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Ces résultats si divers montrent qu'il y aurait beaucoup faire pour avoir une idée de la composition exacte des quin quinas, et que souvent on ne connaît pas la valeur de Té corce qu'on achète pour les préparations pharmaceutiques.
Comme nous l'avons dit plus haut, les quinquinas que Vo doit employer de préférence pour obtenir la quinine et 1 sulfate de quinine soiit les quinquinas jaunes ; les gris doi vent être réservés pour Textraclion de la cinchonine et d son sulfate.
Le pharmacien doit n'acheter que des quinquinas dont h caractères sont bien déterminés; il doit laisser de côté toi ceux qui peuvent présenter le moindre doute : les quinok gistes sont souvent embarrassés pour se prononcer sur h quinquinas; à plus forte raison, les pharmaciens.
Le pharmacien ne doit jamais acheter de quinquina e poudre, à moins qu'il ne soit parfaitement sûr de Fexpédi
tiofl, on qu'il ne contrtle pair l'analyse la Yaleiir des poudres qu'on lui a fournies.
Un fait qui démontre comment on fraude les poudres de quinquina, e'est que certaines quantités de ces dernières ont ^ Tendues à plus bas prix que le quinquina ^ malgré la maind'œuvre employée, et la perte, minime U est yrai, proVdiiatlt des déchets.
Les principaux caractères auxquels on peut reconnattre les écorces de quinquina sont les suivants :
Qwnquina jaune rojfo/ou Calisaya. — Selon quelques natondistesy cette écorce provient du einchona làncifoiia, qui erottdans la province de la Paz ; suivant d'autres, elle pronendrait du rinehona eordifotia, originaire de la province de Caiisaja^ au Pérou. Les plus gros arbres qui leâ produisent atteignent à la hauteur de nos marronniers d'Inde, et leur trône a souvent de 1 mètre à 1»>35 de diamètre.
Le quinquina jaune royal se compose d'écorces petites du grosses, plates ou roulées, avec ou sans épiderme.
Dans les petites écorces, Tépiderme est gris argenté, assez mince^ très-rugueux, marqué de distance en distance de crevasses transversales, et souvent chargé de lichens Glamenteui. Cet épiderme se détache par plaques et met à découvert ^e écorce intérieure épaisse d'environ 0'",002 (1 ligne), <l'Qnbran jaun&tre à Textérieur, d'un jaune fauve au dedans, d'une saveur très-amère et un peu astringente. La cassure de ^le espèce, ^qui se trouve presque toujours en morceaux ïûulés, est un peu résineuse près de l'épiderme, et trèsfibreuse du côté qui adhérait à la branche.
Dans les grosses écorces, Tépiderme est extérieurement 'Wûblable à celui des petites, mais il est épais de O^jOOS à "■,009 (2 à 4 lignes), plus rugueux et plus profondément cre- ^îssé. L'écorce intérieure qu'il recouvre est plus épaisse , ^'ttne texture plus fibreuse, d'une saveur aussi amère ai plus ^ngente. Les fibres se séparent avec une grande facilité sous la dentj et ne présentent pas la résistance que l'on trouve ^ins les petites écorces, dont la texture est plus serrée.
Les écorces sans épidernle varient aussi dans leur grosseur, '^▼ant l'âge des bi-anches ou de l'arbre dont elles pro- ^enuent.
Rarement on les voit en petites écorces entièrement dépouillées de leur épiderme. Elles sont presque toujours roulées, et oiïrent une surface unie, d'un brun jaunâtre au dehors, et moins foncé à Fintérieur. Cette sorte présente, au reste, les mêmes caractères que le quinquina en petitas écorces avec épiderme.
Le quinquina en grosses écorces sans épiderme est quelquefois roulé comme le quinquina avec épiderme; mais il est le plus souvent plat. Les morceaux varient en longueur de 0'»,35 à O'^fib et atteignent quelquefois 1 mètre ; l'épaisseur est de 0^007 à O^jOU, ellalargeurde0'»,025à0-,050. Ces morceaux sont pesants, très-compactes, d'une couleur jaune rougeâtre à l'extérieur, jaune brun à l'intérieur. La tex- • ture en est très- fibreuse ; la saveur astringente et très-amère. La poudre de ce quinquina est jaune pâle.
Cette sorte de quinquina jaune est celle que Ton préfère dans le commerce.
Quinquina jaune orangé ou Calisaya léger. — Le quinquina jaune auquel on a donné ce nom est en écorces formées pour les trois quarts d'épiderme, et, pour le reste, d'une écorce intérieure fibreuse; sa saveur est moins amèreque celle du précédent, dont il possède d'ailleurs à peu près les caractères.
