont souvent préparés avec des subîîtatices ttiînérales très-dangereuses.

Ils ne doivent pas servir à envelopper les bonbons, sucreries, fniits confits ou candis qui pourraient, en s'humectant , s'attacher au pa* pier et donner lieu à des accidents, si on les portait à la bouche.

Le papier colorié avec des laques végétales peut être employé sans inconvénients.

Des procédés h Suivre pour reconnaître ia nature cumiovs i>gs

I*RINCtPALES matières DONT l'uSAGE EST INTERDIT AUX CONnSEURS ET LIQUORISTES.

CotiiéHf» bianoke$»

Le carbonate de plomb, connu dans le commerce sous les noms de blanc de plomb , céruse, blanc d'argent, étant appliqué en couches minces à l'aide d'un couteau sur une carte non lissée à laquelle on met le feu , donne naissance à du plomb métallique qui se montre sous la forme de petits globules très-multipliés, dont les plus volumineux égalent la grosseur do la tôte d'une potito épingle. En opéranl cette combustion au-dessus d'une feuiUo do papier blanc ou d'une assiette de porcelaine , les globules y tombent et sont faciles il apercevoir;

Les papiers d'enveloppe tissés à la cértise et les carteil dîtes porcelaine, donnent aussi lléu, quatid on les brûlé, k la production des

§^dbutes d^ plomb; de pins, un cercle jaune entoure les parties dô cftrte ou de papier en combustion.

Enfin, le carbonate de plomb et les papiers on caries qui sohl lissés avec ce corps brunissent quand on les touche atec de Teatt ()c Baréges non altérée ( Teau de Baréges non altérée dégage Todcur d'tEUfs pourris).

Couleurs jaunes ,

Le massicot ou oxyde de plomb se comporte de la même manière que la cérusc.

Il en est de même du jaune de chrome ou diromaiè de plomb \ mais il faut avoir soin de le mêler tràs-intimement avec uo quart de son volume de sel de nitre en poudre ; le mélange est étendu sur la carte; on enflamme celle-ci, et les globules de plomb apparaissent 4 mesure que la combustion fait des progrès.

Cette couleur devient brune ayee l'eau de Baréges ; il en est de même du massicoU

La gomme gutte délayée dans Tean donâe an lait jaude qui rougit par Taddition d^ ia potasse eu de rammoniaqoe ; jetée sur les cliar* bons rouges, elle se raqooUit, puis brftle avec une flamme^ et Itnae un résidu de charbon et de cendres.

Couleurs rouges.

Le v0rmiHon o\k sulfure de meroure^ jeté sur des eharbons ardeipts» brûle avec une flamme bleu-pâle et produit la même odeur que la partie soufrée d'une allumette pendant sa combustioil ; une pièce de cuivre rouge nettoyée au grès, étant tenue au-dessus de la fumée ou vapeur blanche, se couvre d'une couche blanchâtre de mercure métallique.

Le carmin^ môle de vermillon^ se comporte de la même manière» Le minium ou oxyde de plomb se comporte comme le massicot el la céruse.

Couleurs vertes»

Les verts de Sehweinfurt, de Schéele et ûiéHs Sont des arsénltes de cuivre ; mis en contact, dans un verre , avec de Tammoniaque m alcali volatil; ils s'y dissolvent en donnant lieu à une llqueut* bleue. •

Quand on en jette une très-petite quantité sur des charbons rouges, ils produisent nne fumée blanche qui a une odeur d'att trèsprononcée : on doit s'abstenir de respirer cette fumée. Les papiers Tîoloriés avec ces substances se décolorent au contact de l^amrtionlaque; nne goutte sofilt pour blanchir le papier dans le t)oint qu'elle touche, et elle prend ensuite presque instantanément la

640 CONSEIL d'HYGIÈNK PUBLHmB.

couleur bleuo; enfin, ces papiers, en brûlanl, dégagent Podenr d*ail. Les cendres qu'ils laissent ont une teinte rouge&tre, et sont constituées en grande partie par du cuivre métallique.

