MOULBS
solution de potasse à 20<» Baume, qui dissout la morphine à Texclusion de la narcotine (Liebig).
La narcotine^ en outre, n'est pas colorée en rouge par Tacide nitrique ; elle est sans action sur l'acide iodique et les sels de peroxyde de fer.
Dans le cas où des alcalis fixes^ des sels minéraux, auraient été mélangés à la morphine, Tincinération les laisserait pour résidu. .
MOUXiBS.
De même que Thuttre, la moule ordinaire [mytilus edulis) est un mollusque acéphale testacé , de la famille des my tîlacés.
Il y a de nombreuses espèces de moules, divisées en deux grandes classes : 1° moules de mer ; 2° moules deau douce. Celles de nos marchés appartiennent à la première catégorie.
Les accidents causés par les moules ont été, comme pour leshuttres, attribués à des causes très-diverses; toutefois, on a reconnu qu'ils sont plus nombreux lorsque les moules sont mangées à Fépoque du frai, ou bien lorsqu'elles sont trop avancées (*).
On y a trouvé aussi des composés cuivreux^ provenant de la même cause que celle qui en imprègne les huîtres i}). La pré-
(*) Pour enlevor aux moules leurs qualités malfaisantes, il est indispensable de les plonger pendant cinq à six heures au moins ^ians Tcau douce, renouvelée à diverses reprises; alors elles se dégorgent el rejettent toutes les matières dont elles peuvent èire souillùes. Il esl prudent, en outre, d'ajouter à leur assaisonnement un filet de vinaigre. (Eug. Marchand.)
Les accidents causés par les moule.^ se produisent, en général, au commencement de la saison, surtout lorsque la durée prolonge la reproduction des astéries dont le frai vénéneux est absorbé par les moules. {Marchand. )
(*) Dans ces derniers temps, Téquipage lout entier d*un navire staiflbnnant dans les docks Victoria à Harilepool, a failli périr empoisonné pour avoir mangé des moules détachées du quai où elles se coUeDieD abondance, dans le voisinage de vaisseaux à coque de cuivre. Un bomme
sencede ces composés se constate par les procédés indiqués à Tarticle Huîtres.
Le musc est une matière sécrétée dans une sorte de poche 00 bourse située en avant du prépuce d'une espèce de che- TTOtain (maschtu moschi férus), de Tordre des ruminants, qui;^ vit au Tonquin, au Bengale, dans le Tibet, la Daourie et la^^ Tartarie.
C'est une substance solide^ onctueuse, granuleuse, d'un brun jaunâtre terne, d'une saveur acre, légèrement amère, (Tone odeur très-forte et extrêmement difîusible. Soumis à Faction de la chaleur, le musc fond, s'enflamme, et ne laisse que fort peu de charbon ; la potasse, la chaux en font dégager de Tammoniaque. Il ne donne que A k 6 % de cendres grises.
D'après l'analyse de MM. Guibourt et BUmdeaUj le musc contient :
Extrait i^r Véther .-graisse ; cholestérine; acides gras saturés par Pamrooniaque; huile volatile 13,00
Extrait alcoolique : cholestérine ; acides gras saturés par raniittoniaque ; huile volatile; r.hloiures de puiasfeiuni, de sodium, de calcium; sel ammoniac; acide indéterminé, combiné avec les mêmes bases. . . . 6,00
Extrait aqueux : les chlorures précèdent; ; acide indéterminé ; gélatine ; matière charbonnée^ soluble dans l'eau «9,00
Extrait par Caminoniaque : albumine; phosphate de chaux tMO
Tissu fibreux ; carbonate et phosphate de chaux ; poils et sable V^
Ammoniaque, volatilisée penJanl la dessiccation. . . 0,3i
Eau 46.93
Suivant une analyse plus récente de MM. Geiger et Rei"
do bord fut paralysé des extrémités supérieuros ei inférieures. Grftce m soins api>ortes par les hommes de Tari, Pequipage Tut mis hors de <bDger, mais aprê.s avoir subi une rude épreuve.
mann^ les parties constituantes du musc seraient las sui< vantes :
Graisse non saponiQée 1,1
Cholestérine^ contenaot de la graisse non saponiliée. . i^O
Résine amèrc parliculière 5,0
Extrait alcoolique; acide lactique libre et sels 7,5
Extrait aqueux, sels sol ubies dans Teau S6,5
Résidu sableux insoluble 0,4
Eau et ammoniaque dégagée do Tacide lactique. . . . 45,5
Dans le commerce, on connaît trois sortes principales de musc.
