NITRATE DE POTASSE
seul est dissous. A l'aide de rébullition dans Teau, on ne dissout, au contraire, que le chlorure de plomb.
Pour déceler la présence du nitrate de zinc, on ajoute à la solution aqueuse de pierre infernale une solution de chlorure de sodium, jusqu^à ce qu'il ne se forme plus de précipité de chlorure d^argent ; on filtre la liqueur et on y ajoute la quantité d'ammoniaque strictement nécessaire pour précipiter Poxyde de zinc, que l'on recueille sur un filtre.
Enfin, la présence de l'eau dans la pierre infernale est constatée par sa fragilité, son absence de cristallisation radiée, par sa cassure humide et mouillant le papier non collé.
VITRATB (foof-) BB BISMUTH.— V. Blaiic db vabd. VITBATB BB POTA88B.
Ce sely connu aussi sous les noms de salpêtre, niirey sel de m/re, nùre prismatique , azotate de potasse, cristallise en prismes à six pans, terminés par des sommets dièdres, présentant ordinairement dans Tintérieur des cavités longitudinales; il est blanc, inaltérable à Tair, d'une saveur fraîche, piquante et légèrement amère. Sa densité est 1^93 ; en gros cristaux, il a pour densité 2,109 (Grasst). Il est très-soluble dans l'eau, très-peu soluble dansTalcool ordinaire, et tout à fait insoluble dans l'alcool pur. Projeté sur des charbons ardents, il en active la combustion et fuse. Il entre en fusion vers 350^ ; fondu et refroidi, il se présente sous forme de masse blanche, opaque, dure, à cassure rayonnée, facile à réduire en poudre, et est connu en pharmacie sous le nom de cristal minéral, ^l de prunelle (de pruna, braise, charbons aHumés).
Le nitrate de potasse dégage des vapeurs épaisses, sous 'influence de l'acide sulfurique; ces vapeurs attaquent le <^ivre, bleuissent le papier de gaïac humecté.
Usages. — Le nitrate de potasse entre dans la composition <le la poudre (•); il est employé à la préparation de l'acide
(') Plosieurs millions de kilogrammes de salpêtre sont annuellement employés à cette fabrication.
106 NITRATB DB POTàSSB.
nitrique. En médecine, on remploie, comme diurétique et tempérant, en boissons, en pilules, etc.
ÀLTiRATioNS. -^ Le nitrate de potasse peut contenir des chlorures (de sodium, de potassium), desêulfateSf du niirate de chaux et des niatièrei terreuses (*). Quelquefois aussi il peut contenir du cuivre^ de Yiode (*).
Les chlorures se reconnaissent au précipité caiUeboUé» soluble dans Pammoniaque, insoluble dans Taeide nitrique, formé parle nitrate d'argent; les sulfates, au précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique, formé par le chlorure de barryum ; les sels de chaux, au précipité blanc formé par l'osa* late d'ammoniaque.
Le cuivre est décelé par le précipité brun marron que donne le cyanure jaune.
Quant à Tiode, on s'assure de sa présence par les moyens indiqués à l'article Nitrate de soude ( Vby. p. 111).
On a aussi prétendu que certains salpêtres renformaient de Varsenic, quoique beaucoup de chimistes, ainsi que nous, n^en aient jamais rencontré ; nous allons indiquer la manière fort simple de s'en assurer. On décompose, par l'acide sulfurique, le nitrate dissous dans un peu d'eau, puis la liqueur (sulfate de potasse) qui en résulte est introduite dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc ; si le nitrate contient de Tarse* nie, il donne des taches et un anneau sur lesquels on constate chimiquement la présence de Tarsenic.
L'essai des salpêtres, qui a été l'objet des recherches des plus célèbres chimistes [Guyton^MorveaUy Baumé^ RiffauU^ Lavoisier, Berthollet, Fourcroy, Vauquelm^ (TArcet pèr»* PelUtier, Gay-Lussac), consiste d'abord à rechercher la quantité d'eau qu'ils contiennent, par la perte qu'éprouYeni lOÔ
(M M. Magonty a rencontré des nitrates de potasse renrermant 1 %, 5 à 8^,5 de sel marin.
On expédie au^si dans des sacs des boules de terre argileuse en qniO'* tité notable. Leur (i^rossenr varie de celte d*a»6 noisette à celle d*Qiie oois. En disaoifant dans Teau hoo ficiiie qtuiMilé de ce niirale, tout le sel se dissout ; les matières terreuses, s'il y (*n a, restent en dépôt.
(*) La présence de Tiode dans le nitrate du potasse, constatée par M. Barreswil, s'explique facilement, le salpôtre se préparant aujourd'hui par double décomposition, k Taide du chlorure de potassium ou même du carbonate de potasse et du nitrate de soude.