Une couleur verte est aussi préparée avec la gomme gutte et le bleu de Prusse ou indigo ; il est facile de reconnaître la gomme gutte dans la couleur verte, en traitant cette dernière , réduite en poudre, par Tétlier ou même Palcool ; la gomme gutte se dissout en colorant le liquide d'une couleur jaune d'or. Une partie de ce liquide, versé dans un peu d'eau, donne une émulsion de coolenr jaune ; un peu de potasse ou d'ammoniaque versée dans ce mélange et dans la dissolution de gomme gutte avec l'alcool ou Téther, donne une coloration rouge foncé, ou orange, lorsque le liquide est étenda.

Couleurs bleues.

Les cendres bleues (<xcyde ou carbonate hydraté de cuwrè) donnent, avec l'ammoniaque, une couleur bleue.

V outremer pur ne colore pas l'ammoniaque; mais, quand il a été falsifié par le carboruUe hydraté de cuivre, il acquiert la propriété de communiquer à cet alcali liquide une couleur bleue, caractéristique de la présence d'un composé cuivreux.

Feuilles de chrysoealqae.

Elles se dissolvent jfacilement dans Tacide nitrique étendu de son volume d'eau, et donnent une couleur bleue par Taddition d'une petite quantité d'ammoniaque ; elles se dissolvent aussi peu à peu dans l'ammoniaque, qui se colore en bleu.

§ II. — Papiers pêikts.

Des accidents graves ont été causés par l'emploi des papiers peints dont se servent quelquefois les charcutiers, les fruitiers, les épiciers et autres marchands de comestibles pour envelopper les substances alimentaires qu'ils livrent à la consommation.

Les papiers les plus dangereux sous ce rapport sont les papiers peints ou teints en vert et en bleu clair, qui sont ordinairement coloriés avec des préparations métalliques. Viennent ensuite les papiers lissés blancs et les papiers aurore. Ces papiers, mis en contact avec des substances moies et humides ou grasses, peuvent leur communiquer une portion de leur matière colorante ; il peut dès lors en résulter, suivant la proportion de matière colorante mêlée à l'aliment, des conséquences plus ou moins graves.

Pour reconnaître la nature des substances qui colorent les papiers, on peut consulter les renseignements qui ont été donnés cidessus.

'CONSEIL D'HTGlàNB IPUBUQUE. 641

§ III. — Sel marin , sël de cuisine.

Le sel marin livré au commerce est souvent falsifié , !• avec de la poudre de plâtre cm; 2» à l'aide de sablon ; 3° avec des sels de varech ; 4^ avec des sels de salpêtre.

On peut s'assurer que le sel est falsifié à Faide du plâtre cru, en traitant le sel par À p. d'eau qui dissolvent le sel , et qui laissent pour résidu le plâtre cru ; on le lave, on le fait sécber et on le pèse ; iOO gr. de sel non falsifié laissent un résidu qui pèse à peine i gr. ; les sels mêlés de plâtre laissent des résidus qui pèsent ordinairement de 6 à ii gr. Dans ce dernier cas, les résidus, chauffés et mêlés à une petite quantité d'eau, donnent du plâtre gâché.

Le sel mêlé de plâtre cru peut encore être séparé des matières insolubles, en agissant de la manière suivante :

On prend 200 grammes de sel, on les introduit dans un petit tamis de crin à mailles serrées-, on mouille ce sel, on y fait tomber de Teau jusqu'à ce que cette eau , qui traverse le sel posé sur le tamis^ en sorte claire ; on laisse alors déposer l'eau, on décante la partie qui s'est éclaircie, on recueille le résidu, on le lave, puis on le fait sécher et on le pèse.

On peut séparer de la même manière le . sablon qui a été mêlé au sel.

Si Ton veut reconnaître si des sels ont été mêlés de sels de varech, on prépare une solution d'amidon , en prenant 1 gr. d'amidon et 50 gr. d'eau ; on fait bouillir : lorsque la solution est préparée , on la laisse refroidir, puis on l'additionne de 20 gouttes de chlore liquide ; on agite alors pour que le mélange soit bien exact.

