‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 85 sur 251 · GR\I8S1B ANIMALES · texte numérisé non relu

GR\I8S1B ANIMALES

O&AtSStlS AMXMAIJB8

Les graisses animales ou suifs, sont extraites, par la fonte, des tissus adipeux des animaux {bœufs, vaches , veaux , mou-tons^ boucs^ chèvres^ eic,). Elles sont solides à la température Ordinaire, blanches, odorantes, saponifiables, fusibles. Elles sont composées généralement de stéarine^ de margarine et d'oléine.

Usages. — Elles servent d'abord dans l'économie domestique : pour la préparation des savons, des acides gras pour les bougies stéariques; pour lubrifier les organes des machines. Elles entrent dans la confection des cosmétiques, dans la préparation des tissus imperméables; elles servent à assouplir les cuirs hongroyés; enfin, on consomme beaucoup de graisses dans la fabrication des chandelles (^). On les emploie, en pharmacie, à la préparation de pommades, d'onguents^ d'emplâtres.

Altérations. — La graisse est susceptible d'altérations , qu'il est important de prévenir quand elle est destinée à l'alimentation.

Lorsqu'elle est colorée en brun, qu'elle a une odeur repoussante et une saveur désagréable, elle a éprouvé de la rancidité et doit être rejetée sans hésitation; cette graisse altérée pourrait exposer aux plus graves dangers les personnes tpû en feraient usage.

Traitée par l'alcool bouillant, elle laisse, après l'évaporation^ une matière brune, mollasse, acide, d'une odeur pett désagréable, d'une saveur piquante, nauséeuse, irritant très> Violemment l'arrière-bouche, et y laissant un sentiment dé sécheresse.

Ce produit bnm, retiré de certaines graisses altérées, a fait périr des animaux auxquels on Tavait fait avaler.

Falsifkatioxs. — Les falsifications des graisses paraissent

(*) Les bouchers de Paris livrent par semaiqe environ iOO 000 kil. de suif & la fonte. Celte tabsunce est presque entièrement convertie ea bougies stéariques, et surtout en cbandelles.

A Paris, on consomaie annaellenent plus de l lOOOdO kil. de suif eA pain et de chandelles.

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mok» fré^fités en Rrtiiied qu'en Angleteité et en Amérique. Où y incorpore des pomme$ de terre cuites et broyées, ou de la fécuk^ afin d'en augmenter le poids. On y môle des matières blanches pulvérulentes^ telles que le kaolin, le marbre pulvérisé (^).

Ces fraudes sont décelées en faisant bouillir la graisse suspectée dans dh fois son poids d'eau ; on laisse refroidir : les matières étrflai§^res se précipitent, la graisse surnage, on la recueille, on etv chasse l'eau par la chaleur et on pèse; la perte de poids fait connaître la {^auâe. Quant à l'amidon, il sfest converti en Miapois, et se décèle par la coloration bleue qu'il déveh^pe au contact de Peau iodée.

On peut aussi constater ces falsifications par l'éther, qui ne dissout que le suif, et laisse les matières étrangères sans les dissoudre.

On mélange les suifs avec des graisses inférieures et âm fUanbstrt. Us sont alurs moins durs que ks autres, d'une coulaoar jaunâtre plus ou moins foncée, d'une odeur empyreum»tique, et plus fiisibles que les suifs purs.

La graisse d'os, ou petit suif y ou graisse extraite des os avant de les faire servir à la fabrication du noir animal, de la gélatine, etc., contient une certaine quantité d'eau, ce qui rend cette matière très-propre à être pàiétrée d'alcali, aussi l'efti* ploie-t^on dans la fabrication des savons. Mais cette propriété a été mise à pro&t pour la rendre plus pesante et pour y incorporer jusqu'à 30 ""/o d'eau chargée de carbonate de soude.

Pour recoimaltre ce mélwge, il suffit de traiter un certain poids de graisse par un acide faible qui sature le eatbonale de soude : on repaie ki graisse par la chaleiur, puis elle est raeui^Uie, séch^e. et pesée ; la perte de poids décèle la Iraude.

f ^ Le guano (ou huanuy qui signifie excrément) est la substance azotée qui forme des couches de 15 à 20" d'épaisseur, dans

(') H. Laurent , de Marseille, a, trouvé jasqu^à 10 Vo de marbK en pottdse dans une livraison de 83 banciques de snif, faite par une maison de conunerce de Naples à un négociant de Marseille.

certaines Ues de la mer dn Sud, près de la côte de TAmérique méridionale et sur quelques points des côtes d'Afrique.

On ne connut d'abord, en Eujrope, que le guano du Pérau^ récolté aux lies de Chinche , près de Pisco , puis de celles d'Iza, d'Do et d'Arica, plus au sud. Il fut introduit en Europe en 1841. Quelques années après, on^n découvrit d'immenses dépôts sur la côte sud-ouest' de TAfrique , dans les dépendances de la colonie du cap de Bonne-Espérance, aux lies Ichaboë, Angra-Pequena, Malaga, etc. On en a rencontré aussi au cap Tenez, dans quelques Ilots voisins rai Algérie, ainsi que siur les côtes du Labrador, aux îles Egg (lle9 des OEu£s ) , sur les côtes de la Patagonie et dans d'autres localités peu connues; mais ces guanos sont très-inférieurs^ comme engrais, au guano du Pérou, qui constitue la première qualité.

