RÉSINES
de Stic de pruneaux qui a été évaporé; selon lui, le suc ains altéré est humide et visqueux.
Il paraît qu'on a aussi introduit dans le inc de réglis» Yextrait de caroubier^ V extrait de châtaignier^ la glucose.
Nous avons eu à examiner, à Paris, une certaine quantiU de suc de réglisse qui avait été allongé avec le suc retira de plantes fourragères, et épaissi à Taide de la chaleur, d suc de réglisse avait un goût particulier qui rappelait Textrait de foin et de luzerne (7.
Le suc de réglisse contient aussi des parcelles de cuivn enlevées mécaniquement aux bassines dans lesquelles il a été préparé ; mais il ne renferme pas de sels de cuivre ( Villain^ de Reims). Quelquefois ces parcelles métalliques sont visibles; parfois elles se trouvent si bien mêlées à Textrait, qu'on ne les aperçoit qu'en faisant fondre le suc, et en l'employant comme adoucissant et expectorant.
Nous avons souvent trouvé du suc de réglisse ainsi altéré.
Schaub a retiré 08^15 de cuivre de 1 kilogramme de suc; el Dassely 4sr^60 de 2 kilogrammes.
On conçoit que le pharmacien ne doit pas livrer au public du suc de réglisse contenant du cuivre ; quoique ce mélange ne soit pas dangereux, on l'accuserait, avec juste raison, de négbgence(«).
On constate que le suc de réglisse contient du cuivre, soit par la dissolution dans l'eau, soit en le brûlant et traitant les cendres par l'ammoniaque. Le premier de ces deux moyens est le plus simple et le meilleur.
RS8XWB8.
Les résines proprement dites, que les fraudeurs emploient fréquemment pour adultérer un grand nombre de produits^
(*) Ce suc de réglisse avail tié vendu à un négociant par un individu qui ne voulul pas s'exposer à un procès, et qui reprit de suite la mar^ chandise livrée, lorsqu'on lui eut dit qu'on la regardait comme étant luèlée à des substances étrangères au suc de réglisse.
(*) Il serait nécessaire que les sucs de réglisse livrés au commerce portassent des marques de fabrique obligatoires et un chiffre indi-
KBtlNE COPAL. 289
sont très-communément répandaes dans les végétant. Elles sont solides, sèches, rudes au toucher ; leur saveur variable est souvent àm^ik des matières étrangères. Elles sont trèsinflammables, fondent facilement, et donnent un liquide visqueux^ rade au toucher, caractère qui les fait aisément distinguer des corps gras. Elles sont insolubles dans Teau, solubles à chaud dans Talcool : la solution alcoolique mélangée avec Teau devient laiteuse, et laisse déposer la résine sous forme de poudre. La plupart des résines sont solubles dans Téther, dans les huiles fixes ou volatiles.
Les résines, comme nous alloas l'indiquer, sont sujettes è de nombreuses sophistications, tantôt par de la terre, du M6fe, comme cela a lieu pour le brai sec, tantôt par d'autres i^énm de qualité et de prix inférieurs.
RlfesurB OOPAI-
Cette résine s'écoule spontanément du vateria indica (diptérocarpées\ Elle se trouve tantôt sous forme de morceaux volumineux, incolores ou légèrement jaunâtres, non transparents à Textérieur, et limpides à l'intérieur; tantôt elle est jaune brunâtre, et renferme dans son intérieur des insectes cl plus rarement des débris de végétaux. Sa densité varie de 1.139 à 1,145. Elle est très-dure, à cassure conchoïde, presque inodore et insipide. Exposée à Taction de la chaleur, elle se ramollit et devient élastique, sans pouvoir s'étirer en fils. A une température plus élevée, elle fond ; mais elle s'all^re en même temps, et répand, en bouillant, des vapeurs dune odeur aromatique, analogue à celle du bois d'aloès.
Lecopal renferme : résine soluble dans t alcool â 0,67, ré^ ^soluble dans f alcool anhydre, résine soluble dans une dis- ^utmde potasse caustique, résine soluble dans f ammoniaque, ^ne soluble dans léther^ et huile essentielle.
Q^Qt le litre de Pextrail. En outre, on devrait interdire à tout fal^icani français i^emploi fraudiileiix des innniuus étrangères : Cas- '^^t Pignatelly, Carafa, Longo, Pastora, Palma^ Uicia, eic. (!o serait le moyen de faire cesser l'industrie illiciie des refondcurs, qui inondent ^ commerce de produits falsifiés et sans valeur réelle.
