ONGUENTS MERCURIELS
{pommade oxygénée)^ qui a une couleur analogue, mais qui ne contient pas de mercure.
Pour reconnaître cette substitution, on froife une pièce d^ai^ent ou de cuivre décapé avec Tonguenl suspecté : si rien ne se manifeste, c'est qu'il ne contient pas de mercure ; si Tàrgent est noirci ou le cuivre blanchi , Ton a affaire à de Tonguent citrin.
On pourrait encore traiter à chaud par Teau distillée, aîgufsée d'acide nitrique, filtrer la solution, et y rechercher le mercure à Taide des réactifs convenables ( les alcalis, Feau de chaux, la lame de cuivre, etc.).
Une goutte d'ammoniaque liquide forme une tache noire sur l'onguent citrin ; rien de semblable ne se produit avec la pommade oxygénée.
L'onguent o\x pommade mercurielle double^ onguent napoli-^ tain^ est un mélange, à parties égales, d'axonge et de mercure.
Vongitent gris ou onguent mercuriel simple est un mélange de i p. de mercure pour 7 p. d'axonge, ou de i p. d'onguent napolitain et 3 p. d'axonge.
On se sert de l'onguent gris en hrictions pour détruire la vermine et d'autres insectes parasites. L'onguent napolitain sert comme résolutif et comme antisyphilitique puissant. Dans un motif de fraude, on ne met pas quelquefois dans la pommade mercurielle la dose de mercure prescrite; on supplée à l'absence de ce métal par l'addition de substances telles que l la plonéagine, Yardoise piiée, Voxyde de manganèse^ le char^ bon; enfin on a fait de l'onguent mercuriel sans mo^cure (1).
On prend un poids donné d'onguent à essayer: on le traite à plusieurs reprises, dans un petit ballon, par l'éther bouillant. Ce véhicule dissout les corps gras, et le mercure reste
(1) En 1S42, un pharmacien-droguiste de Paris a été coodamné à 500 fr. dTanende par le tribunal de police coprectionnelle pour vente de médicaments falsifiéâ, parmi lesquels se trouvait de Tonguent mercuiiel composé avec de la graisse et du noir de fumée!
114 ONGUENT POPULÉUM.
m fbndavec les matières étrangères sMl en existé; dh sëpàre celles-ci, et on pèse le mercure.
100 p. d'onguem mercilriel âcAvëàt ooiltéilir 50 p. àè mercure.
S'il se présente quelque difficulté pour la séparation dés matières Alrangères, on introduit le tout àétis line petite Cornue et on distille ; le mercure passe seul. Un aiitre moyen plus prompt consistée à chauffer au rougë dans une cuiller dé fer un peu de Tongueiit gris à essayer : Tâxonge brûIë, le mercure se Toiatinse, et les Inatières étrangères, s'il eu èxîslë, forment le résidu.
On ddit suspecter, tout ongueht thércurièt qui ne s'enfonce pas, Soit, d'après K. Soudeiran, dans un mélange refroidi fait avec A p. d'acide sulfurique à 66o et 1 p. d'eau en poids, soit, d'après M. Guihourt^ dans l'acide sulfuWque à SO» Beaumé (mélange de 68 d'acMtf à 60^ et de 9^ d'eau). On peut encore peser comparativement, dans un petit bocal, de l'onguent pur et de l'onguent suspect ({), Cet essai, bien exécuté,suffit, dans la plu]|)àrt des èas , polir constater si ùii onguent meuriel contient bien la quantité voulue de mercure.
Potlr ressài de l'onguent gris, l'eau suffit. A s'enfonce dans cte liquide S'il bontient la dose de mercure présente par le Codex ; dans le cas contraire, il surnage, s'il ne contient pas d'air Interposé.
L'emplâtre de Tîgo, coloré en jaune verdâlre, et qui est un ehlf^Iâtre mercuriel mêlé de cire jaune, de térébenthine, de styrax liquide qui lui communique son odeur balsamique, et de plusieurs gommes résines, doit, suivant M. Guibourt^ s'entottcèr dans l'acide sulfurique à 43° Beaumé, ou d'une densité 1,4%6, à'n contient la quantité prescrite de mercure.
L*ongcfent popiiléura, employé comme calmant et adoucisàant, se prépare avec l'axonge, les bourgeons de peuplier, les feuilles vertes de pavot , de belladone, de jusquiasme, de moreite. H ressembfe assez, par son odeur agréable, au baume <ioîr du Pérou ; il a une bellfl couleur verte.
(1) Préalablement on fail fondre Tonguent pour Tintroduire dans le bocal.
OFIVM. 119
Où lui substitœ qœlqtieftMs é» ( 'Hxbn^ rittplemeiit «Ml* Uoimée d'un peo é^bateiie rf» Pérou, ainde lui donoerPoiteilr et rapparence da YétitMe onguent (4).
Une des dtératioi» grates que Ton a fkH AiHr à eei odgtinft eooaîBte à le cotorer artfficietlenierii at^ de Yoâf^e iê cuivrt (Tert^de-gm), arec on mélange de cnreuma él d'inrfi^ pnhérisés.
En dnaffant fidttement Vongueiit suapei^t àetns un ereueet rouge, on aura un petit résidu qui, traité par Facidé nilriqtté étendu, donnera une liqueur bteoàtre, présentant atec leâ réietib apprbpriés (cyanure jâone, aiiniionlix|oe, etc.) tous tel caractères des sels de cuivre. Une portion d*ongu«il mis eli maeérâtion ifans Teau communique à ce Kquidé une coloration, si celle de Tongnent populéum est due à des sub-^ stances étrangères (cun^uma, indigo).
L'opiurà e^t le suc épaissi des capsules du pavot {papcaoer sorhm/erum.papavéracéesjf plante herbacée qui croit surtout en Orient, dans rAnatolie, TËgypte, la Perse, Tlnde (2). . Dans le conmierce européen, on distingue Urois espèces
(i)£d août 1B50, deux pharmaciens de Paris ont comparu devant le fribunal de police correctionnelle poifr débSt de substances mal prépa* r^8(liM(lite ds Un kte9l«A; pS[>klliliadé merouriélle, laudanum, baume dû cùmmtMmTf tMria^ue, onauent popidénn), de kermès eontenuit ffti r oxyde de fer^ et de sulfote de soudç vendM pour ftuifkte de magnési^* Ces deux pharmaciens ont été condamnés Tun à 100 fr., l'autre à 50 fr. d*amendè et chacun d*eùx aux dépens.
(9) On a fait depuis longterri][)d deà essais sui' Hî culture de Popium îil'dffèbe desttkié' à retoplacer ropioai exotiqee. Dss eiq^rlmesB rnii été leotées à plusieurs reprises ; tioitt eil^rons celtes de Plikw, dl Rouen» da Loii$liurDeslongchamp$^ Pelletier y Petit, Àubergier, en France; de Am- A«l, John Young, en Angleterre. L'opium français donnait, en moyenne, fd^/odëmorpllîne.
Ôh a htit aussi dès essais en Algérie, èâ Sicile, dans le royaume de Nappés, lit. Èonafoui, de Turin, a expérimenté sur une culture de pavots qui lui ont fourni un opium contenant lj>/o dé morphine. Cet opium indigène avait une saveur amérê, et non fodeur vireuse de ropiuin,çxotiq'ue. df. Èonàfofu à rém'arqué que les capsules du pavot, incisées trans- Tersaleméîit , donnénif une quantité de suc double de celle que Ton obtient par incision longitudinale.
H 6 opitiM.
prÎQcipelcs d'of^ium : V(^itm de Smyrm ou de Syrie^ I opium de Comiantinople ou de Turquie, Yopium d'Egypte ou d*Alexctndrie.
L'opium de Sinyme est en masses d'un noir rougeàtre, plus ou moîQS considérables, molles et souvent déformées, a(^« ties, dont la surface est recouverte de nombreuses semences de rumex. Ces masses ont une texture uniforme, uneconsistaBoe variable; elles sont enveloppées dans des feuilles de pa^ Tot , 4e tabac ou de rumex. A Tair, cet opium noircit, devient dur et cassant ; il a une cassure lisse, une odeur forte et vireose, une saveur amère. Acre et nauséeuse. C'est la sorte la plus estimée.
