‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 108 sur 266 · I.XOM · texte numérisé non relu

I.XOM

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occupe. Quelques païens ayant vu, dans les assemblées chrétiennes , des fidèles prosternés devant les pontifes ou les prêtres, ce qui, chez les idolâtres, était un acte d'adoration, s*imaginèrent ou feignirent de croire que les chrétiens t honoraient ainsi, en la personne du prélat ou du prêtre ce que Thomme a de plus honteux, antistifis ac sacerdotis colère g enitalia^ etadoraienten lui ce qu'ils vénéraient dans leurs pères, et quasi parentU sui adorare naturam. » (V. Minuc. Felic. Odav, ix. ) Il n'est guère douteux que ces chrétiens dont l'attitude était si étrangement interprétée avaient été surpris dans l'acte môme de la confession sacramentelle, c'est-à-dire au moment où humblement agenouillés, ils faisaient au ministre de Jésus- Christ l'aveu de leurs fautes.

Et ce qui nous semble donner à cette conjecture tous les caractères de la certitude, c'est que la posture qui avait servi de prétexte à la calomnie était précisément, au témoignage des Pères, celle que prenaient les chrétiens dans la pratique de Vexomohgèse, Qu'il nous suffise de citer Tertullien {De pœnitent. ix) : c L'exomologèse est la discipline par laquelle l'homme se prosterne et s'humilie. Elle règle tout ce qui concerne le vêtement et le vivre, vivifier la prière par le jeûne, pleurer, se jtm)sterner devant les prêtres , s'agenouiller devant les amis de Dieu. » Itaque eocomologesis prosternendi et humUificandi hominis disciplina est. De ipso quoque habita atque victu mandat^ jejuniis preces alere, lacrymari , presbyteris ad' volviy et caris Dei adgeniculari. Le P. Marchi (P. 188) a supposé que quelques-unes des chaires des catacombes qui se trouvent placées en dehors des conditions liturgiques ordinaires, ont pu servir de siège aux pontifes ou aux prêtres dans l'exercice du ministère de la confession. Cette conjecture qui n'a rien que de raisonnable en elle-même, n'est cependant pas suffisamment appuyée. ( V. l'art. Chaire.)

On lit dans la liturgie de S. Chrysostome que les prêtres qui se préparent à célébrer les saints mystères doivent avant tout se confesser.

Telle était encore la préparation obligée à la célébration des grandes fêtes; S. Chrysostome nous l'apprend en particulier (Homil. XXX In Gènes.) de la fête de Pâques.

On se confessait avant d'entreprendre quelque grand voyage, et surtout avant d'aller à la guerre. (V. Grancolas. ibid. p. 488.) S. Boniface, dans le premier concile qu'il tint en Allemagne, ordonna que chaque chef de corps ou préfet aurait un prêtre pour entendre la confession de ses soldats la veille des batailles. C'est le plus ancien exemple, pensons-nous, d'aumôniers d'année, et il n'appartient pas à

l'antiquité proprement dite ; mais depuis cette époque cette pieuse institution prit de grands développements; au temps de CharlemagDe (Turpin. Degestis Carol. M. c.xxiii), c'était déjà une coutume reçue de faire confesser et communier toute Parmée , avant de livrer bataille.

Enfin, la confession fut toujours regardée comme une préparation indispensable à la mort. S. Augustin, après avoir parlé {Homil. XLi)des larcins, de l'ivrognerie, de la médisance, et d'autres péchés semblables, exhorte les fidèles à s'en abstenir, même en état de santé c de peur d'être surpris par la mort, et de n'avoir pas le temps d'en faire pénitence et de se confesser à Dieu et au prêtre. » Il est avéré que ce même Père (Epist. xl) entendit la confession du comte Marcellin, dans sa prison, avant qu'il fût conduit à la mort.

