RESINE DE JALAP. ^9J
^jpose ensuite à TactioD du gaz Dilreux {*). Si l'alcoolé de résine de jalap contient de la résine de gaïac, le papier prend xxne coloration bleue; dans le cas contraire, il ne change pas de couleur.
M. de Malte a proposé l'emploi do Tiode, de Tacide nit.rique, de Tacide sulfurique, de rammoniaque liquide.
1 p. de résine de jalap mêlée par trituration avec 1/6 de son poids d'iode, puis additionnée de quelques gouttes d'alcool, se colore en bleu si elle renferme de la résine de gaïac.
La même résine ainsi falsifiée, triturée dans un mortier de porcelaine avec quelques gouttes d'acide nitrique, développe une couleur vert bleuâtre qui passe rapidement au jaune ; on n'observe pas de coloration semblable avec la résine de jalap pure. Ce procédé permet de reconnaître Texistence de 1/40 de résine de gaïac.
L'acide sulfurique, versé sur 1 p. de jalap pulvérisé contenant du gaïac , le colore en rougo cramoisi et dégage en même temps une odeur propre à cette dernière résine ; en ajoataDtde Teau à ce mélange, ]a couleur rouge disparait, et il se forme un précipité d'un noir bleuâtre. La résine de jalap pure donne, dans les mêmes circonstances, une coloration jaune pâle qui disparaît par une addition d eau pure. L'acide sulfurique peut déceler 1/30 de résine de gaïac, et môme 1/60 ^Henrard).
La résine de jalap est insoluble dans l'ammoniaque, tandis ?ue celle de gaïac s y dissout et communique à l'alcali une couleur verdàtre. Cette dilTérence de propriétés fournit un flioyen de reconnaître le gaïac dans le jalap.
M. Peltier, de Doué, a indiqué l'emploi d'une solution de chlore, qui, ajoutée aune teinture alcoolique do jalap mêlé ^ gaïac, y produit une coloration bleue ; le chlorure de calcium donne lieu à une couleur d'un beau vert pâle.
M. de Smedt aîné préfère les hypochlorites do potasse et <ie soude, qui offrent assez de sensibilité pour signaler 1/320 ^ résine de gaïac dans le jalap ; la coloration est d'un vert foncé, au lieu d'être bleue comme avec le chlore pur.
(') Ce gaz nitreux se produit Irùs-facilemcnl on ver^alll qiiolques gOQiies d'acide iiilriquc sur de la limailio dn fer ou de cuivre placée dans ttû verre à expérience.
296 RÊSIKK MASTIC.
H. Giovanni Rhigini, d*01eggio, propose de triturer la ré sine suspecte avec une quantité suffisante de sirop de rhu.barbe et de délayer le mélange dans de Teau. Si la résia^^ est pure, elle se présente dans un état de parfaite division^ ce que Ton n'observe pas quand elle contient des cor: étrangers.
Enfin, M. Ch, Pasquier-Nalinne^ pharmacien à Fleuras proposé remploi du bichlorure de mercure (*) et du sav< imygdalin pour caractériser la résine de gaïac mêlée, mêL: en quantité très-minime, de résine de jalap.
Si Ton met en contact avec la résine suspecte un mél de bichlorure de mercure et de savon amygdalin, une oo ration bleue très-intense se manifeste par la présence d^ ii plus petite quantité de résine de gaïac.
La solubilité de la résine de jalap dans la potasse cife^^mjLstique et sa conversion en acide soluble peuvent servir aus^»i A la distinguer des résines de pin, de gaïac et de la colophai^Ti^. Ces dernières sont solubles également dans la potasse, nrm^tis elles se convertissent en un acide insoluble, qui est précip>i té immédiatement par quelques gouttes d'acide sulfurique ; œ dernier^ au contraire, ne produit aucun précipité dans la solution alcaline de résine de jalap, exempte des résin^^s mentionnées plus haut ; la solution conserve sa transpareD^ir-e malgré Taddilion de Tacide (Buchner).
KiàSSNH MA8TXO.
Cette résine est fournie par le pistacia lentiscus (térébinthacées), arbre qui croît en Italie, en Espagne, en Provence, mais principalement dans Tile de Chio.
