‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 4)Chapitre 68 sur 190 · SALSEPAREILLE · texte numérisé non relu

SALSEPAREILLE

Jacquin^ dont Técorce est foliacée, et dont Tintérieur est composé de fibres distinctes, qu'il suffit de séparer pour obtenir une filasse très-forle et très-bonne à faire des cordages ;

2^ La fausse salsepareille produite par le carex arenaria^ ou sakepareille d Allemagne, et qui est fournie par des rhizomes de la grosseur du chiendent ; ceux-ci, nerveux et articulés comme le chiendent, sont couverts de fibres déliées, qui sont les débris des écailles foliacées partant de chaque nœud ; ils sont rougeâtres en dehors, blanchâtres en dedans;

3^ La fausse salsepareille connue sous le nom de salsepareille grise d'Allemagne, Elle ne se fend pas longitudinalement avec facilité ; lorsqu'elle est fendue, si on essaye de la rompre en agissant de façon que la partie corticale soit en dehors^ elle casse net, ce que ne fait pas la vraie salsepareille. Cette racine en masse offre une odeur peu marquée de vieux spica-nard ; quelquefois elle est insipide^ mais d'autres fois elle a une saveur un peu aromatique et comme camphrée ;

4^ La salsepareille dite salsepareille grise de Virginie j fournie par Yaralia nudicaulis, tige rampante, qui peut se distinguer de la salsepareille en ce qu'au-dessous de son épiderme^ qui est d'un gris blanchâtre, se trouve une partie corticale jaunâtre , spongieuse , molle, quelquefois gluante et comme gorgée d'un suc mielleux ; l'intérieur présente un corps ligneux, blanchâtre, cylindrique, pourvu au centre d'un canal médullaire, qui n'existe pas dans la salsepareille, dont le cœur est plein et ligneux. Varalia nudicaulis a une odeur fade, peu marquée, et une saveur légèrement sucrée et aromatique ; son odeur se rapproche de celle de la racine de persil ;

5^ La fausse salsepareille de [Inde (le nunnari des Anglais), vendue sous le nom impropre de smilax aspera^ est une racine qui a de 0"»,32, à 0'",50 de longueur; sa grosseur varie de celle d'une plume à celle du petit doigt; elle est tortueuse et souvent fléchie en divers endroits. Son écorce est épaisse, fréquenmient marquée de fissures transversales, se séparant par place du meditullium ligneux, qui est formé de fibres rayonnées et contournées ; il se rompt lorsqu'on le ploie, et présente alors une cassure qui, vue à la loupe, offre une in-

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finité de tubes poreux ; son épiderme est d'un rouge obscur, rintérieur de Pécorce est grisâtre. La saveur de cette racine est à peine sensible, mais elle exhale un parfum très-agréable défère Tonka ; la racine en masse répand la même odeur.

La difficulté de différencier toutes ces salsepareilles indique au pharmacien qu'il ne doit prendre que celles dont les caractères sont bien nets et bien tranchés ; et pour peu qu'il y aitdoate, il doit consulter les hommes experts qui ont étudié cesracmes avec le plus grand soin.

Divers chimistes se sont occupés de la recherche du principe actif de la salsepareille. M. Paloita, le premier, a extrait de cette racine une matière blanche, astringente^ à laquelle il a donné le nom deparigline. M. Folchi, ayant décoloré un macéré de salsepareille par le charbon animal, obtint par féraporation de la liqueur une substance cristalline, à la- <|uelle il donna le nom de smilacine. M. Batka la prit pour on acide et l'appela acide parillinique; enfm, M. Thubœuf obtint du traitement alcoolique de cette plante un produit cristallisé, qu'il désigna sous le nom de saiseparine.

M. Poggiale démontra ultérieurement par diverses expériences et par celles de M. Thubœuf y que la parigline, la smiberne et la salseparine constituaient une seule et même substance.

Trois analyses de la salsepareille ont été publiées ; en voici lesrésultats^ peu concordants :

Première analyse. — Matière cristalline^ matière cohh i^e cristalline ^ huile essentielle, gomme, bassoriney amidon, athmine^ matière extracti forme, gluten et glaîadine^ tissu cdhilaire et fibreux, acide pectique, acide acétique; chlorures icalcium^ de potassium, de magnésium; carbonate de chaux ^ oxyde de fer et alumine (Batka).

Deuxième analyse. — Substance cristalline^ salseparine^ mtière colorante, matière résineuse^ ligneux, amidon, chh^ nat de potassium , nitrate de potasse ;. huile épaisse, fixe et fttwiatique; substance cireuse (Thubœuf).

Troisième analyse. — Résine acre et amère, 2,8; extrait gmmeuXj 5,5; amidon, 54,2; fibre ligneuse, 27,8 ; perte, 9,7 (l^obio).

