VIII KAL. APRILIS ANKUNCIATIO ANGELI AD MA
RiAM, « l'Aunonciation de l'ange à Marie. »
Les Bollandistes attribuent l'institution de cette fête aux apôtres (Matt xxv. t. xiii. n. 24). Mais, pour cela, ils sont obligés de se prévaloir de l'axiome de S. Augustin : t Tout ce que tient l'Église universelle, et qui n'a pas été établi par les conciles, mais toujours retenu, doit être regardé comme de tradition apostolique (L. vr De baptism. 24). a Oi*, il resterait à établir avant tout que l'Église a toujours retenu cette fête; et cela ne ressort pas clairement des textes de S. Grégoire Thaumaturge et d'autres anciens Pères qu'ils invoquent. (V. Nat. Alei. Hist. eccl. III. 8 3. c. k. — Thomassin. De fest. 1. II. 12.) Martène pense que S. Augustin est le premier qui en ait parlé dans son livre De la^i Trinité (L. iv. c. 5) ; mais, le passage cité de ce Père se rapporte à la tradition de l'Église au sujet du jour de la conception du Sauveur, plutôt qu'à la fête instituée pour la célébrer.
Les données les plus authentiques et les plus anciennes que nous possédions à ce sujet nous viennent du concile de Laodicée (Can. li) tenu au quatrième siècle. Les pères du concile quinisexte en font aussi mention (Can. lu) ; et, pour les Églises d'Occident, le dixième de Tolède, tenu en 656 fCap. i. n. k), qui fixa cette fête au 18 décembre. La fête de l'Annonciation était donc en pleine vigueur dès le quatrième siècle chez les Grecs, qui la traitaient en carême comme un dimanche; jusque-là que, si elle tombait le jeudi ou le vendredi saint, elle emportait avec elle le privilège pour les fidèles d'user de poisson et de vin, comme l'atteste le patriarche Nicéphore (Cf. Pellic. ii. 54). Si l'on veut savoir l'extension que cette fête prit dans les Églises d'Orient et d'Occident, on peut consulter les Bollandistes (Ibid. S 11. 12).
IV. — Fêtes d'avril et de mai. — Avril n'a pas de fêtes immobiles de premier ordre.
l® Le 3 mai tombe la fête de V Invention de la Ste Croix. Elle parait pour la première fois dans le sacramentaire et dans l'antiphonaire de S. Grégoire (Opp. t. m). Elle est mentionnée, il est vrai, dans le martyrologe de S. Jérôme ; mais Papebroch pense qu'elle y a été ajoutée après coup par une main moderne (Maii m. c. 3. n. 25); Fronto (Kalend, Roman. not. p. 76} atteste, lui aussi, qu'il n'en exisU
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pas de trace daiis les anciens manuscrits de ce martyrologe, et il pense qu'elle ne fut instituée qu'après Pan 720 dans TÉglise latine, et plus tard encore chez les Grecs.
On sait que le bois de la croix fut trouvé par Ste Hélène, mère de Constantin ; c'est un fait que la saine critique ne permet pas de rejeter en présence des témoignages que fournissent à cet égard Socrate (Hist. eccl. i. 17), Sozomène {Ei$t. eccl. II. 1). S. Ambroise {Oral, de ohit, Theodo$. imp.), Théodoret {Hist. eccL i. 18). S. Cyrille de Jérusalem, qui vivait au quatrième siècle, atteste même que de son temps I l'univers entier était déjà plein des particules de la croix.» {Catech. iv.)
