‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 18 sur 109 · MUSC. H · texte numérisé non relu

MUSC. H

Mi au Toocpiin, an Bengale, dans le Thibet, la Daourie et h

Tartane.

C'est une substance solide» onctueuse, granul^ise, d'un brun jaonàtie terne; d'une saveur ftcre, légèrement «mère, d'une odear très-forte et extrêmement diffusible. Soumis à Faction de la chaleur, le musc fond, s'enflamme, et ne laisse que fort peu de charbon; la potasse, la chaux en font dégager de Tammoniaque. Il ne donne que 4 à 6 Vo de cendres grises.

D'après Vanalyse de liH . Guibourt et Blondeau^ le musc ^contlenl :

£]{trait par Téther : graisse; cholestéHm ; acides gras saturés par Vamn^ontaque ; huUê tfolaUle 13,00

extrait alcoolique : eholestirine; acides gras salmris par Vammoniaque; huiUvoUUiU; chUmires de potassium, desodiwn, de calcmm; sel ammoniacs acide iniétcrminéf combiné avec les mêmes hases 6,00

Extrait aqueux: les chlorures précédents ; acide indéiermène ; gélaime ; matière eharbonnée, soluble dans Veau. 19,00

Extrail par Vammoniaque : albumine; phosphate de chaum, . . . r 12,00

Tissu fibreua ; carbonate et phosphate de ,chau» ; poUs et sable 2,75

Ammoniaque, volatilisée pendant la dessiccation 0,82

Eau 46,08

Suivant une analyse plus récente de IIM. Geiger et Reimamy les parties constituantes du musc seraient les suivantes :

Graisse non saponifiée 1,1

Cholesiérme, contenant de la graisse précédente 4,0

Résine amère particulière '. &,0

Extrait alcoolique ; acide lactique libre et sels 7,S

Extrait aqueuca^ sels solûbles dans Veau 86,5

Msidu sableux insoluble 0,4

Eau et am/tnonique dégagée de Vadde lactique 45,6

Dans le commerce, on connaît trois sortes principales de musc :

Le musc de la Chine ou musc Tonquin^ le plus estimé, est en vessies , ou poches rondes cachetées , enveloppées de

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papier de soie ; leur grosseur est variable, elles sont plates d'un c6té, presque toujours dépourvues de poils; et de Tautre, convexes et garnies de poils fauves, assez longs, convergeant vers le centre. Le musc Tonquinest brun foncé, visqueux, grumeleux au toucher, il possède une odeur forte et persistante, un peu ammoniacale, qui devient agréable en s'affaiblissant.

Le musc du Bengale est en vessies, généralement moins bien fermées que les précédentes ; elles sont souvent recousues, humides; le poil qui en recouvre la peau est moins long, touffu et môle. Son odeur est moins fine que celle du musc Tonquin.

Le musc de Russie ou de Sibérie^ de Tartorie^ nommé aussi musc Kabardtn^ est en vessies plates» sèches, allongées, et ayant de 25 à 55 millimètres de diamètre ; recouvertes, à la partie supérieure, de poils ras d*un gris blanch&tre ; l'aspect de la partie inférieure est d*un gris sale. Le musc que ces vessies contiennent est compacte^ moins foncé en couleur que le musc Tonquin, d'une consistance comme fibreuse ; son odeur est peu pénétrante, moins agréable, et se dissipe facilement.

On doit conserver le musc bien sec.

UsAGBs. — Le musc est employé dans la parfumerie. En médecine, on l^emploie sous forme de pilules, de potions. C'est un médicament très-énergique, excitant, dont on fait surtout usage pour comtMttre les maladies nerveuses, dans les fièvres typhoïdes, le tétanos, les convulsions, la coqueluche, Fhystérie, etc.

Falsificàtioiis. — Le prix très-élevé de cette substance, amsi que Textréme diffusibiHté de son odeur. Font fait souvent adultérer, soit en introduisant dansJes poches des corps pesants, comme le plomby le fer, soit en y remplaçant une portion de la matière extraite par du sang desséché^ de la chair musculaire (1), des membranes^ de la gélatine^ de la

(1) Bf. ffubiMT, de Witieohatuen, a trouvé de la chair musculaire sécbôe dans une poche de musc, provenant d'une maison de commerce asses en renom. Il trouva dans cette poche un fil brun, do 0", 04 de longueur» qui avait probaùement servi à enfiler les morceaui de chair.

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colle de peau d'âne (4), des poils^ de la fiente d'oiteauXy de la ctre, de rasphalte^ du benjoin^ du ityrax^ do Mfr/«y du tabac et autres substances analogues (2).

On caiix)nise d*abord une petite quantité de musc, et on examine à la loupe si ce charbon renferme du plomb trèsdivisé, fondu en petits globules, on de la limaille de fer ; ou mieux, on incinère, on traite par Facide nitrique, puis la solution est essayée par les réactifs propres à indiquer la présence des sels de fer et de plomb (ammoniaque, cyanure jaune, iodure de potassium^ sulfate de soude, etc.).