On distingue deux sortes de mastic : le mastic en iarmes et le mastic commun. Le premier (*) est en petites gouttes ou larmes jaunâtres, demi-translucides, dures, friables, ordi-
(') Le précipité rouge, le |)roluchlorure do mcrcupe, nV'xercent aucune action sur la résine de gaîuc.
(•) Le mastic en larmes e>i la seule sorte que les pharmaciens doi vent employer.
1IÊ81NB MAST1€. 197
oairemeni arrondies, souvent irrégulières et quelquefois aplaties, recourertes d'une poussière légère occasionnée par ie firottemeni continuel des morceaux. La cassure de cette résine est Titrense: son odeur, agréable ; sa saveur, aromatique, un peu amèrc ; elle se ramollit sous la dent.
La deuxième sorte contient beaucoup de morceaux irrégoJiers, de menas, de morceaux adhérents à des fragments d*écorce ou mêlés de sable et de terre.
Projeté sur des charbons ardents, le mastic répand une odeur assez forte. Sa densité est de 1,074.
Le mastic renferme deux résines : Tune {masticine)y blanche^ molle, visqueuse, soluble dans Talcooi ; Tautre, insoluble dans ce liquide.
Usages. — Cette résine est employée comme masticatoire, en Orient, pour parfumer l'haleine : de là le nom qu'elle porte. On s'en sert pour faire des fumigations excitantes, dans le traitement des rhumatismes ; à Tintérieur, ou s'en est servi comme stomachique ou dans le traitement des catarrhes chroniques. Elle entre dans la composition de plusieurs onguents, emplâtres, poudres fumigatoires, et mastics pour les dents. Elle fait partie de quelques vernis.
Falsifications. — On a quelquefois vendu de la sanda- ^^Q^ sous le nom de mastic. La sandaraque est en larmes d'un jaune pâle, plus allongées que celles du mastic, recouvertes d'une poussière très-ûne à cassure vitreuse ; elle se '^uit en poudre sous la dent, au lieu de s'y ramollir; elle ^ insoluble dans Tessence de térébenthine, très-peu so- ^tibie dans l'éther, tandis que le mastic se dissout très-bien **^s les deux véhicules. M. X Landerer, pharmacien à ■^Uiènes, a signalé de la résine mastic, falsifiée par 16 7o en- ^^n de sel marin , en grains difficiles à distinguer, à préfère vue, de ceux du mastic; mais, par un traitement aqueux ^U mastic, on dissoudrait le sel marin, que l'on pourrait *^^iïe cristalliser ou recueillir à l'état de sulfate de soude, ^Ptès ravoir traité préalablement par l'acide sulfurique. La ^^lution aqueuse du mastic donnerait avec le nitrate d'argent ^ précipité blanc, caillebotté, soluble dans l'ammoniaque, ^^^^luble dans Tacide nitrique.
298 RHUBARBR.
La rhubarbe est la racine du rbeum ausirale (polygoniet) de la Tarlarie. Elle est distinguée aussi soua trois noin9 : rhubarbe palmée (rheum palmatum), rhubarbe ondulée {rhe¥m vndulatum)^ rhubarbe compacte (rheum compactum).
Dans le commerce, on connaît quatre sortes principales de rhubarbe :
1° La rhubarbe de Moscovie ou de Bussie^ ainsi appelée parce qu'elle nous vient du commerce de ce pays avec les contrées qui la produisent. Elle est en morceaui irréguliers, convexes d'un côté, aplatis de l'autre^ perforés do grands trous, à cassure nette ; d'une couleur jaunâtre à Vo^térieur, veinée de rouge jaune et de blanc à Tintérieur. Ellle colore la salive en jaune safrané et croque sous la denl» Sa poudra est d'un beau jaune. C'est la sorte la plus estimée.
2'' La rhubarbe de Chine ou de dinde se divise en rhubarbe demi-mondée, dépourvue de la partie la plus grossière de son écorce, et en rhubarbe mondée^ ou privée entièrement de son écorce ; elle a un extérieur lisse ot uni, et se présente en morceaux réguliers.
