‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 43 sur 251 · CANTHARIDES · texte numérisé non relu

CANTHARIDES

tig^, phosphorique; phosphates de chaux et de magnésie; ehitme.

Les cantharides agissent aussi comme aphrodisiaques; l'espèce la plus employée est la cantharide véskante^ appelée vulgairement mouche d Espagne.

Les cantharides doivent être choisies récentes, bien entières, d'une belle couleur vert-doré, sans mites, bien sèches et non échauffées.

Usages. — La cantharide est employée en médecine comme épispastique. Elle fait la base d^in grand nombre de préparations pharmaceutiques, des onguents, emplâtres, pommades, taffetas, cérats, huiles, liniments dits epispastiques ; de teintures, extraits, alcoolats. La poudre de cantharides produit sur la peau Teffet local bien connu et désigné sous le nom de véskatoire.

ÂiTÉRATioNS. — Les cautharidos nouvelles sont entières et bien brillantes ; mais conservées, même dans des vases fermés, dans des barriques de bois blanc doublées en papier ou en toile, elles sont attaquées par la mite {acarus domesticus ) et les larves des desmestes, des ptinus ou de Vanthrenes museoTum ; les pattes, la tête et les ailes finissent par se détacher et forment des vermoulures sujettes à la fermentation. Ces vermoulures sont moins actives que les insectes entiers, parce que les insectes rongeurs et leurs débris, qui restent mêlés aux cantharides, n'ont pas de propriété vésicante, et parce que les cantharides attaquées sont presque toigours anciennes et ont perdu, par la vétusté, une grande partie de ieur principe actif.

On a proposé le camphre , le mercure, l'emploi du procédé A* Appert y pour conserver les cantharides et les préserver des attaques des insectes.

Falsifications. — Suivant M. Péreira, la poudre de canharides aurait été fréquemment falsifiée avec de l'euphorbe. Voici le procédé de M. Stanislas Martin pour déceler cette fraude : on fait bouillir au bain-marie, avec une petite quantité d'alcool à 22^, les cantharides suspectées, puis on filtre la liqueur encore chaude ; par le refroidissement, le décocté laisse déposer la gomme-résine, susceptible d'être reconnue ^ttx caractères qui lui sont propres. Ou fait ensuite évaporer

à ôccité la solution alcooliqae, et Taugmeatation de poids de l'extrait fait connattrc la proportion de matière étrangère introduis dans les cantharides. A cet effet, on se base sur ce que 1 kilog. de cantharides en poudre de bonne qualité fournit 150 à 160^*^ d'extrait presque entièrement soluble.

M. Emmel a trouvé des chrysomèles {chrysomela fastuosa ) d'un vert brillant, mélangés dans la proportion de IG^o à des cantharides, probablement en poudre, car il est difficile de croire que Ton puisse mêler ces coléoptères, qui n'ont que 0-,0n à 0",013 de longueur et 0»,007 àO»,009 de largeur, avec des cantharides longues de 0«,020, et larges do 0",005 i 0-,007,

Les cantharides do Russie passent presque toutes par les mains de spéculateurs allemands, juifs pour la plupart, qui leur donnent beaucoup de poids, à l'aide d'une immersioD dans de Vhuile froide et d'un égouttage, avant de les expédier.

On les a aussi immergées dans l'alcool^ pour enlever le prin* cipe actif qui servait à la préparation des taffetas vésicants* On mélangeait ensuite la mouche entière, et bien séchée^ avec les cantharides de bon aloi.

Dans le même but, on a fait macérer les cantharides dans l'essence de térébenthine; on les portait ensuite à l'étuvo, au sortir do laquelle elles avaient repris leur aspect primitif. On les vendait alors comme cantharides de bonne qualité.

Quelquefois on les mouille pour leur donner du poids ; la perte de poids produite par une dessiccation à l'étuve permet d'apprécier cette humidité.

Il paraîtrait aussi qu'on a essayé de les frauder en les mélangeant au lyita syrioea, insecte d'un tiers plus petit; au eetonia auraîa^ ou cerf-volant doré, qui a une taille plus jargc et plus ramassée,

OAPZXJLAXBES.