On voit donc que les pasteurs visitaient et réconciliaient ceux qui étaient près de mourir. Nous ne saurions nous dispenser de rapporter encore la navrante description que fait le saint évêque d'Hippone d'une ville menacée d'être prise d'assaut {Epist. ccxxix), et des pieuses préoccupations des habitants au milieu de ces terribles circonstances : « En de telles occasions, quel concours à l'église de personnes de tout âge et de tout sexe, et dont les uns demandent le baptême, les autres la réconciliation, d'autres la pénitence, et tous reçoivent les consolations dont ils ont besoin. S'il ne se trouve point là de ministres, quel malheur pour ceux qui sortent de cette vie sans être régénérés (Baptisés) ou déliés (Par la confession) ! Quelle douleur pour leurs proches, s'ils sont fidèles, de ne pouvoir espérer de les avoir avec eux dans le repos de l'éternité ! Quels cris, quelles lamentations, quelles imprécations même de la parA de quelques-uns de se voir sans ministres et sans sacrements ! Si au contraire les ministres ont été fidèles à ne point abandonner leurs peuples, ils assistent tout le monde, selon les forces qu'il plait à Dieu de leur donner. On baptise les uns, on réconcilie les autres , personne n'est privé de la communion du corps du Seigneur, on console, on soutient, on exhorte tout le monde à implorer par de ferventes prières le secours de la miséricorde de Dieu. »

Nous savons qu'on ne refusait point aux cr»-minels la grâce de la réconciliation. S. Gr^ goire de Tours {Hist, Franc, 1. y. c. 25) r^ conte que Dacon fils de Dagaric ayant é'^c arrêté par ordre de ce prince, demanda, àsC^ insu, un prêtre de qui il reçut la pénitence ^ la réconciliation, après quoi il mourut.

EXORCISTES. — C'étaient des clercs qu^ délivraient les énergumènes de la possessioi^

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démon en leur imposant les mains et réci- \ sur eux les prières publiques {Concil, th. IV). Cet ordre n'exista point pendant les s premiers siècles, parce que la foi et la rite qui animaient tous les chrétiens, clercs lïques, suffisaient pour conjurer les mau- . esprits (Origen. Contr. Ccls. lib. vu. — tullian. ApoL xxiii). Il parait môme que les les exerçaient ce pouvoir en faveur des îDs, et nous ne saurions résister à la tentai de citer le curieux passage suivant deTerienàce sujet: « Sans les chrétiens, dit-il, arracherait vos âmes et vos corps à ces en- QÎs cachés qui ravagent toutt Je parle des QODs qui vous obsèdent et que nous chassons vous sans récompense, sans salaire. Il aut suffi pour notre vengeance de laisser seulent de vous aux esprits immondes une possioD libre, et vous, oubliant le bienfait d'une le protection, vous avez mieux aimé traiter ennemis des gens qui non-seulement ne vous il pas de mal, mais qui vous sont nécessair. ennemis, si vous voulez, mais non des mmes, dites plutôt de Terreur.»

Les simples fidèles et les religieux exorciient donc, comme on le voit. Nous en avons curieux exemple dans la vie de Ste Ëuphra- ){Vit. PP. c. xxix. p. 359. ap. Rosweid.). Il t raconté que cette Sainte , exorcisant un ergumène, menaça le démon en ces termes m $i Bumo baculum abbatissx^ flagellabo te. tUrum resistente (Utmone^ et eocire nolente^ sum Euphraxia abbcUissjp baculum , dixit ei : rt. « Si je saisis le bâton de l'abbesse, je te igellerai. Or, comme le démon résistait, et ! voulait point sortir , Euphrasie prenant le itonderabbesse, lui dit : Sors, s Le bâton de ibbesse était le signe de Tautorité, et c^est ec cet instrument qu'elle chassait les dé- OQs. Cette Euphrasie vivait au temps de léodoric, en Thébalde. Elle n'était pas absse elle-même, mais dans ses mains, la crosse Tabbesse avait le même pouvoir.

Quand la foi se fut affaiblie, l'ordre des exortes s'établit peu à peu, mais non en même ûps, dans toutes les Églises. S. Pierre, comjnon de martyre du prêtre S. Marcellin isDioclétien et Maximien en 302, est peut- "c le plus ancien exorciste dont l'histoire ec- 'siastique fasse mention. (V. Laderchi. Basilic. ►. MarcelUn, et Petr. p. 5.) S. Félix de Noie, rès avoir exercé Tordre du lectorat, fut élevé 5«lui d'exorciste (Paulin. Natal, iv S. FeL). îiartin fut ordonné exorciste par S. Hilaire, témoignage de Sulpice-Sévère {Vit. S. Mar- •*. v). La question de savoir si les exorcistes énonçaient les exorcismes sur les catéchuènes avant le baptême est controversée parmi s savants.