Le muêc de ia Chine ou mu»€ Tonquin^ le plus estimé, est en vessies, ou poches rondes cachetées, enveloppées de papier de soie ; leur grosseur est variable , elles sont plates d'un côté, presque toujours dépourvues de poils; et, de l'autre, convexes et garnies de poils fauves, assez longs, convergeant vers le centre. Le musc Tonquin est brun foncé, visqueux, grumeleux au toucher ; il possède une odeur fofte et persistante, un peu ammoniacale, qui devient agréable en s'afîaiblissant.
Le musc du Bengale est en vessies, généralement moins bien fermées que les précédentes; elles sont souvent recousues, humides ; le poil qui en recouvre la peau est moins long, touffu et mêlé. Son odeur est moins fine que celle du musc Tonquin.
Le musc de Russie ou de Sibérie, de Tartarie, nommé aussi musc Kahardin, est en vessies plates, sèches, allongées, et ayant de 25 à 55 millimètres de diamètre; recouvertes, à la partie supérieure, de poil ras d'un gris blanchâtre ; Taspect de la partie inférieure est d'un gris sale. Le musc que ces vessies contiennent est compacte, moins foncé en couleur que le musc Tonquin, d'une consistance comme fibreuse ; son odeur est peu pénétrante^ moins agréable, et se dissipe facilement.
^On doit conserver le musc bien sec.
Usages. — Le musc est employé dans la parfumerie. En médecine, on l'emploie sous forme de pilules , de potions.
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C'est un médicament très-énergique, excitant, dont on fait surtout usage pour combattre les maladies nerveuses, dans les fîèyres typhoïdes, le tétanos, les convulsions, la coquelache, lliystérie, etc.
FALSincATiONS. — Le phx ^ès»élevé de cette substance, ainsi que Textréme diflusibilité de son odeur, Tont fait souvent adultérer, soit en introduisant dans les poches des corps pesants, comme le plomba le fer y soit en y remplaçant une |K)rtion do la matière extraite par du sang desséché, de ia^ chair musculaire ('), des membranes, de la gélatine, de la colle de peau d'âne (% des poils, de la fiente d'oiseaux, do la cire, de FoêphaUe, du benjoin, du styrax^ du sable, du tabae et d'autres substances analogues (^).
On carbonise d'abord une petite quantité de musc, et on examine k la loupe si ce charbon renferme du plomb trèsdifisé, fondu en petits globules, ou de la limaille de fer ; ou mieux, on incinère, on traite par Tacide nitrique, puis la solution est essayée par les réactifs propres à indiquer la présence des sels de fer et de plomb (ammoniaque, cyanure jaune, iodure de potassium, sulfate de soude, etc.). Le musc mêlé d'asphalte a une cassure luisante. Les autres sophistications sont moins faciles à reconnaître ; on ne peut y parvenir que par un examen attentif des poches moschifères, et par une vérification de quelques caraclères chimiques propres au musc non falsifié. Il faut donc eiaminer si les poches n'ont point été ouvertes pour TintroducUon des matières étrangères, et si elles n'ont point été r^ttsues ou collées ; si le poil n'est pas collé à l'aide d un
(M M. Hulmêr, de Wit/enhauscn, a trouvé de ta chair musculaire sédiéedaunoe pocbe de musc, provcnani d'une maison de commerce ^tteien reoom. Il remarqua dans celle poche un Ul brun, du OB^.Oi de loDgaeur.quI avait prol>ablemenl servi à enûler les morceaux de chair.