Les capillaires, de la famille des Fougères, sont employés principalement en infusion et sous forme de sirop, dans les affections catarrhales.

Les feuilles de capillaires contiennent généralement du

tmÊcUae^i un fitineip^ légèrement miringefU el imo nuaike

L'espèce la plus estimée est lo capillaire du Cimaéa (aâim^ ikum pedaium)t auquel ou substitue souvent le capUiaire de Mfmipellier (odianiAum eapillus Veneris), le capillaire noir ou capillaire coBimun {aspknium adianihum nigrumijy lo eainl-' laire polyiric {oapletfHum incbontanee).

Le capillaire du Canada a des firoudos grandes, des pétioles longSi et ramifiés seulement à leur sommet.

Le capillaire de Montpellier a des folioles ounéiformes, minces, grêles, incisées sur les bords supérieurs. Il est légo* remeni mncilagineux, a une saveur et une odeur un peu aro* matiques.

Le capillaire noir a les folioles lancéolées, incisées profon* dément et dentées; elles ont moins d'arôme ; leur couleur est d'un vert plus foncé que les espèces précédentes.

I^ capillaire polytric des officines a des feuilles trèft-petites et rondes, et possède aussi moins d'aromo que les deux pre-r mières espèces.

OARBOMATB D* AMUSOSII AQUB ,

Ce sel, appelé aussi alcali mlatil concret y 9el volatil dAn^ gleterre, sel volatil de corne de cerf^ sesquicarbonate dammo^ niaquCy etc., est blanc, tr^inslucidc, a une saveur acre et piquante, une odeur fortement ammoniacale; il verdit le sirop de violettes; il est soluble dans Tq^u froide ; Veau bouillante le décompose. Soumis à VacUon de la chaleur, ce sel se volatilise. Sa volatilité est telle qu'il SQ vaporise peu à pou ài Vair

Usages. —Le carbonate d'ammopiaque ciit employé comme excitant et diaphorétique énei|[ique; d^ les arts» ou s'en swt pour faire lever les p&tes.

ALTÉRATIONS. — Quelquefois le carbonate d'ammoniaquç a été préparé dans des vases de plomb et retient w pw do ce métal; ilsutfit, pour s'en assurer, de dissoudre dans Teau pure un peu de carbonate ; le précipité blanc qui se forme ay fond du vase est du carbonate do plomb faisant eifaryesceoce avec las acidea, et damant ud^ dissolution qi|i préçipto op

184 CARBONATE DB MAGIlélSIE.

blanc par Tacide solfurique ou le sulfate de soude, en jaune par riodure de potassium et le chromate de potasse, en noir par rhydrogène sulfuré ou im sulfure alcalin.

Falsifications. — Le carbonate d'ammoniaque peut être falsifié par le chlorure de ioâium^ et remplacé par un mélange de potasse et de chlorhydrate dC ammoniaque* Quelquefois, par suite d'un défaut de préparation, il peut aussi retenir une petite quantité de ce dernier sel.

La présence du cblonire de sodium ou du chlorhydrate d'anunoniaque est décelée à Taide du nitrate d'argent, après avoir eu soin de saturer préalablement par Tacide nitrique le sel à essayer ; sans cette précaution, le précipité de chlorure d'argent serait dissous au fur et à mesure de sa formation.

En soumettant à Faction de la chaleur le sel suspect, on a pour résidu soit le chlorure de sodium, qui est fixe; soit le chlorhydrate d'ammoniaque, qui est moins volatil quelecar* bonate.

Si le sel suspecté n'était autre qu'un mélange de potasse et de chlorhydrate d'ammoniaque, on aurait pour résidu, après la sublimation d'une partie de la masse, du chlorure de potassium, dont la solution aqueuse donne un précipité blanc caillebotté, insoluble dans l'acide azotique avec le nitrate d'argent, et un précipité jaune-serin avec le chlorure de platine.

OAllBOHATB »B MAOltilSZB.

Le carbonate de magnésie 'ou magnésie blanche , magnésie douce, magnésie effervescente^ craie de magnésie^ etc., se trouve dans le commerce sous forme de pains carrés, blancs, très4égers, inodores, insipides, insolubles dans l'eau, solublesavec effervescence dans les acides. Il verdit le sirop de violettes ; chauffé au rouge, il se décompose et laisse la magnésie pour résidu.