On donne pour origine au guano la fiente de nombreux oi^ seaux de mer, accumulée depuis des siècles; mais, vu la puissance de ces masses de déjections animales, MM. Girardin et BUard pensent que le guano n'appartient pas à Pépoque actuelle et que c'est un coprolite, ou excrément fossile d'animaux antédiluviens. On a constaté dans le guano africain la présence de débris de cétacés (*).

Le guano du Pérou a une couleur jaune pâle, ou café an lait, une saveur piquante et salée très-prononcée, et une odeur forte, putride ou anuuoniacale, qui provoque l'étemument. Certains guanos ont une couleur brune et une odeur qui tiennent à la fois'de celles du castoréum et de la valériane; d'autres eut une couleur gris&tre et une odeur infecte, une teinte briquetée et une odeur fétide masquant l'odeur musquée de certains oiseaux sauvages. Le guano du Pérou ncrircit au feu, brûle avec une flamme légère, en produisant une sorte de vapeur ammoniacale, et en laissant 27 à 35 ""/o d'un résidu sous forme de scorie caverneuse, d'un blanc faiblement azuré.

(>) Le navire VOctavia a apporté da Pérou un chargement de guano au milieu duquel on a trouvé les cadavres momiâés d*an homme, d*une femme et d*un enfant.

Nous avons constaté que le guano possède la propriété de momifier les cadavres d*animanx*

Trituré avec de la chaux vive en poudre, le guano du Pérou répand immédiatement une forte odeur ammoniacale; lorsqu'on le jette dans une dissolution concentrée de chlorure de chaux, il donne lieu aussitôt à un dégagement de bulles, qui continue pendant assez longtemps. Mis en contact avec Tacide chlcHrhydrique, il ne produit qu^une légère effervescence ; humecté d'acide nitrique et mis à dessécher dans une capsule de porcelaine, il prend une belle couleur rouge. Il' M contient que rarement des cailloux siliceux, et seulement de 1,5 à 3 7o de sable. Jeté dans Teau, le guano du Pérou gagne rapidement le fond et ne laisse rien surnager.

Le composition du guano est très-complexe. Voici les substances dont la présence peut être admise d'après les analyses de Fourcroy et Vauquelin^ de MM. BoussingauU et Payen^ Wœhkff Girardin eiBidard^ TesehemachffTf W. Francis, lire, Denham Smith, Kersten :

Acide unique libre; urate d'ammoniaque; urate de chaux; oxBlate d'ammoniaque; chlorhydrate^ carbonate et phosphate d ammoniaque; phosphate ammoniaco-magnésien ; sulfate et ulmate d'ammoniaque; matière organique azotée; humus; oxalate et phosphate de chaux; oxalates dépotasse^ de soude; chlorure de potassium ; chlorure de sodium; phosphates dépotasse, de soude et de magnésie; sulfates de potasse ei de soude; carbonates de chaux et de magnésie; matière grasse; matière cohrante jaune; silice et traces doryde de fer et d alumine (*). M. Unger y a trouvé, en outre, une base organique nouvelle, la guanine.

Le guano est donc un mélange de sels ammoniacaux; aussi a-t-on proposé de l'appeler ammoniaque uratée. Il contient environ de 5 à 10 <>/o d'ammoniaque Kbre, on de 16 à 32 ®/o de sels ammoniacaux (*). On peut en retirer environ 2 y'o d'acide urique blanc [Bensch).

(*) D*aprè8 M. WoeMcd, le» excrémeDts de Taigle contiennent les mêmes substances et presque en même quantité que le guano. Ce chimiste a trouvé dans les excréments de cet oiseau 45 «/o diacide urique combiné en partie avec Tammoniaque.

(*) Il n*est donc pas possible , jusqu'ici du moins , d*ex primer dans une trente de guano, comme on Ta fait en 1845, la condition que celui-ci devra contenir an moins 30 Vo d'ammoniaque à Tétat libre ou combiné, sons forme de sel ou d*acide urique; car le guano ne renferme que S à 4 •/• de sel ammoniac et 9 à 15 Vo d*Brate d'ammoniaque.

Le guano renferme aussi de Teau hygroseopique eh proporlioDSirès-variables. Ainsi, dans le guano d'Afrique, M. Urè a trouvé 28,5 7o d'eau; M. W.Francù, 27,13 Vô; M. Têiehèmâcher, 30 %\ M. Kersten, 25 <>/o; M. Poinsoi, ii% Dails le guano d'Amérique, venant d'Angleterre, M. Penham Smiih a trouvé de 8 à 22 % d'c^&u ; M. Kersten, £5 et 26 •/« ; M. Poimot, 19 °/o. Ce dernier chimiste n'a trouvé que 11 Vo dans un guano d'Amérique, tiré directement, par ordre du ministre des affaires étrangères. Enfin, d'après M. Langlaii^ la proportion d'eau dans le guano varie de 10 à 20 «/o.

Les guanos des autres provenances présentent des différences tranchées avec le guano du Pérou, comme on pMt le voir d'après le tableau suivant, qui contieni les résulltts d'analyses ftdtes par M. GarardM,de Rouen, sur 100p. de 13édiantillons de guano, importés par autant de navires différents :

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