‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 136 sur 266 · SENTES SUR LES TOMBEAUX CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

SENTES SUR LES TOMBEAUX CHRÉTIEN

y en a de deux sortes : les instrun profession et les instruments de i

I. — Dans l'antiquité chrétienne, com l'antiquité profane, on avait coutumprésenter comme symbole, sur les mo funéraires, les instruments propres à h sion libérale ou industrielle du défui choisirons quelques exemples qui se ra à cet usage.

1» Des pierres sépulcrales de sculpta tent des marteaux, des ciseaux, des ce (Boldetti. pp. 316.317), et l'attributioi objets est d'autant moins douteuse, quel épitaphes mentionne la profession elle

MAETIO APRILI ARTIFICI SIGNARIO. Il

au cimetière de Sainte-Hélène une pi mulaire (Fabretti. Insc. ant. p. 587) o un personnage nommé evtropos, q sculpteur de sarcophages : c'est ce qu du bas-relief où il est représenté tn avec son fils à la sculpture d'une un raire, et entouré des instruments de si sion; et, outre ce premier sarcophagi voit sur la môme pierre un autre pi' qui parait être la représentation de

artiste avait destiné à recevoir ses ' qu'il parait par sod nom qui s'y TPonoc. Un marteau et une équerre un marbre du cimetiÈre de Calent aussi, d'après Muratori (Thés.

9. n. 7), la profession de marmoen peut dire autant d'une scie à ée sur te tombeau d'ExvpERANTius

fession de scuplteur désignée aili niveau, une règle et une équerre pi. XLVii. 19), ou par un marteau, t quelques autres instruments de pi. LXxiii. 9). Un niveau â liquide

avec un ciseau et un poin-

çon figurent aussi sur une

,^ ( curieuse pierre employée

ei aujourd'hui dans le pavé — ■ — 'I de l'église de Sainte-Agnès

hors des murs de Rome <B. n. k3X'. Ce titalus est de la fin e siècle.

'us d'un peintre porte pouremblèionnels un compas, un poinçon, ux (Marangoni. Aria S. Viclorin.

'un écrivain public probablement:

s, un style, et un faisceau de roécrirc auquel est attaché un en-

figure de l'art. LmRARii.) ionnage debout devant un moJi'us

et tenant en main une baguette, on toute apparence, la sépulture ur public avec la règle ou rnleltum . profession (Lupi. Sev. epilaph.

Ile gravée en regard de l'épitaphe în nommé EVFBANto et qualifié ent une allusion évidente à sa proat. IV. 1S63. n. 9). Mais la gravure ■nnons ici, d'après un estampage s pierre sépulcrale du musée de .3), dépeint cette profession d'une is évidente encore : le forgeron son enclume, tandis que son aide forge.

donc pas étonnant qu'on ait gravé un mitier a (it^BTsurle tombeau d'une chrétienne nommée SEVEHA SELEUCIANE (Lupî. op. Uud. p. 28. 29).

8° Des peignes à carder la laine expriment hiéroglyphique ment le titre de lanariui pectinarius (Lupi. ibid. pp. 22. 39. 30).

9" Sur un marbre funéraire du cimetière de Galliste fFabrettî. p. 574), on voit un personnage rustique nommé Léon, tenant à la main une espèce de râteau, avec une bêche et une serpe, et ayant un chien à ses pieds : c'est l'image d'un de ces pauvres cultivateurs de la campagne romaine qui avaient embrassé le christianisme. Un marbre publié par d'Agincourt (Sculpt. pi. VII. 5) représente, entre autres choses un laboureur conduisant une charrue traînée par deux bœufs, devant lesquels court un chien, et de plus une femme assise devant la maison et entourée des animaux de sa basse-cour : c'est une touchante peinture de la vie des champs sur le tombeau d'un cultivateur, et probablement aussi de sa femme. Nous avons ailleurs un marbre ofi est figuré un semeur (Perret, v. lu).

10° Le cimetière de Sainte-Cyriaque a fourni une pierre où, à cûté d'une coupe grossièrement tracée, est l'inscription : aktiloco pincebnae; c'est la seule fois, au dire de Marini (/«cris. Atban. p. 188), que la motPiiiCERNA se lit sur un litulus chrétien, bien que la profession qu'il désigne fût souvent exercée par les premiers fidèles {Lami. De emdît apost. p. 230). Peut-être doit-on voir aussi un pincenta sur une pierre (Boldetti. p. 367) qui montre un chrétien nommé populohio, ou PopvÀoniut, debout, tenant d'une main un vase de la forme du préféricule, et de l'autre une espèce de

11° la. profession de boulanger est exprimée ^ en même temps par le mot piSTOB... et par un modiw plein de blé qui , comme on sait, était le symbole ou l'enseigne du collège des pittore» , sur l'épitaphe d'un chrétien appelé vila/is, BITAL1S PISTOB... inscription portant la date de kO\ (Dc'Rossi.i. p. 212. n. W5).

