‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 8 sur 251 · ACÉTATES DE PLOMB · texte numérisé non relu

ACÉTATES DE PLOMB

Tair en absorbe facilement Tacide carbonique et se convertit en carbonate de plomb insoluble. Cette altération se reconnaît facilement à Taspect du sel qui, de brillant qu'il était, a pris de Topacité; en outre, Teau ne le dissout pas entièrement et laisse, suivant que Taltération a été plus ou moins profonde, un dépôt plus ou moins abondant, soluble dans les acides, avec effervescence.

Quelquefois, Facétate de plomb a pris une coloration nmre due à une petite quantité de sulfure de plomb formé par des émanations d'acide sulfhydrique.

Dans le commerce, on rencontre de Tacétate de plomb plus ou moins coloré en jaune et en masses ayant un aspect fibreux et une odeur d'empyreume. Ce sel, nommé pyrolignite de plomby a été préparé avec de l'acide acétique brut ouacidepyroligneuxy contenant de l'huile pyrogénée, qui est elle-même un mélange de carbures d'hydrogène, d'acétone, d'esprit de bois, de créosote, etc.

L'acétate de plomb peut aussi contenir de Varsenic et de Y acétate de soude. Ces impuretés proviennent de celles de l'acide employé à la préparation de l'acétate.

Quelquefois l'acétate de plomb retient du cuivre provenant des chaudières où on l'a préparé; on s'en assure par l'ammoniaque en excès, qui colore en beau bleu la solution aqueuse du sel.

Ebermayer a dit qu'on avait trouvé, dans lecommerce, de l'acétate de plomb mêlé de nitrate; ce qui pouvait provenir de l'acide acétique qui aurait été rehaussé par Tacide nitrique. Cette impureté se reconnaîtrait d'abord par l'action du feu, le nitrate de plomb fusant avec scintillation; puis, parla limaille de cuivre et l'acide sulfurique, qui dégageraient des vapeurs rutilantes, et une partie de l'acide nitrique naissant se combinerait avec le cuivre oxydé par Tautre partie, pour former du nitrate de cuivre bleu verdâtra ; le gaz rutilant serait rendu apparent par la coloration bleue qu'il communiquel'ait à un p%'ipier imbibé de teinture alcoolique de gaïac.

L'acétate de plomb basique, ou vinaigre de Saturne, vinaigre de plomba sotis-acétate de plomb ^ est employé assez fréquemment en médecine , en dissolution dans l'eau, sous les noms d'e^tr^it de Saturne^ d'extrait de Goulard. Tel qu'il

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doit se trouver dans les officines, il constitue un liquide incolore, inodore, d une saveur sucrée, puis astringente, trèspesant, se couvrant d'une pellicule au contact de l'air, blanchissant les eaux de source en y formant un précipité plus ou moins abondant, ayant une forte réaction alcaline, et marquant 30 degrés à Taréomètre. Ce sel cristallise en lames blanches et opaques, possédant une saveur semblable à celle de Facétate neutre.

Le sous-acétate de plomb liquide sert à préparer la céruse dite de Clichy, d'après le procédé de MM. Thénard et Roard de Clichy,

Altérations. — L'extrait de Saturne a quelquefois une coloration jaune due à l'impureté du vinaigre employé à sa préparation ; une teinte bleuâtre due à un peu de cuivre que contenait la litharge dont on s'est servi, oiT au métal des appa-^ reils dans lesquels on l'a préparé : pour s'en assurer, on traiterait une solution de sel par Tammoniaquo en excès, qui précipiterait le plomb à l'état d'oxyde, et redissoudrait l'oxyde de cuivre, en prenant une belle coloration bleue. On aurait aussi im précipité ou ime coloration brun-marron par le cyanure jaune ; un dépôt de cuivre avec une lame de fer décapée.

Dans le cas où l'extrait de Saturne contiendrait du /fer, on acidulerait la liqueur, et on y ferait passer un courant d'adde sulfhydriquc pour précipiter le plomb et le cuivre ; puis dans la liqueur filtrée on verserait de Fammouiaque pour précipiter l'oxyde de fer. On pourrait emcore traiter la liqueur par le sulfate de soude, qui précipiterait le plomb à l'état de sulfate , puis par l'ammoniaque en excès, qui précipiterait l'oxyde de fer, et retiendrait l'oxyde de cuivre en dissolution. Préalablement ou rameuterait le fer au maximum par une addition de chlore.

L'extrait de Saturne est quelquefois remplacé par une solution d^acéiate neutre de plomb, d'autres fois il n'est qu'un mélange d'acétate et de sous-acétate : au lieu de ramener au bleu le papier de tournesol rougi, il colore plus ou moins en rouge le papier bleu. En faisant barboter assez longtemps dans ce liquide l'air qui a traversé les poumons, on a un précipité dont la proportion permet d'apprécier la valeur du sous-acétate : un tuyau de pipe ou un chalumeau de paille suffisent

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pour cette expérleace. De la même manière, on pourra s'assurer si Tacétate neutre de plomb contient du sous-acétate, ce qui peut arriver si la saturation a été mal faite.

