‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 153 sur 266 · UTA · texte numérisé non relu

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nier emblème (V. l'art. Cheval) détermine tout à fait, à notre avis, le sens du premier. Et ceci nous rappelle que deux tessëres, portant l'une on cheval à la course, l'autre un lièvre surmonté d'une palme, ont été trouvées cimentées à Textérieur de deux tombeaux des catacombes ^Boldetti. p. 506), et assurément dans la même intention. A-t-on voulu indiquer la possession du paradis et la jouissance de ses délices en gravant sur le tombeau d'un enfant un lièvre mangeant un raisin ^Perret, v. xli)? Le recueil deFabretti (P. 581. n. 8^) offre un autre uemple de ce symbole dans les mêmes conditions.

D'autres exemples, eu égard aux circonstances où ils se trouvent, peuvent avoir un leos différent. Ainsi sur des lampes d'argile dont plusieurs ont été découvertes à Lyon, et l'une desquelles se trouvait dans le cabinet de l'abbé Greppo, et aujourd'nui dans le nôtre, le lièvre exprime peut-être l'idée de la vigilance chrétiemiejoiuteà la vitesse de la course. Uq lièvre poursuivi par un chien, sur un camée (Perret, iv. xvi. 43; peut exprimer la misérable condition des premiers chrétiens, barcelés par la perséci^tion. Un nymphaeum, ou une baptismale de Pisarre (Paciaudi De bain, ^ 153), déjà souvent cité, fait voir, dans un les compartiments du bas-reUef dont il est décoré, uu bélier et un licvre affiontés. SymiK>le8, l'un de la force, l'autre de la timidité; is ont été sans doute placés sur un monument de ce genre, pour avertir le nouveau baptisé que quelquefois il devra lutter et réliftter avec énergie , et que souvent la fuite lui sera conseillée, conmie plus utile, par la ftfudence chrétienne. ISous exposons avec une luste hésitation nos conjectures sur une matière où nous avons dû marcher à peu près su» guide.

LÉON. — L^antiquité a toujours regardé le UoD comme le symbole de la force et de la vigiliDce, parce qu'il passe pour dormir les yeux ouverts, ainsi qu'Alciat l'exprime dans un élégant distique {EmbL v) :

XH leo, sed custos, oculis quia dormit apertis; Tempiorum idcirco ponitur ante fores.

« Cest uo lion, mais un gardien, parce qu'il te les yeux ouverts; c'est pour cela qu'il est placé ^lefint les portes des temples. » .

£d plaçant des lions de marbre ou de bronze ^la porte et en diverses parties de ses temple, le christianisme imita, non point une (nlique païenne, mais l'exemple de TÉglise joddque {Paralip. xxviii. 17). Salomon, d'a- P^l^ les instructions de David son père, avait to exécuter des lions d'or et d'argent pour le

AMTIQ. CHRÊT.

temple de Dieu. Quelques fonds de coupe représentent l'arche d'alliance, avec deux lions, tantôt à droite et à gauche du chandelier à sept branches, tantôt des deux côtés de la porte avec un volume entre les pattes (V. Buonarr. tav. ii. 5. — Perret, iv. pi. xxviii. n. 61 et XXIV. 23. 29). S. Charles Borromée, dans le quatrième concile provincial présidé par lui, donnant des instructions pour la construction des églises, prescrit d'en orner les portes de figures de lions, pour indiquer la vigilance des pontifes, et inspirer du respect et de la crainte aux fidèles qui y entraient. Plusieurs églises antiques de Rome ont conservé les leurs, entre autres, celles de Saint-Laurent hors des murs, des Douze-Apôtres, de Saint-Laurent m Lucina, des Saints-Jean- et- Paul sur le mont Celius, de Saint-Saba sur le mont Aventin, etc. (V, Giampini. Vet. mon. i.. c. 3.) Deux grandes têtes de lion sont placées sur l'architrave du portique de Saint-George in Velubro^ comme sur celle de Saint-Jean Porte-Latine. (V. Marangoni. Délie cose gent, p. 367.)