Il renferme 58 % de magnésie.

Usages. — Le carbonate de magnésie est administré comme absorbant et contre les aigreurs de l'estomac. Il est légèrement purgatif. Il sert à faire un grand nombre de préparations magnésiennes purgatives, telles que limonades, sels, etc«

OUIBOirATE DE MAGNÉSIE. 185

Altératioms. — Le carbonate de magnésie mal lavé peut contenir du sulfate de potasee; il peut être coloré en rose» coloration due à un peu de carbonate de fer, si Ton a employé à sa préparation un suiiate de magnésie ferrifère.

En lavant le carbonate de magnésie, l'eau de lavage, s'il a retenu du sulfate de potasse, donne un précipité blanc avec le chlorure de baryum, et un précipité jaune-serin avec le chlorure de platine.

Si le carbonate de magnésie contint du fer, on en dissout une quinzame de grammes dans Tacidechlorhydriquepinr; la solution est évaporée à siccité après Taddition d'un peu d'acide nitrique, puis on fait redissoudre le sel et on chauffe avec un petit excès de carbonate de magnésie ; il se dépose immédiatement un sédiment jaune ocracé de peroxyde de fer hydraté.

FALsmcATiGMS. — Le carbonate de magnésie peut être adultéré par la craie ou carbonate de chaux (*), Vamidon^ la sUiee, V alumine.

En traitant le carbonate par dn acide, on a une dissolu* tion qui précipite en blanc par Toxalate d'ammoniaque, s'il y a de la chaux. Le précipité, recueilli et calciné au contact de Tair dans un creuset de platine, donne la chaux pour résidu. Le poids de cette dernière sert à calculer celui du carbonate de chaux mélangé avec le carbonate de magnésie.

On peut aussi traiter le carbonate de magnésie par un léger excès d'acide sulfurique étendu, qui en dissout la totalité s'il est pur; dans le cas contraire, il laisse un résidu insoluble de sulfate de chaux.

L'amidon est facilement reconnaissable par la coloration bleue que prend avec l'eau iodée le décoctum aqueux, fait à chaud, du carbonate suspect.

Si le carbonate de magnésie traité par l'acide nitrique ou chlorhydrique laisse un résidu insoluble, il est facile d'y distinguer la présence de la silice. La dissolution acide donne avec un excès d'ammoniaque un précipité gélatineux , qui se colore en bleu par lacalcination avec le nitrate de cobalt» si l'on a affaire à de l'alumine.

(^) M. Hvraut a signalé la falsificalioQ du carbonate de magnésie avec S3 «/e de carbonate de chaux.

t86 QàMOtuai Oà) w aoura.

«ARBOMATB IIB PIiMOI. — V. 0««uts.

OA&BOWATB BB VOTA88V. — V. VoTAitst.

OARBOWATB (bi) BB POTASSB.

Le bicarbonate de potasse» ou carbonate depoiane taturèy est un sel blanc cristalliaé en prismes tétraèdres rhomboïdaux, terminés par des sommets dièdres, d'une aayeur Légèrement alcaline, sans àcreté; ils sont solubles dans Teau firoido, verdissent le sbrop de violettes, rougissent le curcuma, ramènent au bleu le tournesol rougi par les acides» et renferment 8,97 ''/o d'eau de cristallisation, qu'ils perdent par la chaleur. Mis en contact avec Toau bouillante, ils perdent une partie de leur acide, qui se dégage sous forme de bulles.

Usages. — Le bicarbonate de potasse est employé en médecine pour combattre la formation des caleub d'acido urique et d'urate d'anunoniaque ; on l'emploie contre la gale, les dartres, les engorgements glanduleux, etc.; dans les arts, on s'en sert pour la dorure par les procédés Elkington.

ALTJÎiUTiONS. — Le bicarbonate do potasse, mal préparé, contient quelquefois du carbonate^ du sulfate et du chlorure de potassium. On décèle le carbonate par une solution de sublimé corrosif, qui donne un précipité rouge brique; s'il n'y a pas de carbonate, on a un précipité blanc.