L'opium de Constantinople (1) est tantAl en pains assez vo« lumineux, aplatis, enveloppés de larges feuilles de pavot, dont la nervure semble partager le pain en deux ; le ptois souvent assez dur et même cassant ; tantôt il est en petits pains assez réguliers, d'une forme lenticulaire, de 0«,054 k O^^Wl de diamètre, toujours recouverts d'une feuille de pavot. II a une odeur plus faible, il est plus mucilagineux que l'opium de Smyrne; il noircit et se dessèche à l'air; il se ramollit dans la main.
L'opium d'Egypte, le moins estimé de ces trois sortes, est en petits pains orbiculaires, aplatis, larges de On,074 environ, réguliers, très-propres à l'intérieur, et ne conservant que des vestiges des feuilles qui les ont enveloppés. Il a une couleur brune foncée, analogue k celle de Taloès hépatique ; son odeur est moins vireuse que celle des sortes précédentes, et un peu moisie. Il a une surface luisante, un peu poisseuse sous les doigts. Il se ramollit k Tair.
n faudrait ajouter k ces eq[)èces Yopium de VInde (du Bengale, de Bénarès ou Kasi), dont M. Ludewig a donné la des-
(l)M. Mofion a donné la description d'une nouvelle espèce d*opium in» iroduite, il y a quelques années, sur le marché de Londres, et qui avait en apparence tous les caractères de Topium de Constantinople. Cet opium, très-pauvre en morphine, renfermait 1/3 d'une matière formée de cire et d*une substance analogue au caoutchouc. H était impossible d'en obtenir une décoction aqueuse limpide. M. Jforton pense que cet opium provient du suc fourni par les tètes de pavots fortement pres' 8éeii,ou d'uaméiaiige de ce suc avec celui que l'on obtient par incitiion.
onuH. IIT
criptiûD suivante : en pains tout à fait ronds, ilu poidi de HS5 à 4500 graœ.; secs, osset durs, cédttit tooieiBis légèt»ment à FimpressioD du doigt. lis sont d*uir l»Mn noir, ont la consistance d'une, masse pHriaire Canne ; ib sont couverts partieilemènt, à Textérieur» d'une légère couche de mMê^ sure blancjaunfttre. Leur odeur est fùtté et pénétrante ; lenr saveur, ptus amère que ceMe de l'opium ordinaire. La masse parait tout à foit pure, prend feu et brtde avec une iMmae claire. Si on coupe ces pains par le mUieu, on aperçoit une enveloppe, de Tépaisseur du doigt, de feuilles de pavot agglutinées, dans laquelle Topium se trouve tout à Mt libre, comme le noyau d'une noix ; il est facile k en retirer, et n'adhère nulle part (1).
L^opiom contient : morphine y codéine y nareoHne^ nareéhey thékmne ou poramorphiney pteudomorphiney papanéfinBy mé» eoniney acide brun extraetif, acide méconiquey renne, Imite fraiseybassoriniy gomme^ taoutchauCy lifneuXy principe tireux volatil^ albumine végétale.
Ias divers opiums du commerce contiennent des proportions fort difiërentes de morphine, ainsi :
660 gram. d'opium de Smyriie donnent SS & 30 g, de aiorplrine, soit S •/• 600 gram. de Constant. 14 à i6 . soil S •/•
5S0gram. d*Ëgypte 10 à 13 8oiti%()).
(1) Cette aorte d^oplim pi^t èlre celle que Ton emploie de préféreace en Chine et sur Varchipel wdien. -
(S) M. G^UHnwrt a retiré & gr. S de morphine de 100 gram. d'opium de Smyrne; 3 gr. 01 de 100 gr. d'opium de GoDgtanHBople, et 4 gr. 32 de iOO gr. d'opium d*Ëgypte. Suivant quelques auteurs, eee quaaiités pour* raient s'élever à 0*/o pour le premier, à 4 Vo pour le second, et e % pour le troisième.
M. de Fry a déterminé la quantité de morphine ooattnae dans vingt et une sortes d'opium de bonne qualité, /m moins en apparence, et pro* venant de dillérentes sources; cette proportien a varié depuis S <>/•> 00 jusqu'à S Vo, <; une sorte ne renfermait que des traces de mof plane.
Quatre échantittons d'ophim de Smyrne pris dans dee outisons difiérentes nous ont donné les résulUts suivants :
Opium de Smyrne A 4 «/o« 50 de morphine, id. B 4% 39 id.
id. C 8%, 75 id.
id* € 3% M id. ?
U. âaisya treirrédans émt édianHltons d^optam de ^Kftm k V««
$18 opiutf •
Sûinnt le dtocteur Tho/mMon^ Topium de Tlnde contient tfois fois BMMSS de moq^linie que celui de Smyrne.
Lft proportim d'eau, trèsrTariable dans les opiums do eemmeroe, est importante k connaître ; Fétat de sédieveaie Md'bnmidjté d'un opiiimpaul changer là nature dMJûédîr camenls dont il fait te base. ^
SiMT fik éehmtiHone d- opinin de Smyrne pris à la mtaui éfKHfuis dans diverses maisons et qqe nou$ avons dassédtés, le If^omtenait 35,5 o/od'eau, * teS« ' 8Ko^
le 3il 40 o/o, 5
Ie4« 4î«/o, 25
le 5* 42 Vo, 5
left» 53»/o
L'opium 4!^ bonne nature, mélangé i^Tec Teau froide, doit eomplélement se diviser, son principe extraolif se dissoudre, et la partie fésincâde se séparer. La liqueur, d'abord trouble, doit s'éclaircir promptement par le repos, en- prenant une coujevr brune ^s ou moins foncée , suivaqt la quantité de
ftO et 8 <^/o, 93 de morphine. If. le docteur Mouchaâ a vu de Topium 4e rinde fournir 10 «/o, h de morphine; un autre opium, destiné aux Chinois, n'en contenait que 1 ^/o» 6 & 2 <^/o.
Les opiums récoltés eii Algérie par M. Hardy, en 1843 et 1844, contenaient 5 o/o, 03 et 4 o/o, 84 de morphine.
Uopium réoolté du même pays, en; 184^4, pv if* Sitnim, renfermait 8 o/o, 70 et 8 o/o, 82. Celui de 1843 était.aocusé foqrnir 12 % ; M. Baytn n*y a trouvé que te o/^, 75, 1^-.-
A Glermont-Ferrand, If. Auhergier a obtenu, en 1844, de Topium de pavot blanc; oeiui de la première récolte contenait 8 %, 70 de morphiae; celui ds la danxièdie récolie, 1 ^/o,S). Le pavot pourpre, cultivé la même anuée, lui avait fourni de Topium contenant 10 <^/o de mori'taine. Bn 184S, il obtenait d^-une première récolte de pavots Uancç de Topium GOoieBant S ^/«, 88 de morphine: celui de la deuxtàQie ré(»lte en contenait s o/«, fS; seloi de la troisième, 8 «/o. 37.
En 1846. M. Àukêrpùr a encore obtenu de l'opium du pavot pour»pre ; celui de la première récolte a fourni 10 <>/o, 87 de morphine-; oeiui de la deuxième, 11 ^/q, 28.
De la mémo ahnée, le invot 'œillette de la première récolte lui a fourni de Topium à 17 o/*, 88 de morphine; celui de la deuxième, 14 o/" ,78.
La richesse de fdpium en iperphine varie donc saivant Peepèce de pavot «ritiiéa et le lieu et l'époque à laquelle la récolte a été Mte,
inatiève axlractivaqiiis canUent Topiuiu, et ea lengol eoni^te tomefois da la qualité d'eaq employée. La solulion filtrée, ^fûde au papier da tournesol, doit donner : avec les sels da peroxyde de fer, une colqpalion très-prononcée en roagfe ?ineqiL (inécan^te de fer); avec le chlorure de calcium, nn abondant précipité hiano sale, formé de méoonate de chaux; avec Tammoniaque instillée goutte k goutte, un précipité grenu, abondant de morphine brute, mélangée de résine, de nareotine, et d'une petite quantité de méconate de chaux. La liqueur qui surnage le précipité de méconate et de sulfote da chaux étant filtrée et évapovée» doit se prendre an une masse cristalline, grenue, de chlorhydrate de morphine ; da plus, la solution aqueuse d'opium se mêle k Talcool sans produire de dépAt.