Plusieurs de ces lions tiennent dans leurs serres un porc-épic ou un autre animal, un homme ou un enfant ; Marangoni pense qu'ils sont d origine égyptienne, et il est incontestable qu'il y en a beaucoup à Home de cette provenance ; quelques-uns portent même des inscriptions hiéroglyphiques Giampini. i. tab. XVII. n. 3 et k). L'un de ceux qui ornent la porte de Saint-Laurent in agio Verantt^ joue avec un enfant, ce qui, selon Giampini, marque la mansuétude dont TÉglise doit user envers les néophytes. Gelui qui semble déchirer un animal de ses ongles et de ses dents, serait rimage de la juste sévérité dont les pasteurs doivent s'armer quelquefois contre ceux qui s'obstinent à méconnaître leur autorité.

G'est pour les mêmes raisons, .qu'on avait coutume de sculpter sur le dossier des chaires épiscopales deux têtes de lion, ou d'en façonner les bras en forme de lions ailés à l'imitation du trône de Salomon dont les deux bras étaient lormés par deux lions, et sur les six degrés duquel six autres lions étaient debout (3 Reg. x. 18J. On peut voir des exemples de l'un et l'autre à Sainte-Marie in Trasiece'^e^ à Sainte-Marie in Cosmedin, à Saint-Pierre-ès-Uens , à Sainte -Balbine, etc. (Bottari. ii. p. 69. — Marangoni. loc. laud.). Des lions servent encore de base aux chandeliers, surtout à ceux qui portent le cierge pascal, ainsi qu'aux colonnes des ambons. (V. Giamp. i. tab. xvii.) On voit aussi quelquefois des lions sur des pierres sépulcrales. (V. Boldetti. p. 369. — Perret, y. pi. LXIX. 3.)

LITANIES. — 1. - Dans le langage des plus anciens écrivains ecclésiastiques, ce mot

LITA

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désignait en général toute sorte de prière publique. C'est là le sens du grec XiTxvefai et Xiiaî, auquel équivaut le Jatin supplicatione^^ rogatiimes, Eusèbe (/n VU. Constantini. ii. \k) nous apprend que quand Constantin avait à livrer bataille, il s'elForçait de se rendre Dieu favorable par des prières qu'il appelle Xita^, c supplications, » et ailleurs (iv. 61), « litanies, * XiTovEtai. Les Pères grecs, entre autres S. Chrysostome (Homil. m In Colosa.) emploient la môme expression ; et nous la retrouvons dans une loi d'Arcadius, où ce prince interdit aux hérétiques « de s'assembler le jour ou la nuit dans les rues pour y faire la litanisy ad litaniam faciendam. [Cod, Theod. 1. xvi. tit, 5. De hxret, L 30.)

Le mot litanie ne tarda pas néanmoins à être pris, dans une acception plus restreinte, pour désigner certaines supplications solennelles qui se faisaient pour conjurer quelque calamité imminente. L'opinion vulgaire attribue Tini^titution de ces prières publiques connues sous le nom de rogaiion» à S. Mamert évêque de Vienne vers le milieu du cinquième siècle. Mais il est avéré qu'elles étaient déjà usités en Orient avant le temps de S. Basile, comme le prouve le témoignage de ce Père (Epist. lxiii. Ad Neocxsar.). En Occident môme, S. Mamert n'en eut pas l'initiative proprement dite; S. Sidoine Apollinaire, son contemporain , qui était avec lui en relation de correspondance , atteste qu'elles existaient avant lui ; mais que la pratique en était vague, tiède, rare, irrégulière, vagXy t^ntes^ infreijuentes, ac oscilabund^^ et qu'on n'y avait recours qu'à l'occasion d'un danger pressant. Le mérite de S. Mamert fut d'en faire une institution régulière et périodique, en les fixant aux trois jours qui précèdent l'Ascension du Sauveur, et d'introduire dans la célébration de ces litanies une solennité et une ferveur jusque-là inconnues : c Dans ces Htanies que Mamert a instituées, dit S. Sidoine, on jeûne, on prie, on psalmodie, on pleure. » Du temps de S. Augustin, ces Rogations solennelles étaient déjà en vigueur dans les Églises d'Afrique. Voici ce que, dans un de ses sermons [Serm. clxxiii), ce Père dit de l'esprit spécial qui doit vivifier le jeûne des trois jours des Rogations : « Sans aucun doute, celui-là aime les blessures de ses péchés, qui, en ces trois jours, ne demande pas à la prière, au jeûne, à la psalmodie les remèdes spirituels dont il a besoin pour les guérir. »