Le sulfate et le chlorure de potassium se reconnaissent : le premier, au moyen du chlorure de baiyum; le second» au moyen du nitrate d'argent.

OAaBOWAn »B SOmiB. ~ V. SmwM.

Le bicarbonate de soude ou carbonate de soude saturé est blanc, a une légère saveur alcaline ; il bleuit le papier de tournesol rougi par les acides, verdit le sirop do violettes, brunit le papier de curcuma. Il cristallise en prismes reotangulaires, mais se présente ordinairement sous forme d'agglomérations opaques, composées d'un grand nombre de petits cristaux transparents. L'eau bouillante le transforme en sesquicarbonato et en acide carbonique ; mo ébuUition long-

ckAsoîum (bi) 08 SOUDE. 187

temps prolongée le ferait repasser tout entier à Tétat de carbonate simple.

Usages. — Le bicarbonate de soude est employé pour empêcher la formation et même dissoudre les calcuk d'acide urique et d'urate d'ammoniaque; il sert à donner do l'énergie aux forces digestives; il entre dans la composition d'un grand nombre d'eaux minérales, des pastilles dites de Vichy ou de cFArcet, de boissons et limonades gazeuses, du sodawaler, de la poudre de Seltz, etc. Dans les arts, il sert au platinagc des métaux.

Altérations. — Le bicarbonate de soude, mal préparé, peut contenir du carbonate de soude^ dont la présence se décèle facilement à l'aide d'une solution de sublimé corrosif qui précipite en rouge brique, tandis que la môme sohition donne un précipité blanc quand il n'y a que du bicarbonate.

Le bicarbonate de soude ayant une valeur proportionnelle à la quantité de gaz acide carbonique qu'il peut fournir, l'essai de ce sel consiste dans la détermination du gaz, dont la totalité est dégagée au moyen d'un acide en excès, ou la moitié seulement par la calcination. Ce dernier procédé, plus simple et plus facile; s'exécute do la manière suivante : on introduit dans une éprouvette à pied, presque remplie d'eau, un tube à double courbure, sur lequel on renverse une cloche graduée, de la contenance de 1 Utre, dans laquelle on a mis environ 1 ccntil. d'huile ; cette cloche s'emplit au mémo niveau que l'éprouvette, car l'air qu'elle contient sort librement par l'extrémité extérieure du tube à double courbure. On adapte alors au bouchon fixé à cette extrémité un tube, fermé par un bout, contenant 5^' du sel à essayer, puis on chauffe avec une Jampe à l'alcool : le bicarbonate se décompose ; l'acide carbonique, mis en liberté^ remplit une partie de la cloche, tandis que Peau déborde autour de l'éprouvette. Lorsque le dégagement cesse, on note le volume du gaz, après avoir soulevé la cloche de manière à mettre au même niveau le liquide à l'intérieur et à l'extérieur ; le volume indique la nature et la valeur du sel essayé ; car 5^' de sesqui-carbonate donneront 33 centil. de gaz àO"* et à 0«>,76 de pression, et le bicarbonate pur 65<^M^L ,6, ou à peu près le double ; avec un carbonate ample, il ny aurait pas de dégagement d'addo carbonique.

48S GAfiCARILLE.

Le carmin est la matière colorante de la cochenille unie h mie matière animale et à mi acide. C'est une poudre légère, inodore, insipide, qui, chauffée sur ime lame de platine, se charbonne en répandant une odeur de corne brûlée.

Dans les arts, on prépare deux sortes de carmin : le carmin aux œufs, fait avec le blanc d'œuf et la cochenille, et le car-min à la gélatine, fait avec de la gelée de colle de poisson. Le carmin aux œufs se broie mal, il est un peu grumeleux ; on remploie pour colorer les bonbons, pour faire Tencre rouge, pour la peinture, etc. Le carmin à la gélatine, susceptible d'une grande division, est employé dans la peinture fme, la miniature.

Falsifications. — Le carmin est falsifié avec Valumine, le vermillon j la fécule de pommes de terre, quelquefois jusqu'à 50 »/o .