I^ existe dans les recueils un grand nombre

d'inscriptions appartenant à des exorcistes et dont plusieurs offrent des particularités curieuses. (V. Oderico. Inscr. syllog. p. 258. et Gardinali. Iscriz. Velit. p. 2)3.) ....tata, Palladio. EXORC. M. l'abbé Cavedoni donne Pépitaphe d'un exorciste nommé sentivs respec- Tvs, trouvée dans un cimetière de Chiusi , en Toscane (Cimit. Crist. di Chiusi. p. 32). Il y en aune dans le recueil de M. Perret (v. lxv. 5), une dans Boldetti (P. 415) : petronivs exorciSTA ; une parmi les Inscr. Christ, de Marini (P. 383. 3), une dans Mommsen {Inscr. Nap. n. 1293), sans parler de celles qui figurent dans les grands recueils de Gruter et de Muratori. bassilianvs. aessorcista | corvGi. bene- MERENTi. m. PAGE (mdcccli). Celle qui nous a transmis le nom de l'exorciste mackdonivs fut trouvée avec le vase de sang au cimetière des Saints-Thrason-et-Satumin (Marang. Act. S. V, p. 81).

On voit sur un nymphœum de Pisaure (Paciaudi. De Christ. Bain. tab. m) un clerc, une croix à la main, et exorcisant un homme nu et témoignant par ses contorsions qu'il est agité par l'esprit malin. Au cimetière de Saint- Pontien (Perret, m. lviii) une fresque d'une époque basse représente, avec S. Marcellin et S. Pollion, l'exorciste S. Pierre, tous trois martyrs sous Dioclétien.

EZECHIEL. — On voit dans les bas-reliefs de quelques sarcophages chrétiens (Bottari. tav. xxxviii. cxxxiv) une scène à peu près toujours ainsi conçue (Bottari. 98) : un personnage vêtu d'une tunique courte et du pallium étend la main droite vers deux hommes nus et debout, et vers un autre étendu à terre comme mort, près duquel sont deux têtes, l'une complètement décharnée et l'autre recouverte à moitié de sa peau. On pense que c'est la représentation de la vision d'Ézéchiel (C. xxxvii), alors que, sur l'ordre de Dieu, il ordonna aux ossements desséchés entassés dans un champ d'entendre la parole du Seigneur et de revivre, c Un bruit se fit entendre, et voilà que les os s'approchent des os, chacun à sa jointure. Les nerfs et les chaifs recouvraient ces os, et la peau s'étendait sur ces os. » (Vers. 7. 8.)

Cette interprétation est fort vraisemblable, car nous lisons dans S. Jérôme (In Ezech. c. xxxvii) que la prophétie d'Ézéchiel, qui rappelait évidemment le dogme de la résurrection de la chair, était sans cesse dans la bouche des premiers chrétiens. Famosa est risio, et omnium ecclesiarum lectiofie celebrata. La présence de cette histoire sur une urne funéraire donne à la conjecture tout le caractère de la certitude. Nous savons, en effet, que les fidèles accumulaient sur ces sortes de monuments les images relatives à la résurrection, plutôt que

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des images lugubres. Dans le marbre que dous citons, le prophète tient à la main gauche un volume qui dénote probablement le livre des prophètes, et derrière lui est un autre homme,

vêtu comme lui, qui représente son dise! car nous savons que les prophètes araien disciple fidèle qui ne les quittait jamais : Elisée, Jérémie avaient le leur.

FAMILLE (la sainte). — Bosio a donné {Borna sot. p. 279) le groupe que nous reproduisons ici et qui est peint dans le vide d'un ar-

ctisolium du cimetière de Calliste. II se compose, comme on voit, d'une femme voilée, d'un homme vêtu de la tunique et du paltium, et enfin d'un enfant de six à huit ans étendant les mains à la façon des orantes.

