IX. — Fêtes d'octobre et de novemb
Le mois d'octobre n'a aucune fête immobile
FÊTE
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mier ordre. Nous sommes obligés de laisser côté les autres dans cette rapide esquisse. « La fête de Tous les Saints qui se solennise )remier novembre n'est pas connue à Rome jitle septième siècle, elle date du pontificat Boniface IV. Mais son institution a cela d'exmement mémorable, qu'elle eut lieu à l'ocion de la dédicace du Panthéon païen au te du vrai Dieu, de la Ste Vierge, de tous martyrs et confesseurs. Néanmoins cette e fut spéciale à Rome jusqu'au neuvième de : alors, à l'instigation de Grégoire IV, mpereur Louis le Débonnaire décréta que 1 fête de Tous les Saints serait célébrée, aux lendes de novembre, dans les Gaules et la nnanie. a (Cf. Pellic. vol. laud. p. 63.) Elle ; peu à peu adoptée par toutes les Églises de Iccident, et nous rappelons ici pour mémoire e Sixte IV, au quinzième siècle, lui donna le octave.
2» Le 2 novembre, l'Église célèbre la Com" moration de toiAS les défunts^ qui, pour nous rvir des expressions de S. Cyprien, c sont orts dans la communion du corps et du sang L Seigneur. »
On trouve dans les plus anciens Pères de nnbreuses allusions plus ou moins directes à ïe commémoration des morts faite à jour fixe, insi Tertullien, dans son traité De corona (m. pp. edit. Rigalt. p. 102. a), met cette pratique 1 nombre de celles qui de son temps s'obserlient en vertu de la tradition des ancêtres : Uationes pro defanctis, pro natalitiis annua a /dctrniis. Or qu'il s'agisse ici du saint sacrice offert annuellement pour les morts, c'est ce lie prouvent d'autres passages du même Teriillien qu'on peut rapprocher de celui-ci (V. De ^mogamia. x. — Ad Scap. ii. — Adv. Jud. xix îlxiii. — De orat. i, etc.), et aussi de nommai textes des autres Pères qui emploient le not (Motion dans le même sens. On peut voir 'énumération de ces textes dans les notes de Pimélius au traité De la couronne (P. 240). Si loD songe que Tertullien vivait au deuxième âède, on eu pourra conclure que la tradition ioBl il parle doit remonter jusqu'aux temps apostoliques. S. Augustin, dans son livre De ewa pro mortuis gerenda (Cap. iv), mentionne «& termes on ne peut plus clairs, cette commémoration universelle et anniversaire en faveur des morts : t L'Église, dit ce Père, a établi que des supplications soient faites, dans une commémoration générale, gêner ali cornmemorslioM^ et sans prononcer aucuns noms en particulier, pour tous ceux qui sont morts dans la udété chrétienne et catholique ; afin que ceux |ui n'ont pas de parents, d'enfants, de proches u d'amis pour prier en leur faveur, reçoivent e service de la bonne Mère commune, ab una \ê exhibeaniwr pia Maire oommuni, > Nous
pouvons nous en tenir à cette citation qui ne laisse subsister aucun doute.
On pense que, chez les Orientaux, la commémoration des morts avait lieu le jour même du vendredi saint. On est, ce semble, autorisé à le conclure, du moins pour le quatrième siècle, d'une homélie que S. Chrysostome prononça, en ce jour, dans un cimetière d'Antioche : c'est la cinquante -septième dans l'édition de Montfaucon.
Cependant, la seule chose parfaitement certaine à cet égard, c'est que nos pères avaient aflecté un jour de Tannée à une commémoration spéciale des morts. Mais quel était ce jour? C'est ce que les anciens calendriers et martyrologes nous laissent ignorer. S. Odilon, abbé de Cluny, au dixième siècle, parait être le premier qui ait fixé cette fête, pour ses moines, au 2 novembre.