En traitant le carmin par l'ammoniaque, il est seul entièrement dissous, les substances étrangères sont séparées. La fécule se reconnaît au moyen de Teau iodée ; l'alumine, au moyen du nitrate de cobalt avec lequel elle donne, par la calcination, une coloration bleue. Le vermillon est repris par Tacide nitrique; il se forme du nitrate de bioxyde de mercure, qui donne avec Tiodure de potassium un beau précipité rouge de bi-iodure de mercure.

La cascarille est une écorce fournie par le croton cascarilla, arbrisseau de la famille des Ëuphorbiacées, qui croît au Pérou, au Paraguay, aux îles Bahama et dans d'autres contrées de TAmérique méridionale. Cette écorce est aussi nommée chacrilk^ écorce ikuthérienne, quinquina aromatique; elle est en fragments roulés, compactes, pesants, peu épais, de la grosseur d'une plume à celle du petit doigt, à cassure résineuse et rayonnée. Elle est d'un brun obscur ; elle possède une saveur aromatique et amère, une odeur agréable parti-

CiasK. 189

cnlière, se rapprochant de celle du musc, surtout lorsqu'on la chaufTe. Elle est recouverte d'un épiderme blanc, rugueux, fendillé comme celui du quinquina, et quelquefois couverte, en quelques points de sa surface, de plusieurs espèces de lichens.

Usages. — LacascariUe est employée en médecine comme tonique, excitante, fébrifuge ; elle sert aussi comme parfum.

Dans le commerce, on vend comme cascarille :

La cascarille blanchâtre, ainsi nommée à cause de la blancheur de son épiderme et de sa poudre ;

La cascarille térébinthacée, à odeur faible de térébenthine, sa poudre a une teinte rosée ;

Vécorce de copakhi, qui a une odeur peu marquée lorsqu'elle est entière, et une odeur de térébenthine lorsqu'elle est pulvérisée : elle est en tubes droits, cylindriques, roulés les uns dans les autres ;

Les débris de quinquina grisy que l'on distingue facilement par leur saveur très-amère e't non aromatique.

La casse est le fruit {gousse ligneuse) du canéficier '{cassia fistula)y grand arbre de la famille des Légumineuses. Ce firuit, connu dans le commerce sous les noms de casse en bâtons , bâtons de casse , provient presque uniquement d'Amérique ; il est très-long, d'une couleur noire, à deux valves soudées par deux sutures longitudinales. Intérieurement il est partagé par des cloisons transversales en un grand nombre de loges, qui contiennent chacune une graine rouge, arrondie, déprimée et poUe, au miheu d'une pulpe noirfttre, douce et sucrée, qui renferme, d'après l'analyse de Vauquelin : gélatine; végétale: extraetif; gomme; gluten f sucre; pa» rené Aymé ; eau.

Usages. — La pulpe est la seule partie de la casse qui soit employée comme médicament laxatif.

ALTéRATioNs. — La casse s'altère facilement et la pulpe se dessèche, d'autres fois elle fermente et moisit. Ces altérations se reconnaissent d'abord à c^ que la casse fait la sonnette; le

190 GASISOBIADE.

noyau contenu dans Wntêrienr du fruit n'étant plus enclavé dans sa pulpo, fait entendre, par ragitation, un bruit semblable à celui d'un grelot. Souvent, pour dissimuler celte altération, on donne à la casse un nouveau lustre ou vernis artificiel, en la plongeant dans l'eau jusqu'à ce que la pulpe se soit gonflée de manière à remplir les cellules qui la contiennent. Le mieux est do fendre une gousse de la casse, d'en extraire la pulpe et de la goûter, afin do s'assurer si elle n'est pas moisie. Autant que possible, on doit choisir la casse grosse, bien fraîche, pesante.

La cassonade, ou moscotMde, est un sucro de cannes ou de betteraves, de couleur blonde, très-employé dans Féconomie domestique et dans la pharmacie pour faire les sirops.

La cassonade doit ôtre bien sèche, pou odorante, trës^solublo dans Tcau, etc., exempte de saveur qui rappelle la présence d'un corps étranger.

Altérations.— Quelquefois la cassonade est trop Atimûfe, on s'en assure par l'aspect et la différence du poids avant et après la dessication.

Elle peut retenir de la chaux ou les autres corps employés pour la défécation; on les retrouve par les moyens indiqués à l'art. Sucre.