L'idée la plus naturelle, à l'aspect d'une telle peinture, était de supposer qu'elle représentait la sainte famille. Cependant, ni Bosio qui l'avait découverte, ni Arin(,'hi et Bottari qui la reproduisirent plus tard, n'admirent cette interprétation; ils aimèrent mieux y voir un père, une mère et un enfant, qui avaient été réunis dans ce tombeau. Deux raisons probablement motivèrent une opinion que nous oserions presque aujourd'hui appeler une erreur. C'est en premier lieu la doctrine déjà reçue alors que les figures ainsi représentées sur les tombeaux dans l'attitude de la prière étaient la personnification de l'âme, peut-être même le portrait physique des personnes qui y reposaient, ce qui, en thèse générale , est rigoureusement vrai. Mais il n'est pas moins positif que l'orante, quand elle est seule, est queiquefoislaSte Vierge ou la personnification de l'élise. La seconde rsison, c'est que c'était la première fois qu'un tableau ainsi conçu s'était présenté dans les cimetières de Rome souterraine; et, en saine

critique, un seul monument ne saurait foi une base suffisante pour asseoir une docl

Les savants de nos jours ont admis lei prédations que suggèrent le simple bon:

ainsi que le témoignage des yeux: ilsse prononcés pour la Ste Famille. Le P. Gu. a exprimé ce sentiment dans ses notes à vrage de L'Heureux (Macarii Hagiogli p. '21*2). M. De' Bossi a fait mieux encore' publié un monument analogue, récemmen couvert au cimetière de Priscille (Imagm lecix Deiparm Virginis.... tab. iv). Mais ici trois figures, à peu près costumées «u celles du cimetière de Calliste, élèveni mains dans l'attitude de la prière, de la templation ou de l'action de grâces ; il n'es pendant possible de l'affirmer que de Har de Joseph, parce que la chute du stuc ne l voir que les jambes de l'enfant Jésus. On pose avec toute espèce de fondement qu' trois augustes personnages sont représeï après que le divin enfant eut été retrouvé i le temple, enseignant les docteurs.

On ne saurait néanmoins se dissimuler les représentations de la Ste Famille, su dans CVS conditions, sont extrêmement r dans les monuments du plus ancien ige. I se rencontrent plus fréquemment à l'époqui lativement moderne des sarcophages histoi particulièrement dans la Gaule, Plusieurs t beaux de la Provence en sont décoréa De' Rossi nous rappelle celui qui port !6 au musée d'Arles, où plusieurs fois i )iis examiné cette scène sans la compreo Là S. Joseph conduit par la main et prés> l'enfant Jésus à sa divine mère, qui ravii retrouverson fils, semble lui adresser ce teJ reproche : « Mon fils, pourquoi nous aveï-i donné cette inquiétude?! Fiti, quid feàib "s SIC? (Luc. II. M.)

La Ste Famille se trouve réunie d'une ère indubitable dans la scène histoiiqui

nativité. (V. les art. Nativité. S. lot Adorc^ion dèi mages. Adoration det ien.

Bauf [Le] el TAne).

FÊTES IMMOBILES de l'amnëi K

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lASTiQUE. — Nous consacrons le présent aride au rapide examen de l'antiquité des prinîipales fêtes immobiles, selon Tordre où elles iennent dans chacun des mois de l'année. Les rois grandes fêtes mobiles, Pâques, l'Ascenion.la Pentecôte, seront l'objet d'autant d'aricles à part.

I. — FÊTES DE JANVIER. — 1® CÎTConcision. lette fête était certainement établie du temps le S. Léon le Grand ; nous le voyons par une !es lettres de ce pape {Epist, rv. c. 4), oti, près avoir dit qu'un temps est assigné à la cétotion de chacun des mystères de notre foi, l ajoute : AUud quo infans circumciditur. Mais e sa célébration au l^^ janvier nous n'avons as de preuve antérieure au concile de Tours, élébré en 567 (Gan. xviii). Gette fête est marnée dans les plus anciens calendriers, celui le Naples, par exemple, et celui que donne ieidenne (De synedr. Hebr, t. ii. 1. 3. c. J5); De l'est aussi dans le martyrologe dit de l. Jérôme. Le sacramentaire de S. Grégoire énonce par ces mots, inoctavis Domini; mais 'est bien de la Circoncision qu'il s'agit, la lesse le prouve. Les martyrologes de Bède et 'Usuard portent : Circumcisio Domini nostri m Ckristi secundum carnem.

