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La muscade ou noix muscade est le fruit du muscadier (myristteatmoschaiaofficinalis)^ arbre de la famille des Myris^ ticées, originaire des lies de Banda et d'Amboine dans l'archipel indien ; qui croit aux lies Moluques, aux tles de France et de Bourbon.
La muscade proprement dite est une amande onctueuse, à surface ridée, blanche extérieurement, jaunâtre et marbrée de rouge à l'intérieur. Elle est facile à couper; sm odeur est forte et aromatique, sa saveur chaude et acre. |!lle est recouverte d'une coque brune, dure, peu épaisse, recouverte d'une membrane fibreuse, odorante, rouge-écarlate, qui devient jaune et dure en vieillissant ; c'est l'onY/e, connue dans le commerce, sous le nom de maeis. En dessus de cette peau est un brou charnu et filandreux.
La noix muscade est pyriforme, marquée d'un sillon longitudinal ; elle ressemble à une pèche-brignon de grosseur moyenne. Dans le commerce, on distingue les muscades par leur forme et par le nom du pays d'où-etles proviennent.
Les muscades des Moluques^ ^ui sont les plus estimées, se divisent en muscades modes ou sauvages^ grosses et longues, légères, peu odorantes et se piquant avec facilité, peu employées ; et en muscades femelles on cultivées, rondes, d'une grosseur variable, mais n'excédant jamais celle d'une petite noix; elles sont recouvertes d'une poussière grise.
Les muscades de Vile de France sont longues ou rondes, lé^ gères, n y a aussi la muscade en coque (non mondée) ; mais
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elle est moins fréquente dans le commerce, les muscades étant généralement vendues, dépouillées de leur macis.
La muscade contient : myristine^ oléine, huile volatile, acide indéterminé^ fécule^ gomme.
UsAGBs. — On remploie, dans l'économie domestique, comme aromate et comme condiment; et, en médecine, comme excitant très-énergique.
FALsiFiCÂTioifs. — lies muscades sont quelquefois mêlées de noix piquées, rongées par des insectes-et devenues friables ; les piqûres sont alors bouchées avec une espèce de mastic formé de farine, d'huile et de poudre de muscade^ Cette pâte a même servi à fabriquer de toutes pièces des fausses muscades, inodores et insipides. Des industriels de Marseille en ont fait avec du son^ de Yargile et des déhris de muscade. Ces mus* cades, mises, en contact avec Feau, se délayaient dans ce liquide (1).
Les muscades piquées sont également insipides et presque inodores; parfois elles ont une odeur de moisi.
Quant à la fraude qui consiste à vendre des muscades ^puiséespar Calcool et par la distillation^ ou mélangées avec dés fruits étrangers^ analogues, die serait reconnue par la cassure, l'odeur, la saveur.
La myrrhe est une gomme-résine qui découle du balsamo^ dendron myrrha^ arbre de la famille des Térébinthacées, qui crott en Arabie, en Abyssinie, dans la Nubie.
Il y a deux sortes de myrrhes : la myrrhe en larmes et la myrrhe en sorte*
La myrrhe en larmes se présente en larmes pesantes, d*un volume très-varîable, rougefttres, irrégulières, comme efflorescentes à leur surface, grasses au toucher^ demi-transparentes, fragiles, à cassure vitreuse^ brillante et offrant quelques stries blanch&tres. Elle a une saveur ftcre et résineuse, une odeur faible, aromatique, et répand une odeur balsamique lorsqu'on Téxpose à la chaleur ; elle ne fond pas et brûle
(1) n y a quelques années, un navire anglais wi arrivé Ide Canton avec une cargaison de noix muscades m hois hlanc, parfaitement imitées. (/o6ar<(, de Bruxelles.)
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avec une flamme daire et brillante; eUe est peu aolaUe dans rakool.
La myrrhe contient, diaprés l'analyse de Brandes : huile vo^ latile trèS' fluide; résine insipide; résine molle ^ gamme; adraganthine-, sels minéraux,
La myrrhe en sorte contient de la myrrhe commune, beaucoup de menus et de poussière, souvent du Bdellium^ de la gomme et des mamms.
Usâgbs. — La myrrhe est employée à Tintérieur comme tcHÛque et excitant ; on s'en sert aussi pour faire des fumigations excitantes.
Falsifications. — On a falsifié la myrrhe avec diverses sortes de bdellium (myrrhe dellnde, bdellium opaque), avec la gomme du paySy la gomme arabique^ et diverses autres gommes ou résines qu'on a fait infuser préalablement dans de / la teinture de myrrf^ (1).
La myrrhe de VInde, qui n'est qu'une espèce de bdellium, se distingue de la véritable myrrhe par sa couleur rouge noirâtre ; elle est peu transparente sur les bords, se ramollit par la chaleur de la main, est peu odorante; elle a une cassure inégale, résineuse, molle et collante par places ; sa saveur est très^amère et térébenthacée. D'après M. Bonastre, quelques gouttes d'acide nitrique versées dans une solution alcoolique de cette matière donnent un précipité jaunfttre; le même acide forme dans la teinture de myrrhe un précipité rose, • passant au rouge et finalement à la couleur lie de vin.
Le bdellium opaque est cireux, d'une saveur amère, un / peu gomméuse, nullement ftcre à la gorge.
La gomme se distinguera par sa ductilité sous la dent, son insolubilité dans l'alcool, par l'odeur empyreumatique et nullement balsamique qu'elle répand lorsqu'on l'eipose à la chaleur. En outre, sa poudre est d'une couleur beaucoup plus pâle que celle de la bonne myrrhe.
Pour reconnaître si la myrrhe est pure ou akérée par le mélange d'autres gommes^résines, M. Giovanni Bighini a
(1) En 1S47, M. M. HartungSchwttrxkopfekTeça une partie de myrrhe qui contenait 6 */• environ de gomme, du Cap, à laquelle on avait donné rôdeur et la saveur de myrrhe en Thumectant à plusieurs reprises Avec la teinture de cette gomme résine.