II. — Les lampes chrétiennes sont, pour la
plupart, en terre cuite, quelques-unes sont en bronze, peu en argent. Boldetti en a publié une du cimetière de Saint-Calliste (fiimit. p. 297. tav. I. 6), sans ornement, mais précieuse par la matière ; elle est d'ambre ; c'est probablement la seule.
Les lampes de bronze portent généralemeDl les caractères d'une époque moins ancienne que celles d'argile. 11 s'en est rencontré fort peu dans les hypogées romains ; mais elles sont en
général munies de chaînes de métal qui ont seni à les suspendre aux voûtes des chapelles et des cryptes ; on dit que quelquesunes ont été trouvées en- Ti core à leur place, et il est ■ ■ évident qu'elles étaient destinées à guider la marche des fidèles et à éclairer les cérémonies religieuses qui se pratiquaient dans ces souterrains (Bottari. t. m. pp. 67. 63. - V. aussi notre art. Cierges et Lampes),
Bosio atteste avoir vu à la voûte d'une crypte du cimetière de Saint-Calliste le crochet de fer destiné à recevoir une chaîne de lampe (Cf. Marchi. p. 161), et Boldetti avait recueillidans celui de Priscille une lampe munie de sa chaUie. On voit beaucoup de lampes de cette espèce dans les divers recueils, et en particulier dans celui de Santé Bartoli (Le anticke Ith cerne sepolcrali. tav. xxiv. xxv. xxx. etc.), la plupart sont reproduites par M. Perret, qui en ajoute d'autres encore {Catacombes, vol.iv. pi. v). Mais aucune n'est aussi intéressante que celle qui est conservée dans le cabinet du grand-duc de Toscane. (V. Foggini. DeBonmitin. Pétri, p. kSb.) Cette lampe de bronze, recueillie au siècle dernier dans les fouilles du mont Celius, a la figure d'une grande barque de la forme la plus gracieuse, symbole bien connu de l'Église (V. l'art. Eglise) ; S. Pierre, assis à la poupe, tient en main le gouvernail, et S. Paul est debout dans l'attitude de la prédication ; le sens allégorique est compléta par cette légende inscrite au sommet deTaotenne et dont une partie est jusqu'ici restée inexpliquée : dominvs leoem || dat yalhuose- VERO II EVTROPi viVAS. Nous dovons dire que quelques-unes des lampes de bronze qui existent dans les musées sont fort suspectes aux hommes compétents, qui ne sont pas éloignés de les regarder comme l'œuvre de faussaires. Toutes les lampes d'argile ne furent pas affectées à l'usage funéraire que nous avons dit plus haut ; un certain nombre de celles des catacombes étaient placées, soit dans de petites niches, soit sur des consoles en saillie le long des parois des corridors, dont elles étaient ap-
LAMP
LANC
en faveur des
lées à tempérer Fobscurité èles qui les fréquentaient.
III. — Les lampes antiques ont généraleînt la forme d'une petite barque, navicella^ jet qui renfermait un des emblèmes les plus pulairesde la primitive Église. (V. Tart. Nore.) Panni celles des catacombes (Les latnpes irgile du moins), c'est le petit nombre qui re des emblèmes parlants. Les autres sont pourvues de tout type, ou n'en ont que d'asz insignifiants ; et si elles conservent, à rain de leur provenance et de l'usage qu'on en , un intérêt pieux, elles n'en offrent aucun au intde vue de la science et de Tart. Celles qui rtent de cette catégorie conmume portent des mboles analogues à ceux qui figurent sur les ?rres sépulcrales et les sarcophages, et dont j principaux sont : la palme, la couronne, l'ateau, le poisson, la colombe, le monogramme Christ, A et w. Celles du sixième siècle et en deçà sont souvent ornées de croix gemmées (Antichità di Ercolano. t. ix. tav. xlvi.
n. 1). On y voitaussi quelquefois le Bon-Pasteur (Bartoli.
op. laud. m. n. 28J ; Tune d'entre elles présente ce type, si aimé des premiers chrétiens, entouré dune foule lutres figures symboliques (/6t(i. n. 25). Ailirs (n. 30), c'est Jonas sous la cucurbite, ou i têtes des douze apôtres disposées en cercle it autour du disque {Musœum Corton. tab. XXIV) : une fois , à notre connaissance , l'iige d'Orphée (Perret, iv. p. xvii. n. 1), et e fois celle du coq (Id.).