Cette sorte contient moitié moins de quinine que les autres. Il y a encore, parmi les quinquinas jaunes, le quinquina pitaya ou d'Antioquia , le quinquina Carthagène, dont on distingue deux sortes : le jaune ou ligneux^ et le brun ou non ligneux ; ils sont peu estimés.
Quinquina gris de Lima, — Cette écorce, attribuée par MM. de Humboldt et Bonpland au cinchona scrobiculata^ varie de grosseur suivant les branches qui l'ont fournie. On la préfère en tuyaux de la grosseur d'une plume, et n'excédant pas celle du petit doigt. Dans cette dimension, on lui donne le nom de quinquina gris de Lima en petits tuyaux. Son épiderme est d'un gris blanchâtre assez uniforme, légèrement fendillé, et rarement couvert de lichens. Sa cassure est nette, compacte et résineuse; sa couleur intérieure est d'un jaune brun; sa. saveur, astringente et amère ; son odeur rappelle faiblemeni;' celle du bois mort.
Ce quinquina vient aussi en écorces de la grosseur du pouce et au-dessus ; répiderme est alors plus rugueux, plus fendillé ; la cassure, nette et résineuse, devient un peu fibreuse à lïntérieur ; la couleur est d'un jaune plus fauve. Sa poudre est d^une belle couleur fauve.
Quinquina gris de Loxa. — Attribué par MM. de Humboldt ^i Bmpland SL\x cinchona condaminea, qu'on trouve dans la province de Loxa, au Pérou. Cette écorce, recouverte en grande partie de lichens foliacés ou filamenteux, est un peu rugueuse à Textérieur, avec de petites fissures transversales. Elle est toujours très-mince, très-roulée, même quand elle provient des branches d'un grand diamètre. Elle a une cassure nette. Elle présente un rayon résineux près de Tépiderme, et une texture fibreuse, mais très-fine à l'extérieur ; sa saveur est amère et astringente, son odeur un peu plus prononcée que celle du quinquina de Lima. On préfère cette sorte en tuyaux de la grosseur d'une plume, et n'excédant pas celle du petit doigt. *
Sous le nom générique de quinquina Havane^ on comprend ordinairement, dans le commerce, toutes les mauvaises sortes de quinquinas gris.
Quinquina rouge vif. — Ce quinquina, attribué au cinchona o^longifolia, originaire des environs de Santa-Fé de Bogota, ^t en grosses écorces plates ou demi-cylindriques couvertes d'un épiderme rugueux, fendillé comme celui du calisaya, lûais plus spongieux, et quelquefois d'un gris argenté. L'écorce intérieure est, près de Tépiderme, d'un rouge vif qui tonne sensiblement d'intensité en approchant de la partie ?ui adhérait à la branche. La cassure, compacte et comme 'feineose daas la partie convexe, devient fibreuse dans la Pwtie concave. La saveur est très-amère et plus astringente ?ue celle des autres espèces. Sa poudre est d'un brun rougeàtre.
Ce (juinquina, quand il est dune belle couleur rouge, est *f^-recherché à cause de ses propriétés, qui sont analogues « celles du quinquina calisaya, quoique moins actives.
Quinquina rouge pâle, — Cette sorte, que l'on présente ^Dime une variété de quinquina rouge vif, est en écorces Ti«lquefois plates, souvent roulées, d'un rouge pâle, quel-
274 QutNQiJtrrA.
quefois dures et compacte^, et quelquefois ll^ëtttes^ Tépiderme est rugueut, fendillé cômmo celui du quinquina grië de Lima en grosses écorces ; la cassure est réîlineuse près de répiderme, et fibreuse au côté opposé ; Tititéfieur se dirise facilement, devient d'un rouge tellement pâle, qu'il n'oSirei pour ainsi dire, plus rien de la couleur qui sert de désignation à cette sorte de quinquina. La saveur de cette écorce, astringente et amère, se rapproche de celle du quinquina de Lima.
Quinquina rouge verruqueuoô. — Écorces roulées ou plates, à épiderme d'un gris rouge ou blanchâtre ; liber d'un ronge brun, chatgé d'une grande quantité de verrues] cassure fibreuse; à la scie, coupe résineuse; poudre d'Un rotige Vif. Cette sorte est très-estimée
UsAGfis. — Les écorces de quinquina, justement célèbres par leurs propriétés fébrifuges, sont très-employée» en médecine ; elles servent à préparer des poudres, des eitraits, des teintures, des sirops, des vins, des opiats, etc.
Falsifications. — Les écorces de quinquina sont souvent mêlées à d'autres écorces ; c'est pour cela que le pharmacien ne doit pas se procurer des quinquinas dont l'appareûce puisse donner lieu môme à Un doute.
