‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 19 sur 109 · BIU8041X · texte numérisé non relu

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La muscade ou noix muscade est le fruit du muscadier (myristteatmoschaiaofficinalis)^ arbre de la famille des Myris^ ticées, originaire des lies de Banda et d'Amboine dans l'archipel indien ; qui croit aux lies Moluques, aux tles de France et de Bourbon.

La muscade proprement dite est une amande onctueuse, à surface ridée, blanche extérieurement, jaunâtre et marbrée de rouge à l'intérieur. Elle est facile à couper; sm odeur est forte et aromatique, sa saveur chaude et acre. |!lle est recouverte d'une coque brune, dure, peu épaisse, recouverte d'une membrane fibreuse, odorante, rouge-écarlate, qui devient jaune et dure en vieillissant ; c'est l'onY/e, connue dans le commerce, sous le nom de maeis. En dessus de cette peau est un brou charnu et filandreux.

La noix muscade est pyriforme, marquée d'un sillon longitudinal ; elle ressemble à une pèche-brignon de grosseur moyenne. Dans le commerce, on distingue les muscades par leur forme et par le nom du pays d'où-etles proviennent.

Les muscades des Moluques^ ^ui sont les plus estimées, se divisent en muscades modes ou sauvages^ grosses et longues, légères, peu odorantes et se piquant avec facilité, peu employées ; et en muscades femelles on cultivées, rondes, d'une grosseur variable, mais n'excédant jamais celle d'une petite noix; elles sont recouvertes d'une poussière grise.

Les muscades de Vile de France sont longues ou rondes, lé^ gères, n y a aussi la muscade en coque (non mondée) ; mais

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elle est moins fréquente dans le commerce, les muscades étant généralement vendues, dépouillées de leur macis.

La muscade contient : myristine^ oléine, huile volatile, acide indéterminé^ fécule^ gomme.

UsAGBs. — On remploie, dans l'économie domestique, comme aromate et comme condiment; et, en médecine, comme excitant très-énergique.

FALsiFiCÂTioifs. — lies muscades sont quelquefois mêlées de noix piquées, rongées par des insectes-et devenues friables ; les piqûres sont alors bouchées avec une espèce de mastic formé de farine, d'huile et de poudre de muscade^ Cette pâte a même servi à fabriquer de toutes pièces des fausses muscades, inodores et insipides. Des industriels de Marseille en ont fait avec du son^ de Yargile et des déhris de muscade. Ces mus* cades, mises, en contact avec Feau, se délayaient dans ce liquide (1).

Les muscades piquées sont également insipides et presque inodores; parfois elles ont une odeur de moisi.

Quant à la fraude qui consiste à vendre des muscades ^puiséespar Calcool et par la distillation^ ou mélangées avec dés fruits étrangers^ analogues, die serait reconnue par la cassure, l'odeur, la saveur.

La myrrhe est une gomme-résine qui découle du balsamo^ dendron myrrha^ arbre de la famille des Térébinthacées, qui crott en Arabie, en Abyssinie, dans la Nubie.

Il y a deux sortes de myrrhes : la myrrhe en larmes et la myrrhe en sorte*

La myrrhe en larmes se présente en larmes pesantes, d*un volume très-varîable, rougefttres, irrégulières, comme efflorescentes à leur surface, grasses au toucher^ demi-transparentes, fragiles, à cassure vitreuse^ brillante et offrant quelques stries blanch&tres. Elle a une saveur ftcre et résineuse, une odeur faible, aromatique, et répand une odeur balsamique lorsqu'on Téxpose à la chaleur ; elle ne fond pas et brûle

(1) n y a quelques années, un navire anglais wi arrivé Ide Canton avec une cargaison de noix muscades m hois hlanc, parfaitement imitées. (/o6ar<(, de Bruxelles.)

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avec une flamme daire et brillante; eUe est peu aolaUe dans rakool.

La myrrhe contient, diaprés l'analyse de Brandes : huile vo^ latile trèS' fluide; résine insipide; résine molle ^ gamme; adraganthine-, sels minéraux,

La myrrhe en sorte contient de la myrrhe commune, beaucoup de menus et de poussière, souvent du Bdellium^ de la gomme et des mamms.

Usâgbs. — La myrrhe est employée à Tintérieur comme tcHÛque et excitant ; on s'en sert aussi pour faire des fumigations excitantes.

Falsifications. — On a falsifié la myrrhe avec diverses sortes de bdellium (myrrhe dellnde, bdellium opaque), avec la gomme du paySy la gomme arabique^ et diverses autres gommes ou résines qu'on a fait infuser préalablement dans de / la teinture de myrrf^ (1).

La myrrhe de VInde, qui n'est qu'une espèce de bdellium, se distingue de la véritable myrrhe par sa couleur rouge noirâtre ; elle est peu transparente sur les bords, se ramollit par la chaleur de la main, est peu odorante; elle a une cassure inégale, résineuse, molle et collante par places ; sa saveur est très^amère et térébenthacée. D'après M. Bonastre, quelques gouttes d'acide nitrique versées dans une solution alcoolique de cette matière donnent un précipité jaunfttre; le même acide forme dans la teinture de myrrhe un précipité rose, • passant au rouge et finalement à la couleur lie de vin.

Le bdellium opaque est cireux, d'une saveur amère, un / peu gomméuse, nullement ftcre à la gorge.

La gomme se distinguera par sa ductilité sous la dent, son insolubilité dans l'alcool, par l'odeur empyreumatique et nullement balsamique qu'elle répand lorsqu'on l'eipose à la chaleur. En outre, sa poudre est d'une couleur beaucoup plus pâle que celle de la bonne myrrhe.

Pour reconnaître si la myrrhe est pure ou akérée par le mélange d'autres gommes^résines, M. Giovanni Bighini a

(1) En 1S47, M. M. HartungSchwttrxkopfekTeça une partie de myrrhe qui contenait 6 */• environ de gomme, du Cap, à laquelle on avait donné rôdeur et la saveur de myrrhe en Thumectant à plusieurs reprises Avec la teinture de cette gomme résine.

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