LIBR
allaient trouver les martyrs, et iaient des lettres pour leur évôsquelles celui-ci était prié d'user î envers le pénitent. Ceci se praemps de Tertullien (Ad Marc, i), ment en Afrique, mais jusque dans mme on le peut voir par S. Denys 3, dans un passage très-remarquaeb. 1. IV. c. kl). A Smyme, en Asie, tinrent aussi avec de grands cris secours de S. Pione qui y était prir la foi. Nous savons par S. Cyprien tyrs « examinaient et pesaient scrut les désirs des postulants, le genre \ de leurs crimes,' de peur de leui tre, ou de rien demander pour eux 5 sans de justes raisons ou trop lé- 2yprian. Epist. ii). » Après ce mûr i martyrs, s'ils le jugeaient à pro- ^livraient une lettre où ils soumetouveau le désir des pénitents au e l'évoque. Celui-ci, pour éviter ise, et s'assurer que les martyrs is été trompés par des paroles feintent leurs diacres dans les prisons, iclairer de leurs conseils et par les les Écritures, c'est-à-dire de leur la doctrine de la loi évangélique )u défendait d'accéder à leurs vœux.
s ne flattaient point les martyrs, où ils demandaient trop ou excéleur demande les limites du droit, rs libelle», les martyrs désignaient t ceux à qui ils désiraient que la cordée, comme s'exprime toujours à qui toute cette doctrine est emqui nous a laissé cette antique forsa dix-septième lettre : t Tous les au pape Cyprien, salut (On sait poque on donnait le nom de pape à ôques. V. l'art. Pape), Sache que donné la paix à tous ceux qui te setés, pour les fautes qu'ils ont comi avons voulu que cette formule fût connaissance et à celle des autres ous désirons que vous ayez la paix ÎDts martyrs. Lucianus a écrit ceci I du clergé, de l'exorciste et du leçons dit que cette formule était î. On abusa quelquefois étrangeulorité qui s'y attachait. Quelques donnaient de ces billets à tous ceux citaient, et sans aucun discerneucien dont nous venons de pronou- , homme d'une foi fervente et d'un âncible, mais qui à une indulgence lignait une grande ignorance des » l*Évangile , se faisait surtout reir sa facilité à cet égard (Cypr. Epist.
XXIII. 1). Aussi, après la persécution de Dèce, fut-il défendu aux martyrs , d'après les instances de S. Cyprien lui-même, de former des libelles aussi largement conçus ; désormais, ils durent désigner les noms de ceux auxquels ils préféraient que la paix fût accordée ; et ils n'accordaient leur protection • qu'à ceux dont la pénitence touchait à une satisfaction complète, j» Les martyrs les plus éclairés sur l'espnt et la discipline de l'Église ne donnèrent pas dans ces excès. On cite S. Mappalique qui s'était contenté de recommander sa mère et sa sœur, et S. Saturnin qui n'avait jamais donné de libelle à personne {Ibid.),
Le motif de cette discipline est la réversibilité des mérites excédants des martyrs et des justes en faveur des pécheurs : Credimus, dit S. Cyprien {Epist. xiii) quidein posse apudjudicem plurimum martyrum mertta et opéra justoruin , c nous croyons que grande est devant le juge la puissance des mérites des martyrs, et des œuvres des justes. » On voit là un exemple bien ancien de la pratique des indulgences dont la doctrine remonte à l'origine de l'Église.
Il faut observer néanmoins que ces libelles n'étaient mis à exécution qu'après que ceux de qui ils émanaient avaient reçu la couronne du martyre ; et encore l'évoque ne leur donnait-il pas leur effet de sa propre autorité, mais de l'avis de ses coprovinciaux : de telle sorte que si ceux-ci, à raison de la persécution, ne pouvaient être réunis, les tombés, n'étaient délivrés de leur pénitence, en vertu du libeUe obtenu, qu'après la cessation de l'orage. (V. l'art. Pénitence canonique.)
LIBRARII. — Dans l'antiquité profane et
ecclésiastique, les librarii étaient ceux qui écrivaient et transcrivaient les livres, et qui recopiaient en toutes lettres l'œuvre abrégée des sténographes. On les appela aussi amch nuenses, de manus, serviteurs de la main desquels on se servait pour écrire, et antiqiiarii, vocable qui parait surtout s'appliquer à la réproduction ou à la réparation des vieux livres des bibliothèques, endommagés par la vétusté (V. Lami. De erudit. apost. p. 497. iv). Les secrétaires qui écrivaient les lettres de leurs maîtres, et s'appelaient, pour ce motif, ab epistolis, peuvent être rangés dans la classe des librarii. Les qualités qu'on exigeait d'eux, étaient surtout l'exactitude, la netteté et, autant que possible, l'élégance de l'écriture : ce qu'implique le nom de calligraphes xoXXiyp^çoi, qui leur est donné dans la langue des Grecs. Les objets retracés ici et qui sont gravés sur un marbre des catacombes sans inscription (Perret, v. pi. Lxxni. 6), sont probablement les instruments de la profession de Ubrarius :
UBR
LIEV
ce sont des tablettes, un style et un faisceau de roseaux à écrire, auquel est attaché un encrier.