Les écorces qu'on a mêlées au quinquina, selon ÉbermayeTf sont celles du quinquina nova, dont la décoction ne précipite pas la noix de galle, les écorces do cratœgm aria, de mùrronr 7iicr cTInde, de cerisier^ de prunier, do chêne; les écorces d'une espèce de saule [Bncholz). On conçoit que le pharmacien qui examine les quinquinas qui lui sont adressés ne peut être trompé par ces mélanges.
La poudre de quinquina rouge est quelquefois falsifiée par la poudre de santal rouge. L'essence de térébenthine ou Téther sulfurique dénotent cette fraude, à froid et instantanément, si la proportion du santal est assez forte ; au bout de quelques minutes, si elle est faible.
Le vrai quina rouge ne communique pas de couleur à cê^ deux véhicules. Le quina adultéré leur communique une cou — leur safranée, qui varie d'intensité suivant la proportion d santal ajoutée.
Fréquemment les quinquinas ont été éimisén «l'une parti
deK |mi!dt>M qnlb contiennent. Ébermat/er dit qn*on ni(^le qoelqaefeïs à Técorce dn quinquina une écorce qui est bien cdle du quinquina véritable, mais qui a déjà subi une décoction, et oue Ton a ensuite fait sécher. On reconnaît cette fraude à ce que la couleur de Técorce est presque la mOme sur les deux surfaces, et la saveur sensiblement plus faible. On constate mieux cette altération par la quantité d'extrait aqueux comparée à celle obtenue d'un quinquina de bonne qualité, et de Torigine duquel on est certain. La décoction des quinquinas est moins colorée, et elle ne se trouble pas par le Refroidissement; elle est presque transparente.
Depms la découverte du sulfate de quinine, des fraudeurs ont eu i1dée, à Paris et àPétranger, dVxirairo par les acides tise grande partie des alcaloïdes contenus dans les quinquitias. Cetix-ci, soumis h liilfe coclion dans Teau acidulée, étaient ensuite lavés à grande eau ou avec une eau ammoniacale, et séchés: on les mettait ensuite nn caisse, et on les livrait au commerce.
Ces fraudes graves furent presque immédiatement signalées au public, et des indications furent données pour reconnaître les quinquinas ainsi lavés.
l' Leur couleur est allérée et brunie ('); 2'Leur saveur n'est plus celle du quinquina, elle est saloe ; 3' Souvent ils présentent à leur surface une offlorcscenoo : on distingue aussi, à l'aide de la loupe, dans les lissuros dos écerces, de petits cristaux do sulfato d'ainnioniaquo ;
4* Us retiennent toujours une partie des acides employés, soilà l'état de liberté, soit saturés par une baso.
Toutes les fois qu'on suspecte une écorce d'avoir olô lrailô(i parles acides, on la fait macérer dans l'eau, ot on i^ssayo lo inacératum par le chlorure de baryum ou par lo nitrate d'ar- ^Dt, qui donne lieu à du sulfate de baryte si l'on a employé 1 acide sulfurique, et à du chlorure d'argent si on s'est servi de l'acide chlorhydrique. Pour avoir un point de coniparai- ^D,on agit en même temps avec les mômes réactifs sur un ïûacératum préparé avec un quinquina de la pureté duquel on est assuré.
'') Ceque l*on observe sur Icsqniiiciuinas gris cl ronf?o.-.
Les quinquinas étant des médicaments actifs, et ces médi' caments ayant été fraudés de manière à devenir nuisibles à la santé publique, il devrait ûtre ordonné que nulle écorce de quinquina, destinée à des préparations pharmaceutiques, ne puisse ôtre vendue sans que le titre n'en ait été établi par l'analyse chimique. Une semblable mesure ferait cesser des manœuvres honteuses, tournant au proOt de rhonoune qui, plus criminel que le voleur^ ne craint pas de tromper de malheureux malades qui peuvent être les victimes de sa cupidité.
Les quinquinas livrés étant souvent le sujet de doutes, les pharmaciens pourraient faire sur ces quinquinas plusieoxs essais propres à indiquer approximativement leur qualité, par les précipités que forment les réactifs appropriés dans un macératum préparé avec les diverses sortes de quinquinas (1 gramme de quinquina en poudre pour 16 grammes d'eau* laissés en contact pendant vingt-quatre heures).
Nous donnons ci-contre un tableau de ces réactions.
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Ces essais^ toutefois, ne peuvent servir que d'indicatioD attendu qu'il existe dans beaucoup de végétaux des matière susceptibles de précipiter le tanin. On doit avoir ensuite ra cours aux procédés proposés et modifiés par plusieurs chî mistes pour établir la teneur des quinquinas en alcaloïde.