12» La gravure que nous plaçons ici, d'après Boldetti (P. ZkO); exprime sans doute la profession Hawiga, cocher.

lation habituelle des femmes dans 13* Mais les monuments les plus intérestait de tisser les vêtements : il n'est sants de Ions sans contredit, ruant à l'objet qui

ÏNST — 3S

nous occupe, sont ceux des fossores (V. l'art. FOssoHEs), classe d'ouvriers chrétiens, appartenant probablement à la cléricalure, et chargés de préparer la sépulture des fidèles. On a recueilli dans Irb catacombes un grand nombre de marbres, où le titre de fossor ou fofsarius est accompagné d'une pioche (V. Botdetti. pp. 53. 59, 6â] ou de quelque autre instrument de cette profession. M. Perret a réuni la plupart de ces instruments dans la planche xxxi de son premier volume, et les principales inscriptions où so trouve la qualification de fossor sont reproduites dans les trois planches suivantes. Mais tout ce qu'on peut désirer de connaître à cet égard .se trouve réuni dans une peinture du cimetière de Calliste (Boidetti. p. 60) représentant le fossor diogenes, tenant d'une main une pioche h peu près de la forme de Vascia, de l'autre une lampe allumée, avec divers instruments appartenant ii la même profession épars à ses pieds sur le sol,

\it' Boidetti avait publié (184) une pierre sépulcrale où il voyait un instrument de martyre. M. De' Rossi i'a donnée de nouveau {Builettino. 1864. p. 36), mais avec sa véritable attribution : c'est un instrument à arracher les dents, avec une dent déjà extraite. Un marbre inédit

du musée du Latran [Class. XTI. n, 22 et 33) représente quelque chose de plus complet encore en ce genre ; une trousse de chirurgien, dont voici le dessin :

15° Nous terminerons en disant en général qu'on doit voir en certains cas dans le sculpté ou gravé sur les tombeaux chrétiens, un hiéroglyphe destiné à exprimer un titr un emploi ecclésiastique, et le plus souvf tenir lieu du vase lui-même. (V. l'art. Vase.)

II, — Imlrumenls de martyre. On sait que le; fidèles conservaient religieusement, et renfermaient, quand la chose était possible, dans les tombeaux des martyrs les instruments de leur

supplice. (V, l'art. Ol^ets tronvis daiu les Imbeaax chrétiens.) Mais quand ils ne pou\'aieiit avoir ces instruments en nature, ils en représentaient les images, soit sur la pierre, soil railles des hypogées, soit sur la chaux par un simple traita la pointe. Ainsi, li pierre sépulcrale du martyr saint Agapit avait une lance, celle de la martyre Véronice m glaive (V. Mai. Collect. Vatic. v. p, ii52).«lle de S. Exuperantius présentait une chaudière flammes ; deux martyres du cimetière d( Calliste sont peints sur leur tombeau Miûis àun poteau (Boidetti. i. i. c. 60); le iMia du martyr Herminus , piiblié par Vermifllnli ■/sens. Pertig. il. 452) porte, à côté de l'indination du genre de supplice i pLuTuto/iscicni, l'empreinte desplumlialx avec le monogramme du Christ et des palmes. Le bûcher, aMflm- ' de la couronne et des palmes sur le marbre du martyr felik, indique, selon PabreUi(P. 566, xlti). qu'il succomba par le lea. Sur les trois briques qui fermaient le tonbeau de la martyre filuhena, dont les restes, trouvés en 1802, au cimetière de Priscille, reposent aujourd'hui dans l'église A( Hugnano, au royaume de Naples, étaient retraavec les symboles de la palme et de l'andeux instruments de supplice, une torche et des flèches. (V. Perret, v. pi. ilu)-

Mais voici quelque chose qui nous parait plus positif encore, et nous ne sachons pas qu* le fait ait été jusqu'ici remarqué. L'inscriptio» suivante est rapportée par le P, Zacharia ia.X*s ses lettres sur les antiquités de Pise (Q. Cor». Symb. Dec. t, vi. p. 182) i

[y 01. BEBBHEHENTI. APOLLniM»

On ne saurait douter que ce monument d^ soit celui d'une martyre. Cela est asseï indiqué par la figure, unique dans son genre, qui s* voit à gauche de l'épitaphe : une fecnme Aebout, voilée, priant les bras étendus, et don' le cou est percé d'un glaive. Mais rinscriptio" vient encore confirmer cette attribution : car les abréviations dont se compose la demifei^ ligne ne peuvent guère se lire autrement qo* MAr'V'^i coronala.

Dans une crypte chrétieime découverte * Milan, en 18ii5, où était un corps de martyr avec le vase de sang, on voyait, peintes sur *■' muraille, des chaînes, un croc, unciu, une p^' terne avec sa corde, ainsi que d'autres instr^ ments de torture (V. ^icuni sepofcrt ont. Cr*^ in JUilano. tav. i. fig. 1), instruments div^ qui attestent que le martyr a été encbalc:* mis à la question, déchiré avec l'unctu, et ^^ fin décapité : Historiam pictura refert. N<^

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nMgnorons pas que quelques archéologues modernes rejettent la doctrine que nous venons d'énoncer ; mais s'il est posible de contester l'attribution de quelques-uns de ces objets, il en resterait encore assez d'incontestables pour établir que l'usage de représenter des instruments de supplice sur les tombeaux des martyrs a réellement existé dans la primitive Eglise.

IXTEUCE8SEURS (évêqoes). — On rencontre souvent, dans l'histoire et dans les conciles des Églises d'Afrique, le nom de intercesm ou interventor, attribué comme titre d'honneur à des évêques. Il est utile d'en assigner la signification et l'origine pour l'intelligence des textes.

