‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 33 sur 190 · OXYDES DE FER · texte numérisé non relu

OXYDES DE FER

tournesol, insoluble dans Teaa et fusible à la chaleur fôàge sans décomposition.

Usages. — Cet oxyde est quelquefois employé, en tnédedne, coomie émétiqueetsudoriGque; il sert à la préparation de l'émétique; on remploie aussi en peinture.

Falsifications. — L'oxyde d'antimoine a été falsiGé avec k carbonate de chaux (craie ou blanc d'Espagne) (\), avec le tulfate et le phosphate de chaux.

Tacide nitrique étendu, versé sur Toxyde mêlé de carbonate de chaux, donne lieu à une forte effervescence due à Fadde du cartyonate mis en liberté. La dissolution acide, étendue d'eau, précipite en blanc par Toxalate d'ammoniaque. Si Toxyde est mêlé de sulfate ou de phosphate de chaux, le Bquide provenant du traitement par l'acide nitrique donne, dans le p^einier cas, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans Tàcide nitrique ; dans le second, un précipité blanc, gélatineux avec Tammoniaque.

On a vendu quelquefois, en pharmacie, V acide ont imonieux pour l'oxyde d'antimoine. Cette fraiidb se reconnaît au moyen <le l'acide chlorhydrique, qui dissout l'oxyde et laisse pour ^du Tacide antimonieux.

DB DB OAXtOXUn. ^ V. Obaox.

OXTBB8 DB Mr.

Parmi les oxydes de fer, deux sont employés on pharmacie, ce sont V oxyde 7ioiV et le peroxyde.

L'oxyde de for noir, appelé aussi deutoxyde de fer, éthiopfi Martini, mfran de ma7*8 de Lémei'yy oxyde ferroso-frrrffjiiie, wi une combinaison de protoxyde et de peroxyde. Il est d'un noir pur, opaque, sans saveur, attirablc à l'aimant; fondu avec le borax, il donne un verre coloré en vert-bouteille ; il ferme, avec Tacide chlorhydrique concentré, une dissolution jaune verdàtre, qui précipite en brun, par Tammoniaquo, la potasse et la soude. Ce précipité, mis en contact avec un excès

(') M. W. Hoâgsun a anulysé un oxyde d'aiilimoinc du comuioroc qui r^oferniaii 30 % <^e carlionaïc de chaux.

1G4 'OXYDRS DE FBR.

de chlore en solution, passe au jaune rouille, et se transforme en hydrate de peroxyde.

Le peroxyde de fer, connu sous les noms A'oxyde f'ouge de fer^ trito ou sesqui-^xyde de fer^ coicothar, safran de mars astringent, rouge d Angleterre, terre douce de vitriol, oxyde ferrique, se présente sous la forme d'une poudre rouge plus ou moins foncée, dont la couleur varie (^) suivant l'état d'agrégation et le mode de préparation ; il est insipide, Inodore, non attirable à Taimant; la chaleur seule ne peut le décomposer. Il donne, avec Tacide chlorhydrique, une dissolution d'un beau jaune orangé; la soude^ la potasse^ Fammonîaque y produisent un précipité couleur de rouille ; Tinfusion de noix de galle y détermine un précipité noir bleuâtre, intense, pourvu que la solution ne soit pas trop acide. Il est complètement insoluble dans Feau, Talcool, Féther et les huiles.

Usages. — L'oxyde de fer noir est employé comme toni- .que, emménagogue et anthelminthiquo. Il fait la base des pilules de fer de Swediaur; il s'administre en tablettes.

L'oxyde rouge est employé en peinture, pour polir les glaces et les métaux; en médecine, on s'en sert comme astringent, tonique et emménagogue.

Altérations. — L'oxyde noir, ou éthiops, peut être mêlé de peroxyde de fer.

L'éthiops, mêlé de peroxyde, est moins attirable à l'aimant; sa couleur vire plus ou moins au brun rouss&tre; sa dissolution dans Tacide chlorhydrique est jaune safrané.