La méthode indiquée par M. Thibouniery est la suivante
On prend 1 kilogramme de quinquina r^uit en poudre {^ on le {raite par 10 litres d'alcool à 33^, acidulé par 16 graa mes d'acide sulfurique à 66^. On distille les liqueurs obtenu jusqu'à réduction de moitié (à 5 litres). On décante^ on piiL avec expression, et Ton fait un nouveau traitement avec • quantités semblables d'alcool et d'acide^ c'est-à-dire 10 IL*^ et 16 grammes. On répète les opérations; on réunit lem queurs, on ajoute 50 grammes de chaux vive en poudr*^ 64 grammes de charbon animal, fin et de bonne qualités ' distille le tout, jusqu'à ce qu'il ne reste que 5 litres de lique dans la cucurbite de Talanibic, pour séparer Talcool de i quinine qui reste dans le bain-marie. Cette quinine, dissout avec un petit excès d'acide sulfurique étendu, traitée pa/ 76 grammes de noir animal purifié^ fournit une liqueur qui donne, après avoir été filtrée, du sulfate de quinine blanc, dont la quantité représente la valeur commerciale du quinquina.
MM. Henry Qi Piisson, M. Tilioy, ont aussi indiqué des procédés pour essayer les quinquinas. Voici celui qui est dû 1 M. Tilioy (2) :
On prend 30 grammes d un échantillon moyen de quin quina réduit on poudre grossière ; on les traite par 375 gram mes d'alcool à 30*^, à une température de 40<* à 50*>. La chi leur est soutenue pendant une demi-heure ; on retire Talcoo que Ton remplace par d'autre, et on répète l'opération chaud. On réunit les liqueurs, et Ton y verso do Tacétate o du sous-acétate de plomb eu quantité suffisante pour préci piler Tacide quinique et la matière colorante. On laisse € repos , puis on filtre. On ajoute alors au liquide quelque
(') Ou conçoit qu'on peut fraclionnir c'«*lU; (pianill»'.
(*) M. Tilioy ovîiil revu derim do nos porls 250 kiloi;raiiimcsd(>quli (imna calis.iya diî belle apparence, donl ramertnme élail bien pn noiicée. Ce (luinquina ne lui avait pas Tourui de quinine.
gooUei d'adde suUuhgae, pour séparer le plomb de l'acétate
qui poomit être en excès ; on filtre et on distille. On trouve im le résida de la distillation : 1" de l'acvlate ou du sulfate de quinine, selon la quantité d'acide sulfurique ajoutée ; 2" Que matière grasse qpû adhère au vase. On décante et on rerse dans la liqueur décantée de l'ammoniaque qui précipite la quinine, n ne faut pas en ajouter un excès, qui redissoodrait une portion de la quinine ; on pourrait, dans ce cas, clusser ou saturer cet excès d'alcali.
U quinine est recueillie, lavie à l'eau tiède et traitée par Teaa aiguisée d'acide sulfurique et par un peu de noir animal : elle fournit alors du sulfate de quinine très-blanc. M. TîUoy dit avoir obtenu, en six heures, 0 >',4o de sulfate de quinine, de31 grammes decalisaya, et cependant on doit tenir compte des pertes occasionnées parle filtre et de la portion de quinine qui reste dans l'eau mère.
MU. Henry eiPlisson ajoutent à une dissolution aqueuse et acide de quinquina une infusion de noix de galle ; le précipité bien lavé est dissous dans Talcool, puis on précipite la solution par Thjdrate ou l'acétate de plomb. Le liquide décoloré est formé de quinate de plomb, de quinate de chaux., de quinine, dccinchonine, et d'une petite quantité de matière }ime qui a échappé à la décoloration. On sépare le plomb de ce liquide à l'aide de quelques gouttes d acide .sulfurique, ou d'un courant d'acide sulfhydrique, puis on filtre. On pré* dpite ensuite l'alcaloïde par une petite quantité de chaux en louillie claire ; la quinine précipitée et recueillie est ensuite transformée très-facilement en sulfate ; elle fournit des cris- ^ux très-brillaqts et très-soyeux.
En définitive, tous ces procédés d'essai reposent sur Tex- ^ction de la quinine brute, que l'on convertit ensuite, au uioyen de l'eau acidulée par l'acide sulfurique, en sulfate qui ^Idosé après une première cristallisation et une décoloration préalable par le noir animal.
On a varié la nature du corps destiné à précipiter l'extrait <*6quinquina, sans, du reste, changer le principe de ce genre <^ essais; au lieu des acétates do plomb, M. Liebig a conseillé ^e carbonate de soude en excès (*) ; le précipité obtenu est
( ) M. Cahwiy doot le procé lé ressemble à celui de M. Liebig, achève
épuisé par Talcool à 36^ ; la liqueur alcoolique, décolorée par le noir animal, est concentrée à Taide de la chaleur, et misi^ à cristalliser, pour séparer la cinchonine ; ensuite on y ajouU de Feau, et Ton chasse toutTalcool par distillation.
