‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 23 sur 190 · MOIR D*ENGR11S · texte numérisé non relu

MOIR D*ENGR11S

Déterré des fosses où il élait accumulé, le noir de raffino^ rie, expédié sur les divers marchés français, fut d'abord vendu 2 francs Phectolitre; et son prix, s'élevant progressivement, atteignit enfin le chiffre de 12 et 14 francs, auquel le noir pur est encore vendu aujourd'hui.

La quantité de cette substance, extraite de provenances diverses, et consommée annuellement en France, peut être éralaée à 13 millions de kilogrammes, ou 126 315 hectolitres (*).

Les chiffres suivants expriment les quantités de résidus de raffinerie expédiés, en France^ de 1839 à 1845; par les sources de production les plus importantes :

Looéet.

RoBsie.

Aotricbe.

Villes btntéit.

3 609 533 kil

483 370 kil.

Dans les noirs envoyés par les villes hanséatiques, les résidus de rafBnerie de la Prusse figurent pour une notable proportion, car ils sont en majeure partie expédiés en transit par Hambourg et la Hollande.

Nantes et quelques villes de la Normandie, Gaen notamment, sont les entrepôts les plus importants oii sont dirigés les résidus de raffinerie (>).

Indépendamment de leur provenance et de leur composite) Le poids moyen de rbectolitre de noir résidu de raflBnerie, hn-

mide^ esl de 95 kilogrammes.

(') Voici les quantités de noir importées à Nantes, dans une période

^ sept années.

BDéet.

Proven. étrange

^res.

Proven. françaises.

Total.

11428 927 kil.

5 643 057 kil.

iHil

mt

lSi3

18io

114 NOIR D'ENORA».

tien chimique, les noirs résidus de raffinerie peuvent être classés, d'une manière générale, en trois catégories bien distinctes : les noir$ gros grain, les noirs grain, les noirs fins.

Les noirs gros grain se présentent presque toujours en fragments irréguliers, d'un volume quelquefois égal à celui d'une petite aveline. Leur couleur est terne. Ils contiennent fort peu de matière organique, et proviennent généralement des fabriques de Russie et de l'Amérique iu Nord.

Les noirs grain^ les plus usités dans la raffinerie, sont sécs, rngueuï comme le sable, et très-noirs (*). La presque totalité de cette sorte de noir arrivant à Nantes est vendue et consommée en Bretagne, en Normandie et dans le département de la Mayenne. Les noirs grain ont une grande densité : l'hectolitre pèse de 95 à 100 kilogrammes. Ils conviennent particulièrement pour les céréales.

Les noirs fins provenant de la clarification sont chargés^ par conséquent, des principes coagulables du sang et d'une minime quantité de sucre, que le lavage le plus parfait ne saurait enlever au noir animal. Ils ont une texture plus ou moins ténue, favorable à leur absorption par les plantes^ et qui les fait préférer par les agriculteurs.

Outre cette classification, les résidus de raffinerie ont été classés de la manière suivante, d'après leur composition respective, par MM. Moride et Bobierre, qui ont publié, dans ces derniers temps^ des recherches très-étendues sur les engrais (3), et auxquels nous avons emprunté presque toute la matière de cet article.

Ils distinguent les noirs de Nantes, de Marseille, de Bordeaux^ de Hambourg, de Russie, du nord de la France, de Paris et d'Orléans, de Trieste, de Venise, d'Espagne, d^ Amérique (très-rares en France); enfin, les noirs anglais.

Les noirs de Nantes sont généralement fins et d'une belle couleur légèrement bleuâtre: ils sont toujours bien lavés et

(>) La Suède, quelques Tilles des bonis du Rhin, les raffineries du nord de la France, colles de la Russie, expédient dans Tuuest de la France des noirs lins, qui sont connus dans le commerce sous le uom {générique de noirs de Russie.

(^) Ed. Moride et Ad. Bobierre, Technologie des engrais de Vowst de la France, 1819, Paris et Nantes.

NOIR D'BflGRAIS. 115

pauvres en matière sacrée, peu humides, laissant apercevoir des byssus blanchâtres.

Les noirs de Marseille sont remarquables par leur odeur de beurre pourri ; ils sont d'un noir mat, fins et homogènes, faciles à diviser dans la main. On les emploie souvent pour la culture du sarrasin.

Les noirs de Bordeaux ont une belle apparence et sont sou- Tent additionnés de matières étrangères ; ils ont quelquefois une couleur ardoisée et une odeur de lie de vin, indice presque certain de leur falsification. On les emploie particulièrement dans la fabrication des noirs factices ; ils sont mélangés a?ec des matières animales et avec des tourbes.

Sous le nom de noirs de Hambourg y on désigne les noirs de raffinerie, non-seulement de Hambourg, mais de Prusse^ d'Amsterdam, de Copenhague, de Stockholm, de Cologne, de StettÎD) d« Guttemberg et de quelques autres localités. Ils ont une texture lAche et se présentent sous forme de mottes moiflies à l'intérieur. On les falsifie presque toujours. Ils pèsent de 85 à 95 kilogrammes Thectolitre.

Les noirs de Russie (Riga et Saint-Pétersbourg} pèsent de 103 à 105 kilogrammes Thectolitre ; ils sont moins azotés que les noirs français.

Les noirs du nord de la France (Lille, Valenciennes, Dunkerque) èont fins, secs, foncés en couleur, peu azotés. Ils fermentent très-peu, en raison de la très-petite quantité de sang qu'ils renferment^ et n'agissent que lentement sur la végétation.

Les noirs de Paris et d'Orléans sont intermédiaires à ceux de Bordeaux et du nord de la France.

Les noirs anglais expédiés, pour la plupart, de Londres (*), sont d'un brun rougeàtre; ils pèsent de 80 à 85 kilogrammes l'hectolitre. Ils ont fréquemment une odeur très-prononcée de matière fécale et sont d'une consistance terreuse ; ils ne contiennent, le plus souvent, que la moitié ou le tiers de leur poids de noir do raffinerie, et sont mélangés de résidus de brasseries^ de féculeries, de matières fécales.

^) Le port de Nantes reçoit, en moyenne, 80 000 hedioliires de ces aoin anglais.

116 HOIR d'ëHGRAIS.

Voici, d'après les analyses de HM. Moride aVBobierre, la composition moyenne des divers noiis que nous venons de citer :

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