NtmATB DE PÛTAMl. 107
grammes de eê sel, «près ane dessieeation «n baln^marid.
Oo dissout ensuite dans Feau 10 grammes de salpêtre brut, non desséehé; la dissolution est filtrée» et le filtre lavé et seéé docmey par son augmentation de poids^ celui des matières étrangères. Dans lé liquide filtré, on verse, au moyen d'une burette graduée en centimètres cubes, une solution filtrée de nitrate de baryte, obtenue en dissolvant 6kc,488 de ce sel dans 1000 grammes d'eau distillée ; elle est telle que chaque centimètre cube représente exactement 09^,01 de sulfate de potasse. La liqueur étant de nouveau filtrée, ut le filtre bien lavé, on verse une solution titrée de nitrate d'argent (formée (ie23i',08 de ce sel dissous dans 1000 grammes d'eau distilléa), telle que chaque centimètre cube représente Of^,01 d« chlorure de potassium (^).
Dans les raffineries do salpêtre du gouvernement^ on essaye le nitrate de potasse d'après le procédé de RiffauU^ qui con« able à traiter un poids connu de ce sel (400 gr.), à deui OQ trois reprises, par 7»*,S0 d'une solution titrée de nitrii par, qpx possède la propriété de dissoudre les chlorures mé* lagés au nitrate, sans agir sur ce sel (*)« Le résida inso- Ittble est recueilli sur un filtre, puis séché. La différence entre 9(m poids et celui du salpêtre brut indique la proportion de matières étrangères. Il faut ajouter 2 7o à la perte éprouvée, pour le nitre qui se précipite pendant l'opération, de la solution saturée. Le salpêtre, ainsi débarrassé du chlorure, est eosnite dissous dans l'eau distillée, afin de le séparer des matières insolubles (terre ou sable) qu'il peut contenir. Le poids de ce résidu, retranché du poids précédent, fait conniltre celui du nitrate pur contenu dans l'échantillon soumis i l'essai.
Gay-Lussac a proposé une méthode particulière, qui con- Âste à faire un mélange exact de 10 p. de sel à essayer avec
i p. de charbon lavé et 40 p. de sel marin réduit en poudrer
1^) Od pealy poar chacun de ces deai essais, former une Hqoetir dé- «w« doni chaque ceniiniètre cube représente 0»^001 de sulfate ou de chlorure de potassium.
C) Ce procédé olTre IMnconvénient de ne pas permettre d'apprécier si ïeBilrate k essayer eontienl du nitrate de soude^ car ce dernier est ett'loTéconme les amres sels par l*eaa Mlurée.
108 NITRATB DB POTASSE.
fine, et à chauffer ce mélange au rouge cerise dans un creuset de platine. Le nitrate do potasse est seul décomposé et transformé en carbonate, dont on détermine la quantité par la saturation avec un acide titré. Soit p la quantité trouvée de carbonate de potasse, x la quantité cherchée de nitrate correspondante, on pose :
865 étant Téquivalent du carbonate de potasse , et 1265 celui du nitrate.
M. Gossart^ commissaire des poudres à Lille^ a cherché à doser Tacide nitrique contenu dans le salpêtre, en mettant à profit Taction oxydante que cet acide exerce sur les protosels de fer. Il mêle le salpêtre avec deTacide sulfurique, et le décompose par une dissolution titrée de sulfate de protoxyde de fer. L'opération est terminée lorsque , après avoir porté le mélange à Tébullition, on n'y reconnaît plus, à Taide d^une dissolution bien étendue de cyanure rouge^ la moindre trace de fer au minimum.
La liqueur normale de salpêtre contient 10 'grammes de ce sel, raffiné, bien sec, par demi-litre. Il en faut 0"®,25 pour peroxyder 0°*<',20 de la dissolution de sulfate de protoxyde.
Soit N le nombre de divisions de sulfate de protoxyde de fer nécessaire pour saturer complètement 0^^,2b de la dissolution de 10 grammes de salpêtre raffiné, dans un demilitre d'eau; N'ie nombre de divisions nécessaire pour saturer complètement 0>n<',25 d'uâe dissolution, dans un demi-litre d'eau, de 10 grammes de salpêtre à essayer ; le titre de ce der-
nier sera expnmé par— .
M. Pelouze a proposé un autre mode d'essai du salpêtre et des divers nitrates , lequel consiste à rechercher la quantité de ce sel nécessaire pour porter au maximum d'oxydation un poids connu de fer dissous dans un excès d'acide chlorhydrique.