Le procédé le plus usité consiste à épuiser Técorce avec Teai acidulée, à précipiter le liquide par un lait de chaux et épuiser avec l'alcool le précipité quino-calcaire desséché, solution alcoolique laisse, par l'évaporation à siccité, le m( lange des alcaloïdes (quinine et cinchonine) que Ton sépare moyen de l'éther ou de Talcool à 40°, qui dissout la quinic^^ ^ et laisse la cinchonine.
Le procédé de M. Wœhier consiste à épuiser 30 gramin. ^^ de quinquina pulvérisé avec Teau bouillante, additionnée ^=i« 4 grammes d'acido chlorhydrique. On filtre, on évaporc^^ â siccité, et le résidu est traité par Teau acidulée avec l'aci chlorhydrique. Les chlorhydrates se dissolvent, le rouge (^: chonique reste h Tétat insoluble, on précipite la solution p^Ar l'ammoniaque, on dessèche et Ton pèse le précipité. Lar:i«.ture de l'alcaloïde est reconnue par Téther.
Buchner a modifié ce procédé en faisant bouillir pendant une demi-heure 30 grammes de quinquina en poudre, auroc 350 grammes d'eau additionnée de 2 grammes d'acide sulCurique ; on filtre, on précipite par l'ammoniaque ou par le c^^rbonate do soude ; le précipité recueilh sur un filtre, lav ^ « l'eau froide, est exprimé entre des doubles de papier jos^pl^ et séché à l'étuve. Mais ce procédé donne des alcaloïdes ^^ renferment toujours une grande quantité de matière colore»- "^^ rouge (Ricgel).
En dernier lieu, M. Rahourdin a proposé un moyea ^® doser les alcaloïdes des quinquinas en utilisant la propr ^éle du chloroforme de dissoudre ces corps au sein d'un.liqu-^ude aqueux. On prend, par exemple, 20 grammes de quinqi^^ ^"* jaune ou rouge (*), pulvérisé et tamisé ; on les humecte au '^^ une certaine quantité d'eau acidulée par l'acide chlorhydri ^^^^ (20 grammes d'acide pour 1 kilogramme d'eau), et on '^
la saluraliim par la sonde caustique, jusqu'à ce que le liquide soil 1^^^ reinciu nicnlin au papier «le lournosol. (*) Ou élèvr la dose à 40 grammes pour les quinquinas gris.
tasse dans une petite allonge. Une feuille de papier à filtrer est placée à la partie supérieure, et Ion verse de Teau acidulée pour lessiver la poudre; Técoulement des liqueurs est arrêté dès qu'elles passent incolores et insipides (*); quand la liqueur est passée, on y ajoute 5 à 6 grammes de potasse caustique et 10 à 15 grammes de chloroforme, on agite pendant quelques instants et Ton abandonne au repos. Il se fait un dépôt blanchâtre, très-dense, composé de quinine, de cinchooine et de chloroforme; il surnage un liquide rouge, transparent, qui est décanté : la solution chloroformiquc est lavée, recueillie dans une petite capsule ; et, par Tévaporation spontanée du chloroforme, les alcaloïdes restent à Télat de pureté ; ils sont recueillis, séchés et pesés.
H. Riegel a fait des essais comparatifs de quinquinas par les diverses méthodes que nous venons d'indiquer -, et c'est le procédé de M. Rabourdin qui lui a semblé mériter la préférence.
Ultérieurement, M. Ch. Maître a proposé, pour faire Tanaïjse du quinquina, le procédé suivant, qui paraît être d'une <^xé€ution assez rapide : on fait bouillir, pendant deux heures, 10 grammes de quinquina concassé dans 125 grammes d'eau additionnée de l»^50 d'acide chlorhydrique. On passe et on renouvelle la décoction en employant les mômes doses d'eau ^l d'acide, et en ayant toujours soin de remplacer au fur et 3 mesure l'eau évaporée. Les deux décoctions sont réunies, évaporées à 1/2 de leur volume, et traitées par un léger excès d'hydrate de chaux. Le précipit:^ calcaire , recueilli *^ec soin, est desséché à 100^ et traité à deux reprises différentes par réther anhydre dans un flacon bien bouché. Par e^^poration spontanée, l'éther laisse déposer la quinine presque complètement blanche. Le résidu repris par l'alcool a 36* B*^ donne ensuite la cinchonine.
(^) Lorsque la puudre de quin<|uiiin e^l iiiiirorménicni ol cuiivcna- '^nieni lassée, elle est épuisée quand on a recueilli 150 à 200 grammes ^« liquide.
