OUTREMER FACTICE
pour l’azurage du papier, des tissus, des bougies, du savon, de l’amidon, du sucre, dans l'impression sur étoffes et sur papier (l).
Falsifications. — L’outremer artiflciel a été falsifié par les cendres bleues (carbonate de cuivre) (2), par V amidon (3) et par le sable.
La première sophistication serait décelée par l’ammoniaque. Au contact de cet alcali, l’outremer ne se colore point; s’il contient des cendres bleues, il prend au contraire une coloration bleue très-sensible, et d’autant plus foncée que la proportion du composé cuivreux ajouté est plus forte.
La falsification par la fécule se reconnaît en traitant l’outremer par l’eau chaude; on a une solution aqueuse qui prend, au contact de l’eau iodée, la coloration bleue caractéristique des matières amylacées.
Lucien Patrouülard a constaté la présence de 42 p. 100 de sable blanc dans un outremer du commerce. Une simple agitation avec l’eau suffit à isoler le sable; mais en attaquant un pareil mélange par de l’acide chlorhydi'ique jusqu’à ce que la couleur bleue ait disparu, il devient encore plus facile d’en isoler ce produit étranger.
M. Iwan Zuber a trouvé quelquefois des outremers chargés de sulfate de baryte, qui en éclaircit le ton, ou de couleurs rouges qui le rendent violet, ou de couleur jaune pour l’amener au vert.
Essai fies qualités. — Les qualités essentielles à rechercher dans un outremer sont, d’après M. /. Zuber : la richesse de la nuance, la finesse et la ténuité de la poudre, la valeur colorante, la fixité de la combinaison.
1“ La richesse de la nuance peut être appréciée relativement à un outremer type en plaçant, sur un petit tas de celui-ci, une petite masse de celui qu’on examine ; en appuyant sur la masse, sans déterminer cependant le mélange, la différence de teinte se manifeste immédiatement. Chose remarquable, les outremers les plus purs et les plus riches de nuance sont ordinairement les plus altérables et les moins colorants;
2“ La finesse de la poudre s’apprécie suffisamment en frottant l’outremer entre les ongles; ou bien en frottant un peu d’outremer mouillé sur du papier à l’aide du doigt; ou bien en délayant séparément, dans des éprouvettes remplies d’eau, un môme poids de plusieurs outremers, pour noter la lenteur plus ou moins grande avec laquelle ces poudres se déposent ;
3® Pour mesurer la valeur colorante, Jîarreswil essaye comparativement l’outremer, et, en général, les poudres colorées, comme l’azur, par le procédé suivant : on place, dans deux mortiers, deux pesées de sulfate de baryte (4), de 20 grammes chacune, puis on tare, dans deux petites capsules, 0°%50 à 1 gramme de chacun des deux échantillons d’outremer dont on désire comparer les
(1) Avant la découverte de Guimet, l'outremer naturel valait 200 fr. les 31 grammes; aussi Thénard avait-il indiqué, pour suppléer à cette couleur, le bleu qui porte son nom. Aujourd'hui, on peut avoir de l'outremer factice au prix de G fr. le kilogramme, au lieu de 3,000 fr, qu’il se vendait autrefois.
(2) Habert a ou examiner un échantillon d’outremer factice, destiné à colorer des bonbons, qui contenait 40 p. 100 de cendres bleues.
(3) Il y a quelques années, un fabricant nous remit un échantillon d’outremer qui contenait 7 p. KiO de fécule (A. Ch.).
(i) Ce sulfate de baryte doit être préparé artificiellement dans des liqueurs fortement acides, puis lavé avec soin et bien desséché.
OXYDE d’antimoine.
teintes. Avec une partie de l’un d’eux, on compose, dans le mortier, avec les 20 grammes de sulfate de baryte, une certaine teinte bleu clair, et, avec une certaine quantité du second échantillon, on compose une teinte aussi rapprochée que possible de la précédente; on porte ensuite les deux capsules dans la balance; la perte de poids de l’une et de l’autre donne, par comparaison, la valeur des outremers : s’il a fallu, par exemple, deux ou trois fois plus d’un échantillon que de l’autre pour produire la même teinte, c’est que le rendement est deux ou trois fois moindre.
Méthode des gammes. — On peut aussi déterminer l’intensité colorante d’un outremer par la méthode des gammes. Pour cela, on forme une échelle de teintes en ajoutant à une dose constante d’un corps blanc (2 grammes de sulfate de baryte précipité), des doses décroissantes d’un outremer de qualité supérieure, et on en forme ainsi dix échelons. Ces doses d'outremer seront par exemple 0®'',5 — 0B'-,3 — (isr,2 — 08^1 — 0i■'^0o — — 0?S02 — Qs^Ol — O^^OOS — 0e^003.
On conserve ces échantillons à teinte décroissante, dont le premier, le plus foncé, est considéré comme marquant 10 degrés, les autres marquant successivement 9, 8, 7, 6, 3, 4, 3, 2 et 1 degrés. Alors, pesant 0®‘',5 de l’outremer à essayer, on le mélange par trituration intime avec 2®‘‘ du même corps blanc; il en résulte une teinte que l’on compare à celle de l’échelle dont il se rapprochera le plus : si c’est à la septième, on dit que l’outremer marque 7 degrés.
4“ Pour essayer la fixité de la combinaison d’un outremer du commerce, M. le docteur Bernheim verse dans des tubes contenant l’outremer un mélange d’acide sulfurique (GO grammes) et d’eau (6';0 grammes), jusqu’à ce que la couleur bleue soit devenue rouge, et l’on apprécie la valeur relative des échantillons par la quantité d’acide qu’il a été nécessaire d’employer.
On peut aussi faire usage d'une solution d’alun saturée à froid: celle-ci décolore plus ou moins promptement un poids donné d’outremer (O^^jOS) qu’on agite avec elle dans un tube à essais. La chaleur active la décoloration {W. Büchnei-).
On complète les essais ci-dessus par un essai d’impression sur tissus.
OXALATE ACIDE DE POTASSE. — V. Sel d’oseille.
OXYDE D’ANTIMOINE: SbO*. — Le protoxyde d’antimoine, connu autrefois sous le nom de fteurs argentines ou neige d'antimoine, est cristallisé en aiguilles longues, aplaties, et d’un brillant nacré lorsqu’il a été préparé par voie sèche; ou en poudre blanche, amorphe, s’il a été obtenu par voie humide; on le désigne alors, d’après son mode de préparation, sous le nom A' oxyde d’ antimoine par précipitation. Le protoxyde d’antimoine est insipide, inodore, sans action sur la teinture de tournesol, insoluble dans l’eau , fusible et volatil à la chaleur rouge sans décomposition. Il est soluble dans l’acide chlorhydrique; on peut vérifier sur sa solution tous les caractères des sels d’ANTiMOiNE. (Voy. page 3.)
Usages. — Cet oxyde qu’il ne faut pas confondre avec Y antimoniale acide de potasse nommé encore plus souvent oxyde blanc d'antimoine, est quelquefois employé en médecine comme émétique et sudorifique ; il sert à la préparation de l’émétique; il est usité aussi en peinture.
Falsincatiuns. — L’oxyde d’antimoiiie a été falsifié avec le carbonate de