En fixant au 1«' janvier la fête de la Girconsion, l'Église eut pour but d'effacer les restes 8 superstition païenne qui persévérèrent longmps en ce jour, dans le christianisme même, iissi les anciens missels ont-ils deux messes, me de la Circoncision, l'autre sous cette rurique : Missa ad prohibendum de idolis.ÇV, Marne. De ant, Eccles, discipL c. xm. n. 15.) Là i se bornait pas la protestation de l'Église mtre les rites impurs du culte de Janus qui xiiUaient le jour des calendes de janvier ; elle ouhit encore le sanctifler par un jeûne solenel, qui parait avoir été en vigueur jusqu'au cuvième siècle (Vulgat. Alcuin. Dcdivin. offic. ); S. Afflbroise avait établi ce jeûne à Milan en l'honneur des prémices du sang que l'enuit Jésus avait répandu pour nous dans la cironcisioû. » {Serm, xxx.) (V. les art. Janvier et xwteiirs [Symbolisme des], n. U.) ^Epiphanie. Le 6 janvier se célèbre cette Mitre fête de Notre-Seigneur, dont le nom veut ^manifestation, parce que, au baptême de léajs-Chnst, le Père le proclama son fils (Luc. tt). D'après le cardinal Noris ( Dissert, ii De 90C&. Syro-Macedon, c. 4), les anciens auraient voulu désigner par le mot Epiphanie, moins la ■wwfesto^ion du Christ, que la présence du ^re éternel qui parla en cette circonstance ; ilprouve par plusieurs exemples que ce motsi- P^e présence; et Spanheim (De usuetprœstant. "ttmisni. diss.v) est de son avis. Mais quoi qu'il «n soit de la signification native du mot, il est ^®to que les Pères, dans les homélies qu'ils

ont prononcées à l'occasion de la fête de l'Epiphanie, l'entendent dans le sens de manifestation, illustration.

Que le Christ ait été baptisé en ce jour, c'est ce qu'atteste la tradition à peu près unanime des anciens; et nous trouvons dans S. Clément d'Alexandrie (Strom. 1. i) des témoignages du deuxième siècle à cet égard. Parmi les Pères primitifs, il en est à peine un ou deux qui paraissent en douter. (V. Tillemont. Vie de J.-C. art. V. 3.) Aussi l'Église, tant orientale qu'oocidentale, assigna toujours le 6 janvier à cette fête, et la célébra en tout temps avec une grande solennité. C'est ce qui ressort des témoignages des Pères (V. Const. apost. v. 13. — Act. sincera. PassioS. Philipp, Ruinart. p. 694), des constitutions des empereurs Valens, Théodose et Arcadius (Cod, lib. m. t. 12. De feriis. 1. 7). Il est remarquable que l'Epiphanie soit mentionnée par un auteur païen , Ammien Marcellin, à l'occasion du séjour à Vienne de Julien l'Apostat, qui, simulant encore le christianisme auquel il avait secrètement renoncé, la célébra dans l'église de cette ville (xxi. 2) : Feriarum die quem célébrantes mense januario Christiani Epiphania dictitant (Greppo. Not. ined,). On fêta aussi en ce jour l'arrivée des Mages qui offrirent des présents au Christ (V. Tertull. ap. Tillem. ibid, — S. Léo. Serm, de Epiph. etc.), et encore le souvenir des noces de Cana. Cette dernière circonstance nous est révélée par S. Pierre Chrysologue (Serm. clvii. De Epiphan,) et par S. Eucher de Lyon (Homil. in vigil, S. Andr,). Nous savons, en effet, par S. Paulin (Carm. ix De S. Felice)^ que, dès le quatrième siècle, l'Église célébrait en ce jour trois fêtes. D'après S. Augustin (Serm. xix De /ewp.), les Églises d'Afrique ajoutaient un quatrième motif à cette solennité, le miracle de la multiplication des pains avec lesquels Notre- Seigneur rassasia cinq mille personnes.