La rhubarbe de Chine est en morceaux plus ou moins cylindriques, compactes; elle est marquée d'entailles faites pour marquer les défectuosités de la racine ; elle est percée d'un trou dans lequel on aperçoit quelquefois la corda qui a servi à la suspendre lorsqu'on l'a fait sécher. Elle a un extérieur ridé, une odeur prononcée et une saveur plus amère que les autres sortes ; elle est d'un jaune sale extérieurement, d'une couleur rouge pâle et comme briquetée intérieure* ment. Elle croque sous )a dent (V), colore la salive en jaune orange. Sa poudre est d'un moins beau jaune que celle de la rhubarbe de Moscovie. C'est la sorte la plus recherchée après cette dernière.
3° La rhubarbe de Perse, qui nous arrive ordinairement
(^) Celle [iropriélc parati ôire duc à la graude quaulilé iVoxalaU ik vhauœ qui existe lians ceUe rhubarbe.
parp^^leterre, est mondée au vif. Elle se présente en morceaux plats, de grosseur variable, légers et plus spongieux Que les autres sortes de rhubarbe. Elle est d'un jaune pâle extérieurement, et rougeàtre mêlé de lignes blanches inténeurement. On n'y remarque pas de trous.
^^ 1a rhubarbe 4e France ovl rhubarbe indigène (•) est en morceaux irréguliers, tantôt longs, tantôt plats. Elle a une c^^iiïe rouge et blanche ; elle est tpucilagineuse, d'uuQ cou- '^^ Jiiupe à riqtérieur. C'est la sorte la mpins recherchée
'^^«iprès BrandeSy la plus belle rhubarbe de Russie paratt cont^jjir : gammej 31 ; ré$ine (*), JÛ ; extrait, tanin et acide 9^€iguej 26 ; pAûsphaiedê chaux, 2 ; malate de chaux , 6,5; ^*^^ ligneutey 16,3; eau, 8,2.
^i^vant Taiialyse de M. Jfomemann, elle a la composition^ suiv-^nte:
RhulMrbe Rhubarbe venue
de Chine. d'Angtelerre.
-Aoiçr de rhubarbe (rhubarbarin ou rha-
h^rbarmedePfaff, caphopicrite). . . . 16,0^2 21,475
Mtière colomnlo jaune (rhéine) 9,582 9,160
élirait avec tanin 14,687 I6,85i
1' ) La culture de la rhubarbe a été tenlée, à plusieurs reprises, en
ïr^ua*. Di>s nés, Vandermonde avait envoyé au Jardin»dii-Roi la plante
(1^1 fournit celle racine. Divers cultivateurs se sont occupés do sa nalu-
^«i'sniion. On la cuUivu en grand à Grnsbois, pn's Taris; en Brelagno,
^^ Pauphiné. Enfin, à Malahry, commune de Cbaleuay (Seine), M. Alen-
^' Oacosta obtint de lu rhubarbe que l'Académie de médecine jugea
^*nablc (le remplacer la rhubarbe éiraiigère, en «levanl sa dose de; 1/4
^•^Virou, de telle sorte que 2 graunnes de rbubaibo de France équi-
J^leni à tr,50 do rhubarbe exoiiquo. M;iis la f^oudre de cette rhu-
J*rbe s'humidifie et se peloli*. On cnliive encore en ce moment, à
'ûvres (Seine), de la rhubarbe; elle est livrée aux Uerboiisies de Pa-
^» <lui la vendent clandesiinement.
. * ^ Mil. Dœpping et Schlossberger ont i-olé de la rhubarbe trois ré-
es différentes: la résine aip/ia, ou erythrorétine, d'un jaune foncé,
. ^'^^«dans l'alcool, faiblement soluble dans Teau, et donnant avec les
*^Us des dissolutions d'un beau rouge pourpre, de là son nom ; la ré-
•« ^ ^a, OfiphcLiorétine, d'un jaune brun (de la son nom), soiuble dans
^^l; elle donne avec les alcalis des dissolutions colorées en brun
|, ^^; la résine gamnia^ ou aporétine, brune, peu soluble dans l'eau,
^ol et l'étber; elle donne avec les alcalis des dissolutions brunes.