‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 160 sur 190 · PAPIUS PEINTS, SELS, ETC · texte numérisé non relu

PAPIUS PEINTS, SELS, ETC

et autres inarchaDds de comestibles pour envelopper les substances aliineiitairea qu^ils livrent à la consommation.

Les papiers les plus dangereux sous ce rapport sont les papiers pdnts iHi teints en Yert et en bleu clair, qui sont ordinairement coloriés avec des préparations métalliques. Viennent ensuite les papiers lissés blaocs et les papiers aurore. Ces papiers, rois en contact avec des substances molles et humides ou grasses , peuvent leur comiBUoiquer uoe portion de leur matière colorante ; il peut dès lors en résulter, suivant la proportion de matière colorante mêlée à Taliment^ des conséquences plus ou moins graves.

Pour reconnaître la nature des substances qui colorent les papierSy on peut consulter les renseignements qui ont été donnés cidessus.

S m. — Sel makln, sel de cuiscie.

Le sel marin livré au commerce est souvent falsifié^ V avec de la poudre de plâtre cru; 2° à Taide de sabUm; 3» avec des sels de tMireefc ; 4fi avec des sels de salpêtre.

On peut s'assurer que le sel est falsiBé è Taide du plâtre cru, en traitant le sel par 4 p. d'eau qui dissolvent le sel, et qui laissent pour résidu le plâtre cru ; on le lave, on le fait sécher et on le |ièse ; 100 grammes de sel non falsiBé laissent un résidu qui pèse â peine I gramme ; les sels mêlés de plâtre laissent des résidus qui pèsent ordinairement de 6 â il grammes. Dans ce dernier cas, les résidus, chauffés et mêlés â une petite quantité d'eau, donnent du plâtre

gkbé.

Le sel mêlé de plâtre cru peut encore être séparé des matières iesolubles, en agissant de la manière suivante :

On prend 200 grammes de sel, on les introduit dans un petit tamis de crin â mailles serrées ; on mouille ce sel, on y fait tomber de Peau, jusqu'à ce que cette eau, qui traverse le sel posé sur le tamis, en sorte claire ; on laisse alors déposer Teau, on décante la partie qui s'est édaircie, on recueille le résidu, on le lave, puis on le fkit sécher et on le p^.

On peut séparer de la même manière le sablon qui a été mêlé au sel

Si l'on veut reconnaître si des sels ont été mêlés de sels de vateefa, on prépare une solution d'amidon, en prenant 1 gramme d'amidon et 50 grammes d'eau ; on fait bouillir : lorsque la solution est préparée, on la laisse refroidir, puis on l'additionne de 20 gouttes de chlore liquide ; on agite alors pour que le mélange soit bien exact.

Si Ton verse de cette solution amidonnée chlorée sur un sel qui

708 CONSFJL d'hygiène PUBLIQUE.

contient des sels de varech iodurés, on obtient une colorafioo qui varie du violet au bleu, selon que la quantité de sel de varech ajouté au sel est plus ou moins considérable.

Les sels ({ui sont mêlés de sels de salpêtre présentent ce caractère que le grain d'une partie de ce sel est plus fin.

Ce sel^ traité par Teau amidonnée chlorée, se colore ; si Ton en prend une portion, et qu*on le mêle dans un verre à expérience {ivec de la limaille de cuivre, et qu*on traite par Tacide suifurique, on obtient assez souvent des vapeurs nitreuses rutilantes ; ces va* peurs, reçues sur un papier qui a été enduit de teinture de gaîae, prennent une teinte bleue.

S IV. — Etamage, étain, fer galvanisé, zinc, etc.

Il est indispensable de soumettre, de nouveau, les vases de cuirre ù rétamage, lorsque ce dernier vient à être enlevé sur quelque endroit ; il suffît souvent d^in point peu étendu pour déterminer des accidents ; ce n^est pas seulement en laissant séjourner des aliments dans les vases de cuivre mal étamés que le cuivre peut se mékrà ces aliments et causer des empoisonnements, ce mélange peut se produire même pendant la cuisson de certains alimente, et la précaution de les retirer de ces vases immédiatement apsès leur coctioB ne produirait qu'une fausse sécurité.

Dans tous les cas, il n'est jamais prudent de laisser séjourner des aliments dans les vases de cuivre, même les mieux étamés; car il est certains condiments qui peuvent attaquer rétamage et le cuim qui est au-dessous ; des accidents ont été déterminés par cette négligence.

• 11 est surtout fort dangereux de faire bouillir du vinaigre dus des bassines de cuivre, ou de laisser dans ces bassines du vinaigre bouillant, dans le but de donner aux légumes ou fruits que contient cette bassine une belle couleur verte; il est plus dangereux encore, ainsi que cela se pratique souvent, de faire rougir d'abord la bassine, d'y introduire le vinaigre, et de Ty faire bouillir.

Dans Tun et l'autre cas, il se forme des sels solubles de cuîTie, qui s'introduisent dans les produits et qui peuvent déterminer des accidents.

Les observations qui précèdent s'appliquent également aux vases de niailicchort et d'argent au second litre. Les substauces acides et le sel de cuisine, qui sont mêlés aux aliments, peuvent les altérer par la formation des composés de cuivre qui, tous, sont de véritables toxiques.