Falsifications. — La cassonade a été falsifiée soit avec du sucre de lait^ soit avec la farine^ la terre f losable^ la fécule de pommes de terre (^), le sulfate de potosscy la glucose.

Le sucre de lait se reconnaît au moyen de ralcool, qui dissout la cassonade et laisse le sucre de lait indissous.

En faisant dissoudre un pou de cassonade dans l'eau froide, on reconnaît si elle contient de la farine, du sable ou de la fécule do pommes de terre : le sable se précipite de suite, la farine et la fécule se précipitent lentement, le liquide prend un aspect laiteux ; quelques gouttes do teinture d'iode y développent une coloration bleue.

{}) M. Vandenbn)ecke tk trouvé dans le commerce un échantillon de ^Uifisonade blanche, qui contenait It Vo de Kcule dé pommes de terre.

Quant an sulfate de potasse, dont la présence dans une cassonade brane a été signalée par M. Langloi8(% on le décMo en brûlant dans un creuset une quantité déterminée de cassonade. Les cendres sont traitées par l'eau distillée, et la solution aqueuse concentrée par évapora tion donne des cristaux de sulfate de potasse; ou bien on dissout la cassonade dans l'alcool faible : le résidu repris par Teau pure, puis évaporé, laisse cristalliser le sel dont la solution aqueuse précipite en blanc par le chlorure de baryum, en jaune-serin par le chlorure de platine

Pour reconnattro la sophistication par la glucose qui rend la cassonade terne, onctueuse, s'égrénant sous les doigts, voy. les moyens indiqués à l'art. SuctiB.

Le cMtoréiim est la substance onctueuse sécrétée par deux groâses glandes situées dans les poches préputiales du castot*, animal de la famille des Rongeurs.

Dam le commerce, le castoréum se vend renfermé dans ces poches pyriformes et inégales, encore unies ensemble, al«longées, ridées, quelquefois aplaties, d'un brtm sale, d'une «assure résineuse et entremêlée de membranes blanchâtres. C'est une matière sèche, firiablo, légèrement onctueuse, d'une odeur forte et désagréable, due, suivant M. Wœhkr, à de l'acide carbolique (*), d'une saveur acre et amère, d'une ooi>- \em jaune <m brunâtre.

La castoréum est insoluble dans Feau, soluble dans Talcool et l'éther; il a été examiné par un grand nombre de chimistes, et contient, d'après l'analyse de Brandes :

Choleitérine; huik volatile; castorine; résine; extrait soluble dans ttau et Falcool; albumiM; matière grane; mucus;

(^) M. langUÀs découvrit cette fraude en préparant, avec une cassonade , du sirop diacide tartrique , qui donna un précipité abondant de tartrate acide de potasse. Le sulfate de potasse se trouvait dans la proportion dé tVo-

(*) L*aeîde «aMioUquff <m ^étriqué a aie démivert pir 9m§e^ dans rbuUe de goadron de bOQiUe.

182 4abuT.

carbonate dcmmoniaque; carbonate j phosphate et tulfatê de

chaux; sulfates de potasse et de magnésie; eau.

Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes de castoréum : le castoréum de Mussie ou. de Sibérie; le castoréum du Canada; le castoréum de Dantzig; le castoréum de la Nou^ v^eUe- Angleterre. Le plus estimé est le castoréum de Russie; mais le plus fréquent est le castoréum du Canada*

Le castoréum doit être choisi gros, bien plein, sec, d'une odeur forte, et sans poches ouvertes, fendues ou moisies.

Usages. — En médecine, on emploie le castoréum comme médicament antispasmodique, antihystérique; on l'administre en pilules, lavements, potions.

Fàlsifications. — Le castoréum est falsifié par des substanr ces résineuses, telles que le sagapenum^ le gaWanum, la gomme ammoniaque^ la cire; on y a ajouté aussi des baltes déplomba pour en augmenter le poids. On a livré au commerce du castoréum factice, préparé avec le scrotum déjeunes boucs ou la vésicule biliaire de mouton. Ces fraudes se reconnaissent à l'aspect, à la saveur, à Todeur du castoréum ; on pourra toujours distinguer les incisions faites sur les poches pour extraire le castoréum, et Tabsence complète des membranes blanches qui partagent cas poches en plusieurs loges.