TeU ^i^t \e$ car^ct^res çloi^t \^ conatatation, aur nu écbiuitilk^n donné d'opium, constitue le mode d'essai proposé par M. Berthemot*
UsiLGRS. — y opium entier ^st peu usité en méd^çipe, mais il fait la î)»^ ^ mçpi\>rem^ préparations pq ipé4ipapienta énergiques employés joumellemeni dans la paatk^ue médicale. Ainsi il sert, sous forme d*eau distillée, d'extrait, de sifop^ de tçiflture, de tablettes, de vin^ etc*
L'opium de Smyrne dpit étr^ f mploy^ «péci|\|^ept pqm rextnction da la mo^phina et pour les ppéparationa phar-» maceutiques. L'opium d^Égypte sert de préMNenee à ei^i de Smyrnç pour Vemp\oi en nature (4).
FALSiFipfTioifS. — L'çipium, j^yapt ynp Tf^lei^r i^Jtripsèqye assez considécableia été de tpvit temps Vpbîet des MchaielAea des fiilsificateuis, dans la but d'y m^er des substanoas étvanffères, dont ils dissimulent le mieux possible la présence (2).
(OLIraportatiiMidel-opium dans le Royaume-Uni ?8, toutes tas années, en 9i*aaginentant. Cesi surtont dans les cantons manufocturiers qn*OB en fait nn nsage immodéré» et Ton accuse quelques sociétés de tempérance de remplacer r^au-de-'vie et le genièvre par i*opium.
En 1S4S» il a été importé SSSSS livres (anglaises) d^opium, dont SI 304 livres ont été consommées en Angleterre, le reste a servi au commerce d'exportation. En 1S49, il en a été importé l9St46 livres, et consomqié 4167 1. Ce qui fait, dans une seule année, une augmentation de 100411 livres pour rimport*tien, et de 104S7 livres pour la consommation.
(2) La fUslficatkui de Topium n'est pas nouvelle. SchéOê a fait con-
Ce produit »été adultéré : en le' recouvrant de subdonces végétales, formant quelquefois une couche de6à 7 millim. d'épaisseur ; par des extraits de chélidoine, de laitue viveuse, de réglisse (i), par du cachouy par des huiles de sésame ou de lin^ par la gomme arabique et la gomme adragante^ par du sable ^ de la bouse de vache y de la terre et du plomb^ parla fécule (2).
La falsification a été encore poussée plus loin : il a été vendu dans le commerce à Paris : {''de Topium contenant Tun 20, Tautre 41 «/o de son poids de feuilles de pavot hachées (3); 2*" un produit imitant Topium, et qui pour SOO graro. n'a fourni que 0 gr. 6 de morphine (4<) ; 5*" un faux opium^ qui ne contenait pas d'alcaloïde (5).
naître^ que les Mirâtes, en préparant Topium, y ajoutent 1/3 et jusqu*à moitié de son poids d'huile de lin ou de graine de sésame; il dit que les teintures préparées avec cet opium sont troubles, et qu'elles ne peu* vent êire employées.
(1) M. Jf«rcAk a signalé un opium folsiflé avec le suc de réglisse. U présentait à l'extérieur les caractères d'un bon opium. U était reconnaissable à son odeur, à sa saveur, à la couleur rouge brun foncé, presque opaque, de sa dissolution dans l'alcool faible.
{%) M. Nesiler, M. Pédroni fils ont examiné des échantillons d'opium qui contenaient une quantité notable de fécule.
(3) Ce produit, tiré de Londres, avait été expédié de Hambourg. Le fait a été signalé par M. Merck, qui ne put extraire de cet opium que 1 «/ode morphine; par M. NesHer^ en 1844; et, en 1S49, par U,Jourdan, pharmacien à Sainte-Marie-du-Mont (Manche).
(4) En 1838, 50 à 60 kilog. d'opium falsifié furent livrés à la pharmiH cie centrale des hôpitaux de Paris ; nous fCunes chargé avec M. Gnihourt de faire opérer la saisie de cet opium chez trois droguistes qui en possédaient chacun une caisse. L'un de ces négociants était déjà en instance devant le tribunal de commerce pour faire annuler la vente de la caisse d'opium falsifié qui lui avait été livrée.
MM. Gaultier d» Claubry, OUivier d'Angers, et Labarraque furent nommés experts par le tribunal pour examiner cet opium, qui avait la plus grande ressemblance avec l'opium de Smyrne. Il était en pains semi-orbiculaires, recouverts de feuilles; sa consistance était molle, sa couleur noirâtre, son odeur faible. Avec l'eau, il donnait un liquiderassemblant asses à une émulsion. L'ammoniaque ne précipitait ni sa solution aqueuse ni sa solution alcoolique. Cet opium présentait dans sa tranche des lames transparentes, agglutinées.
L'autorité crut devoir prévenir le commerce, la pharmacie et le public, en faisant paraître dans le Moniteur la note suivante :
« On a cherché à introduire dans le commerce de la pharmacie de l'o-
OPIUM. lai
M. Laofkderer tient d'un Arménien, fabricaiH d'opimn, ipie Ton falsifie cette substance en la mélangeant, k Fétat mou et frais, avec du raisin bien écrasé ei dibarrassé det pépins; il paraîtrait même qu'il ne vient pas de TOrient un seul pain d*opîum sans avoir subi cette adultération.
u pium qui avait été dépouiUé, par des opérations chimiques, de la « morphine, qui est, comme on sait, le principe auquel cette sub- « stance doit ses propriétés médicinales.
« On a reconnu que cet opium- ftUsifié, dont les caractères apparenta « pourraient tromper même des yeux exercés, avait été envoyé d* Angle- « terre en France, parUcuIiérement par la voie du Havre.
« L'administration ne saurait trop engager les droguistes et les phar- « maciens à se prémunir contre un genre de flraude qui pourrait en- « traîner de graves inconvénients , puisquMl aurait pour résultat de « substituer une substance inerte à Tun des médicaments les plus « énergiques quels médecine emploie.
«r L*administration ne négligera aucun des moyens que la loi a misa « sa disposition pour empocher que les produits aJtérés soient ré- « pandus dans le commerce; mais les pharmaciens et les droguistes ont « un intérêt direct à s'assurer eux-mêmes, par des essais, de la qualité « de l*qpium qu^ils peuvent être dans le cas d'acheter. >»
Les conclusions du rapport de MM. Ollhier d^Angtrt, LàbarraquB^ et Gaultier de Clauhry, furent les suivantes :
« I* Tous les échantillons d'opium sur lesquels nous avons opéré ont été falsifiés.
« 9* La proportion de morphine qu&^ renferme le plus par d'entre eux « est tellement inférieure à celle que fournissent les opiums du corn- « merce, même ceux de qualité inférieure, qu*i)s ne pourraient être « employés que pour l'extraction de cette base, et jamais pour la prépa- « ration de médicaments ; les laits observés prouvent que ces opiums ont « déjà été traités, et même que Ton a extrait une grande partie de la *f narcotine qu'ils contenaient.
« to Les échantillons provenant des saisies faites ches MM. Y., D., P., •i et à la pharmacie centrale, de Popium fourni par ces derniers, offrent M les caractères de marcs d'opium d'Egypte, qui ont été empâtés avec M on extrait, peut-être même avec celui que procureraient les eaux mères m provenant de la préparation de la morphine ; plusieurs ne sont pas entiè- « rement épuisés d'alcalis végétaux ; peut-être renferment-ils une por- « tion d'opium naturel que l'on y a mélangé pour leur donner plus « facilement l'apparence du véritable opium; et ceci paraîtrait d'autant « plus probable, que çà et là on rencontre dans les échantillons des « portions qui présentent, d'une manière beaucoup plus marquée, les •c caractères des véritables opiums.
