‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 37 sur 109 · PAPIERS · texte numérisé non relu

PAPIERS

lopper diverses marchandises sont, à la vérité, très miniiDes; mais il est utile que le pharmacien sache que ces fobstances toxiques, peuvent exister dans les papiers qu*il serait appelé à examiner (i).

Le cuivre peut se reconnaître par le moyen indiqué d-dea» sus pour constater l'aturage du papier par les sels de cuivre.

Le plomb sera décelé par un procédé analogue : les cendres du papier seront reprises à chaud par Tacide nitrique faible; le liquide sera filtré, évaporé à siccité ; et le résidu traité par Feau devra, si le papier était plombeux, fournir un liquide qui présentera toutes les réactions caractéristiques des sels de plomb, avec les réactifs appropriés (sulfate alcalin soluble ou acide sulfurique, iodure de potassium, chromale de potasse, sulfhydrate d^ammoniaque).

Pour rechercher Tarsenic, on traite le papier par Tacidé sulfurique pour le convertir en charbon sulfurique; 'on traite ce charbon par Teau, et on verse le liquide dans un appareil de Marsh, ayant préalablement fonctionné à blanc.

Il y a quelques années, M. Gmeiin a appelé Fattention publique sur les dangers auxquels exposent 1^ papiers verts contenant des sels d'arsenic et de cuivre.

Suivant ce chimiste, les tapisseries de papier Jaune ^ quoique contenant de Torpiment) n'ont pas donné lieu jusqu'au*

(1) U y a 6 ou 7 ans, on a vendu à BnixéUes un papier mnemUal^ propre à faire mourir les mouches. Il était préparé à l'aide d*une forte dissolution d'arséniate de potasse uni à un peu de gomme et de sucre. Ge papier se prépare et se vend maintenant, en France, dans diverses localités.

Les papiers coloriés avec des substances minérales, cuivreuses, arsenicales, etc., doivent être entièrement proscrits pour envelopper des bonbons, sucreries, ron lières alimen caires.

Une ordonnance de police coneemant les confiseurs, épiciers et autres marchands, défend d'envelopper directement ou de eouler des sucreries dans des papiers blancs lissés ou dans des papiers eoloriéf avec des subetances minérales, lei>leu de Prusse et Toutremer exceptés ; de placer des bonbons dans des boites garnies à Tintérieur de papier colorié par des subetances minérales ; de les recouvrir de découpures fsîtes avec ces mêmes papiers; de f!aiire entrer aucune préparation fulminante dans la composition de leurs enveloppes.

G^ite même ordonnance défend remploi de fils* métalliques comme supports de fruits artificiels. Ces supports doivent être en baleine, en paiUe, en jonc, ou en bois.

174 PAPIEBS.

jottrd*hui à des accidents, à moins que ces papiers n'aient élé^ grattés et que desouvriers n'aient respiré la poussière; il n'en est pas de même des papiers4;^^«,de couleur émeraude brillante^ dans la fabrication desquels on emploie, depuis quelque temps, des acétate et arsenite de cuivre (i). Les anciens papiers, moins beaux, étaient préparés avec du carbonate de cuivre.

A Tappui de son opinion, M. Gmelin cite dans un journal (2) plusieurs faits (3), et pense que, sans défendre complètement la tapisserie de papier vert et les vernis de couleur verte, il est prudent de ne les employer que dans les chambres exposées au midi, bien aérées et régulièrement chauSées, et de s'en éloigner ausaitM qu'on y sent une odeur de souris, caractérisai) La môme obsenraiion s'applique aussi aux vernis àThuîIe des appartements et aux visières des casquettes. Ainsi M. tiehiff {Annai,dêr Phttrm. uhd Chim, ISS6, t. XVll, p. 127) rapporte l^obesrvatioD d*on homme qui, pendant des années,, avait une éruption au front causée par une visière de casquette. L*éruplion disparut avec le cban^fmest de coiffure, (t) ÀnnakH Aer Stoatt^Argneikunde, (S) Voki ces faits, dont novs pouvons-^araRtir rexaatiuide : 1. Le cocher UnhoU couchait avec sa femme dans un appartement tapissé de papier vert depuis trois ans. Pendant l'automne de 1SS9, une odeur désagréable très-forte se fit sentir dans la chambre ; le mari seréveiltait tous les matins avec une céphalalgie, dés malaises, uns sécheresse dans la bouche. Ces symptômes se dissipaient dans la Journée. Qttani àlaisnms. elle se plaignait ^umé loux opiniAtre. Las époux se rétabliranl aussitôt qii*on leur it changer de cbamhro.

a. Fauth, grand bailli k Mosbacb, s'était déjà proposé de faîMOUviir le irtanchar 4i*uno chambi*e, à cause d'une odeur qu'il aitrihuaità la pré- •enes de souris en dessous de ce plancher ; lorsqu'il eutcoanaissance dés obesrraiioiks de M* Gmêlinfil fit changer la tapisseria verte ds saeham** bre, et l'odeur disparut.