Il dut y avoir un grand nombre de librarii parmi les chrétiens, dès l'origine de TÉglise , car il fallait des exemplaires fort multipliés des livres saints et desOEuvres des Pères, etc., soit afin de pourvoir les bibliothèques qui étaient attachées à chaque Église (V. l'art. Biblioih. chrét.j^ soit pour donner satisfaction à Tempressement des fidèles, « dont l'aliment quotidien, dit S. Jérôme (Epist. vi. Ad Florent.), était de méditer jour et nuit sur la loi de Dieu, • soit par-dessus tout, afin de pourvoir aux besoins de la liturgie. On sait que Constantin ayant bâti un grand nombre d'églises à Gonstantinople, chargea Eusèbe de faire exécuter à Alexandrie, ville féconde en habiles calligraphes, cinquante exemplaires de la Bible grecque pour le service de ces mômes églises (Euseb. Vita Constantin, iv. 34). On croit que la fameuse Bible du Vatican, éditée naguère par le cardinal Mai, et qui porte le n. 1209 parmi les manuscrits, de cette célèbre bibliothèque, n'est autre que Tune des copies commandées par Constantin (V. Vercellone. DeW antich. cod. Vatic, délia Bibbia Greca. p. 12).
L'usage, très-répandu chez les premiers chrétiens, de porter suspendus à leur cou dans de reliquaires (V. les art. Évangiles et encolpia) quelques fragments des saints Évangiles, et môme d'en confier à la tombe des morts dans des cassettes d'argent, de bronze ou de plomb ^V. Ciampini. Vet. mon. c. xvr, dut aussi occuper un grand nombre de scribes.
Aucune occupation n'était plus estimée que celle des librarii chrétiens, dont Tœuvre était môme souvent comparée k celle des prédicateurs, les uns et les autres ayant pour but commun l'utilité de l'Église par la propagation de la parole divine. Aussi plusieurs grands hommes ne dédaigner ent-ils point de s'y adonner, par exemple S. Pamphile prôtre et martyr de Césarée (Euseb. Hist. eccl. vu. 32) qui, non content d'entretenir de nombreux copistes, copia de sa main beaucoup de livres, entre autres ceux d'Origène, soit pour augmenter sa riche bibliothèque, soit aussi pour en faire des libéralités. S. Lucien, prôtre d'Antioche, si nous en croyons Siméon Métaphraste, exerçait
aussi la profession de librarius avant d'être élevé au sacerdoce. S. Jérôme avait beaucoup de ces copistes à son service (Loc. laud.). Ce fut de bonne heure l'occupation des ascètes et des moines ;. et les femmes môme n'en étaient pis exclues. On sait que le diacre Ambroise de Césarée avait procuré à Origène, pour transcrire ses OEuvres, en outre des scribes ordinaires, plusieurs jeunes filles habiles dans l'art de la calligraphie (Euseb. Hist. eccl. vi. 23;;el nous apprenons de Palladius {Hist. lamea. xxxix. cité par M. l'abbé Greppo, dans sa savante note sur les librarii et les notarit)^ qu'il exista de nombreux monastères de vierges chrétiennes qui " s'adonnèrent à ce genre de travail. Il y avait à Rome des maîtres pow former les librarii^ et une loi de Dioclétieo (Mai. CoHect. Vatic. v. p. 296) réglant le prix des choses vénales et aussi les honoraires de diverses professions, fixe la rétribution merh suelle que chaque élève devait k ces professeurs : Librario sibe (Sic) antiqtuirio in singulii discipulis menstruos quinquaginta.
LIEVRE. — La signification du hèvre sur les monuments de l'antiquité chrétienne n'a pas été jusqu'ici nettement définie par lesanti-. quaires. Cet emblème se présente, bienqu asseï rarement, sur les pierres sépulcrales, sur les lampes, sur les pierres gravées, avec descara^ tères qui semblent la traduction figurée di divers passages de l'Écriture relatifs à la course de la vie, au bout de laquelle est la récompense : « Courez de telle sorte que vous remportiez la victoire. » (1 Cor. ix. 2k. — V. aussi 2 Tim. IV. 7.) Ainsi un marbre du dmetièrede Saint- Urbain (Boldetti. 370) est orné d'm lièvre courant à gauche vers une colombe po^ tant au bec un rameau d'olivier chargé de feuilles et de fruits ; sur une pierre gravée da recueil de M. Perret (iv. pi. xvi. kk) un lièvre court vers le monogramme de Notre-Seigneur, et une palme est au-dessous ; il en est de même, sauf la palme, sur le titiàlus d'un chrétiei nommé irenevs (Id. v. xlvii), et ici le monogramme vers lequel se dirige le lièvre est grossièrement tracé dans un cercle. 11 nous semble évident que dans le premier exemple^ la colombe avec la branche d'olivier représente l'heureuse issue de la vie humaine, comme dans la scène du déluge elle annonce à Noésa délivrance ; dans les deux autres, c'est Notre- Seigneur figuré par le chrisme qui se trouve placé au bout de la lice, coomie la récompense du vainqueur.
Ce qui rend, pensons-nous, cette explicatioB encore plus plausible , c'est une curieuse ïOr scription des catacombes (Perret, v. Lvn) ÇJ* est tracée entre un lièvre et un cheval à lâ course : la signification bien connue de ce de^
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