X. — Fêtes de décembre. — 1° Le 25, la Nativité de Jésus-Christ. — Année de la naissance du Sauveur, Voici ce qui résulte des calculs des chronologistes les plus accrédités sur cette importante question, calculs dont nous donnons le résumé sans discussion. Il est certain que Notre-Seigneur naquit sous le règne d'Hérode dit le Grand, lequel mourut Pan 750 de la fondation de Rome, et l'an 42 de l'ère julienne. La naissance du Sauveur, qui fut baptisé la quinzième année de Tibère, à Tàge de trente ans, selon le récit de S. Luc (m. 23) : Et ipse Jésus erat incipiens quasi annorum triginta, doit donc être placée la vingt-septième année après la bataille d'Actium ; l'an 749 de Rome répondant à la dernière année d'Hérode ; l'an 41 de l'ère juhenne; la quatrième année de la cent quatre-vingt-treizième olympiade ; l'an du monde 4709, selon la période julienne, et 4000, selon la chronologie d'Usserius : c'est l'année où Auguste fut consul pour la douzième fois, avec Sylla pour collègue.
Jour de la naissance de Jésus-Christ et de la fête de la Nativité, La tradition de l'Église est que le Sauveur du monde naquit le 25 décembre. Ceci ressort de l'accord des Pères grecs et des Pères latins, de S. Augustin entre autres (L. IV De Trinit. c. 5), et de S. Chrysostome {Uomil. xxxiii). L'antique calendrier édité par le P. Boucher marque en ce jour la fête de Noël. Nous devons dire cependant que quelques anciens Pères ont pensé autrement. Ainsi, S. Épiphane {Hseres, li. c. 91) place ce grand événement au 6 janvier; d'autres, dont S. Clément d'Alexandrie a résumé les témoignages {Strom. I. c. 21. edit. Potter. 1. 1. p. 407), au 19 ou 20 avril, et encore au 20 mai. De là les variations des Églises d'Asie dans la célébration de cette fête. Cette question est traitée au long dans Tillemont {tiist, eccl. i. 445. etc.), auquel nous renvoyons le lecteur.
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L'opinion commune est que la fête de No6l est plus ancienne dans les Églises d'Occident que dans celles d'Orient, et que celles-ci ne l'empruntèrent aux Latins que vers le quatrième siècle. On en croit voir la preuve dans l'homélie de S. Ghrysostome pour le jour de la Nativité (HomiL xxxi). Kn effet, ce Père, s'adressant au peuple d'Antioche, lui rappelle que dix ans auparavant cette fête lui était inconnue ; et, après une assez longue discussion sur le jour de la naissance du Sauveur, il affirme que l'Église de Rome possède à cet égard les renseignements les plus sûrs, et que c'est de cette Église que l'usage de la fête de la Nativité a passé en Orient.
Mais peut-être S. Ghrysostome ne veut-il parler que de la pratique consistant à célébrer cette fête isolément le 25 décembre. Car il n'est pas douteux que les Églises orientales ne l'aient célébrée dès les premiers siècles, mais le 6 janvier et conjointement avec l'Epiphanie. Le plus souvent, en effet, les Pères grecs désignent la fête de l'Epiphanie sous le nom de Théophanie (Isid. Pelus. 1. III. ep. UO), nom qui, au témoignage de S. Grégoire de Nazianze (Homil. LViii.Lix), était également donné à la Nativité, car il signifie au propre apparition de IMeu, On s'expliquerait ainsi pourquoi il n'y eut pas autrefois de fête spéciale de la Nativité chez les Orientaux. Gassien {ColUU. x. c. 10) l'affirme formellement pour les Églises d'Egypte, et note môme d'une manière précise la ditlérence qui existait entre les Occidentaux, qui célèbrent, dit-il, les deux fêtes séparément, et les Orientaux, qui les solennisent simultanément le 6 janvier. Des témoignages analogues se trouvent pour l'Église de Ghypre dans S. Épiphane {Exposit. fid. xxii), pour celle d'Antioche et les autres orientales dans S. Ghrysostome (Hom. XXI. De nativ, Christi)^ et enfin pour celle de Jérusalem et de la Palestine dans de nombreux documents que Gotelier a réunis dans ses notes aux Constitutions apostoliques (L. v. cap. 12).