290 RÉSINE ÈLËMt.
Usages. — La résine copal sert à la préparation des vernis. On Va quelquefois employée en médecine, dam quelques préparations, et en fumigations contre lcsmala<nldes poumons.
Falsifications. — La résine copal est souvent remplacée par du faux copal, dit copal tendre. Ce dernier est généralement sous forme de larmes globuleuses, transparentes, presque incolores, un peu odorantes^ friables, se laissant facilement rayer par la pointe d'un couteau.
Soumis à l'action de la chaleur, il devient élastique, mou^ et se laisse tirer en fils aussi déliés que la soie. Il se dissout en partie dans l'alcool ; la portion insoluble prend la consistance et Taspect du gluten. Il se dissout presque complètement dans réther.
On vend, sous le nom de copal tendre, de la résine de Courbaril, en morceaux irréguliers, un peu louches, à odeur résineuse, ne se dissolvant qu'en partie dans Talcool (Pédroni fils).
Cette résine s'extrait de Yamyris elemifera, et noUs arrivé du Mexique et do l'Amérique méridionale. Elle est jaunâtre, demi-transparente, molle, odoriférante ; sa densité est 1,08. Son odeur est forte, agréable, analogue à celle du fenouil, et due à une huile volatile incolore, que Ton peut obtenir par la distillation, et qui entre dans la proportion de 12,5 dans la composition de la résine ; en outre, celle-ci renferme 60 parties d'une résine soluble dans Talcool , 24 parties d*une résine soluble dans Talcool bouillant, qui se dépose sous forme cristalline par le refroidissement; et enfin une fiia/tm extractive amère (Bonastre).
Usages. — La résine élémi est employée dans quelques préparations des arts; mais particulièrement dans l'usage médical, pour préparer les onguents d'Arcéus, de storax; le baume de Fioraveuti, etc.
Falsifications. — On a fabriqué de toutes pièces la résine élémi avec du yalipot et une petite quantité d^huile d^aspxc. Si Ton plonge une tige de fer rougie au feu dans ce mélange,
KESIMË DK GÂIJLC. â9l
on qu'on en projette (tuelques fragments sur des charbons incandescentSy flj^ dégage une odeur de térébenthine, facile à reconnaître.
On a sobstitaé aussi à la résine élémi :
1" Le hrai blanc de Manitky résine qui nous arrive* de cette lie et de la Chine. Elle est molle, facilement fusible, fune couleur blanc jaunâtre ou tachée de parties noires. Elle a une odeur forte et pénétrante de graine de fenouil, une sareur amère et aromatique. Elle se distingue de la véritable réàne élémi, en ce qu'elle se dissout à moitié dans Talcool chaud à 0,86, et laisse^un résidu blanc, léger, spongietlx, cristallisable; soluble dans Téther. Le liquide alcoo- Uipe laisse déposer^ par le refroidissement, une résine crL<ttiliséeen paillettes blanches, noires, brillantes, composée de -
Hnile volatile tt
Résine iosoluble Uans raloool 43
. , , ui^ t Crisullisable. ... SI
Résines SDliri>ies } ,„,rig^„i^b,„ . . . „
Matières étrangères et pertes i
2* La réône du pirna anstralis, dite fausse élétniy qui est entièrement soluble dans Talcool froid, ce qui n'a pas lieu pour la résine élémi.
^ La gamme-résine d'olivier^ qui est bien différente : son ^pectseul fait déceler la fraude.
aÉSIMB »B OAÏAO.
On extrait cette résine du guayacum officinale. Elle se présente sous forme de masses volumineuses, irrégulières, dures, <iemi-transparentes , friables, dont l'extérieur est d'un vert ''fnnâlre, et dont la cassure est brillante. Sa densité varie de l)M5àl,228. Sa saveur, d'abord douceâtre, devient amère, et produit dans le gosier un sentiment de chaleur brûlante. Son odeur est faible et agréable , projetée sur des charbons ^nls, elle répand des vapeurs aromatiques.
ïïposée à Tàir sous forme de poudre fine, elle absorbe de
392 RÉSINE DE 6AUC.
Toxygène et devient verte. Lorsqu'on expose un papier e duit de teinture de gaïac aux rayons violeii du spectre, devient vert.