Ce se], qui a été désigné sous les noms de terre foliée de tartre, terre foliée végétale j tartre régénéré^ arcanum tartari, magiitère purgatif de tartre^ sel diurétique^ sel digestif de Sylvius^ etc., est très-anciennement connu. Au treizième siècle, Raymond Lulle en fît la description.

L'acétate de potasse est blanc, doué d'une saveur fraîche ; il est Irès-solublo dans Teau et Talcool, très-déliquescent ; il cristallise, mais difficilement, en longues aiguilles minces et confuses; le plus ordinairement, il se présente en masse feuilletée j onctueuse au toucher. L'acétate de potasse est composé do : acide acétique, 52,16 ; potasse, 47,84.

Usages. — Il est employé en médecine comme diurétique, mais surtout comme fondant et apéritif; dans les laboratoires, il sert à enlever Teau à certains liquides.

Altérations. -- L'acétate de potasse vendu autrefois dans le commerce avait une coloration grise due à la nature du vinaigre employé à sa préparation. Il peut être altéré par la présence de matières étrangères provenant do son mode de fabrication, telles que le sulfate de potasse, le chlorure de potassium y si Ton a employé des potasses du commerce ; des sels de plomby de fer, de cuivre, de zine^ de Yarsenic, provenant soit des ustensih^s, soit de l'impureté du vinaigre employé.

La présence du sulfate de potasse se reconnaît au moyen du chlorure de baryum ; celle du chlorure de potassium , au moyen du nitrate d'argent.

Les sels de plomb sont décelés par l'acide sulfhydrique, qui donne un précipité noir de sulfure de plomb ; l'iodure de potassium, un précipité jaune d'iodure de plomb ; le sulfate de soude, un précipité blanc de sulfate de plomb.

La présence du fer se reconnaît à l'aide du cyanure jaune, qui donne lieu à du cyanure de fer (bleu de Prusse) ; l'ammoniaque, un précipité d'oxyde de fer; l'infusion de noix de galle, un précipité noir.

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Pour rpcow^trf) )e cuivra, on emploiera une lame de fer décapée, le cyanure jaune, Tammoniaque; le$ sels de zinc seront décelés par le précipité blanc qu'y occasiQnnera le cyanure jaune , par le précipité jaune-orange qu'y formera le cyanure rouge. La potasse donnera un précipité blanc, solubie dans un excès d'alcali.

Quant à Tarsemc, pour s'assurer de sa présence , il faudrait introduire dans un pppareil de Marsh fonctionnant à blanc, une certaine quantité de solution aqueuse de l'acétate à essayer, et examiner i^on-seulement si l'on obtient soit des taches, soit un anneau, mais encore rechercher si ces taches, si cet anneau, présentent les caractère^ de Tarscnic.

Enfin, par suite d'une préparation défectueuse, Tacétate de potasse peut renferpier de la potasse libre; dans ce cas, il ramènera au bleu le papier de tournesol rougi, rougira le papier jaune de curcuma, verdira le sirop de violettes, la teinture de chou rouge, le papier de dahlia.

Falsifications. — Quelquefois l'acétate de potasse est môle, soit d'acétate de ckaux^ soit de tartrate ou de carbonate de [iotasse, L'oxalate d'ammoniaque indiquera, suivant qu'il donnera ou non un précipité blanc, la présence ou l'absence de la chaux dans l'acétate soumis à l'essai.

Si ce sel contient du tartrate de potasse, le mélange occupe un volume moins considérable que la môme quantité d'acétate pur; projeté sur des charbons ardents, il brûle en répandant Todeur suigeneris des tartrates; traité par l'alcool, ce liquide dissout seulement l'acétate, et laisse pour résidu le tartrate ; enûn, la solution aqueuse, traitée par les acides piinéraux, donne un précipité do crème de tartre.

Si l'on a substitué le tartrate de potasse à l'acétate, on n'obtient pas de dégagement d'acide acétique, lorsqu'on traite le seJ par l'acide sulfurique.

La présence du carbonate de potasse dans l'acétate se reconnaîtra à l'aide de l'acide acétique, qui produira une effervescence due au dégagement d'acide carbonique, ce qui n'aurait pas lieu avec l'acétate pu^.

V acétate d/C potasse liquide ou terre foliée liquide est une solution d'acétate de potasse concret, dans l'eau distiUée. Elle doit être limpide, incolore, et marquer 25** au pèse-sel; 31 gr.

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