3. Dans la maison du batUi d'Ehecbach, il n'y avait tfodsur repoassanté que dans deux pièces tapissées en vert^ situées i «ne grande distance r une de Tautre dans l'étage supérieur^ tandis qns les .autres a|)pai^ tements, même ceux du rez-de-chaussée, certainement plus humides, n'exhalaient aucune odeur. Suivant M. Gmêlin, cette odeur obser-^ vée seulement dans la chambre tapissée de papier vert ne peut être attribuée qu'aux émanations de r arsenic, probablement combiné à une matière organique, et non vaporisé à l'état d'hydrogène arseniqué, qui» quoique délétère, est inodore.

4. Un léger empoisonnement fut observé ches une servante qui avait frotté avec un balai une tapisserie verte.

PAPffiBS. 175

ti([ae, produite par la fermentation de Tarsenic humide avec les matiëres organiques qui ont servi à faire la couleur (i).

On a essayé l'introduction dans la pâte du papier de quelques substances minérales à bon marché, propres à augmenter son poids et à lui donner une belle blancheur mate et opa^ que. A cet effet, on a employé le sulfate de choux pur, naturel ou artificiei, le sulfate de plomb, le sulfate de baryte. C'est un usage à proscrire; de tels papiers sont toujours cassants (2).

Mais les papiers blancs ou colorés qui servent à envelopper les produits commerciaux sont rendus pesants en introduis sant dans la pâte, outre les sulfates de baryte et de plomb ^ d'autres matières, comme le kaolin, la terre de pipé, le plâtre' crw, le sablcy le grès, des argiles, des ocres ou teintures.

Ces additions constituent une double fraude : elles rendent plus lourd, à surface égale, le papier qui se vend au poids, et

(1) Mouft avons pris des infonnations «t foti deS recherchds dans le bat de reconnattre i* si diverses t>ersonDe8 habitant' des pièces tapissées en papier vert arsenical 8*élaient aperçues d^ômaoations particulières ; a« si ces mêmes personnes avaient été indisposées. Los réponses ont été négatives.

Nous avons habita nous-même une pièce exposée ao vent d'ouest, entièrement tendue en papier vert arsenical, sans jamais avoir rien ressenti de particulier.

D'accord avec 11. Gmelin^ M. Lùuyet de Bruxelles pense que Todeur de la combinaison gazeuse qui se dégage dans les chambres tapissées de papier vert est due à un arseniufe d'hydrogène particulier, gaaseux et odorant.

M: Louyet base son opinion sur ce qu'ayant laissé séjourner dans Veau de l^arsenic distillé, il a trouvé qu'au bout de quelques jours il s'en exhalait une odeur alliacée repoussante, tout à fait analogue à celle qui règne dans les salles humides tapissées de papier vert. L'eau, selon ce chimiste, est décomposée ; il se forme très-probablement de Tacide arlénieux, et Phydrogène devenu naissant produit une coinbinaison galeuse avec Varsenic.

Quoi qu'il en soit, la régence de Cologne a interdit, en 1848, sous peino d'une amende de 5 à 50 thalers (20 à 200 fr.}, la vente et l'emploi de Tarsenic pour la peinture des papiers et des murs.

(9) Il parait qu'on n'introduit plus de substances minérales dans les papiers depremière qualité. Seulement, dans certaines compositions de pâte trop chargées de parties mucilagineuses, on incorpore, en proportions très-minimes, certaines substances minérales pour ôter aux papiers une transparehce nuisible, et leur donner une douceur favorable à l'impression en taille-douce et à l'impression typographique.

176 PAPIBES.

diminuent beaucoup sa ténacité ; elles tournent au détriment deFacheteur, car le poids de ces papiers vient s'ajouter à ce^ lui des marchandises auxquelles ils servent d'enveloppe (i).

Certains papiers pèsent 36, 41 , 46 grammes la feuille ; à une époque, on fabriquait, pour envelopper la clumdeUe et le su^ cre« des papiers qui pesaient jusqu'à 525 gr. la feuille.

Des sacs de papier, pour la vente du sucre et du café, pèsent jusqu'à 52 gr.