Il peut arriver que, par suite d'un état pathologique, les substances organiques, le tissu cellulaire, disparaissent pour la plupart et soient remplacés par du carbonate de chaux; Fexamen chimique seul peut servir à constater cette altéralion, dont Tobservation est due à M. MOUer qui a trouvé un castoréum, acheté conune bon castoréum de Sibérie; celui-ci en présentait tous les caractères et renfermait pour 100 p. :

Carbonate de cbaui 40,65

Malières aolubles possédanl une forte odeur

de castoréum i5,83

Graisse i,S6

Matières soiubles daos Teau 1,80

Matières insolubles dans l*eau et Tétber. . . 8,13

Le cérat est unmédicâment destiné à Fusage externe, composé d'huile d'amandes douces et de cire; c'est une espèce de

CERFBUIL. I9li

poHunad<^ d'un blanc laiteux, d'une consistance d'huile figée.

Depuis quelque temps, on a préparé un cérat dit à la stéarine, dans lequel la cire est remplacée par la stéarine. Traité par la chaux, le cérat à la stéarine se saponifie et donne du stéarate de chaux et de la glycérine, ce qui n'arrive pas avec le cérat préparé avec la cire. Le stéarate de chaux est ensuite décomposé par Tacide sulfurique, en sulfate de chaux et en acide stéarique.

FALsmcATiONS. — Le cérat est quelquefois falsifié avec les carbonates de magnésie y de potasse. Ces substances, ajoutées dans le but d^augmenter sa blancheur, se reconnaissent en traitant le cérat par Teau chaude : le carbonate de magnésie se précipite sous forme d'une poudre blanche faisant effervescence avec les acides. Quant au carbonate de potasse, on sature la solution aqueuse par l'acide sulfurique, et si la liqueur contient de la potasse, elle précipite par l'acide tartrique, parle chlorure de platine.

Le cérat peut contenir de Yacide arsénieux^ s'il a été préparé avec de vieux bouts de cierge, faits eux-mêmes avec de Facide stéarique contenant cet acide. Pour s'en assurer, on fait bouillir le cérat avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique; puis leUquide refroidi est introduit dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc.

Le cerfeuil (scandix cerefolium)^ de la famille des Ombellifères, est d'un emploi assez fréquent dans l'économie domestique; on en prépare une eau distillée , qui jouit essentiellement de propriétés médicales excitantes et diurétiques.

Il paraîtrait que quelquefois, par inadvertance , le cerfeuil aurait été vendu mêlé âepetite ciguë {œthusa cynapium), quoique cependant la confusion soit difficile. £n effet, dans le cerfeuil, les feuilles sont portées sur de longs pétioles, à folioles ovales, incisées et dentées, d'un vert clair; les fleurs forment des ombelles blanches, souvent latérales, à quatre ou cinq rayons. L'odeur du cerfeuil est aromatique, sa saveur n'offre rien de désagréable.

19^ ciRtTîiË.

Lès fêtiiiteè de là petite/ cîgaë sdfnt tfriis fcH AH-Béè^, * lë^ lioles étroites, aigii^s, incisées, ffan vett foncé; les fleftlS^nt blanches, disposéei^ eft ombeïlffè terminales, composées d>Tivifôri une vingtaine de râyonS; I'6deur de la petite cîgdé e^ vrreusê et nauséabonde, elle a ijuelque cho^e d'ârfliaëé, fai saveur est détestable ; on Ta plutôt confondue avec îë pëHîi (àpium petroselinUfn) qui a mie tige cannelée; verte, cfès folioles larges, partagées en trois lobes presque cun6lf(0*WiW5 et dentés. Ses fleurs sont d'un jaune verdâtre. Le per^îl pthéle une od^Ur aroirïàlique agréable^.