Ou a livré quelquefois, dans le commerce, de l'oxyde de fer contenant de Y oxyde de cuivre; rien n'est plus facile que d'en constater la présence.

L'oxyde de fer traité par un acide, puis par l'ammoniaque en excès, donne un précipité d'oxyde de fer, et s'il contient du cuivre, la liqueur surnageante est d'un beau bleu céleste. Falsifications. — Le peroxyde de fer a été quelquefois fraudé avec la brique pilée. Pour le reconnaître, on en dissout un poids déterminé dans l'acide chlorhydrique. Si l'oxyde est pur, la dissolution est complète ; si, au contraire, il est mêlé de brique en poudre, celle-ci reste en résidu : son poids, comparé au poids total, indique la proportion du mélange.

\}) CuUe couleur vire quelquefois au violet.

OXYDE (per) DE MANGAMÉSB. 165

OXTDB DB MA6WB8IUM. — V. aiA««étiB cAMJOtmÈm, OJCTDB (m) US WÊAMQAUAbB.

Cet oxyde, appelé aussi magnésie noire^ bioxyde de manga* ïïète^ est tràs-abondamment répandu dans la nature, tantôt en masses amorphes, ternes, fibreuses ou compactes, tantôt en aiguilles prismatiques, fines et rayonnantes. Il est d'un gris noir métalloïde; il est firiable, insipide, inodore. Sa densité est 4,48 (Boullay) -, il tache les doigts en noir. A l'aide de la chaleur^ l'acide chlorhydrique donne du chlore avec cet oxyde (*). Chauffé au rouge, il se décompose, dégage une partie de son oxygène^ et se convertit en sesquioxyde. Il est fosible au chalumeau, et donne avec le borax un verre de couleur améthyste.

Le peroxyde de manganèse est formé de : manganèse, 69,7; oxygène, 30,3.

Dans le commerce, on distingue plusieurs variétés de manganèse : le manganèse d Allemagne, le manganèse de la Roma- "Àrte, près Mâcon, le manganèse de la Dordogne, les mangames du Cher, de la Bourgogne.

Le manganèse d'Allemagne est généralement en cristaux soyeux.

Le manganèse de la Romanèche est d'un gris plus ou moins noirâtre, d'un aspect terreux; il est compacte, friable.

Le manganèse de la Dordogne est en rognons ou nodules, d'aspect lithoïde, gris bleu&tre.

Ces différentes sortes de manganèse appartiennent aux espèces minérales appelées pyrolusite, acerdèse (Beudant) ou ^umganite (Brongniart), et psilomélane ou manganèse oxydéidrylifere. Cotte dernière espèce est en dépôt très-considé- Rdble à la Romanèche, près Mâcon (Saône-et-Loire).

Usages. — L'oxyde de manganèse est employé dans les

(*) Ce caractère peut servir à le dislinguer du sulfure d'antimoine^ avec lequel il offre qaelquc ressemblance par sa forme cristalline, sa eoulcur, son aspect. Le sulfure d*anlimoine est facilement fusible au cfaalameau; traité par l'acide chlorhydrique, il donne lieu à un dégage- Dieol d'bvdrogène sulfuré.

166 OXYDK (per) dr manganèse.

arts, principalement à la fabrication du chlore et des hypochlorites. Il sert aussi dans la cristallerie, la verrerie et la

poterie.

Altékations. — Il résulte des origines diverses de l'oxyde de manganèse, qu'il n'est jamais pur dans le commerce. Il est * le plus souvent mélangé ou combiné avec de Voxyde c(e fer y de la baryte y de Y argile, de la silice, du quartz, du carbonate de chaux, de la chaucç fluatée, etc.; aussi, vu ses visages, il est essentiel de poi^voir essayer cet oxyde sous le rapport de la quantité de chlore qu'il peut fournir, et qui çst -elle-même proportionnelle à la quantité de bioxyde de manganèse pur qu'il renferme. On a proposé plusieurs moyens pour arriver à ce but.