282 RATAI^HIA
RAISnr n'OUaS. - V. BnunoLs.
La racine de ralanhia est fournie par le krameria triandra (polygalées). Elle est formée d'un corps de raciae quelquefois tfès-gros et de radicules longues et nombreuses, d'une grosseur variant de celle d'une plume à celle du dqigt. Elle est recouverte d'une écorce rouge brunâtre, un peu fibreuse, très-astringente. Le cœur de cette racine e^t ligneux, dur, d'un jaune rougeâtre pâle.
La racine do ratanhia nous arrive ordinairement dû Pérou, c|q$ Antilles.
Il résulte des expériences de MM. Vogely Gmelin^ Peschier et Trommsdorf, que la racine de ratanhia est composée de : tanin ^ extractif, a^jothème insoluble, gomme, fécule ^en trèsfaible proportion), matière muqueuse^ quelques sels^ un acide mal déterminé.
Les racines du commerce sont fort inégales, et contiennent des proportions très-variables de matière astringente.
UsAQES. — La racine de ratanhia est employée en médecine, compte astringente et tonique, sous form^ de poudre, 4e tisane, d'extrait, de sirop, de teinture.
Falsifications. — D'après M. Martiny, de Darmstadt, on a mélangé au véritable ratanhia une forte proportion d'une racine qui n'appartient pas au genre krameria. Cette racine était dure, en morceaux dont les plus longs ne dépassaient pas 0'",108 à O'^^ISS, d'une grosseur variable de 0",002 à 0",030. L'épiderme était d'un rouge brun jaunâtre ; l'écorce avait jusqu'à 0",004 d'épaisseur; elle était tantôt lisse, tantôt inégale; elle avait peu de lignes longitudinales, mais la dessiccation Tavait en partie crevassée circulairement.
Dans beaucoup de racines, l'écorce se détachait facilement de la partie ligneuse ; dans d'autres, au contraire, elle y était
■BGLissE (n^cipe de). S83
fortement adhérente. La surface intérieure était d'un rouge bran grisâtre, courerte d'une infinité de rides longitudinales très-fines et ondulées. La cassure de cette écorce était lisse : sa sayeur était astringente et nullement amère. Le cœur de ces radnes était moins dur que celui du ratanhia. La couleur était d'où jaune brun4tref ressemblant à celle du bois de chêne.
<eXiI88B (&Aom D«).
\a racine de réglisse, gl^yrrhiza glabra ( légumineuses ) est cylindrique^ Ipngue, rampante, jaune, rayonnée dans Tintérieur par de petits vaisseaux nombreux et serrés, remplis d'un suc à saveur très-sucrée. Elle est un peu coriace, d'one couleur gris brun à Textérieur et d'un beau jaune à l'intérieur.
U réglisse est cultivée en France et dans le midi de TEurope. On connaît dans le commerce quatre sortes de réglisse :
!• La régime de Bayonne^ en racines très-longues, ordinaireipent assez grosses, grises en dessus et d'un beau jaune ^ l'intérieur ;
2" La réglisse de Catalogne, qui diffère peu de la précédente: elle est mélangée de petites racines, de menus ;
3' La réglisse d'Alicante, qui se dislingue en deux sortes : 1* grise et la brune ; elle est ordinairement moins grosse que les antres sortes ;
^^ La réglisse de France, qui est vendue sous deux formes, ^erte et sèche. Elle est en racines longues, unies, repliées sur elles-mêmes, d'un brun clair en dessus, d'un beau jaune à 1 intérieur ; elle a un goût agréable, mais moins prononcé que ^lui des réglisses d'Espagne.
D'après Bobiquet, la racine de réglisse est composée de : ^^y^^yrrhizine ou sucre de réglisse, fécule, asparagine, huile ^iineuse, albumine, sels.
f^SAGES. — La racine de réglisse s'emploie en médecine, ^ous forme de poudre, d'extrait, de pâte et de suc. Elle sert le pli^s souvent à édulcorer les tisanes.
384 RRGLISSË (racine de).
Falsifications. — La racine de réglisse est quelquefois mélangée avec la glycyrrhiza echinata ou même remplacée par cette dernière, connue sous le nom de réglisse de Russie, dont récorce rude a été enlevée avant de la livrer au commerce. Cette racine est très-sucrée , mais elle n'a pas l'odeur particulière de la réglisse, et ses noorceaux sont beaucoup plus gros, quoique moins pesants que ceux de la racine de réglisse vraie et de bonne qualité.
La poudre de réglisse est souvent Fobjet de falsiûcations auxquelles cette forme se prête davantage.