Là cêrùse ou carbfmate dé plomb, blaté dèpllffnb, blàièc et argent, blant êe cértt^y blanc Se kherm (*), est anhVdre, Blénché^, pulvérulente, pesante, insipide, inodore, insoluble dans Teèu, solufilé avec effervescence dans les divers acides (tîitriq^, acétitfuê, etc.); soluble même dans Feàu chargée d'aéîde carbonique. Chauffée au rouge, elle se décompose en perdant son acide carbonique; si la calcination est prolongée ati ccmUlct de Fair, le protoxyde de plotab ^e chahge, par degré*, en mine orange.

Le carbonate de plomb renferme, d'après Berzéltus : acide carbonique, 16,5; protoxyde de plomb^%i^h, La céruse du commerce contient, en outre, des quantités variables d'hydrate de proloxyde de plomb, quelquefois dans la proportion (Te 12 à 18 «/o.

Dans le commerce, la céruse se présente eti poudre fine, 6tî fortement tassée en masse, dans de petits vases toniques, qui lui donnent la forme de pains: on la prépare, en outre, mêKe et bfvyée à F huile.

Bile porte lëk homs de céruse dé Hollande ou de céruie dé Cïichy, suivant qu'on a employé pour la préparer, soit le procédé hollandais (par le fumier ou la tannée et le vinaigre), ^oit lé procédé français, dit de Clichy (par la précipitation du

(*} La céruse a aussi porté autrefois les noms de : niéphite de plomb, craie ds plomb, piomb spathique, oxyde de ptomb bUmc, protoc^rbonûte de plomb, sous-carbonate de pkmb.

IdÛÂ^ii^élillo Ue ploml) àti hibveh de l'acide carbonique), dil à

D'après \èi kHklJ^sëô de Hl. Ébchsietter^ lescëfùses de flollande sont des mélanges variables de carbonate neutre de />{lobf8 ëi êthy^ati it oxyde de ptornb; lés cériises obtenues par précipitation 6bnsiktëtit en 'càrbbiiaii rAête ïï oxyde hydraté bii en «iridfJàtt neutre, siiivfiiht que ropératioii â été faite â froid ou à chaud.

(J^agé!^. — Lit cérttsé ii'esi employée en médeciiie qu'à IVxtérieiir, pour guérir deS névralgies rebelles; elle saponifie faeiiemeiît léi^ graisse^ et fait pàttié dé quelques bii^iients : elle ëhtfe dkilis lÀ préparation do remjplâlrc qiii porte son nom, et fkit \A bkse de là pommade ée nhàzîs. La céfiise est surtotit ëmplbyéë (^) dàiis Ik fabrication des couleurs, aâns là peiiiiui*e ft Thuilë; elle âèft d'ekcipiént et donne dii corps âui autres couleur^; oti remploie ausâi ^ faire un mastic (avec du thinium et dé Thuile], que Tbil bàthpriinc entre dés rbiidellès de cârtBil ^o^ feiihër lëS jblnliifes dès coiiduitês d'éâu et de feai, des tuy^auidefâtiëur; elle sè^ 8 faire là niinë orange, S préparer le vernis ou couverte de certaines faïences iliîes.

Airriài'i'iDNS. — ^ La téniSë {)eut contenii* soit dit /i?r, du ctifiM^; provenant Akà appareils et outils qiii ont servi dans sa MbHËÀtiôn; §oit dë^ 'làaiïèrei i'erréti^B dues aux eàiix plus oii moins pures que Ton emploie dans le cours de sa prëparatiotl. Pour s'assurer de leur présence, on disSbut à firoid la cérûsè dans Tacide nitrique faible : les matières terreuses restent indissoQtes, la solution acide filtrée est précipitée par Facide sulfimque, qui sépare le plomb à Tétat de sulfiite insoltiblë; oniîkre et on évapore à siccité, le résidu est repris par Teati distillée cbaude, et dans la liqueur filtrée et refroidie on versé un excès d'ammoniaque, qui précipite Toxyde de fer et donne une coloration bleue, plus ou moins intense, suivant la quantité de euivre contenue dans la céruse.

FALStFiciitfOTVS. — La céruse est souvent falâiCée par l'addition de sulfate de plomb (*), de carbonate et de sulfate de ba-

(*) Cn France, la consommation annuelle de la céruse est évaluée de 8 à to millions de kilogrammes.

(*) Ob âHlftite eM 6btenu, dans les fabriques de toiles peintes, en lié-

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