Le plaqué d'argent, lui-même, ne doit inspirer de sécurité qu'au-

ÊTAMAGE, FBR) EAUX DISTILLLEES, ETC. 709

tant que la couche d*argeQt est d^une épaisseur convenable, el qu^aucun point rouge n^apparait dans {^intérieur des vases.

Le zinc et le fer galvanisé ne peuvent être employés pour les usages alimentaires, parce que le zinc forme, avec les acides, des sels émétiques dont Tusage est dangereux.

L*étain de bonne qualité peut toujours être employé sans danger pour les usages alimentaires.

L'étain fin est blanc, brillant, lorsqu*il est neuf, et rappelle la couleur de Targent; lorsqu'on le ploie, il fait entendre un bruit particulier qu^on appelle cri de l'étain, L*étain allié avec le plomb est gris, bleuâtre, et cesse de faire entendre le cri que nous venons d*lodiquer, lorsqu'il y a plus de 20 7o ^^ plomb.

L*étamage à Pétain 6n est blanc, brillant, et a un aspect gras; Tétamage à 75 ^/^ d'étain pour 25 Vo d® plomb est moins blanc ; celui à 50 7. est bleuâtre.

Pour que Tétamage soit bien fait, il faut que le métal soit répandu sur la pièce â étamer d'une manière égale et sans une trop grande épaisseur ; le poids de Tétain employé pour une surface assez étendue est très-peu considérable, environ 5 décigrammes par mètre carré ; on voit que la pureté et le prix de Tétain ne sauraient augmenter d'une manière notable le prix de Tétamage.

S V. — Eaux distillées.

Moyens de reconnaître dans les eaux distillées la présence

des sels métalliques,

L*expérience prouve que les eaux distillées, préparées ou conservées dans des vases métalliques^ dissolvent une certaine quantité du métal avec lequel elles sont en contact.

I>es eaux distillées de fleurs d*oranger et de rose doivent être claires, limpides ; leur saveur ne doit pas être acide ; elles ne doivent pas rougir fortement le papier de tournesol.

Ces eaux ont été trouvées altérées par des sels de fer, de zinc, de cuivre, de plomb; on reconnaît la présence de ces sels ;

i« Par le ferra cyanure de potassium (prussiate jaune de potasse), qui donne :

Avec l'eau de fleurs d'oranger altérée par un sel de fer, une couleur bleue ;

Avec Peau de fleurs d'oranger altérée par un sel de zinc, un précipité blanc;

Avec l'eau de fleurs d'oranger altérée par un sel de cuivre, une coloration en rose ;

710 CONSEIL D*HTGIÈNB PUBtlQUB.

Avec Teau de fleurs d'oranger altérée par un sel de plomb, oo précipité blanc ; 2° Par le sulfure de sodium^ qui donne :

Avec Peau qui tient des sels de fer, de cuivre, de plonob, une coloration brune plus ou moins foncée, puis des précipités qui varieot du brun au noir ;

Avec Teau qui contient un sel de zinc, un précipité blanc de sulfure de zinc(i).

Pour priver les eaux distillées des sels métalliques qu*elles contiennent, il faut y ajouter du noir animal purifié, c'est-à-dire privé par Tacide chlorhydrique du carbonate et de tout le phosphate de chaux qu'il renferme.

Le charbon animal doit, après son traitement à plusieurs reprises par Tacide chlorhydrique bouillant, être lavé à Feau de pluie, jusqu'à ce qu'il ne renferme plus d'acide.

On peut, à défaut du charbon animal, employer de la braise de boulanger pulvérisée, lavée et sécbée.

On agile fortement pour que le charbon ou la braise se répande également dans Feau de fleurs d'oranger. L'agitation ayant été répétée huit ou dix fois dans le courant de la journée, on laisse le liquide en repos, puis ou décante et on filtre le lendemain.

2 grammes de charbon animal ou 10 grammes de braise sont plus que suffisants pour traiter 25 litres d'eau de fleurs d'oranger ou U)utes autres eaux distillées.

ludépendaminent des précatUions ci-dessus indiquées, il importe que les personnes qui reçoivent de l'eau de fleurs d'oranger dans des estagnoos de cuivre la mettent immédiatement dans d'autres vases qui ne sont pas métalliques (des vases de verre, par exemple),

(*) Four les personnes étrangères à la chimie, nous croyons de«)if indiquer ici une des manières d'exéculer l'ex|)érience propre à recoanatlre la prôseDC(3 des sels métalliques : on prend un demi-verre de l'eau distillée à essayer, et Ton y fait touil)er 5 à 6 gouttes d'eau de Barcges ou d'Eogliien ; après cette addition, Ton remue pendant queiqoes instants avec une peUte baguette de verre, afin d'opérer complélerueol le mélange. Si la coloration produite est très-légère, on la ren'l plos apparente en posant le verre sur un carré de papier blauc et en regar dant le li(|uide de haut en bas à travers le fond du vase. Enfin, la teinte devient encore plus sensible, si Ton place à côté, sur le même papier, un second verre renfermant une égale quantité de la même eau non additionnée d'eau sulfureuse.

Les eaux disiillées quiconiiendraieni des sels de linc douoeraieat dd précipitc;blauc.

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