En 1846, nous avons fait avec M. Paym des essais sur certains papiers vendus dans le commerce, dont Tadministration avait fait opérer la saisie et demandé l'examen. Nous avons reconnu que le papier saisi renfermait 4<>/o,5 de sulfate de plomb, provenant des fabriques d'indiennes et non 55 <>/o comme cela avait été annoncé. Ce papier contenait pour iOO parties :

Matières organiques destructibles par la chaleur 45,40

Gendres (Sulfate deplomib^ matièret talcaxreM) 5S,66

Eau 1,10

(Ij Bon noinbrad^épicierssoni dans rhabUude,lor8qu*il8 vendent du su* cre en détail, de meUre dans le plateau de la balance un morceau de gros papier plus ou moins lourd, sous prétexte que les pains de sucre leur sont pesés et vendus avec Tenveloppe par les fabricants. Des procès-verbaux ayant été dressés, en 1847, contré quelques épiciers qui en avaient usé, Tun d*euz a été traduit devant le tribunal de simple police de Tours, présidé par un juge ile paix, qui l'a condamné à il fr. d'amende, comme ayant contrevenu à Tart, 479 du Gode pénal. La inincipale considération sur laquelle s'est basé M. le juge de simple police, c*est que le sucre est toujours vendu par les fabricants défalcation faite du papier qui enveloppe les pains, et que dès lors il y a déloyauté et fraude de la part du détaillant qui fait figurer par portions ce papier dans le poids du sucre qu'il vend au consommateur, auquel il donne ainsi du papier pour du sucre.

Récemment, le sieur 6..., épicier, à Paris, a été traduit devant le tribunal de police correctionnelle comme faisant un usage immodéré d'un papier tout spécial pour peser les sucres; il en était arrivé au point de faire supporter à ses pratiques un déficit de %0 gr. sur une as* sez minime pesée de 196 gr. de cette denrée. Le tribunal lui a fkit observer que cette supercherie est d'autant plus coupable, qu'elle devait retomber pltis particulièrement sur les classes pauvres, qui ne peuvent acheter le sucre qu'en petite quantité & la fois. Le sieur 6.. . a été condamné à 100 fr. d'amende.

vAnoB* 177

La présence des substances minérales dans le papier blanc peut se reconnaître par une simple incinération : en effet, le papier laissant, en moyenne, 2<»/ode cendres, une quantité plus considérable indique un mélange frauduleux, à moins <iu*il n'ait été préparé avec des eaux très-chargées de sels calcaires.

Pour reconnaître les suliatesde baryte et de plomb, on fait bouillir les cendres du papier, pendant trois quarts d'heure, avec du carbonate de soude, pour opérer une double décomposition (sulfate de soude et carbonate de baryte ou de plomb); on recueille le produit insoluble sur un filtre, on le lave à Teaa distillée -, on le traite par l'acide nitrique faible, et lorsque le carbonate est dissous, on fait passer dans la liqueur, qui doit être légèrement acide, un courant d'hydrogène sulfuré qui précipite le plomb à l'état de sulfure ; celui-ci est lavé et converti par Tacide nitrique en sulfate de plomb dont on détermine le poids ; ou bien, si on s'est assuré préalablement que le papier ne contenait pas de plomb (i), on traite la dissolution nitrique du carbonate insoluble par un petit excès d'acide sulfurique; le sulfate de baryte est recueilli, lavé, séché et pesé.

Le papier à filtrer est aussi altéré par certainea substances, telles que X oxyde de fer, le carbonate de cfuxuxy de la présence desquelles le chimiste ou le pharmacien doit s'assurer avant d'en faire usage pour des recherches minutieuses.

H. Jacob a signalé du papier à filtre contenant 15 */«• 41 de carbonate de chaux. Ce papier produisait une vive efferves* cence au contact des liqueurs acides; et souvent, au lieu d'ob* tenir un liquide clair, on en obtient un trouble ou blanchâtre, lorsque l'acide forme un sel insoluble avec là chaux (i).

(1) On reconnaît qu'un papier contient du sulfate de piqmb par l'acide sulfbydrique, qui fournit une tache d'autant plus sensible que le papier contient plus de ce sulfate .

On ne doit pas employer le sulfhydrate d*ainmoniaque, par la raison que ce réactif tache en noir le papier renfermant des sels de fer, on dans la fabrication duquel on a fait entrer du sulfate d'alumine qui contieai des sels de fer. On voit donc que cette coloration tromperait Topérataur.