2»Wous avons encore à constater pour ce mois un fait intéressant et peu connu : c'est une fête en l'honneur de l'empereur Constantin, laquelle est marquée comme il suit dans quelques calendriers des Grecs et des Latins : Meinorta fanciorum gloriosorum a Deo coronatorum. atque 9piiitolisxqualium imperatorum^ Constantini et Utkiue (Ap. Bolland. Die maii xxi. c. 1). Et, en effet, en vertu d'une constitution d'Emmanuel CoDuiène (^Nutnocanon, t. vu. cl.— cf. Pelk. loc. laud.) , les Grecs célébraient la mémoire du fils en môme temps que celle de la mère, qui sont appelés a Deo coronati^ c couronnés de l)ieu,i d'une locution en usage parmi les Orientaux pour désigner les empereurs, Ôeoarteouç, bcution qui fut adoptée au moyen âge par les Utins, comme on le voit par les chartes carlovingiennes. Ils sont encore appelés « égauxaux apétres, » apustolis œqucUes; c'est le nom qui ^t donné à Constantin, notamment dans les menées, hoaviTzoXoi (Val. Not, ad iv Euseb, lib. «fc VU, Constantini. c. 50) , ce qui est rendu exactement par le latin ssqualis apostolis, La iftte de S. Constantin se célébrait donc autrefois dans les deux Églises, et le calendrier de Naples déjà cité porte : Memoria Constantini imperotofw; les Bollandistes attestent qu'elle l'est encore dans quelques Églises de la Bohème, de la Flandre et de la Russie. Ajoutons que, à i^extrémité de la Grande -Grèce, soit la Caiabre, û existe un bourg appelé Saint- Constantin où ^ fik de Ste Hélène est honoré le 2 mai par i office du coimnun d'un confesseur non pontife (Bolland. ibid.). Cette fête est aussi célébrée, Dïiisle 21, par une colonie d'Épirotes qui oc- ^ certaines locahtés du royaume de Naples. V. — Fêtes de juin. — 1» Le 24, S. Jean- ^itto. Cette fête doit être de toute antiquité, car on manque de documents pour en assigner ^'origine. Dans son cinquante-neuvième ser- ^"^DediversiSy S. Augustin la regarde comme Qoe des plus anciennes de celles que célèbre i^^lise. D'un autre côté, il n'est pas un seul calendrier ou martyrologe ancien de l'Église orfentale comme de l'Église occidentale qui
n'en fasse mention. A Rome, au neuvième siècle, il y avait encore ce jour-là trois messes {Ord, Rom. in Bibl. PP. t. xiii); et, d'après Amalaire .(De ojf, eccl. m. 37), il en était de môme dans plusieurs autres Églises. S. Grégoire de Tours {Hist. Franc, vui. 9) nous apprend même que les Églises gallicanes avaient fait de la fête de S. Jean-Baptiste un jour de baptême solennel.
2o La fête de S. Pierre et de S. Pau/ est une de celles que l'Église a célébrées dès les premiers siècles ; et primitivement elle prenait même deux jours, le 29 pour S. Pierre, le 30 pour S. Paul. Nous voyons dans le Micrologue {De eccl. observ. xlii. ap. Pellic), auteur du onzième siècle, que c'est S. Grégoire qui les réunit en une seule solennité au 29. Mais c'est une addition laite à ce livre liturgique vers le dixième siècle, qui est la véritable date de la réunion des deux fêtes (V. Pelliccia. t6td. p. 58), et il parait plus rationnel qu'il en soit ainsi, puisque ces deux apôtres reçurent le même jour la couronne du martyre, c'est-à-dire, le 29 juin (Euseb. Hist. eccl. ii. 25), sous l'empire de Néron, et le consulat de Tuscus et de Bassus.
Il est certain, et Eusèbe le prouve (Ibid,) par le témoignage de Caïus qui succéda au pape Zéphirin, que la fête des deux princes des apôtres était solennisée à Rome dès le deuxième siècle. Prudence l'atteste pour son temps {Peristeph. hymn. xiii vers. 57) :
Aspice , per bifidas urbs Romula funditur plateas Lux in duobus fervet una festis.
et nous savons par S. Paulin (Epist. xvi. Ad Delphin) que les fidèles s'y rendaient des contrées les plus éloignées de la terre.
Le pape célébrait deux messes, la première à Saint-Pierre , la seconde à Saint-Paul sur la voie d'Ostie : c'est ce que Prudence indique clairement (Vers. 63) :
Transtiberina prius solvit sacra pervigil sacerdos, Mox hac recurrit, duplicatque vota.
C'est ce qui a porté dom Ménard à lire dans l'hymne de S. Ambroise (Baron. Not, ad Martyrol.)ybinisviis^ au lieu detrtms, fausse leçon due à la négligence des copistes :
Tauix per urbis ambitum Stipata tendunt agmiiia :
Trinis ceiebrcuur viis Festum sanctorum martyrum.
VL — Fête de juillet. — Le 26, et primitivement le 25, les Grecs aussi bien que les Latins célèbrent la fête de Ste Anne. Mais les Grecs, d'après leur ménologe et plusieurs ca-
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lendriers donnés par les BoUandistes {Martii die XX. 1) ont en outre, le 9 septembre, c'està-dire, le lendemain de la Nativité de la Ste Vierge, une fête de S. Joachim et de Ste Anne. Le culte de S. Joachim ne fut adopté que plus tard dans PÉglise latine, et nous ne pensons pas qu'il existe une donnée plus ancienne à cet égard que celle qui est fournie par le fameux calendrier de Naples qui, comme on sait, est du neuvième siècle. Ce qu'on lit dans le ménologe sur l'histoire de Ste Anne parait complètement fabuleux, et emprunté a l'auteur du livre De ortu Dornini. Les noms des parents de très-sainte Vierge ne sont guère connus avant le septième siècle ; ils se lisent pour la première fois dans la chronique pascale, à laquelle les érudits n'assignent pas une date plus reculée {Biblioth. PP. t. XII). Un calendrier grec, édité par Génébrard, fait lire, en ce môme jour, le 25 juillet : Durmitio S. Annœ Deiparœ genitricis : Memoria satictarum viulterum OiympiadiSf et Euphraxiœ, Le calendrier de Is'aples joint aussi le nom de Ste Euphrasie à celui de Ste Anne. (V. Pelliccia. ibid. 59.)