Le procédé de Gay-Lussac, le plus généralement employé, n'est qu'une application du procédé chlorométrique. Il consiste à faire bouillir Toxyde avec de l'acide chlorhydrique, et à mesurer le volume du chlore dégagé et recueilli dans une solution alcaline.

On emploie i^^,% d'oxyde réduit en poudre fine, poids reconnu suffisant pour donner, avec un excès d'acide chlorhydrique, 1 litre de chlore sec à 0», et la pression de 0",76, ou 100'' chlorométriques. Ces Sk'jOS d'oxyde à essayer sont introduits dans un petit ballon, et Ton verse dessus 25 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, exempt d'acide sulfureux, ou son équivalent en poids. On adapte au ballon un bouchon portant un tube, dont l'extrémité, un peu courbe, s'engage dans une solution alcaline faible (potasse, soude, ou lait de chaux), que contient un matras à long col. (Fby. pi. II,

fig. 16.)

Le ballon est chauiïé avec quelques charbons ; le chlore alors se dégage graduellement, et chasse Tair qui vient se réunir à la partie supérieure du matras ; on laisse sortir cet air à deux ou trois reprises, en redressant l'appareil, puis on agite pour favoriser l'absorption du gaz. L'opéralion est continuée jusqu'à ce que tout le chlore soit dégagé, ce que l'on reconnaît à l'échaufTement du tube éducteur par le passage de la vapeur d'eau qui pousse les dernières traces du chlore dans le matras. Le tube , jusque-là froid ou tiède, acquiert une température de 100°; c'est alors qu on arrête l'opération.

OXYDE (p^r) DE MANGANÈSE. )67

La solution alcaline est additionnée d'une quantité d'eau nécessaire pour compléter un litre ; puis on détermine sa richesse en chlore par un des procédés chlorométriques déjà indiqués {Voy. t. I, p. 584). Plus le volume de chlore contenu dans la liqueur à Tétat d'hypochlorite alcalin est considérable, plus Péchantillon d'oxyde essayé a de valeur.

n faut un second essai pour connaître la quantité d'acide chlorhydrique nécessaire au traitement de Toxyde, dont la yaleur dépend aussi de la quantité d'acide qu'il exige pour être entièrement décomposé, quantité qui varie avec les différentes espèces de manganèse. On conçoit, en effet, qu'un oiyde de manganèse qui contient des carbonates, de la baryte, deToxyde de fer, exigera une plus forte proportion d'acide chlorhydrique que celui qui n'en contient que peu ou point Ces matières étrangères saturent l'acide en pure perte, et occasionnent, en outre, un dégagement d'acide carbonique qoi forme, avec l'alcali, un carbonate indécomposable par le chlore. Il est donc essentiel de connaître la quantité d'acide nécessaire relativement à celle du chlore. Pour dissoudre 3^,98 de bioxyde de manganèse, et produire 1 litre de chlore, il faut une quantité d'acide chlorhydrique équivalente à 176® acidimétriques, que représentent 100® chlorométriques. Pour apprécier la quantité d'acide exigée par un échantillon de manganèse, on en traite donc S^'^jQS par 25 centimètres cubes d acide, représentant 250° acidimétriques ; on en recueille le chlore, et Ton constate, par une saturation au carbonate de sonde (jusqu'à ce que le précipité de carbonate do manganèse cesse de pouvoir se redissoudre ) ce qui reste d'acide libre ; ajonlant ces deux quantités, on voit ce qui manque pour égaler les 250® employés, et co déficit indique ce que le nianganèse emploie d'acide, en pure perte.

168 OXYDE (per) de manganèse.

Le tableau suivant donne quelques résultats d'essais de ce genre :

MANGANÈSE BMPLOTB,

Pur. crislallisé

D*AlleinagD6 , première qualiu^

DtiCrelnickt près Sa rrebruck

D* Angleterre

De la Romanèche (Sa6ne-et-Loire)..

De Calvéron (Aude).

De Bourgogne

Du Cher

De la Mayenne...

DEGRËS nélriqoei.

lÛQo

Oi

ACIDE CHLORHYDRIQUB.

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