(2) Le papier à filtre vendu en France laitse beaucoup trop de cendres; une feuille de ce papier donne, après ineinération, 0 gr., 20 de r6-

, jBÎdu. Pour diminuer cette proportion de cendres, il est bon de laverie papier, feuille par feuille, avec de l'eau aigoUée diacide chlorhydriqiie« n. \t

17S Nfmni;

Vànmê VB tnu.— On désigne ordintôrement sons le Mm de papier de verre du pairier recouvert de veire pulvéria&i fixé 00 moyen d*aiie ooache de eoDe forte; ce papier eert à polir le bois, la corne, Tivoire , et généralement toutes les matières susceptibles de prendre le poli.

On désigne aùsn sons le nom de papier d^imeri^ papier émeriêé^ un papier recouvert d*énieri pulvérisé, fixé de la même manière que la poudre de verre, et qui sert à polir les métaux.

On fixe également le verre ou Témeri sur de la to9e préparée à cet effet. Ce mode est préféré dans certains cas» la toile étant moins susceptible de se déchirer que le papier.

Ces sortes de papier et de toile $ont souvent Tobjel de deux genres de falsification.

La première consiste à remplacer le verre pilé par du grie ou du sable quarizeuXy et la seconde consiste à remplacer Témeri par un mélange de scories de fer et de grès cérame brun, pulvérisés. Cette (temière fakification est préjudiciable aux consommateurs^ parce que, dans aucun cas, elle ne peut donner un résultat égal à celui que Ton obtient avec rémeri. Quant au remplacement du verre pilé par du grès pulvérisé et par du sable quartzeux, il peut exister sans inconvénient lorsqu'on a besoin d*un agent polisseur qui n'ait pas beaucoup de mordant, comme, par exemple, lorsqu'il s'agit de polir des pièces d*ébénisterie revêtues d'un placage mince, ayant souvent moins d'un millimètre d'épaisseur. On conçoit que le verre, ayant plus démordant, pourraitronger ce placage entièrement au lieu d'en polir seulement la surface. Quoi qu'il en soit, il y a falsification lorsqu'on vend du papier sablé pour du papier verré^ ou du papier revêtu de scories de fer pour du papier émerisé.

qui eBlèv« Toxyde de fer» la chaax, fiisant partie de ces cendres ; on le lave avec de l'eau filtrée, puis avec deTeau distillée, Jusqn*à ce que celled ne précipite plus par le nitrate d*argent.

En Suède, on a établi une fabrique de papier à filtre, dit papier B0rséliut, papier SuédoU; oe papier ne donne, par feuille, qu'une irèft-ftible proportion de cendres, environ Ogr.,003. On peut se le procurer maintenant, en France, ohea les principaux négociants en produits chimiques et pharmaceutiques.

Au reste, la subelitatioD du giès et do nble an ftnre pOA esl facile à reeoDDallre tant à Paspect qa*aa toucher, car cba*^ que grain de verre pulvérisé aies facettes plus vitreusesi plus mvliipiiées et les angles plus aigus, ce qui lui donne plus de mordant que le grès ou le saUe. La substitution do mélange de scories de fer et de grès cérame pulvérisés à Témeri est plus difficile à reconnaître; mais comme il est d*usage, dans Tindustrie des paliers de verre, que chaque fabricant marque ses produits, on peut s*en rapporter à la marque, Texpérience ayant démontré que c'était encore le meilleur procédé (i).

VASTXftUBS HIVÉOAOV.

Ces pastille;, faites avec de la poudre d'ipécacuanha, du sucre en poudre et un mucilage épais de gomme adragante, sont quelquefois fal»fiées ; on y remplace Tipécacnanha par Vémétique.

Cette adultération se reconnaît en dissolvant dans Teau quelques-unes de ces pastilles, et en examinant si la solution laisse déposer de Tipécacuanha. Les pastilles préparées avec Vémétique ne donnent lieu à aucun précipité; mais la liqueur^ filtrée et additionnée de quelques gouttes d*acide suUhy^ drique, se colore promptement en jaune orangé (sulfure d'an* timoine) (3); Peau de chaux y occasionne un trouble trèfr* prononcé, et par suite un précipité blanc.

Cette pftte, préparée avec la gomme, le sucre, les blancs d'œuf, et Teau de fleurs d'oranger, a été trouvée contenir un sel de cuivre^ la première fois par H. Aiary, pharmacien à Valenciennes, la deuxième fois par M. Bussy^ directeur de récole de pharmacie de Paris. Suivant ces chimistes, le cui-

(i) Uue des maisons de Paris qai apportent le plus de soin et dans le choix des matières et dans la confection des papiers préparés avec des poudres d^émeri et de Yerre esl la maison Fremy, qui a obtenu de la Société d'encouragement pour Tindustrie nationale des récompenses méritées.