« V Les échantillons saisis au Havre sont beaucoup phis impurs; ils « sont formés de marcs d'opium d'Egypte, et peut-être d'une certaine
f8| Qmn^
•I quaniiié d'opium naturel, mêlés d'une substance inerte, en poudre •* grossière, 91 (f Mn ^^i qui panU( ètr» d'u^e natqre ^%lqgue ^ «tlui
« &o Aucun de ces opiums ne i^ni 4trâ mftla|i| p^ur 1» prôp^iraiion « df iMfQ^um ptofi^ceutiques do^^ Vmm f^>i^V^
M f^ U prfURPr(ipi) ^^ niqçpliUte qu^ jr#p(çm^ le«; ^fih^nmions les « moins épuis^ 9,9 p^rq^^^r^^tp^fpâdDD dç 1^ lii^ice ^^^c à la prépa-
« iPQTPhiP^ n*^uiY4Mt q()*<94 ai^j^q)!) ^ l^^lfe qHfi (^HfnU VâclmttiUpn « d'ppl^m d*mpte, «i^^roin^ dpmparaUTf^ll^Pt^ ^ %và |^j& offric%i( peu « 4'ava|it9g«s pourl^ fs^bric^fîts qui U (f^i^aiei^(.
« 70 Les altérations qu'on fait gv()))|r, ^ «d o^Mifî&Pia^t ^Wf d*^Q|anl *f PlH> ^(H^gpreu^^ qua çft df^niçr» ^a|i^ ^^ é|ftt ^«mril louit de pco- « priét^ plus actives» qu^ sf» effets so^^l plH« c^qstaii^Ui ^t qlus éper- « giques : ^el est rqpiMtp. Qr \\ est df« inaia4lM i^ ^iwm 4^t la « gué^ison n^ p^ut $tr9 QbMH§ san* remplwd^oiQiPTWMrapau* « tique. Les malad^^ soDt vou^s )e plus oc^ioairfffppn^ k UAf) i^pr( cer« 1 tain^si l'opium a'e^l pa«admi9i4pré pftur^rr^^^^^pongrttdu mal* « Nous citerons ici le tétanos^ ^ (lUI^lPPl U délip^ iif<^f fitt(» mvà pompU- « quant as«f»«>uventtes (n^cture^ des anemb^es, e( qu'w io;t quel- « quefois apparatire endémiquement dans les hôpitaux. U eit éfident n qu*en adn^îp jstrant de (U^iium dénatura PAnim§ «i^taii qpa poiis avons « i^nalyaé, U maladie, Ipin d'être arr^t^ 4aps sa m^^be iwu^ un médi- « çAu^m &msi mert^» s'agcF^i^ani ^pid«mpp<> f^^ \^ médaqi\ ven^ ^uc;- « çomber dais m&lades qui evssent été (f^qy^ b*^ Ç^H9>W^ pnftdu bon « ppium dans les prpportipns pra9çrU?4. L'altérât)^ qu^ nous dYpiK H consiatie dans le m^dif^m^Q^ ^^^ Ta (io^fi tellement d^p^turé» « qu'elle a transformé une substance éminiimPipnt activa %\ (louée « (l'ui^e ejBoiHsité inçQQtçM(Mibll) ^ HAf^ mMîiîre sapi aution. ^opt la «. priupriptipp pourrait avpiv loa plu| d^j^P^ab^^ r^tultat^.
% %% Npui ne pou vops dpnc que confUnca h la deitraction da toutes les « variétés saisie^; mai« comme la Ccaude, en i'^eçç<^nt 9ur mp médica- « mept dpnt le* propqétéa médMw sopt 91 imppçt^te9, avait* pqus na « dirons pas atiaint la perfaetion m.ai9 obteau des produits dont \m ca- « lactiires eztérieucf étalant dans la cas de tromper beauoopp de pprt « sonnes qui se Uvcent au commeica da cette 8ubstanp«> naua pcsMpna « qu'il serait utile de fkire prélever des éçbantilloios ^ml çwaiaRt ^é(^Q^ f df^Q» l^s collections dai écoles de pbaimaçiâ et de» ft^urti^ra 4ft çjg^jpz •t merce , afin de procurer à tous ceiu q^^iqtérem oetta qu^ipt^ (ea m mpians da leconpattra cette coupable frauda- »
(5) Eq l»40, M, de Smedt, phfurmadeQ à Bocgarbort, reçut un PPiom
M. iMà^ de Prêgiia, » 4ai»ié la ctescriptiAtai d>un opium fabriqué de tmtes pièçetf sans la moindre traça de morphine, ni d'acide méconiqne^ et ne-i^ntenant pas onéine une parcelle d*opii}m.
n sa eomposait de morceaux samblaUlas à eaux da l'opiom de &iiynie ; il était oemaft daf eues de rumexy sans être enveloppé de feuiUes; U était bnllant coonna l'opium d'Egypte, mais d'une couleur plus .foncée. L'action de Tairle rendait presque inodore et le durcissait. 11 ne se ramollissait pas par la chaleur de la pain ; il craqatfli sous ]gi dent cqmifie d^ sable e^ avait une légère amertume ; sa cassure était brillante et pi^rsemée depJusieurs points clairs, comme la résine paragne. £xposé à la flamme^ ilse carbonisait sans se fondre, en répandant une odeur d'encens ; cette même odeur se faisai| sentir lorsqu'on le triturait ou qu*on le faisait dissoudre. Il ne développait point d'âectricité par le frottement, et se réduisait facilement en une poudre brunâtre et 8èche> tandis que le véritable opium devient plus ou moins onctueux sous le pilon. £|a solution aqueuse froide nioussait fortement comme une solution gommeuse, et était sans action sur le tournesol ; il en était d^ même de la solution chaude, (|ui était de couleurbrune par réflexion et rougeâtre p^r transmission. L'alcool la précipitait abondamment; évaporée, elle donnait de la gomme qui se réduisait en cendres; pendant la combustion du résidu résiifieux, celui-ci ^e boursoufflait, brûlait avec une flamme fuligineuse et une odeur de résine, et laissait un charr •bon qui, pendant son incinération^ répandait un^ odeur désagréable, semblable à celle de la gélatine. . I^'ansilyse de ce prétendu opium donna les résultats sui^vanls. :
doal tpi (^r%ftirçt« appirsnl« élAîejit peux flp l'PBlum (}^ t)Q||ire qm^lité, mais dafis leqi^el il ne piit consUter la présence c|e fa morphine. Coiipô paf' morceaux, cet opium présentait des taches dues à une substance semblable à de la p&te de jujubes coupée en tranches; les moréMttx nc^vaieot ^a^un feible goAt d'opium, et ïr«tlacbai«nt aux dents
kmpi^^ IflrsaupatMl I la pietipatian ; traita m v^^» iU ^ saur Wpm*a»»«K*îftH l* fmw <*^ ^w^r^ «t t^^rmm^ «w ^^^ fl?
mucilage qui empêchait la filtration. Essayé par 1^ divers réactifs, ce faux opium n'a donné aucun des caractères qui distingaeni le véritable.
Matières insolubles dans TeaueidansTalcool, composées de substances combustibles contenant du carbone de razote. . . . • "^ \ 25
Matières incombustibles (sable, traces de fer, de
chaux, de plomb) 48
Matières insolubles dans Teau, gomme 64
Matières solubles dans Talcool, résine 9
Perte 2
iOO
En 1848, M. Legrip reçut d'une maison de Paris de Topium en pains de diverses formes et grosseurs, du poids de 50 à 100 grammes. Ces pains avaient été roulés dans des débris de rumex, feuilles et sommités , et étaient recouverts d'une feuille de pavot. Leur odeur forte et nauséeuse rappelait assez celle de Topium de bonne qualité ; leur tranche offrait un aspect terne, grumeleux et gris jaunâtre ; il était très-glutineux au toucher ; sa saveur, un peu acre et amère, était, à un faible degré, celle du bon opium.