L'alcool dissout les 9/10 de la résine de gaïac : la disses tion est brune ; Teau la précipite. L'éther dissout moins de sine que Talcool. L'essence de térébenthine la dissout mi^ à chaud qu'à froid ; elle ne se dissout pas dans les hiLi grasses.
La résine pure, obtenue par l'intermède de l'alcool, d'une couleur brun foncé, et presque opaque ; elle donj avec l'ammoniaque, une solution trouble de couleur jaun&ti La résine naturelle n'est qu'incomplètement soluble daj l'ammoniaque.
Usages. — La résine de gaïac ast employée en médecin sous forme de poudre, de pilules, de potion.
Falsifications. — La résine de gaïac a été falsifiée ave la colophane. Si l'on en met une partie en contact avec l'an moniaque, cet alcali dissout le gaïac et non la colophane. 0 bien, on fait une teinture de la résine, on filtre, et Ton ajout au liquide environ autant d'eau distillée que l'alcool employa on verso dans ce mélange une solution de potasse caustiqi en quantité suffisante pour Téclaircir. Lorsque, après l'add: tion d'un excès d'alcali, le liquide reste clair, on peut éli assuré de la pureté de la résine; mais, s'il se forme un fi sinate insoluble, c'est une preuve de la présence de la a lophane.
En projetant sur des charbons ardents une partie de la m; lière suspectée, on sent une odeur de térébenthine si la résii de gaïac contient de la colophane.
En visitant les pharmacies du Palatinat, M. Walz a trow de la résine de gaïac falsifiée par la matière résineuse pr« venant de la préparation de l'acide benzoïque par subi mation.
Ce produit artificiel se présentait en morceaux de la gro! seur du poing et d'un brun rougcâtre foncé. Ils étaient pc brillants, légèrement translucides sur les bords. Leur cassui était brillante et presque unie. Les fragments détachés étaiei d'un brun plus clair, transparents et friables ; la poudre ava une couleur brun rougeâtre qui n'éprouvait que peu de chai
RÉSINE DE JALAP. x 293
meot par le contact de Pair et même par Taction des joDs solairesi et ne devenait nullement verte. Cette résine ftlsifiée contenait de Tacide benzoïque et avait forte odeur de benjoin, surtout si l'on en exposait une pe- L'^ quantité sur une plaque de fer rougie. Traitée par Fam- Emoniaque liquide^ elle laissa un résidu insoluble qui avait c^iis les caractères du résidu résineux provenant de la préparation de Facide benzoïque ; il n'y eut que 16 ^U de résine gaïac pure entraînée en dissolution.
RÉSIHB »B JAIJkP.
Cette résine s'extrait de la racine dejalap {convolvulus jafe/îpo). Elle est compacte, d'une couleur jaune grisâtre terne, oiid'un brun rougeâtre (*), friable et fragile comme l'aloès; fune odeur faible et caractéristique, qui se fait surtout sentir lorsqu'on l'échauffé ou qu'on la frotte. Elle a une sa- ^ur acre, amère, nauséabonde, et fournit une poudre d'un Jtone clair. InsufQéo dans l'œil, elle cause une cuisson dou- ^«ffeuse. Elle est très-solublo dans l'alcool, insoluble dans l'essence de térébenthine, dans Péther et dans Teau. Elle se dissout très-bien dans Pacide et Téther acétiques. Elle se dissout à froid dans l'acide nitrique à 32^ B^, sans dégagement de gaz. A chaud, elle est soluble dans une solution de potasse caustique et se convertit en un acide soluble dans l'eau (^ucAner).-
Elle est composée de deux principes résineux, qui diffirent par leur solubilité dans Téther : l'un, insoluble, est la résine alpha de jalap ou rhodéorétine (jaiajjpine de MM. Buchner et Ilerbergei*)^ incolore, transparente; elle donne avec l'acide sulfurique concentré une dissolution d'un lieaa rouge pourpre: de là son nom; l'autre, soluble, ou
(') Il lie fduilrail pas considérer comme impure la raciiiC de jalap qui Wpn'scijlerail pasces caracièrcs, puisque colle qu'on irouxe géiiéral^BMQt dausMes pharmacies, quoique très-pure, esl d'un i>ruu noiràirc ^soaveDl d'une consistance d'exlrait demi-dur.