Il était d'usage dans les Églises d'Afrique, et peut-être aussi dans quelques autres, que, quand un siège épiscopal était vacant, le primat désignât un des évêques de la province, tant pour administrer le diocèse pendant la vacance que pour promouvoir et préparer la mûre élection d'un nouvel évoque.

Le but d'une telle institution était évidemment de sauvegarder les intérêts de l'Église et de procurer son plus grand bien ; mais elle ne tarda pas à ouvrir la porte à un double abus. En premier lieu, Vintercesseur trouvait dans les

fonctions qui lui étaient déléguées l'occasion de se concilier les bonnes grâces et la faveur du peuple, et de substituer ses propres convenances à celles de l'Église, soit en laissant vaquer le siège au delà des termes nécessaires, soit en travaillant à sa propre élection, si ce siège offrait plus d'avantages que le sien. Pour obvier à un tel abus, les pères du cinquième concile de Carthage, tenu en 401, décrétaient que la gestion de l'intercesseur ne pourrait se prolonger au delà d'une année, et que si, pendant cet espace de temps, il n'avait pas amené l'élection d'un évêque, on devrait mettre un autre intercesseur à sa place.

Pour prévenir un autre abus non moins fijneste, les mêmes pères portèrent un canon ainsi conçu (Can. viii) : « Il a été décidé qu'il ne serait permis à aucun intercesseur de retenir pour lui-même la chaire (Le siège) à laquelle il a été attaché provisoirement en cette qualité, et cela nonobstant toutes les démonstrations ou séditions des peuples ; mais il lui est prescrit de mettre tous ses soins à ce qu'un évêque leur soit donné dans l'espace d'une année. Que s'il néglige de le faire, l'année étant expirée, qu'on assigne à cette Église un autre irUerventor, »

INVENTION DE LA 8te CROIX. — V.

l'art. Fêtes immobiles, n. IV. !<>.

JMVIER (calendes de). — Le christianisme ne parvint qu'avec beaucoup de peine et de temps à avoir complètement raison des superstitions du paganisme. Celles-là se maintinrent surtout avec obstination, qui trouvaient d'intimes complicités dans les instincts et les penchants les plus impérieux du cœur humain.

Telles furent en particulier les pratiques idolâtriques et licencieuses du !«• janvier. Des PJiïens mal convertis en apportaient la semence dans les rangs des fidèles ; ceux-ci ne surent pas toujours se préserver de la contagion, et plus d'une fois l'Église vit ses armes spirituelles s'émousser contre des désordres séculaires.

1. — Tertullien, qui écrivait au deuxième «iècle, alors que la persécution stimulait la ferveur et épurait la foi, eut déjà néanmoins à combattre bien des tendances de ce genre. Il ^Prochaitaux fidèles (De ûfo/o/a*r. xiv) d'obserjer les saturnales et les calendes de janvier, et détre moins soigneux de l'intégrité de leur culte qqe les idolâtres de leurs vaines obser-

vances : « Nous, dit-il, qui avons nos fêtes aimées de Dieu, on nous voit suivre les saturnales, les rites superstitieux du l"' janvier, les fériés brumales (En l'honneur de Bacchus), et les matronales (Aux calendes de mars)! Oh! combien plus exacte est la fidélité des gentils pour les cérémonies de leur secte ! Ils se gardent bien, eux, d'imiter aucune des solennités chrétiennes ! Ils ne voudraient point s'associer à notre dimanche, ni à notre Pentecôte, alors même qu'ils en auraient connaissance ; ils craindraient trop de paraître chrétiens! Pour nous, nous n'avons aucune honte de passer pour païens! »

La paix donnée à l'Église ne fit que développer ces abus. Les empereurs chrétiens avaient conservé comme fériés civiles les calendes de janvier, mais en abolissant les rites idolâtriques qui y étaient attachés. L'habitude fut plus forte que la loi, et résista longtemps encore aux sévérités des conciles aussi bien qu'au zèle des Pères. Prudence nous a laissé une éloquente

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protestation t contre la coutume invétérée où étaient les chrétiens du quatrième siècle d honorer, par l'observation des auspices et par des festins dissolus, les fêtes des calendes du mois de Janus. » Il déplore « une damnable tradition qui, partant des ancêtres, va atteindre leurs derniers descendants, dont les cœurs irréfléchis ne savent pas rompre la chaîne d'une superstition surannée (Contra Symmach. 1. i. vers. 136seqq.). »

....Jano etiam celebri de rarnse litatur Auspiciis epuHsque sacris, quas inveterato, Heu miseri! sub honore agitant, et gaudia ducunt Festa kalendarum. Sic observatiocrevit, Ex atavis quondam maie cœpta : deinde secutis Tradita temporibus, serisque nepotibus aucta, Traxenint longara corda inconsulta catenam, Mosque tenebrosus vitiosa in saecula fluxit!

Le langage de S. Jean Chrysostome n'est pas moins véhément. Il flétrit t cette folle impiété qui observe. les jours, s'attache aux augures, et se persuade que si la nouvelle lune de janvier se passe dans la joie, l'abondance et la liesse, tout le reste de l'année doit lui ressembler. On allumait des feux sur les placespubliques, on ornait de couronnes les portes des maisons. Pompes du diable, puérilités insensées! > (Chrysost. homil. xxiii. In eos qui novilunia observant.)