Employé à la préparation d'un œnolé, il Ait évaporé à la vapeur et réduit à l'état d'extrait, brun clair, d'une saveur amère, à la fois acerbe et piquante ; l'odeur qu'il répandit pendant l'évaporation fut bien au commencement celle du pavot, mais bientôt ce ne fut plus que celle d'une marmelade de fruits acerbes (poires ou prunes sauvages) qui aurait été exposée à un trop grand feu. La couche supérieure de l'extrait refroidi était brune et de consistance pilulaire; la couche inférieure, d'une couleur jaunâtre, était sèche, presque pulvérulente, et exhalait une odeur mixte de poires et de raves cuites. Cas deux parties de l'extrait attiraient également un peu l'humidité de l'air, sans que pour cela la partie inférieure cessât d'être grenue. Cet extrait, jeté sur des charbons ardents, fondait, se gonflait, et répandait en bradant une odeur qui rappelait en même temps celle du pain et du sucre brûlés.
M. Legrip dit avoir constaté dans le faux opium la présence de Yinulifèe et de la fungine^ et il conclut de ses expériences que c'était un mélange de résidus d'opium de Constantinople épuisé avec un décocté de plantes ou racines cuites, telles
que des tubercules d'Hélianthe oo de dahlia^ des Mèe$ dé colchique^ de la racine d'aunée^ ou bien quelques espèces de champignom.
n résulte de tout ce que nous venons de dire, qu*à Taîde d'un examen attentif et comparatif, on peut, dans beaucoup de cas, distinguer un faux opium du véritable. Ajoutons que Topium, fidsifié par la fécule, a une cassure grumeleuse; traité successivement par Teau froide et par Talcool, il laisse pour résidu une poussière grisâtre abondante, qui, chauffée avec Peau et additionnée dMode, donne la coloration bleue caractéristique, et une gelée analogue k celle du lichen d'Islande ou de Tempois.
Comme c*ést principalement à la morphine que Ton attribue Faction thérapeutique de Topium, la détermination de la quantité de cet alcaloïde doit former la base du mode d'essai des opiums. Outre celui de H. Berthemot^ que nous avons indiqué ci-dessus, plusieurs autres ont été proposés.
Le procédé indiqué par H. Thiboumery consiste à diviser Topium (I kil.) à Taide d*un couteau à racines , à le traiter à quatre reprises par 500 gram. d'eau bouillante employée eu infusion. On fiUre les infusés, on les évapore en consistance d'extrait, on délaye le produit dans un litre d'eau froide, et on complète l'épuisement du résidu par de petites quantités d'eau également froide, jusqu'à ce que celle-ci ne se colore plus; on réunit les liqueurs, on les concentre à iO<> Bé., et on les précipite bouillantes pi^r un léger excès d'ammoniaque ; ou laisse refroidir, et on jette sur un filtre qu'on lave à l'eau froide, puis à l'alcool à \%^\ oa8ècheaubain-marie,et on dissout dans l'alcool à 36^. La solution est portée à Tébullition avec un peu de charbon animal en poudre, puis filtrée et mise à cristalliser; enfin on épuise le charbon de toute la morphine qu'il a retenue. On opère de même pour les liqueurs ammoniacales. Les alcools de lavage et les eaux mères de la morphine sont à leur tour évaporés à siccité, le résidu est traité par l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique^ la solu* ^oa acide qui en résulte est précipitée par l'ammoniaque, et ainsi de suite. La somme des produits que l'on (^tient pour résultat final repr^nte la proportion de morphine contenue
aàné roipiiitil sdulbis k Pes^l; le» tr»c^ dé tivrtotidè (^ rabcômpdgneilt petiveHit èti« liégHgfées.
Par le proeédé d'essai de MM. Payen et Couerbe, tftt pèM SK jgram^ d'opium divisé en iraBches trèsHuisceS) puis on les laisse macérer dans iSd gram. d'eau pure; après, vû^ quatre heures de contaet, tun triture daos un mcNrtier, jusqu'à ce que la mMière hydratée soit eu bouillie claire; pais cm dé^ cante sur un filtre les parties les plus divisées que le liquide tient en suspension ; on lyoutede Teau au résidu, qu'on triture de nouveau, et qu'on décante sur le même filtre; on lave avee de l'eau distillée, jusqu'à ee que le liquide passe incolore ; osk ajoute à lasolution filtrée un excàs de chaux bien hydratée (i)« Ou porte le mélange à l'^bullition pendant cinq minutes environ; on filtre, et on acidulé la solution filtrée avecde Tacide ehiorhydrique qui sature la chaux et s'unit à la morphine. Ou précipite la morphine par l'ammoniaquç, dont on chassé l'excès par l'ébullition. Ou recueille la morphine sur un filtre» on la lave avec de l'eau alcoolisée, puis on la fait dissoudre dans l'alcool à 58o bouillant 3 elle cristallise par refroidisse** înent : il suffit alors de la laver à Féther pour éliminer la uàrcotine ; oh la fait dessécher, et on en constate le poids,
IH. Aterck prescrit, pour l'essai de l'opium, d'en faire bouit* lir 16 gram. avec 250 gram. dl'alcool ordinaire, de filtrer, et de reprendre le résidu par 125 gram. de nouvel alcool. On évapore les extraits à siccité, après avoir ajouté une petite quantité de carbonate de soude; on délaye la masse dans l'eaii froide, puis on la décante dans une éproùvette à pied ; on lave le résidu avec un peu d'eau, et on le laisse en contact pendant iiné heure avec 30 gram. d'alcool froid à 0,85 (alcoom. centésimal); piiis on porte sur un filtre, on lave avec de l'alcool,, on sèche le pfécipité, et on le dissout dans 16 çram. de vinaigre distillé et étendu de son poids d'eau. Cette so}uU(m est filtrée, puis précipitée par tin léger excès d'admioniaque; au bout de douze heures, la morphine précipitée est recueillie sur un filtre, séchée et i^esée.
(1) Pour hydrater complètement la chaux, on verçé sur i p^^da chaux vive iO p. d'eau distillée bouinantê:ën quelques instants rextfnctfoé est parFaite, même lorsqu'on agit stfr une petite quantité.
opiUM. 127
D«ns mi êémim mip^ Mi e*m»HMnd a ptopo^ Xi méthode suivante pour remplacer celles que noua VëhÔftI a^dlquei*; OH pMôd 18 grM. a'Spftlifi, apr»TaVbif cMpé sur différents points; on le délaye dans un mortier avec 66 |;rfltt; d'àlbdbl 1 0J{, et ÔD Ife h^^K Mbat Hii(te pdtii* éù réparer la teinture : on exprime le marc, -dû 1ë reprend aveb 40 j^anl; 9è hotxfël ikiûdk âU fMtne depé, et on réuhtt l6s teintures dans un flacon k Urgé otrvëttiifèr 8«iè lë<}Uêl Ml ÎT èîh âoitf dl I^er 4 ^. d'âmtiioitiâ(|i)« ; âmé biwfcs âptès, là thoipliine rest é)imi#£ë d'ellè^^mêofé, àècëhfttgnéfe d'une quànthé plu^ ou moins grande de narcotine; la noorphine tapissant les pàfèU imëriétii'es du récipiéât de bKsiîftîk bôlbrës, as^rez gros fil d'un iddfcher graveleui, la tiàrccHine se frouvâhi cristallisée en t)etites aiguillée llàcrées, blanbbèâ et fort légères ; cil la^ té» cristiiilx sur titi flnrè oil sur xiti Hugë a^ec de l'ead, âfiU de 1^ âébëifaftsër du ih^oAatë d'àinmôniàque i^dlfs i'ênfefment ; puis on peut séparer la narcotine de la morptiittËI ^if la décantation dans Tçivi, ifÊMPttwkkfù que la narcotine plus légère (i).