Au contraire, les Églises latines, celles d'Afrique, et même les autres des Grecs tinrent toujours pour le 25 décembre, comme on .1 trouve la preuve dans S. Jérôme {In Ezech. ::), S. Augustin (De Trinit, iv. 5), et même dans S. Ghrysostome, S. Grégoire de Nazianze et S. Basile.
Cependant l'uniformité parait s'être établie dès le quatrième siècle entre les différentes Églises de l'Orient et de l'Occident, qui toutes adoptèrent définitivement le 25 décembre. On trouve dans les actes du concile d'Éphèse une homélie de Paul, évéque d'Émèse, qui fut prononcée le 29 du mois chojac (25 décembre) dans la grande église d'Alexandrie, en présence de S. Cyrille, laquelle a pour titre : De Nativitate Domtm et balvatoris nostri Jesu Christi,
De tout temps, TÉglise solennisa avec un grand appareil la fête de la Nativité de Jésus- Christ. Quelques monuments épigraphiques semblent nous autoriser à penser que, de toute antiquité, cette fête porta le nom que l'Église lui donne aujourd'hui; ce sont ceux qui ofireni le mot fatale isolément. Telle est l'épitaph^ d'une enfant morte à l'âge de cinq ans, pridu NATALE, la veille de la Naissance par excelleocï y^Fabretti. 585. xcui). Nous voyons que, dès h temps de S. Augustin, la liturgie de cette fèt< commençait par la nuit qui précède le 25 dé cembre. Tous les fidèles étaient tenus de s^ rendre à l'église pendant cette nuit saint< \^CvnciL Epaon. xxxv). 11 était interdit de ce lébrer les saints mystères dans les oratoire privés ou dans les églises rurales ; mais tou devaient assister, dans l'église cathédrale e communier, à la liturgie célébrée par l'évè que {fionciU AureL i. 25. et Toletan.xm.^] et cela sous peine d'une excommunication d trois années {Concil. Agath, c. lxxiii}.
Les plus anciens sacramentaires de lÉglis romaine, celui de S. Gélase, par exemple, e celui de S. Grégoire ont trois messes pour c jour-là; et S. Grégoire constate encore ce fai dans sa huitième homélie sur S. Matthieu. Le anciennes liturgies gallicanes et mozarabes n'e ont qu'une ; il en était de même pour Tambrc sienne, comme il parait par le missel de Milai édité par Pamelius. Dans les Gaules, il y aval déjà deux messes, au temps de S. Grégoire d Tours ^L. Il De mirac. ^S, Martyr. 2b, — D > it, PP, viii). L'usage des trois messes ne s'in troduisit en Espagne qu'au quatorzième siècle et après le quinzième à Milan.
Le jour de Noël, d'après les ConstituHtm apostoliques (viii. 23), les serviteurs étaient dé cuargés de leurs travaux ordinaires, le jeûo sévèrement interdit, comme nous l'apprenneu le pape S. Léon {Epist. xciii) et le concile d Brague. Une loi de Tnéodose le jeune (Lib.xii tit. o. De spectac. 1. 5. — cf. Bingham) interdi sait en ce i>aint jour le jeûne et les spectacles
2«> La fête de S. Etienne^ premier martyi se célèbre le lendemain de Noôl, 26 décembre et il en est ainsi depuis le quatrième siècle; est permis de le conclure d'une homélie à S. Grégoire de Nysse, prononcée à l'occasio de cette solennité.
3» La fête de S. Jean PÉvangélisU est mai quée au 27, dans presque tous les plus anciei calendriers et martyrologes. Dans certain^ Églises, elle avait 'deux messes. (V. Duraa< Ration, vu. 13.)
d" Trois jours après la Nativité du Sauvei vient la ^fête des i>S. Innocents, Le ménolol des Grecs, ainsi que la liturgie des Éthiopieu portent, on ne sait sur quel fondement, lei nombre à quatorze mille, ils furent toujours ^