VIL — Fête d'août. — 1" Le 6, se trouve la fête de la Transfiguration de Noire-Seigneur. Cailiste iil qui siégeait au quinzième siècle, passe généralement pour être Tiustituteur de cette fête (Baron. Not. ad Martyrol. hoc die). Mais Martène {Anl, lect. t. m) rapporte divers monuments qui autorisent à la faire remonter plus haut, cependant pas au delà du dixième siècle. Les livres des Grecs ne fournissent aucune donnée plus ancienne à cet égard.
2*> Lassomptivn de la Ste Vierge se célèbre le 15 de ce mois, de toute antiquité. S. Grégoire de Tours parait être le premier qui ait affirmé en propres termes que Marie fut enlevée en corps et en âme dans le ciel {De gior. Martyr, 1. I. c. k). Huinart, dans ses notes sur ce passage, atteste ne pas connaître de plus ancienne autorité écrite à ce sujet. Il est vrai néanmoins que, peu de temps après, cette opinion prit une telle extension, qu'elle s'introduisit dans la liturgie, ce qui ressort d'un sacrameutaire gallican inséré dans le Musxum Italicum (Page 300) et du missel gothique (L. III Liturg. gallican.)^ où, à la messe de de l'Assomption, il ebt dit à plusieurs reprises que le corps de Marie fut transporté dans le ciel.
Autrefois néanmoins la fête de l'Assomption se célébrait le 18 janvier. (V. Mabillon. Curs. Gallic, 1. ii. — Florentin!. Not. ad MartyroL Ad diem jan. xviii.) Elle est marquée à ce jour dans le martyrologe de S. Jérôme, dans le calendrier de Lucques, dans celui de Gorbie et dans d'autres encore que cite Martène. Ceci n'empêchait pas qu'elle ne fût aussi solennisée le 15 août : c'est ce qu'en-
seignent Rosweide dans ses notes au martyrologe de S. Jérôme, et Constantin, évoque de Chypre (Act. iv ConciL œcum, vu); et pour le neuvième siècle, le calendrier de Naples. Aussi, dans les plus anciens livres de Naples, lisons-nous cette rubrique destinée à distinguer cette seconde fête de l'autre : S. Maria de augtisto mense, ou, Festibitas (Sic) S. Marit de augusto mense. Florentini, dans son martyrologe, établit d'une manière assez plausible que la fête de l'Assomption fut transférée au mois d'août par l'empereur Maurice, au sixième siècle. Quant à sa primitive institution, il n'existe aucun document capable de nous éclairer : nous devons donc la regarder cormne remontant aux premiers temps, car elle figure dans les plus anciens martyrologes. Ceux-là sont donc évidemment dans l'erreur qui voudraient en rabaisser l'origine jusqu'au huitième siècle. Le témoignage de Grégoire de Tours suffirait à lui seul pour réfuter cette opinion.
VIIL — Fêtes de septembre. — l» La mtivité de la Ste Vierge Marie^ 8 septembre. Nous n'avons pas de preuves que cette fête ait été connue avant le septième siècle. Les deux plus anciens documents à cet égard sont dus à Anas^ tase le Bibliothécaire, qui affirme qu'elle commença à être célébrée sous Sergius l*'; et l'ancien ordre romain qui, au jugement de Guillaume Cave (De script, ecd. — De cd. Rom,)^ serait une œuvre du huitième siècle.
'i® Le 1^ est fixée, soit dans les calendrien et martyrologes latins, soit dans les menées des Grecs, la fête de V Exaltation de la sotnte croix. L'objet précis de cette fête constitue une question encore pendante. Pelliccia, que nous prenons ici pour guide, penche vers le sentiment de ceux qui supposent qu'elle fut instituée en mémoire de la vision de Lonstantin. Ce qu'il y a de certain du moins, c'est qu'elle est mentionnée par des écrivains du quatrième siècle, parmi lesquels nous aimons à citer le grand nom de S. Chrysostome qui atteste (Homil. ix In act. S, Domninx, ap. Ruinart.) que de soc temps l'Église fêtait au 14 septeinbre la «^ moire de la croix. Vient ensuite le témoignage de l'auteur de la Vie de S. Euthimius, patriardM de Constantinople au sixième siècle, lequel er parle ouvertement aussi (Ap. BoUand. v april, 7). Pour l'Église latine, nous avons l martyrologe (Ancien; de S. Jérôme, les sa cramentaires gélasien et grégorien. Autrefois l'adoration de la croix avait lieu en ce jour peu près avec les mômes rites qu'au vendre* saint. On verra sur ces rites une foule de è tails intéressants dans Martène {De ani, £a ritib. iv. 34).