Il ferait à désirer que tous lés p&ârmi(cieiis titrâsseiit, |)ar Tun on Vànite de ces procédés, rô|)ium qu'ils acHëtèni : ils pibùh'aient offrir aux inédecins des médicaments moins va* riables dans leurs effets; ils concouîraieslt à détruire dés iïaudes qui cesseraient alors d'être prolBtables à leurs au-*
. (f) M. JMol^ a mcMISé cétts ffiétfioidé de séparation, et H préfère fe» courir à remploi de cinq on tii lavacet avec 4 à & gnuo* d'étber. Oi lavas e, pratiqué par tritaration sur les cristaux préalabiement pulvé* risés, met eu liberté la morphine, qu^i l^ut ensuite sécher et peser*
U. de Vry a proposé aussi de modïfrer dé la manière suivante le proc^ de II. GuUUermoHd : le méIR&ngé éé morpfafn'è et de narcotine ebteira de la préclpicatfoii dM tèilltiires Hc^HIfiiM par Tainmoni&qdé est lavé, chauffé avec de Teau pore additimmée d'un léf er excèf de sut* fàte de cuivre. La morphine décompose ce sel en acide suUurique qui se combine avec elle, et en sulfate de cuivré tribasique, insoluble, tandis que la Mrcotitte est sans action sut le sùlfleitè de cuivre. Oh à dotic trne solution de sulfate de morphine contenant un petit excès de sulftilè #1 catvrev tandis que la narcotine reste iîldf^îÀis àvae ft sous-anHItte àiélailique. La liqueur filtrée est traitée par Phydrogëne sulfuré qui sépare le cuivre, et la morphine est précipitée par rammoniaque. . Suivant A. de Try, le procéâ(^ ^é tt. Gùilliermond, ainsi modifié, péu| servir à pjréparer la morphine pure.
128 OPOPANÂX.
teurs, et qui sont parfois si préjudiciables aux intérêts de la médecine.
En oatre, nous pensons que des mesures devraient être prises :
io Pour que Fopium, dit opium choisi^ prescrit par le Codex, fàt Fopium de Smyme;
2o Pour que les préparations pharmaceutiques opiacées ne pussent être préparées qu'avec cet opium ;
3» Pour que nul opium, excepté celui que Ton emploie pour l'extraction des alcaloïdes, ne pût être vendu sans avoir été titré;
4» Pour la détermination de la quantité moyenne d*eau que doit renfermer Topium employé en pharmacie, de manière que, lorsqu'un opium sera très-humide, on soit forcé d'en employer une plus grande quantité en raison de son humidité ; que, s'il est trop sec, au contraire, la quantité à employer soit diminuée.
OVOVAHAZ (1).
L'opopanax est une gomme-résine fournie par Vopopanax chironium ou pastinaca opoponax (ombellifères) , qui croit ea Asie, dans l'ancienne Grèce, en Sicile, en Italie et en Provence. On l'obtient par incision et par expression.
11 est sous forme de larmes irrégulières, anguleuses, opaques, fragiles, légères, dont les plus grosses ont le volume d'une noisette, d'une belle couleur rougeâtre à l'extérieur, d'un jaune marbré de rouge à l'intérieur, d'une'saveur nauséabonde, ftcre et persistante, d'une odeur aromatique forte, semblable s celle de la myrrhe.
Sa densité est 1 ,622. Il prend facilement feu et brûle avec flamme. Il forme avec l'eau une émulsion qui rougit le tournesol, et qui laisse bientôt déposer la résine. L'alcool le dissout partiellement en un liquide rouge.
L'opopanax nous arrive de la Syrie, de l'Inde, par Marseille.
D'après l'analyse de Pelletier ^ cette gomme-résine contient ;
(1) Cette gomme-résine est parrois désignée sous le nom d* opoponax, opoponox, opoponacum.
Hmm^ fosiMe à 50i»,4â; gomme 55,4; ligneux 9,8; omidoa 4,i ; malate acide de chaux 3,8; matière extraetiveifi-y cire 0,5; AtiiV^ volatile et perte 5,9 ; caotUckùue^ traees.
Usages. — L*opopanax est employé, à rextérieur, comiae résolotîf , et à rintérieur comme toniqoe et excitant. II entre dans la composition de la thériaque et de quelques autres médicaments officinaux.
FALsiFtcATioifs. — L'opopanax est quelquefois mélangé avec des gommes-résines ou des résines de qualité inférieure, avecdu jfo/t/x)/.
Ce dernier mélange pourra se reconnaître à Fodeur de térébenthine dégagée par Tintroduction dans la masse suspec* tée d'une tige de fer rougie au feu.
Quant aux autres mélanges, on ne peut tes distinguer que par Texamen atleutif des caractères physiques propres à Topopanax pur.
L*or, -métal de couleur jaune, à éclat très- vif, est peu dur ; c*est de tous les métaux le plus malléable, le plus ductile et le plus facile k laminer. Sa densité varie de 49,4 à 49,65, selon qu'il a été recuit ou écroui. U est^jnoins fusible que Targent et le cuivre, fond à 3^ du pyromètre de Wegdwood ou 4097O du thermomètre à air. L'or n'est attaqué par l'oxygène à aucune température. Les acides sont sans action sur lui. Le chlore le dissout en présence de Feau ; Feau régale le dissout aussi avec facilité.
La plupart des métaux s'unissent à For et hri font perdre sa malléabilité.
Dans le commerce. For est vendu en barres ou lingots, en fils, en poudre, en feuilles.
Ûsàgbs. ^ L'or allié au cuivre ou à Fargent sert à faire la monnaie, la bijouterie de luxe, les objets d'ornement, de prix, etc. En médecine, la poudre d'or est employée contre les maladies scrofuleuses ou vénériennes.
Falsifications. — Pour reconnaître le degré de pureté de For, on le soumet ordinairement à des essais par la voie sèche.
130 ORCANfiTTE.
l.*or ^n pwdre^ çn feuilles, est quelquefois allié iXargmt ou
On krecoDoottrait e& dissolvanl lemétal dans l'eau régaie : s*il y ^ du cuivjre, il sera, décelé pi^r la couleur, bleue que rammoniaqueiçra naître au sein de la liqueur, 4)u bîeu il r^ couvrira ^fie.la^)e de. fer décapée, qu'on y aura plonge. S'il y a de Targent, il sera précipité à Tétat dc^ cbl^erure ^)8<A^blfi^ tandis que Tor seul sera dissous par Feau régale.
n y a peu de temps, on a découvert^.en Angleterre, que l'or, au titre de 42 carats et au-dessous, était allié avec du linc^ au lieu de l'être avec une quantité convenable d'argent. L'or ainsi allié a servi à fabriquer un noinbre considérable de bijoux*.
On reconnaîtrait le zinc en dissolvant le métal dans l'eau régale ; dans le chlorure acide formé, on ferait passer un courant d'hydrogène sulfuré qui précipiterait l'or. En filtrant, la liqueur passant à travers le filtre serait précipitée par un carbonate alcalin. Du poids du carbonate de zinc, lavé, séché et calciné, il sera facile de déteminer celui du zinc.
L*4)rcânette est la racinede VAnehma tinctorià (borraginées), que Ton cultive, en France, dans la Provence et dans le Languedoc (1 >. Elle est 9èu8 la forme de petits brins plus oo moins gros, de la grosseur du doigt, d*une couleur brnn-rougeàtre, insipides, inodores.
Elle ne cède pas i^nsiblement de matière colorante (espèce de résine appelée orcanettiney ac. ancAusique, anchusine) à l'eau ; elle la cèdfe à Faicool, et lui communique une belle couleur rouge. La solution alcoolique d'anchusine, mêlée àl'eau bouHtote, passe au *violet et vire au bleu parla concentration.
L'anchusine est d'un rouge violacé ; elle est solublc dans réther, les huiles grasses et essentielles, dans facide acétique. Elle donne, avec Tâcidesulfurique, une dissolution d'un rouge araéthystc, précipitable par l'eau.
(1) Outre Fanchusa linctoria, on confond, sous le nw d'orcamtie,, Yanchusa virginica , le ïithospermwn tinclorium, Vonosma echioides, l'echium m^rwm. végétaux dont la racine fournit uriô thaUère colorante rouge, analogue h Torcanette.
os CALCINÉS.' 131
Leiis alcfdift ea excès la 4iivsalveQt «d preaiuai une belle coiileur bleue. Les terres alcalines donnent avQ«/C6 principe des combinaisons bleues (anchudotes). Toutes les dissolutions métaUiques précipitent l'anchusine de ses <»iDbinaisons avec les bases alcalines, savoir : les protosels d'étaiû en violet ; les persels d'étain et rouge cramoisi ; les persels ^ mercure en rose cofileiiv de cbaîr.
UsÀGBs. — En pharmacie, on emploie Torcanelte pour co» lorer m rooge la pommade pour les lèvres, et, en général, les huiles et les graisses. On s*en sert principalement dans la parfumeriOé Dans la teiuture, on en bit des laques d'un bleu violacé et d'un beau violet foncé, avec les sels d'alumine eC Ioa persels de fer. . ^ -.j.