(*) Celle falsiGcallon a été reconnue par M. Guibourt : une partie de ^ peau des poches de musc avail été dédoublée^ el dans la cavité for- "^ par ce dédoublement on avait introduit la colle de peau d*&ne.
n Ed l$i7, la Cour royale de Douai annula un contrat de vente d'une oiste naufragée, publiqueroenl adjugée eu douane, moyennant 3,000 fïr., portant l'indication de musc, el necoiiienantque des peaux ou espèces ^^ larcbcmius inodores, qui n'avaient du Uiusc que le nom porlc sur la caisse.
mucilage. On fait facilement tomber ces poils par un lavage à l'eau tiède, afm d'observer la couture ou le recollage des poches.
Toutes les poches sur lesquelles on remarque des traces de couture sont fausses ; elles doivent porter deux petites ouvertures, quelquefois très-contractées. On doit apercevoir dans Tintérieur de ces poches une grande quantité de petits grains arrondis ; il faut encore qu'on n'y découvre pas de parties fibreuses, à l'aide du microscope.
Quand on traverse les poches de musc avec une forte épingle, celle-ci retient un parfum plus ou moins prononcé, qui, avec le goût et l'aspect, sont des caractères ordinairement employés en parfumerie pour l'essai de cette substance. Ainsi, on épuise une petite quantité de la matière par l'alcool à 40* ; on filtre la solution et on en évapore 2 à 3 gouttes sur le dos de la main. Au bout de quelques instants, l'alcool se dissipe, et l'odeur du musc se développe alors avec d'autant plus de force, qu'il est de qualité supérieure.
L^eau bouillante dissout les 3/4 de son poids de musc quand il est de bonne quaUté. Cette dissolution est décolorée par l'acide nitrique, précipitée par l'acétate de plomb et l'infusion de noix de gaUe.
Enfin, on reconnaît la présence de la résine, de la cire, du tabac dans le musc, par l'odeur exhalée lorsqu'on le traverse avec un fer rouge.
M. Martiny («) à décrit les caractères suivants offerts par des poches de musc artificiel, introduites dans le commerce : « Ces poches avaient à peu près la grosseur et la forme d'une « noix, mais elles étaient légèrement aplaties; à Fintérieur, « elles étaient couvertes de poils très-fins, à l'exception d'une « petite place nue à la surface aplatie. Les poils avaient de « 0»,022 à 0">,033 de long ; ils étaient très-fins, doux, d'un « blanc gris&tre à la racine et d'un gris brun&tre à l'extrémité. « Ils étaient régulièrement couchés dans le môme sens et cou- « vraient uniformément la convexité de la poche ; ils étaient « également coupés à l'extrémité supérieure ; le poil était « aussi lisse et cassant que celui du musc officinal ; mais il
(*) ACÀR, Traité dn fàUificationSy Anvers, 18(8.
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c n'eD avait pas la courbure ondulée. Près de la surface plaie, c la peau avait plusieurs plis, dont Tintérieur était également t couvert de poils. Ces poches n'avaient pas l'ouverture or- « dinaire des poches du musc, et ne portaient pas les restes t da pénis. La poche ayant été tenue, pendant une nuit, en- « veloppée dans une étoffe mouillée^ s'est ramollie ; les plis t qui se trouvaient près de la surface plate s'ouvrirent et laist sèrent voir Tintérieur. La peau avait environ 0",002 d'é- « paisseur^ le derme était transparent et ne présentait aucune , t trace de décomposition ; cependant les poils tombaient avec t facilité. »
M. Martiny pense que celte peau avait été prise sur l'un des animaux du genre moschus, qu'on trouve dans les Indes orientales {moschus javanicus^ kanckil, meminna^ pygmm) , et qui sont dépourvus de poches à musc.
L mtérieur des poches était rempli d'une matière végétale solide, d'un brun clair, ayant une odeur faible et une forte saveur astringente ; elle n'était soluble ni dans l'eau, ni dans l'éther; mais elle se dissolvait en partie dans l'alcool et dans lacide chlorhydrique. La solution alcoolique, d'un brun clair, devenait noire par l'addition du perchlorure de fer ; une solution de potasse caustique dissolvait ce faux musc et donnait une liqueur dont la coloration en rouge brunâtre foncé était détruite par une addition d'acide nitrique.