Si l'on verse de cette solution amidonnée chlorée sur un sel qui contient des sels de varech iodurés, on obtient une coloration qui varie du violet au bleu , selon que la quantité de sel de varech ajouté au sel est plus ou moins considérable.

Les sels qui sont mêlés de sels de salpêtre présentent ce caractère que le grain d'une partie de ce sel est plus fin.

Ce sel, traité par l'eau amidonnée chlorée, se colore ; si l'on en prend une portion , et qu'on le mêle dans un verre à expérience avec de la limaille de cuivre, et qu'on traite par l'acide sulfnrique , on obtient assez souvent des vapeurs nitreuses rutilantes ; ces vapeurs, reçues sur un papier qui a été enduit de teinture de gaïac, prennent une teinte bleue.

§ IV. — ÉTAMAGE, ÉTAIN, FER CALVAMSÉ, ttNC, ETC.

Il est indispensable de soumettre, de nouveau, les vases de cuivre

64S GONSftiti D^MOtÈMI WBIIQIOS.

à rétamage, lorsque ce dernier vient à être enlevé sur quelque endroit ; il suffît souvent d*un point peu étendu pour déterminer des accideiits; ce n^est pas seulement en laissant séjourner des aiimeoCs dans les vases de cuivre mal étamés que le cuivre peut se mêler à ces aliments et causer des empoisomiements, ce mélange peut se produire même pendant la cuisson de certains aliments, et la précaution de les retirer de ces vases immédiatement après lenrcoction ne produirait qu'une fausse sécurité.

Dans tous les cas, il n'est jamais prudent de laisser séjourner des aliments dans les vases de enivre , même les mieux étamés ; car il est certains condiments qui peuvent attaquer Télamage et le cuivre qui est au-dessous ; des accidents ont été déterminés par cette négligence.

Il est surtout fort dangereux de faire bouillir du vinaigre dans des bassines de cuivre, ou de laisser dans ces bassines du vinaigre bouillant, dans le but de donner aux légumes ou fruits que contient cette bassine une belle couleur verte ; il est plus dangereux encore • ainsi que cela se pratique souvent, de faire rougir d'abord la bassine, d'y introduire le vinaigre, et de l'y faire bouillir.

Dans l'un et l'autre cas, il se forme des sels solubles de cairre, qui s'introduisent dans les produits et qui peuvent déterminer des accidents.

Les observations qui précèdent s'appliquent également aux vases de maillechort et d'argent au second titre. Les substances acides et le sel de cuisine, qui sont mêlés aux aliments, peuvent les altérer par la formation des composés de cuivre qui, tous, sont de véritables toxiques.

Le plaqué d'argent, lui «même, ne doit inspirer de sécurité qu'autant que la couche d'argent est d'une épaisseur convenable, et qu'aucun point rouge n'apparaît dans l'intérieur des vases.

Le zinc et le fer galvanisé ne peuvent être employés pour les usages alimentaires, parce que le zinc forme , avec les acides, des sels émétiques dont l'usage est dangereux.

L'étain de bonne qualité peut toujours être employé sans danger pour les usages alimentaires.

L'étain fin est blanc, brillant , lorsqu'il est neuf ^ et rappelle k couleur de l'argent ; lorsqu'on le ploie , il Cait entendre on bruit particulier qu'on appelle cri de l'étain, L'étain allié avec le plomb est gris, bleuâtre, et cesse de faire entendre le cri que nous venons d'indiquer^ lorsqu'il y a plus de 20 °/o de plomb.

L'étamage à l'étain fîn est blanc, brillant, et a un aspect gras ; rétamage à 75 Vo d'étain pour 25 Vo de plomb est moins blanc ; celui à 50 Vo est bleuâtre.

Poitrqiie rétamage soH bien fait, il faut qaele métul Mi répandu sur la pièce à étamer cTune manière égale et sans une trop grande épaisseur ; le poids de Tétain employé pour une surfaee assez étendue est très-peu considérable, environs décigrammes par mètre carré; on voit que la pureté et le prix de Tétain ne sauraient augmenter d'une manière notable le prix de rétamage.