ÂLTÉRàTiONS. — L'orcanette est souvent mêlée avec la raoine du gremil de» teinitiriers, la racine dé èughêie {ancKnsa Ualicû)i la racine de Yonosma eekîMkê^ etc.
Tous ces mélanges peuvent se reconnaître en ce que ces racines ne coloreot pas les huiles en rouge, comme TorcaneUe» et en ce qu'elles n'ont pas sa forme*
os oA&cnarts.
Les os calcinés ou phospàaie de cAaux des os sont livrés au commerce sous forme de trochisques blancs, insipides, ino-^ dores^ à peu près-coinplétement insolubles dans l'eM, facilement solubles dans les liqueurs acides.
Ce phosphate basique de chaux est associé dans les os à un peu de phosphate de magnésies à un psa de carbonate de ehaui et d'oxyde de fer. ' ^
UsÀGB^^ — En pharmacie, les os calcinés entrent dans la préparation de la décoction blanche de Sydenham. Dans les arts, on en fait des coupelles pour les essais d'or et d'argent; on les lait entœr dans la composition d'un verre opalin. Ils servent à la bbrication du phosphore, .apr^js.avoir été préala^ blement convettis en phosphate acide.
FAL8iFiGATiO!fs. — H: DUOctl ^ èU à étatuifiét uu échantillon d'os calcinés, remplace en totalité par une poudre blanche, très-tenue, qiii n'était autre que du sulfate de chaux. Elle ne
132 OUTEEMER FACTICE.
produisait pas d'efièrvescence au contact, des acides qui ne la dissolvaient point.
Calcinée aveclecharbon, elle fournit une masse qui, délayée avec un peu d'eau et traitée par un acide, laissa dégager beaucoup d'hydrogène sulfuré.
Bouillie avec de Teau distillée, le liquide filtré donna avec le chlorure àe baryum un précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique.
Bouillie pendant quelque temps avec une solution de carbonate de soude, elle fut convertie en carbonate de chaux insoluble et en sulfate de soude soluble, sels faciles à reconnaître.
Cette belle couleur bleue dont le mode de fabrication a été découvert presque en même temps par M. Guimet, en France, et par Gmelin^ en Allemagne, a pris son origine dans un travail analytique exécuté, en i8i4, par Vauquelin, sur une matière bleue trouvée en démolissant la sole d'un four à soude de la fabrique de Saint-Gobain.
Vauquelin reconnut que ce produit coloré avait une composition semblable à celle du lapis lazuU ou lazulUe, c'està-dire que c'était un silicate d'alumine et de soude sulfurée (i).
La fabrication de Toutremer artificiel s'est peu à peu naturalisée en France, grâce aux efforts incessants de la société d'encouragement ; c'est ainsi que MM. Ferrand, Robiquety Couriialy Zuber^ ont fabriqué ou fabriquent de Toutremer.
Usages. — L'outremer est employé en peinture, pourTazurage du papier, des tissus, des bougies, du savon, de Tamidon, du sucre ; dans l'impression sur étoffes et sur papier (2).
(1) Sa composition, d'après Clément- Dësormes, est la suivante :
Silice 35,8
Alumine 34,8
Soude 2B,t
Soufre 3^1
Carbonate de chaux 3,1
100,0 (2)Avani la dôcuuveite de M. Guimei, rouUemer naturel vaiaii
oxYDH d'antimoink. 133
FALSIFICATIONS. — L'outremer arliflciel a été falsifié par les cendres bleues {csivbonMe de cimve) (\) et par YamiHon (S).
La première sopliisUcation serait décelée par rammoniaque. Au contact de cet alcali, rôulremer pur ne se colore point; s*il contient des cendres bleues, il prend, au contraire, une coloration bleue très-sensible, et d*autant plus foncée que la proportion du composé cuivreux ajouté sera plus forte.
La falsification par la fécule sera reconnue en traitant Foutremer par Peau chaude \ on aura une solution aqueuse qui prendra, au contact de l'eau iodée, la coloration bleue caractéristique des matières amylacées.
Le protoxyde d'antimoine, connu autrefois sous le nom de fleurs argentines ou neige d'antimoine , est cristallisé en at«;nllcs longues, aplaties, et d^un brjllant nacré, ou en poudre blanche, amorphe. On le désigne alors, d'après son mode de préparation, sous le nom d'oxyde d'antimoine par précipitation. Il est insipide, inodore, sans action sur la teinture de tournesol, insoluble dans l'eau et fusible h la chaleur rouge sans décomposition.
UsAGBs. — Cet oxyde est quelquefois employé en médecine comme émétique et sudoritique ; il sert à la préparation de Témétique; on l'emploie aussi en peinture.
Fàlsifigatioivs. — (^* oxyde d'antimoine a été falsifié avec le carbonate de chaux (craie ou blanc d'Espagne) (3), avec le sulfate et le phosphate de chaux.
L'acide nitrique étendu, versé sur l'oxyde mêlé de car-
900 Tr. les 31 grammes; aussi M. Thénard avait-i) indiqué, pour suppléer celte couleur, le bleu qui porte son nom. Aujourd'hui, on peut avoir de l'outremer factice au prix de 19 Tr. le kilog.
(1) M. Habert a eu à examiner un échanlillon d*outremer raclice, d<*siiné à colorier des bonbons, qui contf^nait 40 o/o de cendres bleues.
(9) II y a quelques mois, un fabricanl nou.s remit un échantillon d'outremer qui, d'après nos recherches, contenait 7 % de fécule.
(3) M. W. Hodgéon a analysé un oxyde d'antimoine du commerce qui renfeimait no % de carbonate de chaux.
134 OXYDUS DE FER.
bonate de chaux, donne lieu à une forte effervescence due à racide du carbonate mis en liberté. La dissolution acide étendue d'eau précipite en blanc par Toxalate d'ammoniaque.
Si Toxyde est mêlé de sulfate ou de phosphate de chaux, le liquide provenant du traitement par Vacide nitrique donnera, dans le premier cas, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans Tacide nitrique; tlans le se« bond, un précipité blanc, gélatineux avec Tammoniaque.
On a vendu quelquefois, en pharmacie, Vacide antimonieux pour Toxyde d'antimoine. Cette fraude se reconnaît au moyen de Tacide chlorhydrique, qui dissout Toxyde et laisse pour résidu Tacide antimonieux.
OZTHS BS CA&aXVM. -^T. Cravz.
Parmi les oxydes de fer, deux sont employés en pharmacie, ce sont Voxyde noir et le peroxyde. ' L'oxyde de fer noir, appelé aussi deuf oxyde de fer, éthiops martial^ safran de mars de Lémery^ oxyde ferroso-ferrique^ est une combinaison de protoxyde et de peroxyde. Il est d*un hoir pur, opaque, sans saveur, attirable à l'aimant ; «fonda avec le borax, il donne un verre coloré en vert bouteille; il forme avec l'acide chlorhydrique concentré une dissolution jaune verdàtre qui précipite en brun, par l'ammoniaque, la potasse, et la soude. Ce précipité, mis en contact avec un excès de chlore en solution, pa$se au jaune rouille, et se transforme en hydrate de peroxyde.
Le peroxyde de fer, connu sous les noms d'oxyde rouga de fer y trito ou sesqui-oxyde de fer, colcothai^ safran de mars astringent, rouge d'Angleterre ou de Prusse^ terre douce de vitriol, oxyde psrrique, se présente sous la forme d'une poudre rouge plus ou moins foncée, dont la couleur varie (i) suivant rétat d*agrégation et le mode de préparation; il est insipide, inodore, non attirable à l'aimant ; la chaleur seule ne peut le décomposer. 11 donne avec i'acide chlorhydriquQ une dissolution d'un beau jaune orangé; la soude, la potasse, Tammo-
(i) Cette couleur vire quelquefois au violet.
OXTDB Dfi MANGANÈSE. i35
ttiaque, y produisent un précipité conleor de rouilte;' Pinfusion de dcH de galle y détermine un précipité noir bleuâtre, intense, pourvu que la solution ne soit pas trop adde.