M. Pelouze a reconnu que 2 grammes de fils de clavecin dissous, à l'abri de l'air, dans 80 à 100 grammes d'acide chlorhydrique, exigent, en moyenne, l8»*,216 de salpêtre pur
JflTRATR DE POTASSE. 1 09
pour se conyertir en perchlomre. On pèse donc l8f,216 de salpêtre à titrer, on fait dissoudre d'autre part 2 grammes de Cls de clavecin dans 80 à 100 grammes d'acide chlorhydrique concentré^ et, après le mélange et l'ébullition des deux liquides, on achève de peroxyderlefer avec une solution titrée de caméléon minéral (*). Le terme de cette suroxydation est indiqué par la teinte rose que prend la liqueur lorsqu'on y ajoute la plus petite quantité de caméléon. La pureté du nitrate essayé est directement proportionnelle à la quantité de caméléon que Ton emploie.
Si, par exemple, on a opéré sur 2 grammes de fer et lBr,216 desalpétre impur, et que la dissolution de caméléon minéral (*) indique que 08>',200 de fer n'ont pas été peroxydes, il enrésulte que 2 grammes moins 0Kr,200 ou Ibi',800 de fer ont été portés au maximum : si le sel avait été pur, les 2 grammes de fer auraient été entièrement perchlorurés, d'où la proportion :
x=: 1,0944; il y avait donc dans 18^,216 de salpêtre impur, lgr,0944 ou 90 % 8 de nitrate de potasse pur. Le salpêtre essayé est donc au titre de 90,8.
Ce procédé exige que les nitrates à essayer ne contiennent
(>} On sait, d*après les expériences de M. Marguei'iite^ que le caméléon minéral, ou bypermanjjanale de potasse en solution^ possède la proprièlc de suroxyder, pour ainsi dire, instanianémeni, à la lempéralure ordinaire, une dissolution de prolosel de fer. M. Bussy a aussi employé cette substance pour doser Tacidc arsénieux, qu'elle fait passer ioslantanément à Tétat d'acide arsénique. M. Astley Price l'a adopté, dans le même bul^ pour essayer, par sa méthode, les manganèses du commerce.
(*) La dissolution du caméléon est titrée de telle sorte qu'il en faut 0*«,50 i>our peroxyder 1 granmie de fer. Par conséquent, pour |)eroxyder O'^SOO de fer, il faudra 0^0,10 de cette solution.
On prépare le caméléon minéral en maintenant pendant quelque temps au rouge sombre, dans un creuset de terre, un mélange de 3 p. de potasse à la chaux^ 2 p. de bioxyde de manganèse et l p. de chlorate de potasse, l-a masse, d'un vert foncé, est pulvérisée, mêlée avec 3 à i fois son (>oids d'eau, et traitée par Tacide nitrique faible, qu'on ajoute peu à peu, jusqu'à ce que la liqueur ait pris une couleur pourpre. Oo la tilire sur de l'amiante ou sur du verre pilé, et on la conserve dans UQ flacon bouché à l'émeri.
110 IfCTRATE D£ SOUim.
aucune matière étengère (organique ou autre, pouTant m paroxyder) susceptible d'agir sur le caméléon.
'. Le nitrate ou azotate de soude , ou nitre cubique, nitre rkomboidal, nitre quadrangulaire, salpêtre des mers du Sud^ est blanc, cristallisé en prismes rhomboïdaux^ transparents, d'une saveur acre et fraîche^ déliquescents, très-solubles dans Teau; sa densité est 8,760 (Filhol). Il fuse sur les charbons, comme le nitrate de potasse.
Le commerce fournit deux sortes de nitrate de soude : le naturel et l'artificiel.
Il en existe des bancs considérables dans rAmérique du Sud (Chili, Pérou, etc.). Il contient 96 V^, 698 (Leeanu), 94»/^, 291 {Hofstetter) de nitrate pur.
Suivant M. Hofstetter, le nitrate de soude naturel du Pérou renferme :
Niiralc de soude 9M91
Chlorure de sodium 1,090
Eau 1,998
Sulfate de pousse 0,S39
Niirale de potasse 0,496
Nitrate de magnésie 0,858
Résidu et eau 0,303
Usages. — Le nitrate de soude sert, dans les arts, à la fabrication de l'acide nitrique, du salpêtre et de l'acide sulfurique. Ses usages tendent à s'accroître à cause de son prix inférieur à celui du nitrate de potasse, et de la plus grande quantité d'acide nitrique qu'il fournit (*).
Altérations. — D'après l'analyse que nous venons de citer, on voit que le nitrate de soude peut renfermer des chlorures et sulfates à même base, du chlorure de calcium^ du sul-
(*) Dans les fabriques, 100 de nitrate do potasse donnant lOOd'aeide nitrique à a8^ tandis que 100 de nitrate de soude produisent 115 d*acide au même degré.
