‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 19 sur 190 · NAPHTE · texte numérisé non relu

NAPHTE

Le naphte ou bitume naphte^ huile de naphte, est un bitume 00 carbure d'hydrogène liquide, que Ton rencontre dans les . formations récentes (ne/>/tint>nne^) de plusieurs localités. L'espèce la plus pure existe, en grande quantité, en Perso, sur la côte nord-est de la mer Caspienne, à Baku; on la rencontre dans des marnes argileuses, et on peut la recueillir en creusant des puits de 10 mètres de profondeur.

Oa en a recueilli à Carthagène, dans TÂmérique méridionale. On en trouve aussi en Europe^ dans les duchés de Panne, de Modène et de Plaisance, où Thuile sort avec Teaa du sein de la terre. On rencontre aussi du naphte en Grèce, en Bavière, dans les envifbns de Neufch&tel, près de Travers, dans les départements de TÂin et du Bas-Rhin.

Oo réserve le nom de naphte à Tespèce la plus pure, et on appelle pétrole ou huile de pétrole (oleum petrœ, huile de pierre) celle qui est plus ou moins souillée de matières étrangères.

L'huile de naphte est incolore ou légèrement jaunâtre, d'une odeur pénétrante particulière; sa densité est 0,758 à 19*. Distillée avec l'eau, elle laisse un faible résidu; elle bout à 85^,5.

L'huile de pétrole est d'un rouge brunâtre, d'une densité de 0,83 à 0,88 (*). Elle n est pas si fluide que l'huile de naphte, et quand on la distille avec de l'eau, elle laisse une grande <{nantité d'une substance brunâtre, molle et visqueuse, comme le bitume. Quand on distille le naphte sans eau, il s'en résinifîe toujours une certaine quantité.

Us huiles de pétrole et de naphte contiennent les mêmes principes, mais en proportions différentes. Le naphte renferme une huile bouillant à 95®, une autre

(') Le pétrole de Perse boul à liOoc. (Hess, de Saint-Pétersbourg.) T. 11. • 7

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bouillant à 112<^, et uno troisième bouillant seulement à 313^ (Unnerdorben).

Le naphte se vaporise à Tair, il est inflammable et brûle avec une flamme fuligineuse très-éclairante. Il est insoluble dans l'eau, miscible en toutes proportions avec l'alcool, Téther, les huiles fixes et volatiles.

Usages. — Le naphte est employé pour l'éclairage dans certaines localités. Dans les laboratoires de chimie, on se sert du naphte rectifié pour conserver le potassium, le sodium et d'autres métaux très-oxydables, comme le manganèse m^ tallique.

Falsifications.— On a mêlé lenaphte avec des huiles dequalité inférieure^ des huiks grasses, de Vessence de térébenthine.

Le naphte pur ne se dissout pas dans Talcool rectifié \ il y surnage.

L'acide sulfurique et Tacide nitrique sont sans action sur le naphte rectifié; il n'en est plus de même lorsqu'il a été falsifié par l'essence de térébenthine. Celle-ci est colorée en brun par chacun de ces deux acides ; leur mélange l'enflamme (*). De môme l'iodure de potassium n'a aucune action sur le naphte pur; mais pour peu qu'il renferme d'essence de térébenthine^ il communique au naphte une couleur jaune et même jaune orangé.

M. Bolley a proposé le procédé suivant pour reconnaître ce mélange. Il fait passer un courant de gaz acide chlorhydrique sec dans le naphte suspect préalablement entouré d'un mélange réfrigérant, et après une heure de dégagement de gaz , s'il contient de l'essence de térébenthine, il se forme un camphre artificiel^ signe caractéristique de sa présence.

En 1844, on a présenté à la douane de Liverpool neuf tonneaux d'un liquide portant le nom de naphte, et qui, examiné par le docteur î/re, fut reconnu pour être de ïalcool mêlé

(1) L'acide nitrique chauffé avec Tessonce de Icrébenlhiue donne nne résine .particulière soluble dans I*ammoniaque et un acide cristnilisable {acide téréhique de M. Broméis, acide térébUique de M. Habourdin.)

L'acide sulfurique concentré fait éprouver à l'essence de térébenthine une altération moléculaire qui la transforme en deux corps liquides, isomères, ayant la même composition qu'elle : le térébèneeX le eohphènt. (DwilU.)

NBRPRUN. Ub

fidde pyroligneuXf dans la proportion de 91 7o« ^tte prétttidae huile de naphte, rectifiée par de nombreuses distillations, puis traitée par l'acide sulfurique, fournit un éther tris-beau et presque aussi abondant que si Ton eût agi sur de Talcool ; on obtint aussi une petite quantité de gaz éthéré ligneuK (éther méthyKque, hydrate de méthylène). Au bout de peu de temps, le résidu devint noir, bouillonna et fut rejeté bon dn vaisseau qui le contenait.

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Les baies ou fruits du nerprun (r/iamnus caihartictis)^ appelé aussi épine de cerf, hourguépine^ sont de la grosseur d'un pois et d'une couleur rouge foncé noirâtre, et même noire à lev maturité; leur saveur est amëre et sucrée ; ils sont quel- (jnefois comprimés par suite du trop de rapprochement qui résulte de leur grand nombre. Ces fruits contiennent 4 graines, rarement moins : lorsque Ton comprime une de ces baies entre les doigts, il en sort un suc pulpeux, d'une couleur pourpre noirâtre, qui devient verte en se desséchant ; sa saveur est unère, nauséeuse. Les graines, de forme ovalo et de la gros- «wr d'une forte semence d'anis, sont d'un brun noirâtre ; elles sont aplaties d'un c6té, bossuées de Tautre, et se terminent en pointe.

Le soc des baies de nerprun contient : rhamnine (matière colorante) ; acide acétique ; mucilage, de nature particulière ; ^^f^; matière azotée.

Usages. — Les baies de nerprun sont employées en médecine comme purgatives, sous forme d'extrait, de sirop, etc. La matière colorante est utilisée dans les arts : le vert de ^îe, ou vert végétal^ employé dans la peinture à l'eau et pour la fabrication des pastels, est préparé avec le suc de nerprun et l'eau de chaux ou Talun de potasse.

Falsifications. — Les baies de nerprun sont mélangées ou même quelquefois totalement remplacées par des prunelles^ ^^ haies de troène, pejt celles de la bourdaine (rhamnus fran-

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