La plupart des Pères de l'Église, entre autres S. Augustin (Serm. v De calend. jan.)^ S. Pierre Chrysologue (Serm. clv. In Biblioth. max. PP. t. VII. p. 963), Asteriusd'Amasie (Homil. IV De [est. kalend. — cf. Bingham. ix. 8), S. Ambroise {Serm. xvii), ont exhalé à ce sujet des plaintes amères. Et le concile in TruHo (Can. Lxii) a condamné ces actes idolâtriques : KcUendas qux dicuntury et vota et brumalia qiuB vocantur..,. ex fidelium universitate omnino tolli volumus.

II. — La superstition ne va guère sans l'immoralité. Aussi aurait-on peine à se figurer combien de désordres, non moins ridicules que coupables, traînait après lui ce reste de paganisme qui s'obstinait à vivre au sein d'une société régénérée par le christianisme, t Les jeux, dit S. Chrysostome (Ibid.), qui se passent en ce jour dans les tavernes, mettent véritablement mon cœur à la torture, t7/i me maxime excnu:iant^ car ils sont pleins d'impiété et d'intempérance.... On voit, dès le point du jour, des fenmïes et des hommes occupés honteusement à remplir et à vider des coupes.... »

S. Augustin, ou l'auteur quelconque d'un sermon inséré dans ses œuvres (Serm. cxxix), nous a laissé la peinture indignée des incroyables mascarades qui déshonoraient ce jour : « En ces jours de folie, des hommes païens, renversant l'ordre de toutes choses, se couvrent de hideux travestissements destinés à les ren-

dre aussi conformes que possible aux objets de leur culte. Des honunes misérables, et, ce qui est déplorable à dire, dont quelques-uns sont baptisés, prennent des formes étranges, des apparences monstrueuses propres à inspirer honte et douleur. Quel esprit sage poum s'imaginer qu'un homme qui n'est pas complètement fou ose se déguiser en cerf ou en quelque autre bête que ce soit? Les uns se revêtent de peaux de mouton, prennent des têtes d'animaux ; contents, enchantés s'ils réussissent à se transformer en bêtes, de façon à n'être plus reconnus pour des hommes. En quoi ils montrent et prouvent qu'ils ont moins encore l'extérieur que l'esprit et le cœur des animaux qu'ils imitent.

« D'une autre part, n'est-il pas énorme et honteux que des hommes se revêtent de tuniques de femmes, et, par un déguisement déshonnête, s'efl'orcent d'efféminer une figure virile sous des traits de fille ; ne reculant pas devant la honte d'emprisonner dans des vêtements féminins des bras faits pour porter les armes; ils portent des mentons barbus, et veulent paraître des femmes ! »

Il faut dire néanmoins que de tels désordres n'étaient le fait que d'un certain nombre de mauvais chrétiens, tels qu'il s'en trouve dans tous les temps, et surtout de ceux qui s'étaient tardivement rendus à la foi, sans pouvoir complètement dépouiller le vieil homme. La masse des fidèles avait horreur de ces excès, et suivait docilement la voix des pasteurs : « Convient-il à un chrétien, dit S. Augustin (Serm. cxcxviii), de célébrer les calendes comme les païens, et de tenir une conduite tout opposée à sa foi et à son espérance ?... Les autres prêtent l'oreille aux chants de la luxure ; vous, écoutei les leçons de l'Écriture. Ils courent au théâtre; vous, courez à l'église. Ils s'enivrent ; jeûner. Et si vous ne pouvez pas jeûner aujourd'hui, au moins dînez ayez sobriété. »

11 parait qu'au sixième et au septième siècle, les ridicules mascarades dont il est parlé cidessus se pratiquaient encore dans quelques parties de la France ; car, en 578, un concile d'Auxerre (Can. i) défend de se déguiser le 1" janvier en vache ou en cerf, cervolo vdvftula facere. Un ancien pénitentiel tiré d'un manuscrit d'Angers, marque trois ans de pénitence pour de telles folies : Si quis calendis januariis in vitula vel cervolo vadet^ tribvs annis pœniteat. C'est aussi pour protester contre ces désordres et les déraciner efficacement, qne l'Église établit au 1<^ janvier la fête de la Circoncision (V. l'art. Fét^s de VÈglise. 1«), rappelant le premier sang répandu pour nous par \^ Sauveur. Il y eut aussi en ce jour un jeûne ^^ une messe spéciale pour demander à Dieu ï^'^' tirpation de l'idolâtrie. (V. l'art. Étrennes.) ^

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)nd concile de Tours, tenu en 567, avait

I prescrit à tous les prêtres et à tous les nés de faire au T' janvier des prières pu- [ues dans leurs églises, afin d'apaiser le

irrité par tant de désordres indignes des é tiens.

ÏAN-BAPTI8TE (S.). — Le culte de S.

n-Baptiste fut très-répandu dès les premiers :les dans les Églises grecque et latine. Yb,ûvLS^Biblioth. Grœc. t. ix), CombéfisiJ5»6/îo//i. ïcionatoria. t. viii) ont rassemblé les princi-

II discours que nous a légués Tantiquité la conception, la nativité et la décollation précurseur; une foule d'auteurs que cite

naudi {fie cultu S. Joan. Baptist. p. 3) ont ueilli tout ce qui a été écrit dans les imiers siècles sur sa vie, sa pénitence, sa idication, son zèle, sa prison, etc. Du Cange composé un savant traité sur la décollation sur les diverses inventions de son chef {Du if de S. Jean- Baptiste, Paris. 1665). Dans la jpart des liturgies orientales, par exemple ns celles dites de S. Jeap Chrysostome, de Jacques, des douze apôtres, de S. Marc (V. iciaudi.op.laud. Dissert. iv),S. Jean-Baptiste t nommé au canon immédiatement après la « Vierge. Nous donnerons un rapide aperçu îs principaux monuments que la piété et les rts lui ont consacrés.