(S) n sufiSt même de plonger ces pastilles dans un peu d'acide sulfhydrique ; elles Jaunissent aussitôt.

180 PATISSERIB.

vre trouré dans cette pftte provenait du sucre azuré par un peu de sulfate de cuivre ; d*autres prétendent que le sulfate est ajouté à la pâte elle-même pour lui donner un reflet azuré.

La présence d'un sel de cuivre dans la pâte de gu'mauve peut être recherchée de la manière suivante :

On délaye la pâte dans Teau, on précipite la gomme par de Talcool à 56<^, on filtre et on essaye la liqueur i® par le chlorure de Baryum, â"» par le ferrocyanure de potassium, 3» par une lame de fer.

On peut encore carboniser et incinérer la pâte, traiter à chaud les cendres par Tacide nitrique, et précipiter par l'ammoniaque en excès.

VATX SX JUJVBXS.

Cette pâte, préparée avec les jujubes secs, la gomme du Sénégal, le sirop de sucre, et aromatisée avec de Feau de fleurs d'oranger, a été quelquefois fraudée.

H. Stanislas Martin a trouvé de la pâte de jujubes contenant de la gélatine au lieu de gomme. Nous avons fait des essais sur cette pâte, et nous avons reconnu avec H. Girard^ qui nous l'avait fournie, que la pâte où il entre de la gomme se dissout dans l'eau , et que la pftte à la gélatine ne s'y dissout pas; elle a l'apparence d'une couenne de lard.

Depuis quelque temps on substitue la glttcose au sucre pour la fabrication de la pftte de jujubes. Pour distinguer cette falsification, il faudrait se servir du saccharimètre ou polarimètre, et faire les opérationsque M. Soubeiranû indiquées à propos du sirop de gomme mêlé de glucose. (Y. art. Sucres^ Sirops.)

Eu faisant macérer une petite quantité de cette pâle dans de l'eau distillée, on obtient un liquide qui, traité par l'infusion de noix de galles, donne un précipité de tannate de gélatine, d'autant plus abondant que la pâte contient plus de géatine.

A Tarticle biscuits et bonbons (t. I«r^ p. 119 et 125), nous avons signalé l'emploi de procédés chimiques ou de sub-

FHOSPBATB DB SOin>B. i81

Stances toxiques pour préparer ou colorier ces sncreries. > Voici quelques faits à ajouter à ceux que nous avons mentionnés : En 1846, M. Stanislas Martin fut chargé d'analyser une portion d*un gftteau appelé par les pâtissiers pièce montée ; U reconnut que ce gâteau, qui avait gravement incommodé trois personnes, avait été enjolivé d'une bordure verte, décorée avec un mélange de blancs d'œufs et d'arsénite de cuivre (vert de Schweinfurt)*, nos expériences ont confirmé le fait signalé par M. Stanislas Martin,

. Il paraîtrait qu'à Londres les pâtissiers font usage d'essence d'amandes amères pour mieux faire lever et feuilleter la pâte, et pour donner plus de saveur aux meringues. Or, on sait que cette huile essentielle renferme beaucoup d'acide prus* tique.

En Belgique, les pâtissiers ajoutent de Valun aux bonbons connus sous le nom de Spickelaus^ afin de faire lever la

pâte.

En \ 849, M. Marin a constaté Vexistence de Y antimoine dans des pâtés de foie gras, ce qui n'a pas lieu de surprendre lorsque Ton sait que les éleveurs de volailles du Mans et de l'Alsace ont l'habitude d'ajouter aux aliments destinés aux des un peu de sulfure d'antimoine, dans le but d'activer leur engraissement. Mais disons de suite que ce composé métalhque n'est pas en proportion assez forte dans les pâtés pour inspirer la moindre crainte aux gourmets.

Quoi qu'il en soit, nous pensons que l'autorité devrait faire faire des visites chez les pâtissiers et marchands de gâteaux, comme elle en ordonne chez les confiseurs, afin de s'assurer si les gâleaux enjolivés par des sucreries, ou même coloriés, ne le sont pas à l'aide de couleurs interdites par l'ordonnance que nous avons mentionnée à l'article Bonbons,

FXTIT X.AIT. — ▼. IiAiT.

VSTaOIiS. ^ ▼. Havhtb.

VBOSVHATS BS CHAUX BXS 08. — ▼. Os OALOnfÉS.