MITRATB DE SOUDS. 1 1 1
fate de chaux^ des nitraiei et sulfata de potasHy du nitrate de magnésie. Il en résulte que si la solution aqueuse de nitrate de soude précipite par le chlorure de baryum ou par le nitrate de baryte (^), elle contient des sulfates. Les chlorures sont décelé» par le précipité qu'y forme le nitrate d'argent ; la chaux , par Toxalate d'ammoniaque ; la magnésie, par le phosphate de soude ammoniacal; la potasse, parle chlorure de platine.
M. Lembert a constaté la présence de Viode à l'état d'iodore^ et surtout d'iodate de soude^ dans le nitrate de soude naturel (^); la présence de ce corps est décelée en pilant et U?ant le nitrate avec l'eau distillée; le liquide filtré et légèrement amidonné^ additionné d'acide sulfureux, puis d'acide solforique, acquiert la coloration bleue caractéristique.
Ou bien, on ajoute au nitrate un peu d'acide nitrique pur : le tout est introduit ôaûs un ballon muni d'un tube abducteur. On chauffe ; les vapeurs qui se dégagent sont reçues dans un petit tube-éprouvette renfermant de Tempois trèsdair, fait avec de l'amidon bien lavé à Peau froide.
Pour débarrasser complètement d'iode le nitrate de soude, il suffit de verser dessus 5 ®/o de son poids d'acide nitrique ordinaire (exempt d'iode) et d'évaporer à siccité [Barreswil),
Le nitrate de soude peut aussi contenir de Varsenic, En le décomposant par l'acide sulfurique, et introduisant le liquide dans un appareil de Marsh, fonctionnant à blanc, on ob-
n On peut se servir de liqueurs liiréei»; ainsi, en dissolvanl 10^^,631 de Diiralc de liaryle dans 1 kilog. d*eau distillée, on a un liquide dont chaque centimètre cube représente Cf'jOt de sulfate de soude crislaliisé;î7iM19 de nitrate d'ar^^ent dissous dans 1 litre d*eau distillée l^récipiteDt tout le chlore du chlorure de sodium.
Oo peut aussi employer le mode d'essai indiqué par M. Pelouze. (V.
^ri.fClTBATB DE POTASSE.)
(*) M. V. Parisot a rencontré des nitrates de soude ronfermant 5 à ••'a et même *0% <^e sels de varech, qui y introduisent des iodures.
Noos avons examiné les premiers échantillons de nitrate de soude <^^pédiésà Paris, et prisa Tadministrotiou des douanes; ils ne contenaient pas d*iode.
Depuis, MM. E. Barrud et Jacquelain ont constaté dans le nilre cu- ^oe du Pérou et du Chili la présence de quantités considérables dHode, à l'état d'iodate, dont le. minimum serait de 3 à 5 %> et le o^aimum de 8 à 10 %.
112 NOIR D*ENGRàl8.
tient, s'il y a de l'arseDic, des taches et un anneau sur lesquels on s'assure de la présence de ce corps.
Les bassines de cuivre servant à la préparation du nitrate artiûciel peuvent y introduire un peu de ce métal. Sa présence est constatée par l'ammoniaque, le cyanure jaune.
fff OXR AfffXBIAXi. — V. Obabbo* amimal. MOXR D'BNG&AZS on STOm »B BAFFXMBaSi.
Le noir ou résidu de raffinerie est une masse noire^ bleuâtre, dense, légèrement odorante. Il provient du noir d'os (neuf ou revivifié) employé, conjointement avec le sang, pour clarifier le sucre brut dans les raffineries*. On emploie, pour 100 p. de sucre brut, 3 à 4 p. de noir en poudre, et on ajoute deux litres de sang à 8° de l'aréomètre.
La boue de noir résultant de l'opération même de la clarification est lavée à l'aide d'un courant de vapeur, pour enlever le sirop qu'elle retient en vertu de sa porosité, puis on la jette sur un filtre, et si elle n'a plus de saveur sucrée, on la soumet à la presse.
Jusqu'en 1820, l'industrie ne tirait aucun parti de cette matière, qui encombrait les environs des villes (Marseille^ Nantes, le Havre, Paris, etc.) où se trouvent des raffineries de sucre.
A peu près à la môme époque, M. Payen, à Paris, M. F\ Favre à Nantes, reconnurent, par l'expérience, que ce résidu pouvait être employé avantageusement comme engrais.
A la suite d'essais répétés, à Nantes, par MM. Rissel et JoUin, et confirmés, à Paris, sous les auspices de MM. Santerre et Mallet, les monceaux de noir dont les raffineurs ne savaient que faire furent bientôt accapajrés par la spéculation, et, à partir de 1825, le noir de raffinerie fut employé comme un engrais très-puissant^ principalement dans les départements de l'ouest (*).
(') L'emploi du noir de raffinerie prilmème une lelle extension, que la produclion devint insuffisante. Aussi d*babi les manufacturiers ont-ils chercbé à fabriquer un engrais semblable ou du moins fort analogue [Noirs ammaUsés),