I. — Églises érigées sous son vocable. La prelière de toutes, c'est la basilique du Sauveur, itie par Constantin, sous le vocable du pré- Jrseur, près du palais de Latraii, sur le mont œlius,et qui est l'Église mère de l'univers calolique. On a prétendu qu'elle tirait son nom i baptistère de Constantin qui se trouve à une ible distance; mais le contraire est prouvé it par de très-anciens manuscrits des archis du Latran où sa dédicace sous le nom de int-Jean est clairement constatée, soit par titres de quelques homélies de S. Grégoire Grand qui y avaient été prononcées (Ugon. >ria deÙe staziani di Roma. staz. iv. p. 38). Us savons par Anastase le Bibliothécaire » S. Sylvestr. edit. Bianch.Romae. 1718-1723) e le même empereur en avait encore fait ïstniire une à Ostie et une autre à Albano ; Du Cange {Constantinop. Christ. \\h. iv. § 4. 9) en mentionne une à Constantinople, dont ne reste pas d'autre trace que cette mention. OncroitcommunémentàNaples que Constanû le Grand, par suite d'un vœu fait dans une ïmpête dont il aurait été assailli en venant de icile k Naples, avait bâti en cette ville, sur 'emplacement d'un temple d'Hadrien, une -gUsesous le vocable de S. Jean- Baptiste. Mais Maxochi a prouvé que les faits ne pouvaient ^adapter qu'à l'histoire de Constantin, fils de Constans (De cath, Neap. pars ii. c. 3). Il parait

plus positif qu'un temple de Mars fut changé en une église de Saint-Jean-Baptiste à Florence par les premiers apôtres de cette ville qui s'est placée de tout temps sous la protection du saint précurseur (Villani. Chroniche. 1. i. c. 60). On sait aussi que l'un des deux oratoires qu'éleva S. Benoit sur remplacement du temple d'Apollon sur le mont Cassin, fut dédié à S. Jean- Baptiste (S. Greg. Dialog. 1. ii. c. 8). Une tradition porte qu'à Milan un temple de Janus fut converti en une église sous le titre de Sancti Joannis ad quatuor faciès (Castellion. Mcdiol. antiq, pars i. fasc. ii). Aux sixième et septième siècles il y avait à Ravenne deux églises consacrées au saint précurseur, dont l'une en mémoire de la décollation et dite In marnurrario (Rubeus. /fisf . Raven. 1. ii et m).

A Monza, la reine Théodelinde en bâtit une qu'elle enrichit de dons et de dotations de toute sorte ; et son mari Agilulfe imita sa piété en fondant une église de Saint-Jean -Baptiste à Turin. (V. Paciaudi. op. laud. pp. 15 et 16.) Paciaudi énumère un grand nombre d'autres églises bâties en l'honneur du Saint dans les temps postérieurs en diverses localités. On a vu (A l'art. Baptistères) que les baptistères, qui étaient eux-mêmes de véritable églises , et étaient toujours sous le voc^ible du précurseur, renfermaient ordinairement un autel en son honneur, des statues et des peintures reproduisant sa figure, et quelquefois môme de ses reliques.

IL — Monuments iconographiques. Nous savons par le témoignage des Pères et des conciles que les images du précurseur étaient trèsfréquentes dans l'antiquité. On les peignait jusque sur les voiles et les parements des autels, et on montre des monuments de ce genre à Milan (Ambros. Basilic, monum. vol. i. c. 73), à Venise Georg. De sacr. minister. t. i. c. 29) et ailleurs. S. Épiphane {In vu syn, act. vi) dit qu'aux personnes qui recherchaient la délicatesse dans le vêtement, on montrait les images de S. Jean-Baptiste vêtu de peau de chameau ; et c'est en effet sous ce vêtement que les monuments nous le présentent le plus ordinairement, principalement dans le sujet assez souvent reproduit du baptême de Notre-Seigneur, par exemple dans la peinture si connue du cimetière de Pontien, dans plusieurs mosaïques (Ciampini. \'et. mon. ii. tab. xxiii), dans quelques pierres 'gravées et médaillons de bronze (Vettori. Mem. ier. expUc. pp. 68 et Frontisp.)^ où il est vu répandant l'eau sur la tête du Sauveur avec une coquille et portant à la main gauche un pedum.

11 y avait des images du précurseur montrant du doigt le Messie, soit en personne {Concil. in TruUo. can. lxxxii), soit sous le symbole de l'agneau [y\i syn. act. m). Les artistes l'ont cependant représenté en costume dit apostolique, avec la tunique et lepa//ium, comme

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par exemple sûr un fond de coupe donné par Buonarruoti (Vetri, tav. vi. n. 1) et qui serait certainement l'une des plus anciennes images du précurseur, si Ton doit suivre l'opinion du docte sénateur, plutôt que celle qui y veut voir S. Paul .

