‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales (volume 5)Chapitre 41 sur 109 · SI · texte numérisé non relu

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Il résulte de ces recherches que la présence de la soude dans la potasse normale est nettement démontrée (2).

En résumé, les potasses du commerce penrent être considérées comme des mélanges, à proportions variables , de potasse caustique ou carbonatée, avec le sulfate de potasse, le cUorure de potassium et le carbonate de soude. Accessoirement, on y trouve : silicate et phosphate de potasse ; carbonate, phosphate et silicate de chaux; alumine; oxydes de fer et de manganèse : ces oxydes cx>lorent les potasses en rouge et en bleu dans les produits de qualité inférieure. On trouve^ en outre, du sulfure dû à la décomposition du sulfate par le feu en présence de matières organiques; enfin, dans certaines variétés, et surtout dans les potasses de betteraves, on trouve du cyanure alcalin, produit par la calcination des matières aiotées avec une base puissante.

(!) Produit préparé a^ec les cendres d'œilletteet de colta.

(S) La constatation de ce fait est des plus importantes pour la question des feteiflcations; car la présence de la soude aurait pu être considérée jusqu'alors comme Tindice d*Qne fraude.

202 POTASSES.

UsAGss. — Les applications des potasses sont nombreuses: elles servent dans la verrerie (façon Bohôme), dans la cristallerie; dans la fabrication de Talun, du salpêtre, du chlorate et du chlorure de potasse, du prussiate de potasse, de la pierre à cautères, des savons mous; dans le chamoisage des peaux; dans la préparation des cordes harmoniques. Enfin, on remploie, concurremment avec les soudes (1), dans le blanchiment des toiles et le blanchissage du linge, dans Vaffinage de la batiste, le dégraissage des laines, réparation des eaux séléniteuses, etc.

En médecine, le carbonate de potasse pur esl administré dans la pneumonie chronique; on l'emploie, en boisson plus ou moins étendue, pour dissoudre les calculs d*acide urique, et contre quelques cas de dyssenterie; on l'a vanté contre le rachitisme.

Falsifications. — Les potasses du commerce subissent quelquefois des altérations ou des falsifications pr^udiciables au consommateur. Ainsi on y a ajouté des matières inaolu*bieSj de la brique^ du 9able, de la terrey dans le but d'accroître leur poids. Celui-ci peut aussi être augmenté par rhumidité de Tair, que les potasses, vu leur, déliquescence-, sont susceptibles d*abs(Nrber.

Ces fraudes sont faciles à déceler à Faide d'une filtration dans le premier caS) d'une dessiccation dans le^second ; mais lorsque les potasses furent mélangées de^soude^éeêel marin^ de tulfate de soude^ il fallut avoir recours à d'autres moyens d'essai qui permissent de déterminer la proportion d'alcali contenue dans une potasse ou une soude : tel fut le principe du procédé de dosage par volume, établi d'aboni, en 1804, par DescroizUleêt et qui reçut le nom à'akaliméMe.

ALCALmtxaw. — Le procédé de ^croisi7<M consistait dans le mélange de l'acide nécessaire à la saturation de l'akali; celle-ci était opérée au moyen d'une liqueur acide dite /t- ^leur d'épreuve ou alcalimétriquep renfermant, par litre, 100 gr. d'acide sulfurique àOfi^Beaumé; on la versait ensuite dans un tube gradué, dit alcaliniètre, de 0» 25 de haut et

(J) Uaas les uMges commuas è cm 4eu« alcalis, la soude, vu son bas pris, tend chaque jour à remplacer la potasse.

POTABSBS. 2Ô3

de 0"OS de diamètre, portant 7â^ divisions : chacune d'elles était égale à 0 gr,,5 de liqueur d'épreuve ou à 0 gr.^OS d*acide sulfnrîqne à 66* ; et, eonme la «olution alcaline à saturerrepré8e«lâît'5 gr. de potasse, chaque division de Tal^ calimèlre' renfermait^en liqueor ' d'éprevrre l/fO de Takali soaitiis à Tessiu ou le l/iOQ en acide kW; et si, pour une saturation, on avait employé, par exemple, fat liqueur contenue dans Sd divisions de ralcalimètre; on en eoncloaîl que 100 de la sidtttance alcidine essayée saturaient SO d'acide sulfuri^ -que, et Ton disait que falcaV marquait 50 degrés. '

' Les procédés afeaMméf liques de Degcroizilles forent modi^ lûés par Gay^LuBêae, qui basa sa méthode sur ce fait : que 4'équiv. depotasse(ou de soude) doit se combiner avec i' éqwv. diacide sulfuriqne pour former un "sel neutre, ou, en d'autres termes, que 590 p . de potasse ou 301 p. de soude for^ .ment un sel neutre en s*unissant avec 501 p. d*acidé sulfuv 'rtquè anhydre, ou bien avec 613 p. 5 d^aci^ sulfurique hy* ^até«

' Selon Gay-Lùssac^ on emploie \me liqueur d'épreuve ou nor^ male^ formée d'acide sulfurique étendu d^eau^ contenant pal* li tre, 100 gr. d'acide à 66^ ou 5 gr. par 50 centim. cubes {\/90 de litre) (1). Ces 5 gram. d'acide sont exactement neutralisés 'par 4gr.,é07 dépotasse pure. Il en résuite qu'une potasse quelconque, essayée sous le poids de 4 gr., 807, renfermera *au quintal métrique (100 kilog.) autant de kilog.de potasse pure qu'elle saturera de centièmes d'acide, et ce nombre de kilogr. exprimera ce que Ton appelle le titre pondéral de la substai^ce alcaline.