VH08VHATX BS SOUDS.

Le phosphate de soude est un sel incolore, inodore, d'une saveur faible. Il cristallise en prismes rhomboîdaux, transpa-

)8i PHOSPHATE DE 80UDB.

rents, terminés par un pointeraient à quatre Faces. Il oontioil 62 Vo d'eau de cristallisation. Exposé à Tair, il s'efDeurit trèsvite et tombe peu à peu enpoussière. Chauffé, il se boursoufle, perd son eau, se dessèche, puis entre en fusion. Il est très* solubledans Teau, insoluble dans l'alcool.

Le phosphate de soudé, bien que neutre par sa oompoeitioB, yerdit le sirop de violettes.

UsAon* — Le phosphate de soude est employé en médecine comme purgatif.

Altékahohs. — Par suite d*UD défaut de soin dans sa préparation, le phosphate de soude peut être mélangé de suffaie et de carbonatede soude (i).

Cette altération se reconnaîtra au moyen d'un sel soluble de baryte (chlorure ou nitrate) : en versant ce réactif, jusqu'à cessation de précipité, dans une solution de phosphate de soude ; on traitera par l'acide nitrique ; le précipité sera entièrement dissous s'il n'est composé que de phosphate de baryte ; dans le cas contrmre, la partie insoluble sera composée de sul* fiite de baryte.

La présence du carbonate de soude sera décelée par Te^ fervescence produite au contact de Tacide nitrique. A Faide d'un sel soluble de baryte, on précipitera le carbonate de ba* rytO' en même temps que le phosphate ; le précipité est entièrement solubledans Tacide nitrique; la dissolution saturée par l'ammoniaque. ne laissera précipiter que le phosphate de baryte, et à l'aide do carbonate d'ammoniaque versé dans la liqueur restante, on aura le carbonate de baryte. Ce précipité, lavé, séché et pesé avec soin; fera connaître le poids de carbonate de soude mêlé au phosphate, dont on aura eu soin de prendre préalablement une quantité déterminée : sachant que 100 p. de carbonate de baryte représentent 54 p. de carbo^ natè de soude sec et 445 p. de carbonate de soude cristallisé.

On opérerait de même pour le précipité de sulfate de baryte,

(1) If. DubaU a analysé, en tSSS, un échantillon de phosphate de soude qui présenta ta composition suivante :

Carbùn.de taude$ec , 15,87

Phoiphate S3, 64

Sam «.... 60,99

PHOSPHOBl. 188

dont le poids feraocMUudtre celui da sul&te de soude oiélaiigé. 400 p. de sulfate de baryte représentent 61 p. de sulfate de soude sec et 138 de sulfate de sonde cristallisé* . D'ailleurs les cristaux de sulfate de soude peuTcnt se distinguer de ceux du phosphate ; ce sont des prismes à i pans striés, sans action sensible sur la teinture de tournesol, et verdissant légèrement le sirop de Yîolettes.

Il en est de même du carbonatede soude, qui cristallise en rhomboïdes, dont le mélange avec le phoq^te pourrait se manifester par une altération dans lalpmie cristalline de ce seb

Le phosphore, lorsqu^il est pur, est incolore et transparent; il est ductile et mou comme de la cire, se laisse ployer plusieurs fois sur lui-même, rayer par Tongle et couper avec des ciseaux. Il est insipide ; son odeur, faible, a de Tanalogie avec celle de Tail ou de la vapeur d'arsenic. Quelquefois le phos^ phore est seulement translucide, d'une couleur qui varie du Ûanc au jaunAtre ; une simple modification moléculaire le rend noir et opaque. Au contact de Tair, il brûle lentement, et exhale des vapeurs d'acide bypophosphorique ; il est faiblement lumineux dans l'obscurité : de là son nom (de ^ç, lumière, et (p^fo), je porte).

Le phosphore a une densité de 1,77 ; la densité de sa va*peur est 4,420, d'après H. Dumas. Il fond à 45* {ll^% d'après M. Desains)^ et se volatilise à 290''''.

Le phosphore distillé 8, 9 ou 10 fois, devient noir si on le fond à 80 ou 70*", et qu'on abaisse brusquement la température par un courant d'eau froide.

H. MitBcherlich a obtenu le phosphore sous forme de dodécaèdres réguliers en le faisant cristalliser dans une dissoluticm de sulfure de phosphore.

Le phosphore est peu soluble dans l'eau ; il se dissout dans l'alcool, dans l'éther, dans les huiles essentielles et dans les corps gras ; il est plus soluble à chaud qu'à froid, et il se précipite en partie par le refroidissement.