Usages. — La salsepareille est très-usitée en médecine ;

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oUe s'emploie en oitrait^ en tisanes, en sirop, en vin; elle Mt la base de la plupart des sirops et des robs dits dépurûtifs.

FALSiFiGATioifS. — La racine de salsepareille doit être achetée entière par le pharmacien ; il ne doit point acheter des salsepareilles coupées, car il est alors plus diffloile de les reconnaître. On a falsifié la salsepareille coupée, par la racine d'arré^e-bœuf ( ononis gpinosa) (*), très-faeile à distinguer de la salsepareille.

Suivant quelques auteurs anglais, la racine de salsepareille est môlée avec les racines de Yasparagus oficinaUây avec les jeunes pousses de houblon. Nous ne pensons pas qu'on puisse être trompé par des fraudes aussi grossières.

La salsepareille uq doit pas être achetée en bottes sans un examen préalable ; nous avons vu de ces bottes qui au dehors étaient parées avec la salsepareille de la meilleure qualité, tandis que Tintérieur était rempli de souches et souvent de produits tout à fait étrangers à la salsepareille.

On a quelquefois vendu de la salsepareille épuisée \ sa couleur est uniforme, Tépiderme fort souvent détaché; la couleur extérieure est brunâtre : si on la mâche, elle est complètement insipide.

SANO-BRAGbON.

Résine extraite, par incision, de différentes espèces de colamus, principalement du pterocarpus draco et santalinus, du dracœna draco et des fruits du calamus rotang (•). On en connaît trois sortes principales :

Le sang-dragon en baguettes ou en gros roseaux est en bâtons longs de O^jSS à O'^jSS, épais comme lo doigt, entourés de feuilles de Ucualay et fixés tout autour au moyen d'une lanière très -mince do lige de rotang. Il est d'un rouge brun foncé^ opaque, fragile, friable, insipide et inodore; sa poudre est d'un rouge de vermillon.

(1) Koj/. t. I, p. 103.

(') Tout le sang-dragon du commerce esl fourni par les friills du ccUamw draço des Iles Moluques {Gu^nmri).

SAVG-DRAGON. 819

iBttmg-drtigon en hrme» est en olives oa globules deO^^Oi i 0"^04 d'épaisseur; il est enveloppé d'une feuille de ptlmietf et disposé en chapelet ; toujours inodore, d'un rouge brun foncé; poudre rouge vermillon.

Le sang^rùgon en masse est en pains d'un poids assez considétible, d^un rouge yif^ contenant une assez grande quantité de débris végétaux.

Le sang-dragon a une saveur légèrement astringente; il est friable, à cassure nette, présentant des points luisants ; il ero- 9^e sous la dent ; il se dissout presque complètement dans I alcool, est insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther, les hailes grasses et volatiles; ces dissolutions sont rouges. fi^cé sur des charbons ardents, il brû]^ en dégageant une 'umée acre. Sa densité est 1,196.

D'après M. Berberger, le sang-dragon est composé de : f^ine rouge ou draconine, 90,7; huile grasse, 2; acide benzou 9^*^,i;oxataie de chaux, 1,6 ; phosphate de chaux, 3,7.

Usages. — Le sang-dragon s'emploie dans la fabrication ^^ vernis rouges.

Falsifications. — Dans le commerce, on vend quelquefois, P^Ur du sang-dragon^ soit un mélange de résine commune^ de *^^ d Arménie^ de colcothar ou d'ocré rouge, de santal, de 6ri- 9^€ piléty et de sang-dragon; soit une imitation faite avec un ''^Ucilage épais de gomme arabique ou de gomme du pays, coiOré au moyen du buis de Femambouc, et évaporé en consistance telle, qu'on puisse en façonner des pains assez sembla- *^^^s à ceux du sang-dragon.

Ces faux produits sont pou solubles dans l'alcool, très- *oliibles dans l'eau ; exposés au feu, ils dogagout une odeur ^ès-désagréablo ; leur poudre est d'un rougo terne foncé.

ïour essayer le sang-dragon, M. A. Pommier a donné le procédé suivant : 1 gramme de sang-dragon est traité par ^^ grammes d'alcool à 33^; dans la solution alcoolique 04 ^erse de l'acétate de plomb neutre; une autre portion de cotte ^Jûlare est évaporée à siccité et à une douce chaleur, et Tex- ^^t obtenu est soumis à l'action de la potasse et de l'acide sul- \^ique. M. Pommier a opéré de celte manière sur des échan- ^'Uonsde sang-dragon d'origine certaine, et comparativement ^^ des mélanges de résine et de diverses matières colorantes

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