Quoi qu'il en soit, il est ainsi vêtu et de plus nimbé dans une mosaïque du septième siècle (Giampini. Vet, mon. ii. tab. xxxi), au centre d'une croix d'ivoire à peu près de la môme époque (Paciaudi. op. laud. p. 182) et encore dans un ancien diptyque donné par Gori {Themur. diptych. t. m. p. 235), ainsi que sur une calcédoine attribuée au cinquième siècle où il est représenté en buste (Paciaudi. op. laud. p. 189).

Dans les menées des Grecs, Fimage de S. Jean-Baptiste est ailée, en mémoire de ce passage dîsale appliqué par Jésus-Christ luimôme au précurseur (Marc. i. 2) : Ecce ego mitto angelum meum ante faciein tuam^ qui prxparahit viam tuam ante te. c Voilà que j'envoie devant ta face mon ange, qui préparera ta voie devant toi. » Il élève la main droite en signe d'allocution, et de la gauche il tient une croix et un phylactère où sont écrits en grec ces mots : Pœnitentiam agite, appropinquavit enim regnum cœlorum, « faites pénitence, car le royaume des cieux est proche. »

On voit dans la mosaïque du grand arc de Sainte-Marie Majeure (An 443), l'annonciation de la naissance de S. Jean-Baptiste. Un ange ailé parait adresser la parole à Zacharie qui est debout, un glaive à la main, devant un édicule représentant l'autel des parfums (Giampini. Ket. mon. tom. i. tab. xlix. nn. 1. 2. 3). Sa mort est retracée dans l'ancienne mosaïque du portique de Saint-Jean de Latran. Le précurseur dont la tôte déjà abattue est emportée dans un plat par un licteur, se tient encore à genoux devant le bourreau dont le glaive est élevé (Ciamp. De sacr. xdif. t. ii. n. 5).

JEAN-BAPTISTE (fête de s.). — V. l'art. Fêtes immobiles, n. V. 1®.

JEAN (S.) L'ÉVANGÉLISTE. — L'aigle est celle des quatre figures emblématiques des évangélistes que les artistes de l'antiquité , comme les conmienta leurs de l'Écriture, attribuent ti S. Jean (V. Fart. Évangélistes)^ et nous pensons que c'est la plus ancienne manière de représenter le disciple bien-aimé. Ce que nous connaissons de plus ancien, en fait de représentation personnelle de cet apôtre, ce sont deux verres dorés, où il est vu en buste s'entretenant avec S. Pierre, désigné sous son nom primitif : simon iohannes. (V. Garrucci. Vetri omati di fig. in oro, tav. xxrv. 4 et 5.) Des monuments d'une époque plus récente, quelques mosaïques du sixième siècle, par exemple, le

montrent, jeune, conmie toujours, le à la nazaréenne, la tôte nimbée, av tume apostolique, tunique longue e tenant son Évangile serré contre sa Dans celle de Saint- Vital de Raveni de 547, il est assis et tient en ses codex de son Évangile ouvert, et de\ une petite table où l'on remarque u un encrier; l'aigle symbolique est dessus de sa tôte. Lambèce (Biblioi Vindebon. t. ii. pars 1. p. 571) publi niature d'un manuscrit grec d'une 1 quité où l'on voit S. Jean assis, dictant gile à un diacre. Au neuvième siè représenté debout, avec un volume dans la mosaïque de Sainte-Marie avec trois autres apôtres occupant c niche des deux côtés d'une niche pri la Ste Vierge est assise, Tenfant Jés genoux (Giampini. Vet. mon. t. ii. U parait à peu près avec les mômes ( vôtu d'une tunique verte et d'un mani dans une grossière, quoique très peinture de la môme époque décoran de S. Urbain in CaffareUa à Rome, à droite de Marie, et S. Urbain (Perret, vol. i. pi. lxxxiii). L'anc saïque du portique de Saint-Jean (Giamp. De sacr. xdif. tab. ii. 8) f supplice de S. Jean devant la porte scène n'est pas complète, parce que h est endommagée; on distingue sei flagellation de l'apôtre, et l'injuri( de la coupe de ses cheveux.

Les plus anciennes représentatîoi fiement de Notre-Seigneur ne mai mais de se conformer au récit évan^ S. Jean rapporte de lui-môme (Joa:

26) qu'il se tenait au pied de la en mère du Sauveur. L'un et l'autre leur visage sur leur main en signe d Ainsi le voit-on dans une fresque du de Saint-Jules (Bottari. tav. cxcii), « lèbre diptyque de Rambona illustn narruoti (A la suite des Vetri. p. 2i tôte, sont tracés grossièrement ces siPVLE (Sic) ecce {Mater tua). Il en près de môme sur une tablette d' antique, en forme d'instrument de mentionne le sénateur Florentin, et de la collégiale de Givitale au dioc^ lée. A côté du Christ est S. Jean inscription : ap. ecce. m. tva. Ap mater tua. (V. Tart. Crucifix.) Dès le siècles, des basiliques furent placé vocable de S. Jean l'Évangéliste, en selon quelques-uns, celle de Saint-J tran ; et l'ancienne Vaticane avait u son honneur élevé par le pape J (Giamp. De sacr. xdif. p. 60. 1. d).

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ÏALEM ET BETHLEEM (cites TY- -V. l'art. fjiiM,!).

