NERPRUN
La substitution des prunelles au nerprun peut avoir des inconvénients plus ou moins graves, car ces fruits étant astringents, il en résulte qu'ils donnent un sirop astringent, tandis que le sirop de nerprun est purgatif. Heureusement, cette tromperie est assez facile à décider, car les prunelles ne contiennent qu'un petit noyau^ tandis que les baies de nerprun en ont quatre.
La pulpe de troène est sèche, dépourvue de suc, tandis que celle de nerprun est juteuse et succulente.
M. Molyn, qui a signalé la vente des baies de bourdaine pour celles de nerprun, a donné les caractères suivants pour les reconnaître : elles ont la grosseur d'un pois, sont noires à répoque de leur maturité ; lorsqu'on en comprime une entre les doigts, il en sort un suc pulpeux, d'une couleur pourpre noirâtre, et qui, par la dessiccation, ne verdit pas autant que le suc de nerprun ; sa saveur est douceâtre et styptique. Dans ce suc flottent deux semences, très-rarement davantage, d'un blanc jaunâtre, de forme ronde, aplatie, et de la grosseur d'une lentille.
Le suc de nerprun a été falsifié par 65 à 70 ^/o de suc de sureau hièble (sambucus ebulus). Pour découvrir cette fraude, M. Billoty pharmacien à Besançon, a soumis comparativement à l'action des réactifs ci-dessus indiqués le suc de nerprun pur, le suc de sureau hièble, et le suc de nerprun fraudé. Voici les réactions qu'il a observées :