Les lampes chrétiennes de notre Gaule diffè- Dt peu de celles des catacombes ; seulement, mme elles sont moins nombreuses, les types iplus importants s'y rencontrent plus rare- BDt. Ceux qu'on y observe le plus communéent sont la croix, le monogramme du Christ la colombe. Une de celles de Lyon porte type assez rare, et, il faut le dire, assez équi- •que, du lièvre. ;V. notre art. Lièvre.) Nous >ssédons cette lampe, qui nous vient du canet de feu M. Tabbé Greppo. Elle est en ark rouge.
Dans d'autres contrées éloignées, des lampes •trouvent qui ont un caractère particulier et «quelles s'attache un grand intérêt. Ainsi un >8ezbon nombre de ces petits monuments nous 5t venu d'Egypte avec des types tout noueux et fort variés, souvent avec des inscrip- «s grecques. Celles de l'Afrique française, tti sont en immense quantité, sont d'un style lus rapproché des lampes européennes, mais «utpètre plus varié par les types, en offrant ^ rares, et surtout avec des combinaisons jus- 10 ici inconnues. Ainsi le musée d'Alger s'enri-
ANTIQ. CHRÉT
chit, en 1858 (V. le Moniteur du 5 juillet de cette année), d'une de ces lampes chrétiennes, d'une forme très-gracieuse, en argile rouge. Elle a pour type un poisson occupant le milieu du disque, et entouré d'un cercle formé par six dauphins. Mûnter en cite une de la même provenance .(P. 112) qui est ornée d'un cerf, et une autre du chandelier mosaïque. (Pour l'interprétation de ce type, V. l'art. Candélabre des Juifs.)
Aucun des symboles tout à fait primitifs ne se voit sur les lampes de bronze : c'est la croix, par exemple, plutôt que le monogramme, et jamais le poisson ; c'est ce qui a déterminé les antiquaires à leur attribuer une origine relativement moderne.
Brunati (101. ccxxiv) décrit une lampe en terre cuite, appartenant au collège romain, où sont tracés simplement à l'encre ces deux mots grecs : o. ArHoc. c\k£paoc, qu'on peut traduire par sanc^us sacerdos. Nous la citons comme spécimen de la lampe inscrite, mais sans nous risquer à expliquer l'inscription. D'Agincourt en a publié une qui ne présente pas la môme obscurité (Terres cuites. PL xxii. n. Ik]. C'est aussi une lampe d'argile provenant probablement de l'Egypte, si l'on eu juge par le style tout à fait identique à celui de quelques autres monuments du même genre apportés de ce pays, et inscrites aussi de légendes grecques. Celle-ci fait lire un nom commun à plusieurs martyrs, Polyeucte : tôt \nor noATocroc.
LAiVCE (la sainte) ('AY(a X6yp)), lancea, gladiolus. Instrument liturgique chez les Grecs.
C'est une espèce de couteau dont la lame a la forme d'une lance et dont le manche allongé se termine par une croix. Cet ustensile joue un rôle important dans la liturgie des Grecs (V. la liturgie de S. Chrysostome, dans Goar. etxoaoiioN. pp. 60 et 116). 11 servait à séparor de la masse du pain offert l'hostie qui devait être consacrée. Il est intéressant de voir le détail de cette cérémonie dans l'ordre de la messe connu sous le nom de S. Chrysostome. Voici ce qu'on y lit à propos de la prothèse ou préparation de la messe. « Le prêtre saisit de la main gauche, le pain, et de la droite la sainte lance, avec laquelle il trace le signe de la croix sur le sceau de la forme offerte, et dit trois fois : en mémoire