HALEM (entrée triomphale de jësus fait Jin[)ortaiit de la vie mortelle du se trouve représenté presque eiciusiur les sarcophages antiques. (V. Arinp. 277. t. 11, p. 15S et passim.) Moteur j est imberbe, il est monté sur le (Mattli. xxi), qui tantdt est accome son ânon (Id. t. ii. p. 161), tantôt . t. I. p. 277); sa main droite estéleie pour la bénédiction latine (V. l'art. miéres de]), aoit en signe d'allocution. innage représenté petit, comme tout jouent un rôle secondaire, étend un sous les pieds de la monture du Saum en voit un autre monté sur un arbre 'ouper les branches et les jeter sur son Matth. XXI. S). Dans d'autres (An ngbi. Î9), on observe encore plusieurs Israéit la 6^re respire la joie, se tenant ft le la porte de la ville sainte, et portant ]es et des guirlandaa. Quelquefois tav. xxij, la foule est figurée par un )idu qui, en avant de Notre-Seignejir, bras et semble entonner rAosiin»a/ïfto lattb. XXI. 9).

a triomphe passager du Rédempteur, iers chrétiens voyaient une figure de 'ectioD et de sa rentrée définitive dans Ï.Aringhi. I. vi. c. 12.) Ils

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aussi ï y distinguer la prédiction figurée de la conquête que Jésus-Christ devait faire à sa loi sainte des nations idolâtres dont l'âne était la figure (Euseb. In h. e. xxxii, 20.— Greg. Nbï. Chat, xxxviii. p. 6a2j. Parmi les auteurs qui se sont occupés de cette question, les uns veulent que Notre-Seigneur se soit servi danscBtte conjoncture de l'ânesse, qui figurait laSynagogue, sur laquelle il avait également empire, et cette opinion, outre qu'elle concorde avec le texte de S. Matthieu (xxi. 7), est la seule que l'inspection des sculptures des sarcophages autorise à admettre. D'autres pensent qu'il monta l'âne, duquel seul les autres évangélistes font mention, et que cet animal n'avait jamais servi à personne : Super quem nemo hominum sedil {Marc. XI. 2), parce que au Sauveur seul avait été réservé un souverain domaine sur les nations qui lui avaient été données par son Père, comme son héritage propre et exclusif [Ps. it. 9).

Bien que, avant que Salomon eût fait venir des chevaux d'Egypte, l'âne fût regardé comme une monture honorable et distinguée {Jud. xii. U), il est certain néanmoins qu'il n'en était plus de même au temps de Jësus-Christ, et que, s'il adopta cette monture, ce fut parce que, à raison de sa douceur et de sa pauvreté, elle dénotait le règne pacifique et humble du Messie, qui n'avait pour but que la conquÈtedes cœus. Nous avons dit que ce sujet se rencontre rarement ailleurs que sur les sarcophages. Bianchini donne cependant {Demonstr. hiit. etxl. sœo. 1. tab. n. no 17) une ancienne mosaïque du cimetière du Vatican oii il est repré-

fon» reproduisons comme illustration [ouvrage de M. le comte Melchior de Vogufi "ticle, d'après un dessin du sa¥antj(Les églùen de la ttrrt tainte. pi. v), un frag-

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ment de mosaïque de la basilique de Bethléem, qui, bien que du douzième siècle seulement, est assurément calquée sur un type antique. Nous n'avons plus d'autre monument à citer qu'un diptyque de la métropole de Milan (Bugati. Mem. di S. Ceho, in fin.), remontant au cinquième siècle. Le sujet, sur cet ivoire, est exécuté à peu près, comme dans les sculptures des sarcophages.

On représentaitquelquefois Tâne seul, comme cela se voit dans un fond de coupe du recueil de Buonarruoti (Tav. ix. fîg. 4). Mais quand il se trouve ainsi isolé, il peut signifier, d'une manière abrégée, soit rentrée de Jésus-Christ à Jérusalem, soit la Nativité, mystère dans la représentation duquel figure souvent cet animal. (V. l'art. Bœuf [Le] et làne. et l'art. Nativité.) Peut-être ces images, si multipliées dans les premiers siècles, furent elles le principal prétexte de la calomnie des gentils contre les fidèles, consistant à dire qu'ils adoraient un Dieu sous la forme d'un âne (Tertull. Apol. xvi. — Min. Fel. Oct.). Quoi qu'il en soit, le verre cité présente deux particularités dignes de remarque : c'est d'abord le mot asinvs écrit dans le champ, et ensuite une sonnette suspendue au cou de l'âne, circonstance qui s'observe également dans quelques sarcophages (Aringhi. 1. 1. p. 295-331. etc.), et qui était conforme à un usage antique (Apul.Lx). C'est ce que prouvent quelques monuments profanes, entre autres un bas-relief en bronze, et une grande intaille en cristal de roche, publiée par Buonarruoti dans son ouvrage sur les médaillons [Medaglioni. pp. 95. 345).

A l'exemple de Jésus-Christ, les évoques des temps primitifs avaient coutume de se servir d'un âne dans leurs courses apostoliques, ainsi que l'attestent S. Grégoire de Tours de S. Martin {De glor. conf.)^ Théodoret d'Eusèbe de Samosate {Hist. eccL 1. iv. c. 14), etc.

JÉSUS-CHRIST. — I. — Les chrétiens du premier âge possédèrent-ils des portraits authentiques, des images contemporaines du Rédempteur? Malgré l'immense intérêt et la légitime curiosité qui s'attachent à une pareille question, la science n'est pas en mesure de lui donner une solution satisfaisante.

