‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 3)Chapitre 84 sur 251 · GOMME ARABIQUE · texte numérisé non relu

GOMME ARABIQUE

par on çiélaogc» aveii d'aulMs gommes d'un prix inf^ieur, telles que la gomme de Barbarie^ la gomme djedda^ la gomme de Bamra, la gomme du pays ; on la môle aussi avec le bdel-

Lafomme de Barbarie est produite par Vacacia gummiftrUy qui croit à Mogador» sur les cAtes du Maroc. EUe est d'un blanc légèrement verdAtre, terne, en morceaut oblongs; elle est 9oluble dans Teau, mais ne peut remplacer la gomme du Sénégal dan^ les usages auxquels on destine cette dernière.

La gonuna djedda vient^ comme la gomme arabique, de l'Egypte et de TArabie. Elle est en morceaux durs, un peu tenaces, brillant de diverses couleurs, d'un aspect vitreux. Elle se gonfle daps Teau^ ne forme pour ainsi dire pas de mu- (cilage.

La gonune de Bassora est en morceaux grossièrement coatournésy sans forme distincte, d'une couleur brune ou jaune sale, d'une transparence moyenne ; elle est presque insoluble dans Teau, avec laquelle elle forme un mucilage peu épais^ qui se sépare ensuite sous forme de petits grumeaux ne pouvant adhérer les uns avec les autres. Sa densité est 1,359 (•).

La gomme du pays, produite par presque tous les arbres à noyau [cerisiers, abricotiers, amandiers, etc.), est en morceaux très-irréguliers, très-colorés, peu friables \ elle est en partie insoluble dans Teau, avec laquelle elle forme une espèce de mucilage. Sa densité varie de 1,421 à 1,530. Elle donne environ 3 *>/o de cendres.

Le bdelUum est gris verdâtre, d'une saveur acre et amère; il est onctueux au toucher, cassant ; sa cassure est terne et cireuse ; il adhère aux dents pendant la mastication. Il est presque insoluble dans l'eau.

La gomme arabique en poudre offre plus de prise à la fraude ; on la trouve mélangée avec de Isl fécule de pommes de terre ou de V amidon (*), avec des matières féculentes, telles

(1) Il 7 a encore la gommé du Cap, qai se dissout en majeure partie dans Fean ; elle laisse des parcelles gonflées, mais indissoutes.

(*) JuUa FonteneUe a trouvé des gommes arabiques en poudre, prises 6bM divers épiciera, (H>Dtei|aui tift à ao «/o de fécule de pommes do lerre.

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que la farine^ U semoule {^), avec de la craie ou carbonate de chaux.

En traitant par Teau bouillante une certaine quantité de gomme arabique, et filtrant la liqueur, on a un résidu blanc, si elle contient de la craie. Ce résidu fait effervescence avec les acides, et donne une dissolution qui inrécipite en blanc par Toxalate d'anmioniaque. La liqueur gonuneuse filtrée, traitée par Teau iodée, se colore fortement en bleu si elle contient de la fécule ou de Famidon ; par Teau froide et Pagitation, on peut aussi reconnaître cette dernière falsification ; la gomme seule se dissout et laisse précipiter la farine ou la fécule.

La gomme mélangée de semoule ne se dissout que partiellement dans Teau ; la partie non dissoute a une apparence granuleuse; en contact avec Feau iodée, elle se colore- en bleu. Séparée du liquide, lavée et séchée, elle présente tous les caractères extérieurs de la semoule.

La gonune-gutte est le suc gommo-résineux du garcinia morella, arbre de la famille des Guttifères, qui croit dans 111e de Ceylan, sur les côtes du Malabar et dans la presqulle de Camboge.

Elle se présente sous forme de magdaléons cylindriques, d'un brun jaunâtre extérieurement, jaune rougeâtre à Tintérieur; à cassure nette et brillante, mais opaque; elle est friable, facile à réduire en poudre : celle-ci est d'un jaune pur. Elle est inodore, peu soluble; Teau la dissout en un liquide laiteux, jaune doré; Falcool, en un liquide rouge transparent; réther, en un liquide transparent, d'un beau jaune d'or. La potasse la dissout en une couleur rouge intense.

D'après H. Braconnot, elle se compose de : ré8inejaune,S0 ; gomme f 19,5 ; matières étrangères insolubles j 0,5.