Le musc mêlé d^asphaUe a une cassure luisante.

Les autres sophistications sont moins faciles à reconnaître, et Ton ne peut y parvenir que par un examen attentif des poches mosohifères, et par une vérification de quelques caractères chimiques propres au musc non falsifié. Il faut donc examiner si les poches n'ont point été ouvertes pour Tintroduction des matières étrangères, et si elles n*ont point été recousues ou collées *, si le p<Hl n^est pas collé à Taide d'un mucilage. On fût facilement tomber ces poils par un lavage à ]*eau tiède, afin d'observer la couture ou le recollage des poches.

Toutes les poches sur lesquelles on remarque des traces de couture sont fausses ; elles doivent porter deux petites ouvertures, quelquefois très-contractées. On doit apercevoir dans Vintérieur de ces. poches une grande quantité de petits grains arrondis; il faut encore qu'on n'y découvre pas de parties fibreuses à Taidè du microscope.

Quand on traverse les poches de musc avec une forte épingle, celle-ci retient un parfum plus ou moins prononcé, qui avec le goût et l'aspect, sont des caractères ordinairement employés- en parfumerie pour l'essai de cette substance. Ainsi,

(1) Cette falsification a été recoanue nar M. Guihowrt : une partie de la peao des poches de musc avait été dédoublée, et dans la cavité formée par le dédoublement on avait introduit la colle de peau d'Ane.

(2) En 1847, la Ck)ur royale de Douai annula un contrat de vente d^une caisse naufragée, publiquement adjugée en douane, moyennant 8,000 flr., portant Tindîcation de muic, et ne contenant que des peaux ou espèces de parchemins inodores, qui n'avaient du musc que le nom porté sur rétiqaette de la caisse.

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on épuise une petite quantité de la matière par Talcool à Â/Qo ; on filtre la solution et on en évapore 2 à 5 gouttes sur le dos de la main. Au bout de quelques instants, Talcool se dissipe, et rôdeur du musc se développe idors avec d*autant plus de force, qu'il est de qualité supérieure.

L*eau bouillante dissout les 3/4 de son poids de musc quand il est de bonne qualité. Cette dissolution est décolorÀ9 par Tacide nitrique ; précipitée par Tacétate de plomb et Tinfusion de noix de Galle.

Enfin, on reconnaîtra la présence de la résine, de la cire, du tabac dans le musc, par Todeur exbalée lorsqu*on le traverse avec un fer rouge.

H. Martiny (1) a décrit les caractères suivants offerts par des poches de musc artificiel introduites dans le commerce. Ces poches avaient à peu près la grosseur et la forme d*une noix, mais elles étaient légèrement aplaties ; à Tintérieur, elles étaient couvertes de poils très-fins, à Texception d*une petite place nue à la surface aplatie. Les poils avaient de 0°>,022 à 0^,055 de long-, ils étaient très-fins, doux, d'un blanc grisâtre à la racine et d*un gris brunâtre à Textrémité. Ils étaient régulièrement couchés dans le même sens et couvraient uni« formément la convexité de la poche ; ils étaient également coupés à Textrémité supérieure ; le poil était aussi lisse et cassant que celui du musc officinal ; mais il n'en avait pas la courbure ondulée. Près de la surface plate, la peau avait plusieurs plis dont rintérieur était également couvert de poils. Ces poches n'avaient pas Touverture ordinaire des poches du muscetne portaient pas les restesdu pénis. La poche ayant été, tenue, pendant une nuit, enveloppée dans une étoffe mouillée, s'est ramollie \ les plis qui se trouvaient près de la surface plate s'ouvrirent et laissèrent voir l'intérieur. La peau avait environ 0n^,002 d'épaisseur, le derme était transparent et ne présentait aucune trace de décomposition ; cependant les poils tombaient avec facilité.

M. Martiny pense que cette peau avait été prise sur l'un des animaux du genre moschus^ qu'on trouve dans les Indes

(1) AcAR, Traité des falii/ioations, Anvers, iS4S.

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orientales {moickui jmHmicu»^ KanchUy Memifina^ pygfnuê)^ et qui soai dépoorvns de poches à musc.

L'intérieur des poches était rempli d*une matière végétale solide, d'un brun clair, ayant une odeur faible et une forte saveur astringente ; elle n'était soluble ni dans Teau, ni dans rëtber ; mais elle se dissolvait en partie dans Takool et dans Tacide chlorhydrique. La solution alcoolique^d'un brundair, devenait noire par l'addition du perchlorure de fer; une solution de potasse causticpie dissolvait ce faux muse et donnait une liqueur dont la coloration en rouge brunâtre foncé était détruite par une addition d'acide nitrique.

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