' Pour obvier aux erreurs de pesée, et avoir une quantitiâ ^e

matière à essayerqui en représente plus lidèleinent l'état moyen, on prend, au lieu de 4 gr.,807 le décuple 48 gr.,07. Cette quantité est ensuite dissoute dans Teau, de manière à forber l'/i litre de dissolution ou 500 centim. cubes (repré-

- (OU. Omv« pmpûÊé ds j^reiidra deracôde autfuriqae éUandtt avec une quantité iaconime d'eau, et de déiermifier e&Buite la quantité nécessaire pour satorer un certain poids d'alcali.

GeMe Inéihede permet d^employer de Pacide sultarique du cem* merce à n'importe quel degré.

204 POTASSES»

sentant 4 gr.,807) de la solution, que Ton eolcnre par quelques gouttes de teinture de tournesol ; puis on y verse goutte k goutte la liqueur normale contenue dans une barefte graduée en 100 p. ou i/2 ceotim. cubes (i). Ces iOO divisions représentent donc au total 50 centim. cubes de liqueur ou 5 gr. diacide à 6^ ; la proportion d'alcali contenue dans la substance k essayer sera en raison directe de la quantité d'acide nécessaire pour opérer la saturation, et celle-ci sera atteinte lorsque la teinture ou le papier de tournesol virera au rouge pelwre (Toigtum. Hais auparavant il y a quelques précautions à observer. On ajoute d'abord assez d'acide d'essai pour Caire passer la couleur bleue du tournesol au rouge lie de vin. Dès qu'on s atteint ce point-lk, on n'ajoute plus d'acide qu'ayec précaittlon, et par deux gouttes à la fois, c'est-à-dire par 1/4 de degré. Pour savoir si la coloration rouge de la teinture de tournesol vient de Tacide carbonique ou de l'acide sulfurique, on fait, après chaque addition de deux gouttes d'acide, une petite trace sur un papier bleu de tournesol avec une baguette de verre trempée dans le mélange. Dès que la coloration rouge est causée par un excès d'acide sulfurique, la trace laite su^ le papier de tournesol ne s'efface plus quand on la dessèche. Si on avait dépassé le terme en ajoutant par deux gouttes, il conviendrait de retrancher autant de i/4 de degrés qu'il resterait sur le papier de marques rouges persistantes (i).

Pour évaluer les sulfates et chlorures, on sature un poids donné de potasse par l'acide nitrique pur, étendu d'eau, puis on verse du chlorure de baryum et du nitrate d'argent en solutions titrées (3).

Dans le commerce, où Ton emploie encore la méthode de Descroizilles^ on entend par titre ou degré alcalimétrique la

(t) Voy. Planches à la fin du volume.

(3) Quant aux autres détails pratiques du procédé, ces appareils présentant beaucoup d'analogie avec ceux de la cblorométrie, nous renvoyons à ce que nous en avons dit tome I», p. 448.

(8) Si, par exemple, il a fallu 85 centièmes d'acide normal pour saturer la potasse, et l S de chlorure de baryum pour précipiter le sulfate de potasse, on en conclura que Téchantillon soumis à l'essai contient 47 centièmes de potasse, savoir : 85 à Vétat caustique on carbonate, et iSàl'étatdesulbte.

POTASSES.

quantité de potasse qui sature i kil. diacide suKurique concentré. Toute la différence avec le titre pondéral est d'opérer sur 4 gr.,807 de potasse au lieu de 5 gr. Il est donc facile de ramener, par le calcul, le degré alcalimétrique au titre pondéral, et vice versa; il suffit d*une proportion. Voici d'ailleurs une table qui donne ces transformations toutes faites pour un certain nombre de degrés :

Titre pondéral.

Titre alcalimétrique.

Titre

alcaiiinélrique.

ÎO 20,80

Titre

pondéral.

H. Wittitein préfère pour ralcalimétrie àTacide suliurique Tacide tartrique pur, cristallisé, pulvérisé et séché légèremeut. La quantité à prendre de ce dernier, est telle que le calcul Tindique, pour saturer 5gr. de carbonate alcalin sec ou cristallisé, on la fait dissoudre dans une quantité d*eau suffisante pour remplir les 100 divisions d'un tube gradué; chaque division correspond donc à 0 gr.,05 de carbonate (i).

[* (1) Nous rerons remarqacr qu'il faut beaucoup de soins pour préparer

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