M. PeUi€7\ de Doué, en a trouvé, dans le commerce, qui contenait de 12 à 50 % de poudre de gaîac. Pour découvrir cette fraude, on la traite comparativement avec la réglisse pure, en poudre, par Talcool froid à 34^ et par déplacement (*).
Le liquide alcoolique que Ton obtient bleuit ou verdit au contact du chlore et des hypochlorites ; lorsque la poudre de réglisse est pure, la liqueur alcoolique conserve, au contraire, une belle couleur jaune.
M. Wichmann^ pharmacien à Hildesheim, a trouvé dans le commerce de la poudre de réglisse venant de Hollande, sous le nom de flo7*es liquiritiœ^ et qui était falsifiée avec le stil de grain (•).
Le stil de grain (^] étant une laque composée de carbonate de chaux, d'alumine et de la matière colorante de la graine d'Avignon (ou de la gaude, du quercitron, du carthame, du curcuma, du bois jaune, etc.), on pourrait reconnaître sa présence dans la poudre de réglisse en calcinant et incinérant cette dernière ; on aurait un résidu terreux (composé de chaux et d'alumine) que ne laisse jamais la poudre de réglisse pure.
(') On emploie Pun des appareils de la planche II, fig. 1i et 15, ou les appareils modifiés (pi. VI, tig. 43 et ii)>
(*) M. Wichmann a trouvé 10 à 30% de cette substance étrangère dans des échantillons de poudre de réglisse provenant de cinq maisons de droguerie différentes.
(3) C'est la poudre de réglisse de première qualité que Ton fraude par le stil de grain. En effet, cette dernière substance vaut 0 Tr. 55 c., les 500 grammes, tandis que la poudre de réglisse vaut, selon sa ténuité, 1 Tr. 75, 1 fr. 95, 0 fr. 60, et 0 fr. i5 c. la poudre la plus grossière.
REGLISSE (suc de). 285
Si lestilde grain est en quantité notable, on reconnaît sa présence aux caractères suivants : 1"^ le poids spécifique du mélange est plus grand que celui do la poudre de réglisse pure ; 2^ en lliumidifiant avec Tbaleine, il exhale une odeur argileuse; 3* par le lavage, on sépare seulement la partie la plus grossière du stil de grain, la partie la plus ténue reste avec la poudre de réglisse ; 4"* Tacide chlorhydrique donne lieu à une effervescence, et contient en dissolution la chaux et Talamine, qu^on sépare facilement au moyen de Toxalatc d'ammoniaque, puis de Tammoniaque.
BilOXJUISIl (Sue o>).
Le suc de réglisse, qui devrait porter le nom d'extrait de réglisse, est préparé avec la décoction de la racine, concentrée convenablement (■) On en trouve aussi qui est obtenu avec l'extrait de réglisse, de la gomme arabique, du sucre et une quantité suffisante d'eau, et aromatisé avec de la poudre d'iris ou avec de Fessence d'anis. Ces deux préparations différent par la forme. La première est ordinairement en billes oubâtons de 0",054à 0«,17 de long, de O^^fi^l d'épaisseur, etda poids de 60 à 125 grammes, un peu aplaties et arrondies aux deux extrémités : ce suc est solide, d'un beau noir hillant, bien sec, cassant comme du verre, ne s'attachant pas aux doigts; sa cassure est lisse; sa saveur est douce, agréable, très-peu ftcre ; il est soluble dans Teau. La seconde prépara- &n est en grains, en petits bâtons cylindriques, quelquefois coulés en spirale.
Si le suc de réglisse n'a pas été préparé avec soin et si on l'a trop chauffé, il a un goût de brûlé. Si la pâte est de mauvaise qualité, elle est mollasse, rougeàtre, d'une cassure graveleuse.
Les sucs de réglisse bien fabriqués ne doivent pas fournir
0) La racine de réglisse donne à peu près un tiers de son poids Relirait.
986 RËGUÀSE («lie i^).
plus de 10 à 15 Vo de résidu insoluble daUs Teau (tAetMi//tér et Bussy (^),
Dails le commerce, on trouve deux sortes d'êttraits de réglisse :
1* Celui qui est préparé à l'étranger (NaplW» Calabre, Espagne, Grèce), et qui porte les marques : CoiêûnOy Pûlmn^ Camfuy Lorigo, Pastora, Lucia, etc. ;
2° Celui qui est préparé en France (Marseille, Nîmes, etc.).
En tSiO, on a importé en France i3t i05kiiog. de tue de réglisse.
En 18il, — 213 591 —
En 18i2, — 206950 —
En 1846, — 143218 —
En 1849, — 133 921 —
En 1851, — 67 120 —
En 1853, cette importation se réduisit à 43 493 kilo-grammes. La fabrication du âUc de réglisse tehd donc à se naturaliser en France.