Les Rogations, selon la réforme de S. Mamert, furent adoptées dans les Églises d'Espagne, mais on les renvoya à la semaine d'après la Pentecôte ; et il faut reconnaître que cette pratique était beaucoup plus conforme à l'ancienne discipline de l'Église qui n'admettait pas de jeûne pendant les cinquante jours qui

séparent la fôte de la Pentecôte de celle de Pâques {Concil. Germer, can. ii).

II. — Le pape S. Grégoire le Grand a attaché son nom à l'institution à Rome (590. première .mnée de son pontificat), de Rogations spéciales, lesquelles, sous le nom de litanie septiforme., devaient être célébrées le vu des calendes de mai, c'est-à-dire le 25 avril, par le concours de sept sociétés d'hommes et de femmes qui, en ce môme jour, sortaient simultanément de sept églises désignées à l'avance, et se réunissaient pour faire ensemble des supplications publiques. On appela cette litanie crucis nigrx, parce que, au jour où elle se célébrait, on recouvrait les croix et les autels de voiles noirs, et que les fidèles suivaient la procession avec des vêtements noirs, en signe de deuil et de pénitence {Rational. div, offic, l. vi. c. 102).

Cette solennité est rapportée par S. Grégoire lui-même ; elle l'a été depuis par Walfrid Strabon , qui l'appelle la grande litanie , litaniam majorera . Quelques auteurs ont pensé que ce nom marquait une distinction entre les rogations de S. Grégoire et celles de S. Mamert; mais il n'en est rien, car partout aussi, dans les actes du concile de Mayence (Can. -xxxin), dans les Capitulaires de Charlemagne (L. v. c. 85), etc., nous voyons que celles de l'évêque de Vienne sont nommées litanie^ majores : Placuit nobis^ dit le concile cité, ut litania nuj^orobservanda sit a cunctis Chtistianis diebus tribus....

Ces litanies majeures, ainsi que leur nom l'indique, étaient communément accompagnées de processions, en tête desquelles était portée la croix, cette tessère de la profession chrétienne. (V. Fart. STAUROFORi.) Ceci ressort évidemment du témoignage de S. Grégoire le Grand (L. ii. epist. 2), et aussi d'une loi de Justinien (Novell, cxxiii. c. 32) qui interdit aux laïques de célébrer les litanies sans les évoque et les clercs qui leur sont subordonnés, «fi sanctis episœpis^ et qui sub eis sunt reverendis — simis clericis ; et en outre de déposer les croiia (Portées dans les processions) ailleurs qu'en de^ lieux vénérables. Quelquefois la processionr elle-même n'est désignée que sous le nom d«c litanie. (V. Anastas. In Serg.) Voici ce que nou s lisons du' pape Sergius dans Anastase : c II disposa qu'aux jours de l'Annonciation du Sauveur, de la Nativité, et de la Dormition de la Ste Mère de Dieu,» la litanie sorte de Saint-Hadrien et se dirige vers Sainte-Marie. » On trouve môme dans les auteurs litanice procéderez pour exprimer l'action de marcher processionnellement (Du Cange. h. v).

Un extérieur simple et décent, une attitude mortifiée et pénitente, telles étaient les dispositions requises des chrétiens pour assister aux litanies. S. Sidoine reprend avec sévérité (v.

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