La fameuse controverse qui s'éleva, dès le second siècle, au sujet de la beauté ou de la laideur de notre Sauveur, semble môme exdure toute idée d'un type reconnu comme primitif; et, deux cents ans avant S. Augustin {De Trinit. viii. 4 5), S. Irénée avait déjà affirmé positivement (Contr, hœres. i. 25) que ce type ne se trouvait nulle part.

On aimerait à penser que la figure du Christ, qui faisait le premier comme le pliis cher objet de la piété de nos pères dans la foi, dut aussi

faire éclore les premiers essais d'un art chrétien. Malheureusement l'antiquité ne founut aucune donnée qui autorise cette supposition Et l'abstention si regrettable des premiers chrétiens à cet égard s'explique par l'horreur que leur inspirait l'idolâtrie; par cette haine vive, implacable, comme toutes les réactions, qui proscrivit indistinctement toutes les productions d'un art qui n'avait eu jusqueBi d'autre emploi que de fournir des aliments aux superstitions païennes. On conçoit que la puissance d'un tel préjugé, auquel ne surent pas se soustraire môme les hommes les plus éminents, tels qu'Athénagore, qui enveloppa les monuments de l'art dans l'abandon de ses anciennes erreurs {Légat, pro Christ, p. 26), et Tertullien, qui reprochait à Hermogène sa profession de i peintre aussi sévèrement que sa conduite vicieuse {Contr, Hermog. i); on comprend, dis-je, qu'une telle répulsion, jusqu'à un certain point fondée, ait détourné longtemps les chrétiens de s'initier aux pratiques de l'art, et ait même déterminé les artistes convertis à la foi à abandonner une profession dont l'exercice passé était pour eux une source de remords et im " motif de pénitence. Pour peu que cette absten- i tion se soit prolongée, le souvenir exact des traits du divin Rédempteur eut le temps d6 s'eflacer de toutes les mémoires; et quand des idées plus calmes et plus saines succédèrent aux susceptibilités excessives du zèle, on àxA invoquer des traditions flottantes et avoir recours à ces données vagues d'où sortent des types toujours plus ou moins arbitraires.

11 est certain néanmoins qu'un type tel quel, de convention, fut admis d'assez bonne heure. ?^tait-il déjà fixé du temps de Constantin? Tout ce que nous pouvons affirmer, sur le témoignage d'Eusèbe {llist. eccl. vu. 18), c'est qu'il existait dès lors des portraits du Christ, et que Constantia, sœur de l'empereur, pria Tévêque de Césarée de lui en procurer un. Il semble résulter du texte de S. Augustin, cité plus haut, que, cent ans environ après l'époque dont nous parlons, il était encore loisible aux artistes de donner libre carrière à leur fantaisie, et d'introduire dans ces images d'innombrables variétés de physionomie : Dominiez faciès canwi innumerahilium cogitationum diversitate t»riatur et fingitur.

Cependant au deuxième siècle, si l'on admet le jugement de quelques savants de premier o^ dre, entre autres du D' Labus (Dans les i»naL de phiL chrét. xxi. 357), était peinte dans une chapelle du cimetière de Calliste (Bosio. p. 263) une image qui parait être le point de départ de cette forme hiératique qui a traversé tous les siècles, et qui a inspiré le génie de Léonard de Vinci, de Raphaôl, d'Annibal Carrache. Le Sauveur des hommes y est représenté

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iste à la manière des anciennes imagines liée des Romains ; il s'y monlre avec le vide forme ovale, légèrement allongée, la onomie grave, douce et mélancolique, la < courte et rare terminée en pointe, les ;ux séparés au milieu du front et relom' sur les épaules en deux longues masses ées; tel enfin qu'on peut le voir dans le 1 que nous en donnons ici. Si l'antiquité

tte image est bien reconnue (Et elle a pour le préjugé favorable qui place la plupart fresques du cimetière de Calliste à Vépola plus rapprocbËe du meilleur temps de romain], il faudrait dire que le goût des liera chrétiens et de ceux des siècles suis lui aurait dorme la préférence sur les breuses variétés dont parle S. Augustin, eque, mieuï que toute autre, elle réponà l'idéal que la piété primitive s'était créé i physionomie du Sauveur, d'après le por- . moral qui ressort des pages inspirées de »ng)le.

aai qu'il en soit, le type en question su rêve dans les monuments de l'art, à travers e la période byaantine; il est figuré sur I des principaux sarcophages du musée du an (Bottari. tav, xxi-xïv), dont le style et Écution appartiennent, selon Ëmeric David c. hiêl. pp. 64-93), au siècle de Julien. raproduît dans le baptistère du cimetière Saint-Pontien (Bottari. xliei. xliv), monuil du temps du pape Hadrien l", selon toute irence; et Boldetti avait découvert au ciitre de Calliste une peinture toute semble, mais qui périt quand on voulut la déier de la muraille (flimil. 21 et 64). Il se induit dans les anciennes mosaïques de iiB,etde Ravenne des quatrième, cinquième. àaa siècles et des suivants, à Sainte-Con- Bce (Ciamp. Dt sacr. adif. xxxii), à l'an- IM VaUcane et à l'ancienne confession dt KBrre (ïWd. xiii. xiv), à Saint-André in bar- ■•(M, mon. I. Lxxvi), à l'église des Saintstas-tt-Damien (ii. xvi), à Sainte-PraxÈde [li. tni), i Sainte-Agathe Majeure de Ravenne (i. n-^), l Saint-Michel de la même ville (ii.

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