(i) En 1846, nous avons trouvé 80 Vo de semoule dans une gomme saisie chez un épider.

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Sniraiit M. ChmtimMy elle renferme : réme, gcmme^ fécule^ fibrine végétale^ eau,

USAGE8. — La gomme-gutte est employée en peinture; en pharmacie, on s'en sert comme purgatif drastique et anthelmintique. On ^administre ordinairement en pilules, en teinture dcoolique, etc.

FAiâiFicATicms. — La gomme-gutte est quelquefois mêlée àd petits caUkmXy de débris végétaux y pour en augmenter le poids. On aperçoit aisément ce mélange à la cassure des morceaux.

On fabrique aussi de la gomme-gutte avec des rimes et de la jDotMfre <k curcuma.

On la mêle aussi ayec de Vamidon. Si Ton traite par l'eau bouillante la gomme ainsi fraudée, et que Pon filtre la liqueur, elle bleuit au contact de la liqueur d'iode; ou mieux, on la traite par Talcool et Téther, qui ne dissolvent que la gommegutte.

Suivant H. Christison, on a mélangé la gomme-gutte avec les sucs gommo-résineux du garcinia cambogia et du xantochymus pictorius. Le premier est si mou, qu'il devient plastique par la chaleur de la main , il est jaune pile et non émulsif ; le second est jaune verdâtre, légèrement translucide et non émulsif .

Le kino, improprement appelé gomme kino, n'est ni une gomme, ni une résine : c'est le sue épaissi^ extrait de différentes espèces du geme pterocarpus (légumineuses), qui croissent, d'une part, dans les forêts de la Sénégambie ; d'autre part, sur la côte de Malabar^ et, en général, dans Flnde.

Il est formé principalement de tannin {acide coccotannique de Berzélius), et il paraît ressembler beaucoup au rouge cinchonique du quinquina. Il est complètement soluble dans Teau, avec laquelle il donne une liqueur rouge.

Dans le commerce, on distingue deux classes de kinos : ceux d'Afrique et d^Asie, et ceux d'Amérique.

Parmi les premieis, les principales sortes, décrites par

A68 WmMR KiNOi.

M. Gtààourt^ sont les soivimtes : le hino de tliée orimUak^ .

qui a porté pendant longtemps le nom de kino cTAmboinej il est origiiiiire de lao6te du Malabo, et provient dix pterocarpH$ marmpium. Il est en très-petits fragments d'un noir brillant, opaques lorsqpi'ils sont entiers; transparents et d'un rouge de rubis lorsqu'ils sont réduits en lames minces. Il est tnès-friableetse divise facilement sous la pression des doigts. {1 est inodore, se ramollit dans la bouche, s'attache aux dents» ' colore la salive en rouge foncé et possède une saveur astringente très-marquée ; il est aisément soluble à froid dans l'eau et dans Talcool, et leur communique une couleur rouge de sang. Sa poudre a la couleur du colcothar. Il paraît avoir été séché en couche mince dans des vases à surface cannelée, car il offre presque toujours, sur une de ses faces, des cannelures parallèles et régulières. Ce kino de Tlnde a été analysé par Vauquelin ; il donne 0,036 °/o de cendres formées de carbonate de chaux, de silice, d'alumine et de peroxyde de fer.

Le kino de File Maurice est noir et opaque vu en m^isse, mais les éclats, très-minces, sont transparents et d'un rougie de rubis. Il est moins fragile que le kino de Tlnde; il possède une saveur très-astringente et une faible od^ur animalisée, un peu analogue à celle de la colle de peau. U est, comme le kino de rinde, moins complètement soluble dans Teau que dans Talcool.

Le kino de Botany-Bay ou ràiine de Botany-Bay, nommé, par Murray^ gomme astringente de Gambie^ est assez rare dans le commerce. Il paraît provenir de Veucalyptus resinifera. Il est .en masses, qui ont la forme d'un pain rond, plat en dessus, convexe en dessous, épais de 0<°,04 à 0"*,06 au milieu, et aminci à la circonférence ; il présente, à sa surface inférieure, une couche de bandes de feuille de palmier. Sa cassure est opaque, inégale et rude au toucher ; sa poussière est d'un rouge brun. La surface des morceaux est souvent recouverte d'une sorte d'efflorescence qui lui donne la couleur grise un peu violacée du lack-dye. Sa fracture récente est brillante et d'un brun noir. Il est inodore, se broie facilement sous la dent, a une saveur astringente médiocre. U se dissout complètement dans Teau, et forme une liauQur rouge très-foncée, mucila- ^neuse et se troublant p^r l'alcool.