UsAGi». — L'oxyde de fer noir est employé comme tonique enifflénagogue et anthelmintique. II fait la base des pilules de fer de Swediaur; il s*administre en tablettes.
L'oxyde rouge est employé en peinture, pour polir les glaces et les métaux ; en médecine, on s*en sert comme astringent, tonique et emménagogue.
Altérations. — L'oxyde noir ou éthiops peut être mêlé de peroxyde de fer.
L'éthiops mêlé de peroxyde est moins attirable à Taimant ; sa couleur vire plus ou moins au brun roussfttre ; sa dissolu* tion dans l'acide chlorbydrique est jaune safranée.
Fàlbitications. — Le peroxyde de fer a été quelquefois fraudé avec de la brique pilée. On le reconnaitrût en en dis- ' solvant un poids déterminé dans Tacide chlorbydrique. Si Voxyde est pur, la disàolcltion est complète; si, au Contraire, ii est niélé dé briqué en poudre, celle-ci restera en résidu : son poids comparé au poidé total indiquera la proportion du mélange. '
Cet oxyde, appelé axxssi magnésie noire, btùxyde de manganèse^ est très-abondamment répandu dans la nature, en masses amorphes ou cristallisées en aiguilles prismatiques , fines et rayonnantes. 11 est d'un gris noir métalloïde; il est friable, insipide, inodore. Sa densité est 4,48, d'après Boutlay; il tache les doigts en noir. A l'aide de la chaleur, l'acide chlorbydrique donne du chlore avec cet oxyde (i). Chauffé au rouge, il se décompose, dégage une partie de son oxygène,
(t) Ce caractère peut servir à le distinguer du sulfure (TanttmotfM, avec laquel U offre qualque ressemblance par sa forme ortartalliae, sa couleur, soo aspect. Le sulfure 4'aaiimoine est (kcUemeBl (àsible lui chalumeau; traité par l'acide chlorhydrique, il donne lieu à un dégagement d'hydrogène sulfuré.
136 OXYDE DB MAMGANÉSK,
et se convertit en sesquioxyde; il est infusible au chalumeau, et donne avec le borax un verre de couleur améthyste.
Dans le commerce, en distingue plusieurs variélésde manganèse : le manganèse (T Allemagne, le manganèse de la Hcma-nèchcj près Màcon, le manganèse de la Dordogncy les manganèses du Cher, de la Bouryogne.
Le manganèse d'Allemagne est généralement en cristaux soyeux.
Le manganèse delà Romanècbe est d'un gris plus ou moins noirâtre, d'un aspect terreux; il est compacte, friable.
Le manganèse de la Dordogne est en rognons ou nodules, d'aspect lithofde, gris bleufttre.
Ces difiérentes sortes de manganèses appartiennent aux espèces minérales appelées pyrolusite^ acerdèse (Beudant)^ ou manganite (Bnmgniarl\ eipsilomélane ou manganèse oxydé harytifère. Cette dernière espèce est en dépôt très*considérable à la Romanècbe, près Hftcon (Saône-et-Lolre).
Usages. — L'oxyde de manganèse est employé dans les arts, principalement à la fabrication du chlore et des hypochlorites. Il sert aussi dans la cristallerie.
Altématkmis. — Il résulte des origines de l'oxyde de manr ganèse qu'il n'est jamais pur dans le commerce. Il est le plus souvent mélangé ou combiné avec de V oxyde de fer , de la baryte^ de Yargile, de la silice, du quartz, du carbonate de chaux, de la chaux fluatée, etc.; aussi, vu ses usages, il est essentiel de pouvoir essayer cet oxyde sous le rapport de la quantité de chlore qu'il peut fournir, et qui est elle-même proportionnée à la quantité de bioxyde de manganèse pur. On a proposé plusieurs moyens pour arriver à ce but.
Le procédé de Gay^Lussac, le plus généralement employé, n'est qu'une application du procédé chlorométrique. Il consiste dans l'ébullition de l'oxyde avec de l'acide chlorhydrique, en mesurant le volume du chlore dégagé et recueilli dans une solution alcaline.
On emploie 3 gram. 98 d'oxyde réduit en poudre fine, pqids reconnu suffisant pour donner, avec un excès d'acide chlorhydrique, i litre de chlore sec à Q^, et à la pression de 0«B,76, ou 400 degrés chlorométriques. Ces3gr. 98 d'oxyde
OXYDE 0£- MANGANÈSE • t37
à essayer sout miitNbiiis dans un petit ballon, ei on verse dessus 25 cen)im. cubes d'acide chlorhydrique, exempt dV cide sulfureux, ou s^n équivalent eu poids. On adapte au ballon un bouchon portant un tube, dont l'exltréinité, un peu courbe, s'engage dims une solution alcaline faiUe (potasse, soude, ou lait de chaux), que contient un matras à long col. (Voyez les planches à la fin de ce volume.)
Le ballon est chaufië avec quelques charbons; le chlore alors se dégage graduellement, et chasse Tajr qui vieiit se réunir à la partie supérieure du matras ; on laisse sortir cet air à deux ou trois reprises, en redressant l'appareil, puis on agite pour favoriser Tabsorption du gaz. L'opération est continuée jusqu'à ce que tout le chlore soit dégagé, ce que l'on reconnaît à réchauffement du tube édncteur par le passage de la vapeur d'eau qui pousse les dernières traces du chlore dans le matras. Le tube, jusque-là froid ou tiède , acquiert une température de lOO»; c'est alors que Von arrête Vopéra* tion. La solution alcaline est additionnée d'une quantité d^eau nécessaire pour compléter un litre ; puis on détermine sa richesse en chlore par un des procédés chlorométriques déjà indiqués. (Voy. 1. 1, p. 446.) Plus le volume de cMore contenu dans la liqueur à l'état d'hypochlorite alcalin sera considérable, plus l'échantillon d'oxyde essayé aura de valeur.
Il faut un second essai pour connaître la quantité d'acide chlorhydrique nécessaire au trailement.de l'oxyde, dont la valeur dépend aussi de la quantité d'acide qu'il exige pour être entièrement décomposé, quantité qui varie avec les dif-* férentes espèces de manganèses. On conçoit, en effet, qu'un oxyde de manganèse qui contient des carbonates, de la baryte, de l'oxyde de fer, exigera une plus forte proportion d'acide chlorhydrique que celui qui n'en contient que peu ou point. CiCs matières étrangères saturent l'acide en pure perte, et occasionnent, en outre, un dégagement d'acide carbonique qui forme avec l'alcali un carbonate indécomposable par le chlore. Il est donc essentiel de connaître la quantité d'acide nécessairerelativeroent à celle du chlore. Pour dissoudre 5gr. Wdebioxydedemanganèse, et produire i litre de chlore, il faut une quantité d'acide chlorhydrique équivalente à 176» acidimétriqués, que représentent I00<> chlorométriques. Pour ap-
OXYDE DE MANGANiSB.
préeier la quantité d'acide exigée paren échantillon de manganèse, on en traitera dotic 3 gram. 98 par25 centim. cubes d'acide, représentant S50o acidimétriques ; on en recueillera le chlore, €fl on constatera, par une saturation aii carbonate de soud0 (jusqu'à ce que le précipité de carbonate de manganèse cesse de pouvoir se redissoudre^y, ce qui reste diacide libre; ajoutant ces deux quantités, on constatera ce qui manque pour égaler les 250^ employés, et ce déficit indiquera ce que le manganèse emploie d'acide en pure perte.
Le tableau suivant dbnne quelques ttfsultats d'essais de ce genre i ^ . - .
MANGANÈSE EMPLOYÉ 5 gr. 98.
Pur, cristallisé.
D'AlleiHA^ne, i" qualité
Do Cretnick, près Sar-
rebruck .,. ..
D'Angleterre « . . .
De la RomaDëche (SeAneet-Loire)
De CtlTéron (A.ude) . . . .
De Bourgogne
Du Cher
De la Mayenne.
DBGRÉS
ACIOB CBLOBBTbaïQVB.
MOBiS
chloromeU.^ équitalcnU ^ •D chlore.
BXCXS
retrouTfl par kaitratien
avec le oarben.
de «oûde.