Dès le quatrième ou le cinquième siècle, ce jour fut un de ceux que les deux Églises avaient consacrés à l'administration solennelle du baptême (Greg. Nyss. Orat. in S. lum. — Léo. Epist. XVI. 1. etc.). C'est pour cela sans doute que les Grecs l'appelaient encore diem luminum, sancta luminum, et illuminationem, à cause du nom û'^ illumination qui était donné au baptême. 11 y a plus encore : les chrétiens d'Orient avaient coutume d'aller, au milieu de la nuit de l'Epiphanie, puiser, dans les fonts, de l'eau qui se conservait sans se corrompre toute une année, et même jusqu'à deux et trois ans. S. Chrysostome (Hom. m Ad pop. Antioch.) l'atteste spécialement des Grecs, et pour les autres S. Épiphane (£ter. li. 30), lequel ajoute que cette pratique se faisait en mémoire des noces de Cana.

L'Epiphanie était le jour où les patriarches

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ou les métropolitains expédiaient aux évêques de leurs provinces respectives des lettres communicatoires pour les informer des jours où les solennités de Pâques, de la Pentecôte et les autres fêtes mobiles devraient être célébrées pendant l'année courante (Gassian. Coll. x. c. 11). Ces lettres étaient appelées pasca/es; il en est arrivé un certain nombre jusqu'à nous, et en particulier plusieurs de S. Denys, de S. Athanase, de S. Cyrille, des papes S. Innocent et S. Léon ; nous en avons trois de S. Théophile d'Alexandrie que S. Jérôme a traduites en latin.

II. — Fêtes de février. — 1» Purification. Le 2 février se célèbre une fête qui, dans tous les martyrologes des Latins, est intitulée Punficatio S. Marias Virginis (Ap. Bolland. Die ii febr. S ^U quelques-uns ajoutent : Hipapante Domini; l'ancien romain porte : Purificaiio B. Marise Virginis ^ et Hipapanti Domini nostri. Par ce dernier nom, les Grecs désignaient la mémoire de la rencontre de Siméon dans le temple avec Notre -Seigneur, car le mot hipapante équivaut au latin occursus.

L'institution de cette fête dans l'une et l'autre Église remonte à la plus haute antiquité. Elle est clairement mentionnée par S. Grégoire de Nysse (HomiL de occursu Domini. 0pp. t. m), au quatrième siècle, et par plusieurs autres Pères dont on trouvera les témoignages réunis dans Bolland (Loc. laud.). Quant à l'auteur de la supplication ou litanie qui a lieu en ce jour, les érudits ne sont pas d'accord. Baronius en fait honneur au pape Gélase (Ad an. 496. n. 30) ; et il est suivi par Martène {De ant. Eccl. discipL xv. 2), qui pense que, par ces supplications, ce pontife voulut abolir les fêtes des Lupercales qui étaient encore en vigueur parmi les Romains. D'autres en attribuent l'institution à une époque plus reculée, et croient les reconnaître dans ce passage de S. Cyrille de Jérusalem (Hom. de occurs. Domini. Bibl. PP. t. ïv) : Populi gentium una cum Sion manibus prx fer entes faces obviam procedamus. Mais l'homélie d'où ces paroles sont tirées n'est pas authentique; et une seule chose est constante, c'est que la procession était usitée au septième siècle. On trouve dans les anciens sacramentaires publiés par Martène (Loc. laud.) diverses formules très-anciennes pour la bénédiction des cierges.

2o La chaire de S. Pierre à Antioche. Cette fête est fixée au 12 dans quelques calendriers dumoyenâge.Lesacramentaire de S. Grégoire la met au 13 des calendes de mars, ce qui correspond au 17 février, ainsi que le second concile de Tours tenu au sixième siècle. Elle est marquée au 12 février dans le fameux calendrier de marbre de Naples.

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