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Panni les kinos d'Amérique on distingue :

Le kino de la Jamaïque, extrait du coccoloba uvifera, grand et bel arbre de la llimiUe des Polygonées, qui crott aux AntîUftS. Il y a deux extraits astringents venant de la Jamaïque. Le premier est en fragments de 4 à 12 gr., d'un brun fonoé, devenant rougeâtres par la poussière qui les recouvre ; sa cassure est noire, brillante, un peu inégale, et offre çà et là quelques petites cavités. Sa poudre est d'une couleur de bistre ou de chocolat. U est inodore ; lorsqu'on le pulvérise ou qu'on le traite par Teau bouillante, il exhale une légère odeur bitumineuse. Il se pulvérise facilement sous la dent, colore légèrement la salive, et présente une saveur astringente un peu amère. Il est peu soluble à froid dans Peau et dans Talcool ; il se dissout presque en entier dans les mêmes véhicules bouillants. Il ne se ramollit pas par la chaleur.

La seconde espèce de kino de la Jamaïque est très-rare; elle a une cassure tout à fait vitreuse, et ses lames minces sont entièrement transparentes et d'un rouge foncé. Réduit en poudre, ce kino ressemble k rentrait seo de ratunhia.

Le kino brun terne est en pains cubiques de 0"*,Q35 à O'",040 4e côté, d'un brun terne tir^t un peu sur la couleur du foie et d*une opacité complète. Il a une saveur astringente désagréable et accompagnée d'un goût de fumée.

Le kino brun violacé est en masses^i d'un brun noir&tro , opaques; à cassure brillante, mais inégale, friable et donnant une poudre d'un rouge brun violacé très-foncé. Il a une odeur d'aigre et une saveur astringente d'abord, puis douceâtre et tenait im peu de celle de la réglisse, enfin, devenant d'une âcreté marquée.

Le kino de la Colombie provenant des incisions faites à Pécorce des mangliers ou palétuviers {Rkizophora mangle), est sous la forme de pains aplatis du poids de 1000 à 1500 gr., gardant à l'extérieur l'empreinte d'une feuille de palmier ou de canne d'Inde, et recouverts d'une poussière rougeâtre qui leur donne l'aspect du sang-dragon. Il se divise facilement en fragments irréguUers, à cassure brune, brillante et inégale. Sa saveur est très-astringente et amère ; sa poudre, d'un rouge orangé; son odeur, faible. Il est presque entièrement sduble

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dans Teau bouillante et dans Falcool ; ces solutions sont d^rne belle couleur rouge.

Le Uno de la Vera^Cruz est, suivant H. Guibourt^ un produit d'exsudation naturelle. H est en fragments plus petits que la semence de psyllium, presque transparents, d'un rouge hyacinthe, et paraissant avoir fait partie de petites larmes arrondies ou stalactiformes. Il possède une saveur trè»^istringente et une odeur très-marquée d'iris ou de campèche. Il ne se dissout qu'en partie dans Peau froide^ à laquelle il conmiunique une couleur rouge.

Usages. -^ La gomme kino est administrée, en médecine, comme un bon tonique et astringent, dans quelques diarrhées et leucorrhées, dans les fièvres intermittentes. On l'emploie le plus habituellement sous forme de poudre, de sirop, de teinture alcoolique.

Falsopications. — La gomme kino a été falsifiée avec le sang-dragon f le bitume ou Y asphalte, le cachou, Vextrait de ratanhia.

Le sang-dragon est reconnaissable à son insolubilité dans Teau; le bitume^ à son insolubilité dans Peau et l'alcool, et à sa fusibilité.

D'après M. Wahlberg, on distingue facilement la gomme kino de l'extrait de ratanhia, en humectant avec de la salive le morceau à essayer 3 si la couleur reste d'un rouge brun, on a affaire à du kino. L'extrait de ratanhia, au contraire, prend une belle teinte bronze, qui persiste tant que la surface reste humide.

On reconnaît aussi ces fraudes en examinant comparativement les réactions fournies par les kinos, le cachou, €k l'extrait de ratanhia.

Voici le tableau de ces réactions, d'après M. Guibourt :

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