§ Y. — Eadx distujjées.

Moyens de recùnnaitrê dam les eauœ diHiiliês h fritmu

des Sêls métaUiquis.

L'expérience prouve que les eaux distillées, préparées ou conservées dans des vases métalliques^ dissolvent une certaine quantité de métal avec lequel elles sont en contact.

Les eaux distillées de fleurs d'oranger et de rose doivent être claires, limpides ; leur saveur ne doit pas être acide ; elles ne doivent pas rougir fortement le papier de tournesol.

Ces eaux ont été trouvées altérées par des sels de fer, de zinc, de cuivre, de plomb ; on reconnaît la présence de ces sels ;

1° Par le ferro-cyanure de potassium (prussiate jaune de potasse)^ qui donne :

Avec Teau de fleurs d'oranger, altérée par un solde fer, une couleur bleue ;

Avec l'eau de fleurs d'oranger, altérée par un sel de zinc, un précipité blanc ;

Avec l'eau de fleurs d'oranger, altérée par un sel de cuivre, une coloration en rose ;

Avec l'eau de fleurs d'oranger, altérée par un sel de plomb, un précipité blanc ;

2° Par le sulfure de sodium ^ qui donne :

Avec l'eau qui tient des sels de fer, de cuivre, de plomb, une co-« loration brune plus ou moins foncée, puis des précipités qui varient du brun au noir ;

Avec l'eau qui contient un sel de zinc , un précipité blanc de sulfure de zinc (^).

(*) Pour les personnes étrangères à la chimie, nous croyons devoir indiquer ici une des manières d'exécuter l'expérience propre à reconnaître la présence des sels métalliques : on prend un demi-verre de l'eau distillée à essayer, et Ton y fait tomber 5 à e gouttes d*eau de Baréges ou d'Enghien ; après cette addition. Ton remue pendant quelques instants avec une petite baguette de verre, afin d'opérer complètement le mélange. Si la coloration produite est très-légère, ou la rend

644 OONSfilL D'BTGliNB PUBIiQUC.

Peur priver les eaux distillées des sels métalliques qu'elles cgdtiennent, il faut y ajouter du noir animal purifié, c*est-à-dire prÎTé par Tacide chlorhydrique du carbonate et de tout le phosphate de chaux qu'il renferme.

Le charbon animal doit, après son traitement à plusieurs reprises par Tacide chlorhydrique bouillant, être lavé à Teau de pluie , jusqu'à ce qu'il ne renferme plus d'acide.

On peut, à défaut du charbon animal , employer de la braise de boulanger pulvérisée, lavée et séchée.

On agite fortement pour que le charbon ou la braise se répande également dans Teau de fleurs d'oranger. L'agitation ayant été répétée huit ou dix fois dans le courant de la journée, on laisse le liquide en repos, puis on décante et on filtre le lendemain.

S grammes de charbon animal ou 10 grammes de braise sont plus que suffisants pour traiter 25 litres d'eau de fleurs d^oranger ou toutes autres eaux distillées.

Indépendamment des précautions ci-dessus indiquées, il importe que les personnes qui reçoivent de l'eau de fleurs d'oranger dans des estagnons de cuivre la mettent immédiatement dans d'autres vases qui ne sont pas métalliques (des vases de verre, par exemple), et qui soient hermétiquement bouchés et placés à Fabri de Tinfluence de la lumière et de la chaleur.

Lue et approuvée dans la séance du 4 février 1853.

Le vieeprésiderU^ Le secrétaire.

Al. Devergie. Ad. Trébuchet.

Vu et approuvé l'instruction qui précède pour être annexée à notre ordonnance en date de ce jour.

Le préfet de police, Piétri.

plus apparente en posant le verre sur un carré de papier blanc et en regardant le liquide de haut en bas à travers le fond du vase. Enlio, la teinte devient encore plus sensible, si l'on place à cOlé, sur le même papier, un second verre renfermant une égale quantité de la même eau non addilionnée d'eau sulfureuse.

Les eaux distillées qui contiendraient des sels de zinc donneraient un précipité blanc.

Page 1