Le phosphore est ordinairement livré dans le commerce sous forme de bâtons cylindriques. On doit le conserver dans

i 84 PHOSPHORE.

de Teau privée d*air par rébullidon et refroidie en yases I bouchés. Les flacons qui le renferment doivent être mis â Tabri de la lumière. Ils sont en verre bleu ou en verre blanc recouvert d*un papier noir ; on les tient ordinairement enfer- I mes dans une boîte en fer-blanc ou dans un baril plein d*eau ; i Le phosphore $*y conserve longtemps translucide. Quelquefois on le trouve recouvert d*une croûte blanche opaque. C'est, d'après M. Pelouze^ un hydrate de phosphore; suivant d'autres chimistes, c'est un état moléculaire particulier qu'on peut obtenir à volonté par divers procédés.

Parfois le phosphore, exposé aux rayons lumineux dans des vases mal bouchés, devient rouge ; ce phosphore rouge serait, suivant M. Peiouze^ un oxyde particulier, et, d'après M. Vogel^ une modification moléculaire.

La facile inflammabilité du phosphore le rend dangereux à manier, et exige des précautions de la part de l'opérateur. L'accumulation de plusieurs bâtons de phosphore exposés à Tair ou un léger frottement suflSsent pour en déterminer la combustion.

Suivant les observations de H. Bâche, un morceau de phosphore à la température de \&*' s'enflamme spontanément à l'air lorsqu'on le recouvre de poussier de charbon. Si on le mêle avec de la poudre d'épongé, de platine, d'antimoine, de potasse, de chaux, de craie, de silice, il fond et brûle aussitôt.

UsAGBs. — Le phosphore est peu employé en médecine ; c'est un excitant très-actif, auquel on a attribué une influence très-énergique sur le système nerveux. On s'en sert sous forme d'étlxer, d'huile, de pommades phosphorées, de potions (i).

Le principal emploi du phosphore consiste dans la confection des pâtes inflammables pour les allumettes à friction dites chimiques (S).

(1) Toutes les préparations médicinales qu« contiennent du phosphore exaltèrent promptcment en absorbant Toxygène de Pair et en fonnant de racide phosphatiqu<» ; aussi doit-on ne les avoir qu*en petite quantité, et ne les conserver que dans des vases hermétiquement boachés el placés dans un endroit obscur.

(t) Cette fabrication consomme annuellement environ 30,000 kil. de phosphore ; pour les autres usages (analyses, expériences et prépara-

PH06PH0RB. 185

Alt«iution8.«— Le phosphore est assez fréquemment altéré par du soufre^ de Yctrsenic^ de Y antimoine, du cuivre (4). 7

Le soufre rend le phosphore cassant ; 2 millièmes suffisent pour produire cet effet. Pour en déterminer la présence et la quantité, on pèse 5 gr. de phosphore; on le coupe en trèspetits morceaux qu'on projette dans de Facide nitrique chauffé presque à TébulUtion. Le phosphore ne tarde pas à être converti en acide phosphorique, et le soufre en acide sulfurique. La dissolution, étendue deSou 4 fois son poids d'eau et additionnée d'un excès de chlorure de baryum, donne un précijÂié blanc de sulfate et de phosphate de baryte ; ce dernier estséparé au moyen de Tacide nitrique, qui le dissout, et laisse pour résidu le sulfate insoluble, qui est recueilli sur un filtre, lavé, séché et pesé. iOO p. de ce sel desséché représentent i5,i6 de soufre.

L*arsenic, rantimoine, que Ton peut rencontrer dans le • phosphore, proviennent deVemploi d'un acide sulfurique arsenltère pour décomposer les os.

L'arsenic donne au phosphore une coloration rousse ou brunâtre quelquefois très -prononcée. D'après M. Wittstocky quand on dissout le phosphore arsenical dans le sulfure de carbone, il se précipite de la dissolution, au bout de quelque temps, de l'oxyde de phosphore et un composé rouge de sulfure d'arsenic et de sulfure de carbone.

Le phosphore qui renferme deTantimoine est gris jaunâtre ; exposé à la lumière, il parait d'un rouge foncé, et sa cassure est presque noire.

Voici le procédé conseillé par Dupasquier pour reconnaître dans le phosphore la présence de ces deux métaux. On brûle, en 4 ou 5 fois, 25 à 50 gr. du phosphore à essayer, dans une petite capsule de porcelaine ou dans une coupelle placée au milieu d'une assiette contenant de l'eau et recouverte par une cloche de verre, que l'on dispose de manière à laisser pénétrer peu à peu l'air atmosphérique. La combustion du

lions de laboratoire, préparations pliarmaceutiqued], il s*en consomme à peine 100 kilog.