Il y a, en outre, une sorte de siic de réglisse qttl est IW-* vaillée par les refondturs (•). Ces Industriels né fêibrlquenl pas de toutes pièces, mais ils achètent des suci( de réglis^ d0 bonne qualité, indigènes ou exotiques, ils les refondent et y incorporent des farines, fécules, gotntoeS de médiocte quA-* lité; ils livrent ensuite ces produits au Commerce, soUs les noms ou marques ci-dessus mentionnés.
La question de savoir si ces additions de sub^tâUcè!! féctilentes constituent une fraude a été soulevée par les fabricants françAiSi Ils ont établi que les sucs de réglisse purs nô peuvétll être livrés en cet état au commercé, 8 cause de leur ftcreté, de leUt' facilité à se déformer, de là difficulté ft le^ cotiSei-tei' en billes (').
(1) C'est unu question qui esl encore à examiner, c«r iloos aTOds re-connu qu'on ne peut faire dVxlrail de réglisse pur ajanl les ctfaelérès commerciaux.
(>) On compte quatre rofondo.urs dans le départcmenl de la Seint; : Vtm à Pni-î<, iin à ftellevîlle.
(3) M. A. Delondre paraît avoir résolu, en 1856, ce problème longtemps cborché, de la puri'té du suc de réglisse commercial, jointe à lont(!S lesqnnlilés de permanence et de conservation qu'il doit posséder.
M. Delotidre iisi parvenu à ce résultat en soumettant, à plusieurs re-
IBGLISSR (soc de). fSt
UsAGfes. — Le silc de réglisse entre dans la conitxisition du cachoa de Bologne.
ÂLTfaanolfc et ^alsiiicatiors. — Le suc de réglisse est souTent allongé de féeute ou de farine. 11 est alors d'un noir grisâtre, asset mon, à cassure terne et grumeleuse. Traité par Teaa froide, il laisse Un dépdt pulrérulent qu'on peut lam, sécher, peser, et essayer par Teau iodée.
Quelquefois le suc de r^lisse est mêlé de déàris minéraux etor^onifiief, de paille, de sable, qti'on peut en séparer pat l'eau (»).
Èbermayer dit que le suc de réglisse est quelquefois allongé
pn^e^, i V'àciioa directe de la Ta|>eur. le Iwit ue réglU>e rèduii en if^odru grossière; les liqueurs proveoaut de celle action soûl clarifiées a\ec h gélatine, évaporées en consisiance dVxtrait. Cet eilrait, mis en <^lindre, est exposé, pendant dix jours, dans des étUYe$, à la température de Î5«.
(') En 1S53, tioQs fflmes chargé, arec M. Bussff, d^oxamlner du suc '^ réglisse saisi cbei le rieur G. . .> épicier. Ce suc contenait, d'après nos essais, i9^/^lô de resiilu insoluble dans leau, el com|H>sé, |>our la wjeore partie, de féctile île |K>mmes de lerre.
Enéxaniioant comparativement des surs de réglisse commf'tclaux "wlglûe élraiigèt^ et (roriî»lne française, nonâ avons cotistali^ mie tes ^iSefeiits sQcs laissent un résidu insoluble, dont le poids varie de 10 à
^ïDsi les sucs de réglisse venant de Napics et transmis par la douane ont ïuumi 17, 22 et 26 «/o do résidu insoluble ;
'-^ 5UCS lie réglisse do fearcelone, 15, i 7 et 23 ''/q;
Li'îî sucs de réglisse d'Aragon, 9 011 « o î
'«issues do réglisse de Grèce, 10, 22, 28 et 33%;
'•«issues lie ré^iisso de Culabre (les plus estiiués), 10, II. 17,22 el2l%.
'issues de réglisso do divorses fabriinios fraiivai>es, M, 17, 21, 22, ^•^. 26, 27, 23. 36, ii, cl u.êniu 50 %.
^^^ résidus |.:<'vionncul dos parties insolubles de la ratine, d'un peu (le lerre, des .«^els que Peau lai>so déposer par son évaporaiion, dosall^i^alionsque les matières végétalrs solublos opiouvent penilant la ooncentraiionjenliu, el sinîoul, des matières olrangères (pron y ajoute fuudulcusoment.
^'n suc de réglisse de PiquetiUy (vrai Calubre)^ d'une origine autben- ''•l"e, n'a donné que 1 Vo.2^» de malièro solublo ; un antre, de fabrique
f'aiiçaise, a fourni iVo»5.
'-e siciir G. . . . les sieurs J.-A. C... et L. G..., cilés devant la 7« Cham- ^■"«Jurenl renvoyés de la plainte, quoique le délit de ralslllcaflon fût «évident, parce qu'il fui r.*connii qu'ils ignoraient raltérallou du produll n»'spareux en vente.