(1) Suivant M. WUistock, le phosphore peut renfermer aussi du 6«- «Mft/^i du plomb , do fer (?).

186 PIEERBS 0'iCatBTlSSB.

phofiidiore s'opère oomplétemant, et les T^pears arseoicales mélangées aux vapeurs diacide phosphorique se dusolveol dans l'eau au fur et àmesore de leur formatâon. La comtNistioii terminée, on laisse refroidir Tappareil» paison relire le liquidai qu^oD filtre pour séparer Toxyde de phosphore; rapparêîJ est lavé avec soin, puis on Cùt passer un courant d'hydrogène sulfuré qui précipite immédiatement Tarsenic ou F antimoine à Tétat de sulfure.

Le sulfure d'antimoine est orangé foncé ; celui d^ars^e est jaune clair, il est entièrement soluble dans Tammoniaque. ., Enfin, pour reconnaître le cuivre, on opère comme précédemment ; seulement^àu lieu d'h^rogènesulfuré, on verse ' dans la liqueur un excès d'ammoniaque, qui produira une \ . coloration en t^eau bleu de ciel ; ou bien on emploie le cyanure : jaune, qui donnera un précipité ou une coloration rouge^tarun. Ce dernier réactif est plus sensible pour découvrir des quantités \ de cuivre extrêmement faibles. On peut acidifier le phosphore par l'acide nitrique, et rechercher les substances étrangères au phosphore dans Tacide phosphorique obtenu. (Y. t. I, p. 36.)

Les pierres d'écre visse sont des espèces dex^oncrétîons contenues dans le corps de Técrevisse {Astacu$ fiuvtatilis) à Tépoque de la mue. Elles sont forméesde couches concentriques superposées, lisses» dures, convexes d'un côté, creuses de Tautre, avec un rebord saillant, ce qui leur donne une sorte de ressemblance avec un œil, de là. le nom d'yeux d'écrevisse^ sous lequel elles sont également connues.

Les pierres d'écrevisse ont une couleur blanche ou un peu rouge&tre, une saveur terreuse et point d*odeur. Elles ne happent point à la langue, sont insolubles dansTeau.

Elles sont composées de carbonate de chaux, lié par un mucus animal. L*acide nitrique faible les dissout, et laisse une pellicule gélatineuse qui a la forme de la pierre dissoute.

Il convient de choisir les pierres d'écrevisse grosses, entières et légères.

MATHS. 187

Dsàgv. -^ Les pierres d^écrerâse sont aujourd'hui rarement employées en médecine ; on leor substitue le carbonate 4e chaux. On les employait comme antiacides, antidiarrtiéîques, antibéaK>rrhagiques et antigoutteuses.

FàumcAOKmk — Les pierres d'écreyisse que Ton trou?e dans le commerce sent quelquefois fabriquées de toutes pièces avec un mélange de craie^ de terredepipeQad'argile^i de «tortfrss mucilagineMes (gomme adragante, colle, colle de poJsBon), ou avec un mélange d'ot tdeinés et de craie liés ensemble au moyen de la gélatine et moulés.

Ces fiiossespierres d'écrevisse n'ont pas la texture lamelleuse ^des vraies pierres ; elles happent à la langue^ tombent en iM>iiiUîe lonsqu'on les délaye avec Teau , sont insolubles dans les acides, ou se dissolvent sans devenir molles, transparentes, et sans conserver leur forme primitive, comme cela arrive avec les pierres d'écrevisse yéritables.

Les pilules bleues ou pilulee mercurielles simples sont préparées avec 2 p. de mei'cure, 3 p. de conserve de roses, et i p. de poudre de réglisse. Chaque pilule contient Ogr., 05 de mercure.

Aux États-Unis, on a vendu des pilules bleues contenant depuis iO jusqu'à 7 o/o, 5 de mercure, mélangé avec de la terre bleuâtre^ du bleu de Prusse^ pour leur donner la densité et la couleur. Voici la composition de ces pilules :

Mercure. 7,5

Molière têrreute S7,0

Bleudeprueêe IfS

Sable combiné à de la terre S>0

Matièrts sucréee solvbles B4,0

Maiièree organiques insohMei IM

Bau 16,0

Le plfttre, chaux sulfatée, sélénite ou sulfate de chaux ^ est em^oyéen de très-grandesquantités, soità Paris, soit dansdivers

Page 1